Tranches de cadavres…

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Près de la frontière polonaise, à Guben en Allemagne, une usine vient d’ouvrir ses portes, y compris au public : on y fabriquera des « tranches de cadavres ». C’est l’anatomiste Gunther von Hagens qui est à l’origine du projet – lui qui a développé de nombreuses techniques pour congeler et débiter en tranches fines, à la scie circulaire, des cadavres humains, puis de les conserver par plastification, ou encore de les disséquer et de les conserver de façon à obtenir des points de vue extraordinaires sur des organes ou des corps entiers.

Trois jours par semaine, l’atelier – le plastinarium – sera ouvert au public (interdit au moins de 14 ans) qui moyennant 12 euros par tête pourra assister à la découpe avant de visiter le macabre musée avec des corps mis en scène. Les restes non destinés à l’exposition (le gros de la production) seront vendus aux chercheurs et aux étudiants en médecine, noble fin qui a déjà séduit (assure l’entreprise) quelque 6.000 futurs donneurs.

Une boutique de souvenirs complètera le circuit mais on ne pourra y acquérir (foi de bouchers) que des tranches d’animaux.

Quarante-deux salariés (mais on espère arriver aux deux cents) s’affairent déjà dans l’usine. Certains ont fait un stage en Chine où Gunther von Hagens dispose de « filiales » avant la lettre.

Soit dit au passage, il n’y a rien d’étonnant à ce que cette ignoble entreprise ait pu débuter en Chine, où le matérialisme communiste s’accommode fort bien de cette déshumanisation outrée. On reconnaît l’homme au respect dont il entoure ses morts : c’est le signe de sa conscience, de sa pensée, de son âme immortelle et de sa relation à Dieu. Broutilles que tout cela, au XXIe siècle…

Gunther von Hagens assure que des expositions basées sur sa technique (comme « Bodies », que j’avais commentées dans Présent, et dont les plus courageux pourront vérifier l’existence ici) n’ont rien à voir avec lui : la différence, assure-t-il, réside dans le fait qu’il n’utilise que des corps librement donnés par leurs… propriétaires ? L’exposition de corps de dizaines de Chinois jeunes et bien portants par « Bodies » avait en effet soulevé quelques questions.

Pourquoi s’inquiéter de cela quand on avorte par centaines de milliers et que l’euthanasie progresse ? Parce que ce genre d’entreprise consiste non seulement à profaner des corps bien au-delà des besoins de la recherche médicale, mais qu’elle anesthésie notre respect pour nos semblables.

Le site de Gunther von Hagens : Bodyworlds

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