Tri embryonnaire inversé

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La revue Fertility and Sterility s’apprête à publier un article montrant que des parents handicapés aux Etats-Unis utilisent actuellement le diagnostic préimplantatoire génétique (DPI) pour obtenir des enfants semblables à eux. Aux termes d’une enquête réalisée auprès de 190 cliniques de fertilité où se pratique la fécondation in vitro, 3% d’entre elles ont eu recours à un moment ou à un autre au tri embryonnaire pour sélectionner un embryon porteur d’un handicap donné. Si la plupart des responsables interrogés ont déclaré refuser cette procédure, quelques-uns, sans la mettre en oeuvre eux-mêmes, ont avoué qu’en cas de demande en ce sens il indiqueraient aux couples un médecin disposé à y accéder.

Parmi les handicaps “sélectionnés”, on renontre le nanisme et la surdité. Les parents handicapés mettent en avant leur sentiment de pouvoir renforcer les liens familiaux par le partage de leur problème.

BioEdge cite le Dr Darshak M. Shangavi qui invoque les “erreurs” liées au processus naturel de la reproduction, qui lui aussi produit des bébés porteurs de défauts congénitaux “parfois plus graves que le nanisme ou la surdité”, pour justifier son indifférence par rapport à cette information.

On arrive ainsi à une absolue confusion des valeurs. Comment des parents peuvent-ils vouloir pour leur enfant un handicap quel qu’il soit, si la vie est don ? Appeler à la vie un enfant sourd, ou nain (en tuant au passage ses frères et soeurs sains) pour son propre agrément, voire son propre amusement, est une sorte de degré ultime de l’égoïsme. Accueillir la vie donnée, quelle qu’elle soit, même handicapée, même diminuée, relève d’une attitude radicalement opposée, celle qui considère l’enfant pour lui-même et parce qu’il existe.

Le même article de BioEdge signale le cas rapporté récemment par la revue Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine : les parents d’une petite fille, handicapée mentale grave, lui ont fait donner de hautes doses d’oestrogènes afin de stopper sa croissance, et lui ont fait subir une hystérectomie, parce qu’ils criagnaient de ne pas pouvoir s’en occuper au fur et à mesure qu’elle prendrait de l’âge et du poids.

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