Propagande euthanasique : l’Australie dit non

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Le ministre fédéral de la santé australien, Tony Abbott, a fait savoir qu’en cas de légalisation de l’euthanasie dans son pays, « tout une série de personnes âgées se trouveraient soudain en danger d’être dégommées ». Le ministre réagissait dans le journal australien The Age à l’aller simple très médiatisé d’un médecin atteint du cancer de la moëlle vers la clinique suisse Dignitas, mort « par choix » jeudi dernier à Zurich. Le Dr John Elliott avait décidé de convoquer la presse (et le médecin pro-euthanasie, Philip Nitschke) à suivre et à filmer son dernier voyage dans le but avoué de faire bouger la loi australienne. Sa femme Angelika, vingt ans de moins que lui (un peu lasse de servir de garde-malade, de refuser les sorties, de naviguer entre ordonnances et soins, mais néanmoins en larmes) était là pour lui tenir la mains et partager quelques cognacs d’adieu pour encadrer le cocktail lytique.

L’homme qui voulut mourir arguait de souffrances atroces et de la perspective d’une « mort sans dignité » ; il avait même refusé tout traitement susceptible de soulager sa douleur et d’améliorer même provisoirement sa condition, jusqu’au jour où il considéra que les rayons lui permettraient de voyager à l’autre bout du monde pour bénéficier d’un suicide assisté.

Toute sa rhétorique (largement rapportée par The Age, ici, dans un récit abominablement froid et futuriste) n’a donc pas convaincu le gouvernement australien qui pour l’heure, du moins, tient bon. Tony Abbott a clairement posé le problème en faisant une distinction entre le soulagement de la douleur ou une thérapie qui causeraient accidentellement la mort, et la mise à mort délibérée :

« Si l’intention est de causer la mort, alors l’acte est mauvais et doit continuer d’être mauvais. (…) Soulager la douleur est une bonne chose. Tuer des gens est mal. Tout ce qui a pour effet de rendre floue la distinction, la distinction fondamentale entre le soulagement de la douleur d’une part, et le fait de mettre fin à la vie de l’autre, doit être évité. »

Il réagissait notamment à des propositions tendant à justifier l’administration de doses létales de morphine.

Quant à la Suisse, elle continue de tolérer le « tourisme de la mort » qui tend à se populariser dans la mesure où c’est le seul pays au monde ou l’aide au suicide, pourvu qu’elle soit fournie de manière « altruiste », n’est pas réprimé. A « Dignitas » comme à « Exit » (l’autre clinique suisse qui fournit cette assistance), on insiste donc pour le candidat à la mort avale son breuvage de son propre mouvement. L’affaire coûte tout de même au bas mot 3.575 euros… L’euthanasie, elle, n’est pas légale en Suisse comme en Belgique ou aux Pays-Bas, mais dans ces pays elle est réservée à leurs ressortissants.

Source : ici.

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