Regain de tensions religieuses au Sri Lanka
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La recrudescence des tensions ethniques et religieuses ternit la politique gouvernementale de réconciliation nationale.

Depuis quelques mois, le Sri Lanka fait face à des incidents croissants témoignant d’un regain des tensions religieuses. La tendance est observée avec inquiétude par les minorités et les organisations de défense des droits de l’homme, dans un pays qui a connu vingt-six années de guerre civile liées aux tensions ethniques entre la majorité cingalaise et bouddhiste de Colombo et la minorité tamoule du Nord-Est. Ce conflit s’était achevé en mai 2009 dans un bain de sang, avec l’écrasement de la guérilla tamoule par les forces armées suspectées d’avoir commis des crimes de guerre ; 40 000 civils tamouls avaient été tués par les forces gouvernementales au cours des derniers mois du conflit..

 

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Info – Thaïlande : La junte au pouvoir tente de corriger la perception négative de la clause religieuse inscrite dans la nouvelle Constitution
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La junte militaire au pouvoir en Thaïlande a tenté de tempérer les inquiétudes des minorités religieuses du pays – particulièrement des musulmans (5 % de la population) – en prenant un décret visant à corriger la perception négative de l’article 67 sur les religions du projet de Constitution approuvé par référendum le 7 août dernier.

L’article 67 du projet de Constitution, laquelle doit être promulguée au début de 2017, stipule que « l’Etat doit parrainer le bouddhisme et les autres religions » et ajoute que « l’Etat établit les mesures et les mécanismes visant à prévenir la profanation du bouddhisme sous toutes ses formes et encourage la participation de tous les bouddhistes en ce qui concerne l’application de tels mécanismes et mesures ».

« Une concession » aux groupes bouddhistes nationalistes

Cette dernière phrase n’a figuré dans aucune Constitution précédente et, selon Gothom Arya, directeur Centre des études sur la paix de l’Université Mahidol, représente « une concession » du gouvernement aux groupes bouddhistes nationalistes, qui, à chaque fois qu’une nouvelle Constitution est en cours de rédaction, font pression pour que le bouddhisme soit reconnu comme « religion nationale ».

De plus, l’article 67 ne comporte pas, contrairement à la plupart des Constitutions précédentes, de référence à l’importance de « l’harmonie religieuse ».

Interrogée par Eglises d’Asie, Angkhana Neelapaijit, la première musulmane à faire partie de la Commission nationale des droits de l’homme, indique que les musulmans sont inquiets de la formulation de l’article 67. « Les musulmans thaïlandais ont peur que l’Etat ne soutiennent pas fortement les musulmans. Il y a des obstacles pour que les musulmans jouissent pleinement du droit à exercer leur religion », précise-t-elle. Selon elle, l’article 67 donne l’impression aux musulmans que le bouddhisme se voit accorder un statut supérieur aux autres religions.

Elle mentionne notamment un projet de loi sur le Hadj, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, et qui impose à l’Etat de soutenir financièrement les musulmans thaïlandais pour les aider à effectuer le pèlerinage à La Mecque. « Certains groupes bouddhistes sont opposés à cette loi. Mais elle est très importante pour les musulmans qui se sont battus depuis de nombreuses années pour obtenir une telle loi », indique-t-elle encore.

Selon l’agence Fides, la minorité catholique de Thaïlande (environ 0,5 % de la population) ne se dit, quant à elle, pas inquiète de ce nouvel article. « Nos activités pastorales ne sont pas troublées ou modifiées. (…) La communauté catholique ne s’occupe pas des questions politiques, mais continue de mener ses activités », a déclaré à l’agence de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples le P. Peter Watchasin, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires de Thaïlande.

Inquiétude des musulmans vis-à-vis de l’article 67 de la Constitution

Plusieurs analystes ont attribué à cet article constitutionnel sur les religions la forte proportion de votes défavorables au projet de Constitution dans les trois provinces du Sud du pays – Yala, Pattani et Narathiwat – lors du référendum constitutionnel du 7 août. Une insurrection ethno-nationaliste contre l’Etat central prévaut depuis des décennies dans ces provinces peuplées à 80 % de musulmans de culture malaise. Elle s’est intensifiée depuis 2004 et a provoqué depuis cette date près de 7 000 morts, tant chez les bouddhistes que chez les musulmans.

L’analyse des résultats du scrutin et la prise en compte des réactions d’inquiétudes vis-à-vis de l’article 67 ont mené la junte militaire, au pouvoir depuis le coup d’Etat de mai 2014, à prendre le 22 août dernier un décret visant à « compléter » cet article. Le décret a pour objet d’« empêcher les actes qui menacent le bouddhisme et les autres religions » et reprend l’appel traditionnel à « l’harmonie religieuse » ; il met aussi en place un comité pour « empêcher les actes qui menacent le bouddhisme et les autres religions ».

Les musulmans thaïlandais ont accueilli ce décret avec un certain scepticisme, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un geste de bonne volonté du régime militaire pour « corriger le tir ».

La controverse autour de l’article 67 intervient alors que les tensions entre bouddhistes et musulmans se sont accrues ces derniers mois. En novembre dernier, Phra Apichat Promjan, un moine bouddhiste de Bangkok, a appelé les bouddhistes à « brûler une mosquée pour chaque moine bouddhiste tué dans le Sud thaïlandais ». Son appel, qui faisait suite à l’assassinat de plusieurs moines bouddhistes dans les provinces du Sud, avait été largement diffusé sur les réseaux sociaux avant que le gouvernement n’intime au bonze d’arrêter de s’exprimer sur ce sujet.

En janvier dernier, un projet de vaste « parc bouddhiste » lancé par les autorités bouddhistes locales de la ville de Pattani (où 80 % de la population est musulmane), avait été suspendu par la junte après une vague de critiques des musulmans de la région. Le mois suivant, en février 2016, des groupes bouddhistes et des bonzes de la ville de Chiang Mai, dans le nord du pays, se sont opposés à l’établissement d’une zone pour l’industrie alimentaire halal, affirmant que cela « détruirait le patrimoine culturel de la province ».

Selon Angkhana Neelapaijit, le décret du 22 mai vise à apaiser ces tensions ou, à tout le moins, à ne pas les attiser. « Il reste à voir si cela peut rétablir l’harmonie », conclut-elle.

Source : Eglises d’Asie

Info – Thaïlande : Préparation du Mois missionnaire dans la crainte de l’application de mesures contre le blasphème à l’encontre du bouddhisme
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« Au cours de cette phase, sous un pouvoir militaire, la société, et en particulier les jeunes, se plaint du manque de liberté et de pluralisme. Il n’est pas possible de critiquer le gouvernement. Mais nos activités pastorales ne sont pas troublées ou modifiées ». C’est ce que déclare à l’Agence Fides le père Peter Watchasin, Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires de Thaïlande, en parlant de la manière dont l’Eglise se prépare actuellement à vivre la Journée missionnaire mondiale du 23 octobre prochain.
Selon un certain nombre d’observateurs, la nouvelle constitution de Thaïlande, approuvée le mois dernier, risque de miner l’harmonie religieuse dans le pays à cause d’une disposition qui impose à l’Etat de promouvoir le bouddhisme Theravada, religion majoritaire au sein de la nation. Ce qui préoccupe surtout parmi les minorités religieuses chrétienne et musulmane, est la possible application de dispositions concernant le « blasphème ».
En effet, la nouvelle constitution prévoit, en son article 67, que « l’Etat établit les mesures et les mécanismes visant à prévenir la profanation du bouddhisme sous toutes ses formes et encourage la participation de tous les bouddhistes en ce qui concerne l’application de tels mécanismes et mesures ». Par conséquent, tout acte interprété comme une menace ou un outrage au bouddhisme peut faire l’objet d’intervention et de répression de la part de l’Etat.
Pour éviter de potentiels problèmes causés par une interprétation extensive de cette disposition, le Premier ministre, Chan-o-cha Prayut, dans une ordonnance prise le 22 août, a confirmé que l’Etat « protège toutes les religions reconnues » et soutient « toutes les fois qui contribuent au développement de la nation » sans violer la loi et les principes d’unité nationale.
Le gouvernement entend ainsi prévenir le déclenchement de conflits religieux au sein de la société. Dans une telle situation, « la communauté catholique – conclut le Père Watchasin – ne s’occupe pas de questions politiques mais continue à mener ses activités. Nous préparons actuellement le mois d’octobre missionnaire, après que l’Eglise ait vécu son Synode spécial en 2015. A la lumière de cette assemblée, en tant que catholiques, nous sommes à la recherche de nouveaux chemins permettant d’incarner l’Evangile dans le pays et de le vivre au sein de la société, dans l’économie, dans le monde politique afin de contribuer au bien commun de la nation ».

Source : Agence Fides

brève – Dalaï-Lama en France – Une visite moins politique, plus spirituelle
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Le Dalaï Lama est en visite en France du 12 au 18 septembre. Une première depuis cinq ans pour le maître bouddhiste.

Conférences, rencontres, débats… le chef spirituel des Tibétains a un programme chargé et pourtant aucun rendez-vous officiel n’est prévu à l’agenda avec les hautes autorités de l’État. Seule une vingtaine de parlementaires du groupe d’information sur le Tibet le rencontrent à Paris. Un choix qui interroge alors que le prix Nobel de la paix a été reçu à plusieurs reprises par le président américain Barack Obama, mais aussi par Angela Merkel, la chancelière allemande.

Loin des grandes réceptions politiques, la figure militante pour le Tibet du Dalaï Lama semble laisser place à la figure spirituelle. Il a renoncé à ses fonctions de chef du gouvernement tibétain en exil depuis mars 2011.

«Je préfère parler du bonheur» s’est justifié le maître bouddhiste.

Source Radio Vatican

Les bouddhistes belges sont favorables au fait de tuer des enfants malades
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L’Union bouddhique belge s’est déclarée favorable à la loi votée par le Parlement belge, qui autorise l’euthanasie des enfants mineurs souffrant d’une maladie incurable. Cette organisation revendique 100 000 bouddhistes en Belgique. Contrairement à toutes les Églises ou religions de Belgique, et en particulier l’Église catholique, qui ont fermement condamné le permis de tuer accordé aux médecins et aux familles à l’encontre d’enfants vulnérables, l’Union bouddhique belge s’est réjouie de la possibilité de mettre fin aux jours d’enfants pour qui il “ne serait pas possible de réduire la souffrance”. Koen Vermeulen, le secrétaire général de l’UBB a ajoutée que l’euthanasie était même, dans certaines circonstances, la seule option “sensée”.

S’il était besoin de le noter, les fidèles bouddhistes s’inscrivent donc pleinement dans la culture de mort contemporaine.

Déjà, lors de l’audition des responsables religieux français au Sénat au sujet du prétendu mariage homosexuel, Marie-Stella Boussemart, présidente de l’Union bouddhiste de France (UBF), avait donné dans le relativisme le plus complet. Elle avait indiqué que chacun devait faire, en conscience, ce qu’il lui semblait le mieux. Elle avait appelé chaque croyant à réfléchir « pour savoir ce qu’il veut faire ou pas ».

Auch : “Sud-Ouest” traite d’extrémistes les catholiques indignés par l’attitude de Mgr Gardès
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Lu dans Sud Ouest :

“Monseigneur Maurice Gardès, évêque d’Auch, est la cible d’extrémistes catholiques. A la veille de la réunion inter-religieuse et philosophique qui a lieu depuis sept ans, des articles et commentaires sur internet fustigent Mgr Gardès parce qu’il participe à une réunion en présence de représentants de la franc-maçonnerie.

Certains commentaires font froid dans le dos. On peut ainsi lire, par exemple: “On ne pactise pas avec le diable, il est avec eux, c’est clair”. D’autres appellent à “l’excommunication” et à “la pénitence publique”.

L’homme d’église affirme ne pas s’en émouvoir plus qu’il ne faut. “Je connais la dureté de ce type de commentaires. Je sais aussi que dès que l’on s’ouvre, certains ont peur par ignorance de l’autre. Les auteurs de ces commentaires sont des gens qui ne connaissent pas l’Evangile car Jésus rencontrait tout le monde.”

Notons que ce n’est pas la première fois que cette réunion inter-religion se déroule en présence de représentants de la franc-maçonnerie, mais c’est la première fois que les milieux extrêmistes se font connaître.

Nos observations :
1) Pourquoi Mgr Gardès ne rappelle-t-il pas l’Enseignement de l’Eglise sur la franc-maçonnerie ? Notamment le fait que pour un catholique, en faire partie est un péché grave et interdit l’accès à la sainte communion. Ce ne sont pas des extrémistes qui le disent mais… le pape Benoît XVI lorsqu’il était cardinal et préfet de la Congrégation de la doctrine et de la foi sous le pontificat de Jean-Paul II.
2) Derrière notre refus de cette invitation de la franc-maçonnerie, il n’y a ni “peur” ni “ignorance de l’autre”. Les loges maçonniques, ne serait-ce que par leur rôle dans le vote des lois de 1905, 1967 et 1974 sans parler de leur tentative d’en finir avec l’enseignement libre, sont des ennemis déclarées de la culture de vie, de l’Eglise et des chrétiens. C’est justement le contraire de l’ignorance qui nous pousse à protester !
3) Ce refus n’est pas propre au monde traditionnel. L’ancien franc-maçon Maurice Caillet, proche de l’Emmanuel, me signale avoir écrit au Nonce apostolique pour l’avertir de ce scandale.

Arthur Leroy

Le diocèse d’Auch veut “transmettre l’essentiel” avec la franc-maçonnerie, les protestants, les juifs et les musulmans…
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« Transmettre l’essentiel » ! Tel sera le thème de la « rencontre interreligieuse et philosophique » qui, pour la septième fois depuis 1998, va réunir dans le Gers des représentants de toutes les religions mais aussi de la franc-maçonnerie et de la Ligue de l’enseignement.

Le rendez-vous est fixé à Auch le 23 septembre à 20h30. Les 300 personnes attendues à la Maison de Gascogne verront autour de la table des représentants de l’Eglise catholique, de la communauté réformée du Gers, de l’islam, de l’Union bouddhiste du grand Sud-Ouest, de la communauté évangélique pentecôtiste du Gers, du fond social juif unifié, mais aussi de la Grande loge nationale de France (GLNF) et de la Ligue de l’enseignement de Haute-Garonne.

La Ligue de l’enseignement promet qu’elle ne fera pas de prosélytisme

André Boudou, son président, a expliqué simplement cette démarche hier : « Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme mais de dire comment nous vivons ensemble, avec ou sans référence religieuse, et de créer le débat pour s’informer. » Leurs valeurs communes ? Tous la résume en un mot : « C’est l’humain. » L’humain visible et autonome alors, car personne n’ignore la rôle de la franc-maçonnerie dans le combat des militants de la culture de mort pour la légalisation de l’avortement.

Aller plus loin mais pas dans la vérité…

Jean-Pierre Mayeux, de la GLNF, ajoute : « Ce qu’on essaie de faire à Auch, c’est d’aller plus loin dans la rencontre, plus loin dans le respect, et donc plus loin dans la laïcité tout en restant soi-même. » L’Eglise reste-elle elle-même en ne rappelant pas le péché grave que constitue pour un catholique l’appartenance à la franc-maçonnerie ? « L’objectif [n’étant] pas de conclure » suivant le dogme maçonnique de la vérité impossible à atteindre, que vient faire Mgr Gardès dans cette galère, lui qui a comme mission d’enseigner, de sanctifier et de gouverner ? Et la nouvelle évangélisation dans tout ça ? Si nous croyons que le Christ est LA Vérité, qu’attendons-nous pour en parler à nos frères juifs, musulmans, bouddhistes, etc ? « Transmettre l’essentiel » n’est-il pas simplement transmettre la Parole et l’Enseignement de l’Eglise ?

Nous avons contacté le diocèse d’Auch mais « Mgr Gardès ne parle qu’aux télévisions et aux journaux ». Les blogs ont le droit au répondeur du service communication ou aux coordonnées du pasteur de la communauté réformée du coin…

Arthur Leroy (via La Dépêche et Contre-Info)

Québec : un calendrier « interculturel » pour les écoles
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C’est une idée du ministère québécois de l’Education. Listant un certain nombre de fêtes religieuses, il est censé aider les écoles publiques à « planifier des activités », mais dans les faits, il vise aussi à déterminer des dates d’examen sans froisser certaines minorités religieuses, affirme le Mouvement laïque québécois.

Les catholiques lésés, mais moins que prévu…

La première version du calendrier « interculturel » que le ministère de l’Éducation de la Belle province a présentée au “religiologue” Frédéric Castel comportait seulement « deux ou trois » fêtes catholiques. Or, « 83 % de la population québécoise est de religion catholique », souligne “l’expert”, qui a porté le nombre de ces fêtes à sept, dans la dernière version du calendrier. « On voulait s’assurer d’être équitables avec tout le monde et je me suis fait un devoir de l’être. » Le rôle de Frédéric Castel : « évaluer la pertinence » [sic] des fêtes qui y figurent en «vérifiant qu’il n’y a pas d’inexactitudes […], des oublis majeurs et des déséquilibres compromettant l’équité [sic] entre les diverses religions ». Le calendrier comprend donc cette année :

– 9 fêtes chrétiennes dont deux orthodoxes (“Noël”, “Épiphanie”, “Théophanie”, “fête de la présentation de Jésus au Temple de Jérusalem”, “début du Grand Carême orthodoxe Pourim”, “début de la Semaine sainte faisant mémoire des derniers jours de Jésus”, “Pâques, fête de l’Ascension du Christ vers le Père céleste”, “fête de la Pentecôte”),

– 7 fêtes juives (Roch ha-Chanah, Yom Kippour, Soukkot, Hanoukah, fête carnavalesque commémorant la délivrance des Juifs de l’Empire perse, semaine de Pessah, Chavouot),

– 6 fêtes hindoues (Navaratri, Divali, période de la Maha Kumbh Mela, Maha Shivaratri, Holi, Rama Navami),

– 5 fêtes bouddhistes (Pavarana, Bodhi, Parinirvana, Magha pûja, Vesak), 4 fêtes musulmanes (Aïd al-Fitr, Aïd al-Adha, 1er Muharram, Achoura) et

– 2 fêtes sikhs (Jour de naissance de Guru Nanak, Nouvel An solaire sikh).

« L’inclusion » dans les « classes multiethniques »

Mais selon Frédéric Castel, « le but, ce n’est pas d’être multiculturaliste [sic], ni d’inculquer la religion, dit-il. Dans des classes multiethniques, ça peut être une marque d’inclusion [sic] pour que les gens se sentent inclus [sic], pour qu’ils sentent qu’on parle d’eux », explique-t-il. Le “religiologue” reconnaît cependant que des enseignants pourraient être tentés d’organiser des activités en classe pour souligner ces fêtes religieuses, mais il soutient que « ce n’est pas le but ».

Il ajoute que des calendriers semblables existent ailleurs dans le monde, « même en France qui est souvent vue comme un modèle [sic] de laïcité ». Nous n’étions pas au courant…

Les religions très minoritaires surreprésentées

Même s’il a le mandat de s’assurer que toutes les religions sont traitées équitablement, dans ce calendrier gouvernemental, Frédéric Castel dit que le nombre de fêtes ne correspondra jamais à la proportion de la population pratiquant chacun des cultes. « Il faut savoir que le nombre de fêtes est très inégal d’une religion à l’autre et que l’importance relative de chacune de ces fêtes varie énormément », souligne-t-il.

Au ministère de l’Éducation, on estime que ce calendrier « peut être un outil de référence utile pour la planification des activités scolaires et pour se rappeler certains des événements qui ont marqué des communautés, des pays ou même l’histoire humaine ». Il ne devrait certainement pas aider à l’assimilation des populations immigrées…

Et en plus, « chacun des milieux peut y ajouter l’information culturelle qui l’intéresse », précise la porte-parole du Ministère, Ahissia Ahua.

Les laïcistes et les catholiques mécontents

Selon le mouvement laïque québécois, « ce qu’ils font, c’est qu’ils vont au-devant des demandes ou des critiques. Il n’y a jamais personne qui leur a demandé d’élaborer ce calendrier. C’est dommageable de présumer que les gens [qui immigrent au Québec] ne sont pas adaptables. Les demandes de congés pour des motifs religieux sont pourtant très peu nombreuses » note sa présidente Marie-Michelle Poisson.

Quant à l’Association des parents catholiques du Québec, elle n’est « pas d’accord » avec l’existence de ce calendrier. « Ça va tout à fait dans le sens du discours du cours d’éthique et de culture religieuse et des appréhensions que nous avions lors de l’apparition de ce cours », explique sa présidente, Jean-Morse Chevrier.

« On n’impose pas seulement des contenus, on impose jusqu’à un certain point des pratiques religieuses, déplore-t-elle. Quand on souligne l’existence d’une fête religieuse à l’école, on fait la promotion d’une religion. Si on commence à célébrer des fêtes hindoues ou islamiques qui sont vraiment en contradiction avec le christianisme, c’est dangereux pour le parent, parce que ça détourne l’enfant de sa propre religion et de la vision du monde qui va avec. »

Arthur Leroy

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