Statistiques des naissances outre-Manche : entre discrimination et origines

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Les enfants britanniques ne sont plus répertoriés comme étant conçus au sein d’un couple légitime dans les statistiques officielles du gouvernement. L’équivalent, outre-Manche, de l’INSEE, l’Office national des statistiques, a décidé d’omettre toute mention concernant le statut – mariée ou non – de la femme enceinte au moment du début de sa grossesse, la remplaçant par une notion unique et fourre-tout : on notera seulement si elle se trouve, oui ou non, au sein d’un « partenariat légal ».

But de l’opération : il s’agit d’éviter toute discrimination ou stigmatisation des femmes homosexuelles puisque celles-ci ne peuvent prétendre au mariage légitime.

C’est depuis 2003 que le gouvernement travailliste alors au pouvoir avait fait rayer des documents administratifs toute référence ou recours au mot « mariage », pour les mêmes raisons, mais les statistiques continuaient de… présenter des statistiques différenciées pour désigner des situations différentes.

Malgré l’annonce par les conservateurs désormais au pouvoir de remettre le mariage et la famille au centre de la prise de décision politique, en décembre, les nouveaux chiffres pour 2009 qui viennent d’être publiés par l’Office national des statistiques annoncent simplement que cette année-là, 896.300 bébés ont été conçus en Angleterre et au Pays de Galles, dont 57 % « en dehors d’un partenariat légal ».

Et ainsi, dans la réalité que ces chiffres révèlent, le mariage est doublement attaqué, la famille doublement menacée. Désormais la part prépondérante des grossesses survient en dehors du cadre stable et naturel du mariage légitime. Et désormais, on a atteint sur le plan administratif le plan de l’indifférenciation suprême, au nom du « droit à la différence » : obligatoirement, ce qui est distinct est rassemblé, unifié, uniformisé, au point qu’il faut faire semblant de ne plus voir.

Mais il faut aussi rapprocher le chiffre des grossesses enregistrées avec celui des naissances vivantes en 2009 : 706.248.

La différence entre ce chiffre et celui des conceptions indique le véritable génocide qui est perpétré, d’année en année, en Angleterre et au Pays de Galles comme ailleurs et comme ici : on a enregistré 189.100 avortements en 2009 sur des femmes résidant dans ces pays. Les chiffres ne concordent sans doute pas tout à fait en raison de fausses couches, naissances ailleurs…

La fécondité britannique remonte depuis 2001, où la natalité se situait à 1,65 enfant par femme, loin du niveau de remplacement des générations : presque stable en 2009 (quelque 2.500 naissances de moins par rapport à 2008), le taux de natalité étant à 1,96 enfant par femme. Il remonte chez les plus de 35 ans et baisse chez les moins de 30 ans, et de la manière la plus sensible chez les moins de 20 ans.

Cette remontée globale est quant à elle à rapprocher de cette autre statistique livrée pour 2009 par l’Office national : le nombre de naissances chez des femmes elles-mêmes nées en dehors du Royaume-Uni n’a cessé d’augmenter ces dernières années, passant de 14,3 % des naissances en 1999 à 24,1 % en 2008, puis 24,7 % en 2009.

Curieusement, cette dernière statistique n’est pas jugée discriminatoire. Il est vrai qu’elle ne répertorie que les naissances chez des femmes qui sont nées ailleurs qu’au Royaume-Uni, sans préciser l’origine exacte.

© leblogdejeannesmits.

2 comments

  1. Erasmus Minor

    Mais où avez-vous vu que le mariage est une institution qui trouve son fondement dans les Evangiles ? Que l'Eglise ait voulu bénir le mariage est une bonne chose mais il ne faut pas tout confondre. Le sacrement du mariage est un signe mais il est lié à beaucoup de réalités humaines fort diverses au long de l'histoire. Les premiers chrétiens n'ont jamais vu dans le mariage au sens où nous l'entendons aujourd'hui une institution chrétienne mais seulement une réalité sociale. A l'époque de Constantin, les chrétiens se mariaient suivant les coutumes locales et donc souvent romaines. Les mains jointes des deux époux n'est pas une tradition chrétienne mais romaine par exemple qui était toujours célébrée par une… matrone ! Plus tard, d'autres rites furent inventés mais il faut toujours s'en tenir au précepte évangélique qui met l'humain avant la loi sans exception. Le combat pour la “famille traditionnelle” est un combat politique, pas un combat chrétien ! Un enfant naît et on se moque bien de savoir si ses parents sont ou non mariés : il naît et c'est tout !

  2. Mais où avez-vous vu qu'il était ici question de mariage religieux ? Ce message ne parle que du mariage civil et de sa pâle copie, évidemment moins contraignante et sans les effets socialement stabilisateurs du mariage : l'union civile.

    L'enfant se moque peut-être de savoir où il naît, mais il n'est pas indifférent pour lui de naître au sein d'une famille stable, d'une mère célibataire, ou dans un couple de rencontre qui se disloquera bientôt.

    Le mariage civil offre au moins quelques garanties à cet égard (séparation plus difficile) même s'il est généralement aujourd'hui fortement dévalorisé.

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