Pression sur la Pologne

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Le Comité officiel des Nations unies, CEDAW, la Convention pour l’élimination de tout forme de discrimination à l’égard des femmes, dont la 37e session est actuellement en cours à New York, passe au peigne fin les politiques des pays membres afin de vérifier si les « stéréotypes » ne continuent pas d’y sévir. Les Etats signataires s’engagent en effet à mettre en œuvre « une politique d’intégration des questions sexospécifiques dans toutes leurs stratégies politiques », le but étant d’instaurer une totale égalité entre hommes et femmes et un semblable accès au marché du travail.

Objectif doublé par la politique européenne qui vise à intégrer 80 % des femmes au marché de l’empoi, tout en parvenant à une répartition équilibrée des obligations entre hommes et femmes…

La lecture, ici, de l’audition de la délégation polonaise, le 16 janvier, et de son interrogatoire par une série d’expertes de différents pays du monde mérite une lecture attentive, tant elle montre le sens des pressions exercées par cette puissante organisation internationale pour promouvoir son programme qui est au fond celui de l’idéologie du genre. Celle-ci repose sur l’idée que les différences entre homme et femme sont d’ordre culturel (et doivent, mais cela n’est pas ouvertement dit ici) être transcendées dans le libre choix de l’orientation sexuelle. On notait ainsi l’insistance de la délégation polonaise à reconnaître « qu’en Pologne les femmes étaient toujours perçues comme responsables du foyer, alors que les hommes sont considérés comme ceux qui subviennent par leur travail aux besoins de la famille ». Et ce spécialement dans les zones rurales, où les femmes manquent d’informations sur leurs droits.

Plusieurs questions posées à la délégation polonaise portent sur l’accès à la contraception (on reproche au gouvernement polonais de ne promouvoir que la régulation naturelle des naissances – à tort d’ailleurs). La déléguée croate devait ajouter une dimension ubuesque à l’interrogatoire en exprimant « sa consternation quant à l’existence de foyers accueillant les mères célibataires ou enceintes ». « Mais qu’en est-il des femmes qui ne sont ni célibataires, ni enceintes, mais qui ont besoin d’une aide ? », a-t-elle demandé.

Outrepassant ses droits théoriques, le Comité, par la voix des expertes, a également posé des questions sur l’accès à l’avortement, sur les médecins qui refuseraient de pratiquer les avortements qui demeurent légaux dans certaines circonstances (sont-ils radiés, demanda la Cubaine). La Croate voulait savoir la quantité d’avortements clandestins : en Pologne le nombre avancé varie selon les sources, tournant autour de 30 000 ou 40 000 par an selon les unes et atteignant jusqu’à 80 000 et même 200 000 selon des ONG (probablement celles qui militent pour la légalisation, NDLR).

C’est en somme une pression continue reposant sur l’idée que légaliser l’avortement est bien et conforme aux normes de la communauté internationale. Selon le site pro-vie LifeSite, la déléguée polonaise répondit que « tout avortement est une tragédie » et que le premier souci de son gouvernement est de créer les conditions qui permettront aux femmes de compter sur l’assistance les assurant de pouvoir concevoir et élever des enfants dans de bonnes conditions. Ces propos sont apparemment transcrits de façon sibylline dans le rapport officiel de la réunion : « Notre problème est que le Gouvernement n’est pas en mesure d’offrir des prestations appropriées aux femmes seules, enceintes et isolées, a-t-elle indiqué. »

On reste tout de même pantois devant les questions agressives posées – par exemple – par l’experte chinoise ou cubaine dont les compatriotes féminines vivent dans des conditions autrement plus condamnables…

2 comments

  1. Anonymous

    Pour vous, Madame, en vous remerciant de votre travail, cette information extraite du Vif l’Express (version belge de l’Express) de cette semaine, et qui nous rappelle ce que devrait être la médecine : soigner le malade, dès son état foetal si cela est nécessaire et possible, plutôt que d’éliminer les malades pour ne faire naître que les “normaux”…

    En contrôlant sur écran de contrôle l’aiguille traversant la paroi utérine et se dirigeant vers le cœur d’un fœtus de 6 mois ; ou ciblant la membrane séparant des fœtus jumeaux atteints du syndrome « tranfuseurs-transfusés », déséquilibre de la circulation sanguine entre les deux fœtus. Catherine Barréa, cardiopédiatre aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles : « Chaque année, en Belgique, on dénombre une soixantaine de ces cas. Sans traitement, la mortalité s’élève à 100 %. En réalisant un trou dans la membrane qui sépare les bébés, on équilibre les placentas. Avec cette technique invasive, on atteint une survie de 60 M pour l’un des enfants. » Il y eut un colloque à l’U.C.L. (Université catholique de Louvain) fin 2006, avec le soutien de Live et de Fetus for Live. Ces enfants sont détectés par une échographie de dépistage. 1 % des nouveaux-nés belges ont une malformation cardiaque ; l’absence de ventricule ainsi est identifiée dans 70 à 80 % des cas. Dr Barréa : « une détection précoce est essentielle. En fait, à partir de ce moment-là, une véritable stratégie anténatale peut s’organiser autour de l’enfant. Ainsi, on vérifie également l’absence d’anomalies associées à la cardiopathie : dans 40 % des cas, d’autres organes sont également atteints. » Les mères diabétiques ou sous traitement contre l’épilepsie sont à suivre de façon plus ciblée pour ce type de pathologie fœtale. Inversement un trouble cardiaque chez le fœtus peut révéler une maladie de type inflammatoire (comme un lupus érythémateux) non encore diagnostiquée chez la mère. Professeur Sluymans (chef de service de la cardiologie pédiatrique à Saint-Luc) : « dans le cas d’un ventricule unique, sans traitement chirurgical, auparavant, la survie des enfants était de 18 % à 10 ans. La mise au point d’une opération a permis de passer à 51 % de survie à l’âge de 10 ans pour les enfants traités avant 1991. Mais 95 % de ceux qui ont été opérés ensuite sont vivants, quinze ans plus tard. »
    Des troubles du rythme cardiaque sont détectés chez 3 % des fœtus ; dans une minorité de cas c’est une tachycardie inquiétante (300 battements/minute) qui impose un rythme que le fœtus ne peut supporter plus de quelques jours. Professeur Corinne Hubinont, chef de service associé en obstétrique à Saint-Luc : « Face à un tel diagnostic, il faut absolument éviter que le bébé débute un phénomène de rétention d’eau, très problématique. En effet, dans cette situation, l’enfant n’a que 50 % de chances de survie à la naissance. Le traitement consiste en un médicament prescrit à la mère », qui complété par une intraveineuse directement effectuée dans le cordon ombilical donne 98 % de réussite. Les médecins espèrent pouvoir placer des pacemakers sur les fœtus en souffrance. De même, l’équipe de l’U.C.L. aidée par le Dr Derize Boshoff de l’U.L.B. a pu intervenir in utero, par une aiguille traversant la paroi de l’utérus, pour ouvrir la valve aortique et guérir l’hypoplasie d’un fœtus – jusqu’ici seule la transplantation cardiaque à la naissance était possible, ou une opération avec 50 à 70 % de chances de survie mais qui ne laisse qu’un ventricule droit fonctionnel.

  2. Les statistiques sont une forme de mensonge particulièrement élaborée aurait Disraeli.

    Quand on lit qu’une femme sur huit dit être humilié sur son lieu de travail, cela pour humilier… La Pologne, on est quand même saisi de dégoût. Ce genre de statistique tirée d’on ne sait où n’a évidemment aucun sens.

    Il en est de même lorsque l’on voit toutes ces déléguées passer la Pologne à la question, alors qu’il y aurait tant à dire sur leurs propres pays.

    Notamment, par exemple sur le syndrôme post-avortement ; par exemple sur le désir profond mais inassouvi de beaucoup de femmes de se consacrer à leur maison, à leurs foyers.

    La vraie liberté serait de laisser aux femmes cette possibilité au lieu de fournir le stéréotype obligatoire de la femme travaillant en dehors de chez elle comme l’idéal du bonheur féminin.

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