Sédation palliative ou euthanasie : une frontière ténue

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Dans quels cas la sédation palliative constitue-t-elle une euthanasie directe ?

Alex Schadenberg, président de la Coalition pour la prévention de l’euthanasie au Canada, propose une intéressante réponse à cette question sur son blog. Je vous en propose ici une traduction résumée :

La question de la sédation profonde aux Pays-Bas comme une forme alternative d’euthanasie est importante. Dans cette procédure, on met le patient sous sédatifs avant de retirer l’alimentaton, ce qui résulte en une mort intentionnelle par déshydratation : une « euthanasie lente ».

Tuer une personne par injection létale prend entre quelques minutes et une heure. Tuer une personne intentionnellement en le privant d’hydratation prend généralement entre 10 et 14 jours.

Pour autant le jugement moral porté sur la sédation profonde n’est pas automatique, puisque toute sédation profonde ne cherche pas à tuer intentionnellement le patient. Elle peut s’appliquer à une personne très proche de la mort et souffrant de manière insupportable : celle-ci est alors « sédatée » et meurt en quelques jours, ce qui relève non de l’euthanasie mais de la bonne pratique palliative.

On peut aussi l’utiliser sur une personne qui n’est pas sur le point de mourir mais qui expérimente des souffrances impossibles à alléger. On peut leur appliquer une sédation profonde pendant quelques jours, tout en continuant l’hydratation et l’alimentation, la sédation étant interrompue au terme d’une courte période. Parfois la procédure permet de détendre le patient qui répondra dès lors au traitement de la douleur sans être plongée dans le coma.

Mais il est clair que la sédation profonde peut être utilisée dans le but d’entraîner la mort, sans que les proches du malades soient informées de cette intention réelle. C’est une menace pour les personnes les plus vulnérables de notre société.

Ainsi donc, si la sédation profonde suscite des inquiétudes, ce n’est pas par rapport à la sédation elle-même mais relativement au retrait des fluides et de l’alimentation dans l’intention d’entraîner la mort ; il faut donc veiller à ce que ces soins ordinaires ne soient pas retirés, à moins que le patient ne se trouve très près de la mort. C’est le cas lorsque le corps du malade se « ferme » progressivement : en ce cas l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation est conforme à l’éthique parce qu’elles n’apportent aucun bénéfice à la personne et que leur retrait n’entraîne pas la mort de manière intentionnelle.

Source : ici

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