Royaume-Uni : pas de réduction du délai légal d’avortement

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Par 187 voix contre 108, le Parlement britannique a rejeté mardi soir une proposition de loi de l’élu conservateur Nadine Dorries, qui souhaitait voir réduit le délai légal d’avortement de 24 à 21 semaines de grossesse, assorti d’un délai de réflexion de 10 jours, au motif que les échographies dernier cri ont montré l’humanité des enfants pendant les dernières phases de la gestation. “Les preuves sont évidentes et s’imposent d’elles-mêmes, nous sommes en 2006 et pas en 1967 ou en 1990. Le temps et la technologie médicale ont avancé, tout comme l’humeur de la nation”, selon Mme Dorries, favorable à l’avortement légal. (Quelle nouvelle technique attend-elle pour comprendre qu’il n’y a pas de différence de nature entre le foetus de 21 semaines et celui de 2, 10 ou 20 semaines ?).

Le projet Dorries a divisé la communauté pro-vie au Royaume-Uni : certains s’y sont montrés favorables au motif qu’il visait à réduire les conditions de légalité de l’avortement, entreprise en soi louable dès lors qu’il est impossible d’obtenir mieux. D’autres, comme la Society for the protection of unborn children, se sont au contraire félicités. Ils estiment que la réduction des délais, assortie d’une période obligatoire de réflexion, pourrait pousser les femmes à forcer la marche vers l’intervention alors que le fait d’attendre aurait pu les conduire à ne pas faire le choix de la mort. Ils observent aussi qu’une démarche similaire en 1990 a abouti à supprimer tout délai pour l’avortement dit “thérapeutique” sur les foetus porteurs de malformations.

Tout cela, on le comprend bien, relève de questions prudentielles et de l’opportunité de telle ou telle démarche dans le combat pour la réduction du nombre des avortements ; celui-ci atteint le nombre affreux de 180.000 par an Outre-Manche, dont quelque 3.000 tardifs.

Ce qui est certain, du point de vue du lobby pro-avortement, c’est qu’il faut éviter à tout prix le sordide, le visuellement inacceptable, le trop évidemment meurtrier. En ce sens, la réduction des délais légaux peut devenir une arme des soi-disant “pro-choix” qui gomment ainsi les aspérités les plus voyantes de ce commerce de mort.

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