Un “cas limite” au Mexique qui finit bien…

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La petite Amalia, 10 ans, jeune fille Maya vivant dans l’Etat mexicain de Quintana Roo, a fait la une des journaux au mois de mars lorsque, alerté par sa mère, un médecin constata qu’elle était enceinte de 4 mois. Le coupable ? D’après la fillette, son « beau-père » Isaac Santiago Martinez, dit « le sorcier », qui vit avec sa mère depuis 7 ans. L’homme est actuellement en détention préventive.

L’affaire fut immédiatement exploitée par le lobby féministe mexicain qui réclamait à cor et à cris, pour la petite Amalia, un avortement dépénalisé. Revendication relayée complaisamment par la presse.

Mais voilà : la Constitution du Quintana Roo affirme depuis 2009 le respect de la vie conçue. Et même si des cas de dépénalisation ont été conservés, aucun de ceux-ci n’était applicable : il s’agit de l’avortement à la suite d’un accident (résultant par exemple d’une conduite imprudente de la mère, de l’avortement à la suite d’un viol, mais seulement pendant les 90 premiers jours de la grossesse, d’une grave malformation du fœtus ou du danger pour la vie de la mère.

Le seul cas techniquement envisageable dans l’affaire en question, où le délai fixé par la loi était dépassé, était le dernier : danger pour la vie de la mère, cette fillette qui allait sur ses onze ans et qui à ce titre avait suscité l’intérêt des partisans de l’avortement légal au Mexique. Mais justement, les médecins qui la traitaient rejetaient la « solution » de l’avortement comme trop risquée pour la santé de la fillette.

Tollé des féministes.

Tollé d’autant plus absurde que la fillette elle-même, tout comme sa mère Zeyda Morales, ne désirait pas du tout que son enfant soit avorté ! Au contraire, selon Carlos Polo, du Population Research Institute (voir cet entretien à Zenit en mai dernier), après avoir été embarqué dans le tourbillon des pro-« IVG »  – qui auraient tranquillement disparu, une fois l’avortement perpétré – la mère comme la fille furent extrêmement soulagées de se voir proposer des solutions pour que le tout-petit puisse vivre.

La grossesse d’Amalia allait être suivie au centre Maternel et Infantile de la ville de Chetumal où la fillette fêta ses 11 ans en avril et où elle reçut toutes les assistances nécessaires, notamment sur le plan psychologique.

Le 25 août dernier, la jeune fille a mis au monde une petite fille par césarienne : 2,5 kg, 51 cm et une nouvelle vie qui assurément ne mérite pas de souffrir pour le mal que son père a infligé à sa mère. Le bébé comme la fillette sont en « excellente santé », ont fait savoir les autorités de l’hôpital, et devaient quitter rapidement l’hôpital.

Cette affaire, vue dans le contexte de celle de la fillette de Recife de mars 2009 (amplement commentée par ailleurs dans ce ce blog), suscite plusieurs réflexions.

1. Convenablement surveillée par un personnel médical prêt à intervenir, une grossesse chez une fillette de cet âge n’est assurément pas souhaitable, mais ne représente pas d’elle-même un danger pour sa vie. C’est pourtant de ce danger qu’arguent les pro-avortement en réclamant à tout pris la mise à mort de « l’intrus »…

2. Dans ce genre d’affaires, ni la jeune fille abusée, ni ses proches ne sont forcément favorables à l’avortement.

3. Les activitistes pro-avortement sont toujours prêts à sauter sur ces faits divers et à faire relayer leur discours par la presse, même si la principale intéressée ne partage en rien leur point de vue. la grand-mère d’Amalia, interrogée par la presse mexicaine au mois d’avril, se plaignait de ce que des tas de gens aient voulu exiger un avortement sur sa petite-fille sans jamais demander ni prendre en compte l’avis de celle-ci ou de sa mère.

4. Ce qui conduit à s’interroger sur les grands silences du discours du lobby pro-avortement. Pourquoi, au nom de la prévention et de la précaution, ne s’élève-t-il pas d’abord contre la fréquence des abus sexuels sur mineurs, souvent au sein même de la famille, dans certaines zones où il va glaner ses « cas limite » pour faire changer les lois sur l’avortement ? Pourquoi ne lutte-t-il pas d’abord pour la moralité publique ? Pour la sauvegarde de l’idée et de la réalité du mariage et pour le respect de la femme (le respect de Zeyda, par exemple, battue par son mari dès l’instant où elle attendit Amalia, séparée de lui 3 ans après) ? Pourquoi omettre de prêcher un message de chasteté et de vérité dans cette région du Mexique où – selon la presse – 16 % des grossesses résultent de viols ?

Ces chiffres sont abominables, mais on les tolère mieux semble-t-il que les petites vies innocentes qui se cachent derrière eux, dont la mise à mort n’arrangerait rien. Dont la vie peut être respectée et, même, une fois qu’elle est là, présente, désirée malgré tout.

© leblogdejeannesmits.

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