Un cas de “coronavirus” ecclésial: les sacres illicites de Wuhan en 1958
Download PDF

La ville de Wuhan (province du Hubei) fait l’objet d’une triste actualité. De cette localité serait parti le fameux coronavirus. Pour qui s’intéressent à la vie de l’Église en Chine, c’est dans cette ville – plus précisément à Hankou, une des trois villes de Wuhan – que furent ordonnés, sur la pression du parti communiste chinois, deux évêques sans mandat pontifical, le 13 avril 1958. Mgr Bernardin Tong Guang-qing, OFM et Mgr Marc Yuan Wen-hua, OFM furent tous les deux sacrés dans le cadre de ce qui a été improprement appelé “l’Église patriotique”. Ces ordinations illicites inaugurèrent un contentieux entre Rome et Pékin, qui n’a trouvé de réponse que tardivement, en septembre 2018. Il a débouché sur plusieurs dizaines de sacre sans mandat pontifical, même si certains ont été régularisés postérieurement (à partir de 1985). La tunique sans couture du Christ fut à nouveau déchirée. Faut-il voir un clin d’œil dans ces temps troublés et agités, surtout dans un pays où les chrétiens restent étroitement surveillés ?

Bénédiction d’un monastère au Nouveau-Mexique
Download PDF

Un nouveau monastère de bénédictines a été créé au Nouveau-Mexique. Le 10 février 2018, Mgr Felllay a béni cette nouvelle maison.  Comme l’a affirmé le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, « il s’agit du premier monastère contemplatif que nous avons la grâce de bénir sur le sol américain ». Cette initiative est intéressante :  elle démontre la vitalité du catholicisme de Tradition outre-Atlantique et sa capacité à susciter des œuvres contemplatives.

Les religieuses fondatrices du monastère de bénédictines Saint-Joseph de Silver-City, au Nouveau-Mexique, ont assisté à la bénédiction de la toute nouvelle maison de leur congrégation par Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.

La bénédiction a eu lieu en la fête de sainte Scholastique, 10 février 2018, jour de liesse pour la branche féminine de l’Ordre bénédictin.

Mgr Fellay a souligné l’importance de l’événement : « cette cérémonie est décisive pour la Tradition ; il s’agit en effet du premier monastère contemplatif que nous avons la grâce de bénir sur le sol américain ».

Avant la bénédiction, Mgr Fellay a prêché trois jours de retraite aux religieuses. Le matin même de la cérémonie, il a célébré une messe solennelle cours de laquelle trois religieux bénédictins ont reçu la tonsure.

Ces journées de fête se sont achevées par une procession aux flambeaux en l’honneur de la Très Sainte Vierge Marie, suivie d’un magnifique feu d’artifice.

 

 

Photos reproduites avec l’aimable autorisation des responsables du site fsspx.news.

Source : sspx.org – FSSPX.Actualités du 01/03/18

Pour célébrer un autre 14 juillet
Download PDF

Le 14 juillet 1570, par la bulle Quo primum tempore, le pape Saint Pie V rendait obligatoire un missel qui finira par devenir le principal missel de l’Église latine et ce, jusqu’en 1969. Exception était faite pour les lieux dans lesquels un rite ayant plus de deux cent ans était célébré.

Pour lire le texte de cette bulle.

Ordinations sacerdotales pour la Fraternité Saint-Pie X aux États-Unis
Download PDF

Outre les ordinations qui ont eu lieu à Écône et Zaitzkofen, les 23 juin et 1er juillet derniers, 9 prêtres ont été ordonné par Mgr Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), dans les nouveaux bâtiments du séminaire américain Saint-Thomas d’Aquin.

Ces derniers avaient, en effet, été inaugurés le 4 novembre 2016, à Dillwyn, dans le comté de Buckingham (Virginie).

Au total, 23 nouveaux prêtres auront été ordonnés cet été, dans le cadre de la FSSPX. Cette dernière voit ses effectifs croître régulièrement. Elle comprend actuellement 653 prêtres, lesquels sont appuyés par 117 frères profès et 79 sœurs oblates.

SOURCE – FSSPX.NEWS

Présidentielle – Une victoire à la Pyrrhus face à des catholiques qui se sont battus comme des lions
Download PDF

Moins de 25 % des Français ont voté pour lui au 1er tour (encore faut-il décompter le vote utile pour avoir une idée réelle de ses soutiens convaincus) ; à peine 43 % du corps électoral (dans un contexte de pression médiatique anti FN) ; le président le plus mal élu de la Vème République. Et maintenant 61 % des Français qui veulent une cohabitation. Ajoutez à cela un Louvre à peine rempli et vite déserté (comme les meetings) des rues sans fêtes hier soir…. La réalité d’Emmanuel Macron  et d’En Marche c’est ça.

Regardez attentivement la photo qui illustre cet article. Regardez les yeux d’Emmanuel Macron fixant François Hollande, mais surtout portez votre attention sur la main serrée sur l’épaule du futur ex président Hollande. C’est clairement une pression chaleureuse, amicale de victoire commune, loin de la distance d’un félon. Tel est le changement en marche.

Une victoire organisée par le plus mal aimé des présidents français pour reconduire son camp et ses idées, cependant officiellement sanctionnées par le vote ridiculement bas de Benoît Hamon. Une victoire qui, si elle organise à grands frais le transfert du PS vers En Marche, pour une survie du premier dans le second qui (bizarrement ?) évite la déroute financière en passant tout de même la barre des 5 %, laisse sur le bord de la Bérézina des Républicains laminés. Pas mieux loti, le Front National se pense à l’abri dans Troie désertée par Agamemnon, mais ne tardera pas à voir que le gonflement de circonstance de son électorat est le cheval d’Ulysse qui sera son talon d’Achille.

 

Lire la suite

Annuaire pontificale 2017 – France 5ème pays le plus catholique au monde
Download PDF

Les statistiques de l’année 2015 montrent que « le nombre de catholiques baptisés a augmenté au niveau planétaire, passant de 1,272 milliard en 2014 à 1,285 milliard en 2015, avec une augmentation relative de 1 % ». Ce qui représente 17,7 % de la population totale, précise le communiqué du Saint-Siège.

Une dynamique différente selon les continents, note le Vatican : en Afrique on enregistre une augmentation de 19,4 %, – de 186 à 222 millions – tandis qu’en Europe les catholiques sont 286 millions en 2015 c’est-à-dire 1,3 millions de moins qu’en 2014. Des données à imputer à la « situation démographique », qui prévoit un « net déclin » pour les prochaines années.

 

Lire la suite

Sorti du catholicisme par l’éducation, un lecteur répond à Manuel Valls
Download PDF

Un lecteur nous envoie ce mot plein de bon sens en réponse à l’article sur l’éducation de Manuel Valls.

Eduqué hors de la religion catholique mais sans haine
anticléricale, je peux répondre à M. Valls que je me suis
sorti de mon éducation ‘laïque’ et tous ses mensonges et
déformations pour venir à la foi catholique, tardivement
certes, mais avec tout mon coeur et ma raison…
Je ne développerai pas plus…
Fillon : Je suis gaulliste et chrétien (décomplexé ?)
Download PDF

L’heure des petites phrases est de retour. Après Noël, la campagne de 2017 revient plus vite que les rois mages et chacun se lance dans l’arène médiatique avec, au détour d’une question, une petite phrase clef et qui semble ne rien avoir à faire là.

Alors qu’il tente de démontrer que sa réforme de la sécurité sociale ne sera pas la caricature brutale qu’en font ses adversaires, l’argument utilisé par François Fillon est surprenant, tant il parait incongru dans le débat politique laïcisé.

Non François Fillon ne fera rien de contraire à la dignité de la personne humaine et ce pour une raison de poids, assénée par un argument d’autorité : Je suis gaulliste et chrétien.

Il y a peu, on eut fustigé quiconque eut osé brandir un tel argument d’autorité, mais dans cette interview, le journaliste ne relève même pas. Bien entendu la phrase clef n’est pas sortie au hasard. Il s’agit d’associer dans une même phrase dignité humaine et chrétien. Parce que ce tandem est plein de sens pour un électorat très particulier qui, du reste, a abondamment relayé la petite phrase. C’est, pour l’ancien premier ministre, une façon de dire aux catholiques dubitatifs « je vous ai compris ». J’ai entendu vos réserves et vos craintes sur mes positions floues en matière d’IVG, PMA etc, mais voyez, j’affirme que la base de mon gouvernement sera chrétien.

 

Lire la suite

Info – USA – Les Catholiques feront-ils basculer le vote ?
Download PDF

Depuis des mois, Hilary Clinton et Donald Trump s’écharpent sur le dos des Catholiques dont l’un comme l’autre espèrent bien récupérer les voix.

 

Dans la suite de notre feuilleton de l’été, voici un nouvel épisode, en attendant la réplique d’Hilary

 

trump

Info – Corée du Sud – 10% des parlementaires s’engagent à défendre la vie
Download PDF

Deux mois et demi après les élections législatives qui ont vu le parti de la présidente Park Geun-hye perdre la majorité absolue qu’il détenait à l’Assemblée nationale et tandis que la configuration de la nouvelle représentation nationale ne permet plus de dégager de majorité nette, l’Eglise catholique a suscité une initiative inédite en faveur de « la défense de la vie ».

Le 4 juillet dernier, l’homme politique et élu à l’Assemblée nationale Immanuel Lee Seok-hyun a en effet annoncé la création d’un « Forum pour le respect de la vie ». Dans un Parlement unicaméral qui compte 300 députés, ce forum réunit trente-trois élus, tous catholiques, qui s’engagent « à promouvoir et défendre une culture respectant la vie dans la société [sud-coréenne] », a déclaré Lee Seok-hyun, qui co-présidera ce forum non partisan. Elu du Minjoo Party, Lee Seok-hyun appartient à l’opposition, son parti réunissant 123 élus, face aux 122 élus du Saenuri Party, la formation de la présidente Park qui comptait 156 élus dans la législature précédente, et aux 38 élus du tout-nouveau Parti du peuple, issu d’une scission avec le Minjoo Party.

Lire l’article sur EDA

Info – L’Afrique catholique souhaite bon ramadan
Download PDF

Radio Vatican relate les nombreux messages de bon ramadan lancés par les différentes Eglises d’Afrique en pays majoritairement musulman.

La situation est sans aucun doute complexe pour ces Eglise encerclées et souvent menacées, réduites à la dhimmitude, qui doivent malgré tout vivre la charité sans attendre de retour. Est-ce un exemple de “priez pour ceux qui vous persécutent” ? Sont-ce les agneaux au milieux des loups ? On ne peut pas, en tout cas, accuser ces chrétiens de ne pas savoir ce qu’est l’Islam, ni de lancer les messages parfois syncrétiques et iréniques de quelques évêques de France. Même si les Eglises citées par Radio Vatican ne sont pas les plus persécutées.

 

Cette semaine encore, la presse catholique dans les pays africains majoritairement musulmans, se ressemble dans une même démarche de fraternité. A l’entrée dans le mois du jeûne musulman du Ramadan, aussi bien EGLISE D’ALGERIE, portail de l’Eglise dans ce pays d’Afrique du Nord que SENEGLISE, le portail de l’Archidiocèse de Dakar, au Sénégal, reproduisent les messages de fraternité que la communauté catholique adresse à celle musulmane.

En Algérie c’est un éditorial : « Bon ramadan chers frères et sœurs musulmans ! », qui rappelle que « le jeûne constitue l’un des cinq piliers de l’islam avec la profession de foi, la prière, l’aumône et le pèlerinage à la Mecque ». Mais le portail au-delà des simples convenances rituelles, invitant ses lecteurs au dépassement des préjugés : « N’ayons pas peur de les assurer de nos prières et de notre fraternité spirituelle alors que le mois le plus saint de l’islam a commencé ce lundi 6 juin », écrit EGLISE D’ALGERIE.

Au Sénégal, avec des mots différents mais dans une disposition de cœur identique, les catholiques adressent eux aussi leurs vœux fraternels aux musulmans. « Que la paix de Dieu-Allah soit avec vous tous ! Par ma voix, tous les Evêques du Sénégal et tous leurs fidèles chrétiens vous souhaitent un béni Ramadan », écrit notamment Mgr André Gueye, Evêque de Kaolack, au nom de la Conférence épiscopale du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée Bissau et du Cap-Vert. «Plaise à Dieu que votre Ramadan de cette année soit, sur tous les plans, bénéfique à vous musulmans et à nous chrétiens, au Sénégal, à toute la Umma islamique et au monde entier », écrit Mgr Gueye selon les propos que nous lisons sur SENEGLISE.

 

 

Afghanistan – Enlèvement d’une coopérante catholique
Download PDF

Une coopérante catholique indienne aurait été enlevée en Afghanistan par des hommes non identifiés. L’évêque de Calcutta a lancé un appel en sa faveur. Agée de 40 ans, Judith D’Souza a disparu jeudi soir à Kaboul. Elle travaillait pour le réseau de développement Aga Khan, en particulier en faveur de la promotion des femmes dans la société afghane.

L’archevêque de Calcutta exprime son inquiétude dans les colonnes de l’agence AsiaNews, il prie pour une femme qui, souligne-t-il, s’efforce d’améliorer la vie de tant de personnes en difficultés. Il espère que Judith sera bientôt libérée. Elle aurait dû se rendre en Inde la semaine prochaine pour un mois de congé. Bouleversés, ses parents ont indiqué à la presse qu’elle ne craignait pas pour sa sécurité, qu’elle se sentait protégée. Jeudi soir, la nuit de sa disparition, elle devait dîner chez des amis.

 

Source Radio Vatican

Info – Les évêques britanniques invitent leurs fidèles à voter pour l’UE
Download PDF

Au terme de leur Assemblée plénière à Leeds, les évêques britanniques ont rappelé aux cinq millions de catholiques britanniques «la contribution de l’UE à la paix en Europe occidentale». Ils ont également répété les propos adressés par le Pape aux eurodéputés en novembre 2014 sur les idéaux de paix, de subsidiarité et de solidarité qui ont guidé le projet européen depuis le début. Or, «nous avons besoin de construire une Europe qui ne tourne pas autour de l’économie mais de la sacralité de la personnes humaine», expliquent-ils. Ce référendum ne concerne pas seulement l’économie, rappellent-ils, en évoquant les 2000 ans de culture chrétienne qui ont formé le continent.

 

Source Radio Vatican

Le cardinal appelle les catholiques à se liguer contre l’Euthanasie
Download PDF

Ce n’est pas en France mais au Canada.

Le plus haut prélat catholique du Canada, le cardinal Thomas Collins, vient de critiquer très vigoureusement le tout récent rapport du Comité fédéral sur l’euthanasie et le suicide assisté, qui devrait, selon ses mots, « nous frapper au cœur ». Il demande aux catholiques de se liguer pour s’y opposer. Ce rapport, déposé au Parlement le 25 février, est destiné à fournir un cadre au projet de loi qui doit survenir avant le 6 juin prochain. Le jugement Carter de la Cour suprême du Canada avait en effet jugé, en février 2015, la criminalité de l’euthanasie inconstitutionnelle.

« Ce rapport devrait nous frapper au cœur, surtout si nous croyons, avec complaisance et à tort, que le changement de loi ne touchera seulement que quelques personnes atteintes de maladies physiques graves, ayant vécu une longue vie, et approchant de la mort ». La réalité risque d’être tout autre.
Lire la suite sur RéinformationTV

 

Mgr Castet, devenir chrétien un peu plus chaque jour
Download PDF

Chacun le sait. Nous sommes devenus chrétiens au jour de notre baptême. Dans sa grande miséricorde, Dieu nous a choisis, appelés par notre nom et il a fait de nous ses fils, en nous constituant comme un peuple de frères. Le verset du Psaume (Ps 2/7), cité par la Lettre aux Hébreux (Heb 5/2) « tu es mon fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré », a retenti en notre faveur.
Le Père nous a fait renaître dans la foi, donnant à notre vie limitée par le péché et par la mort, une dimension d’éternité. Ce don inestimable ne nous a pas établis dans un état qui pourrait être considéré comme un acquis. Il nous a mis en mouvement. Chaque jour, nous découvrons que la vie avec le Christ demeure une marche toujours inachevée, un combat permanent afin que l’adhésion des lèvres et de l’intelligence devienne sans cesse mieux celle du coeur et de la vie quotidienne.
Nous ne sommes pas seuls. Ce chemin spirituel se vit au sein d’un peuple de frères, l’Eglise. Il s’approfondit dans la rencontre de tout homme, qui jusque dans ses blessures, demeure visage du Christ. Cependant nous découvrons que si la foi conduit au Salut et à la vie véritable, comme l’enseigne la Lettre aux Romains « le juste vivra par la foi » (Rm 1/17), l’expérience de notre inconstance et de notre péché nous fait également éprouver la nécessité du secours de la grâce à chaque étape de notre pèlerinage terrestre.

 

En ce temps de Carême, alors que nous avançons pas à pas aux côtés de nos frères catéchumènes, comment ne pas nous retourner et manifester notre reconnaissance pour les dons que nous avons reçus ? Ne l’oublions jamais, « les dons de Dieu sont irrévocables » (Rm 11/29). Ils demeurent toujours actuels et nous pouvons, à chaque instant, avoir recours au Dieu bienveillant et miséricordieux. Sa présence aimante et patiente ne se dérobera pas. En tout temps, Il nous offre l’aide suffisante pour agir et pour dépasser les épreuves.
Dieu nous donne le temps du Carême afin de mieux « devenir chrétiens ». Loin de le considérer comme une époque contraignante et triste, nous le percevons comme un chemin qui redonne goût à la sobriété et permet de redécouvrir où se trouve notre trésor véritable. Recentrant notre vie sur l’Evangile et déposant à nos pieds le fardeau de l’inutile, nous pourrons goûter la saveur de la liberté véritable.
Avançons, résolus, sans nous priver des dons de Dieu, ceux que nous avons déjà reçus aux jours de notre Baptême et de notre Confirmation, mais aussi ceux que nous procurent aujourd’hui les sacrements de la route, la Pénitence et l’Eucharistie. « A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6/68)

 

✠ Alain Castet
évêque de Luçon

 

Source Diocèse de Luçon

Étonnant divorce des catholiques avec le monde économique !
Download PDF

 

 

Alors que les catholiques semblent depuis plusieurs mois se réconcilier avec l’espace public qu’ils réinvestissent et avec la politique qu’ils se réapproprient, une forte réticence, voire un véritable divorce persiste avec le monde de l’économie. Longtemps absents de l’espace public, pour des raisons idéologiques internes (comme l’enfouissement post Vatican II) ou par un certain rejet de la corruption morale des élus, les catholiques réoccupent massivement le terrain politique poussés par leur conscience. Car c’est bien elle qui pousse des centaines de milliers de catholiques dans la rue et qui attire d’autres centaines de milliers de non catholiques dans ce même sillage. Ces millions de gens qui descendent dans la rue, signent des pétitions, engorgent le service courrier des palais de la république ou interpellent sans relâche l’ensemble du gouvernement ont, en effet, atteint la limite de ce que leur conscience pouvait accepter. C’est ce qui rend la situation unique et historique, mais aussi extrêmement instable. La conscience, une fois réveillée, ne peut être de nouveau anesthésiée.  Lorsque la rue dit « on ne lâche rien » ce n’est pas un rapport de force, c’est une question de conscience.

 

Voilà pourquoi les catholiques, qui nous ont habitués depuis si longtemps à tendre la joue gauche, sortent de sous le boisseau et comme leurs aînés d’il y a 2000 ans sont prêts à se battre jusqu’au bout. Pour eux, mais aussi pour nombre de Français qui serrent les rangs à leurs côtés, la société qu’ils ont délaissée durant des décennies va trop loin dans l’inadmissible. C’est leur responsabilité devant leur conscience, mais également face aux générations à venir, qui a été exaspérée. Aussi, nos bonnes brebis se sont-elles muées en cerbères d’une certaine vision de la société, en combattants de la libération de décennies, de siècles d’oppression intellectuelle de la pensée unique. En définitive, les catholiques ne réinvestissent pas l’espace public, ils ne reviennent pas en politique, ils se contentent de secouer le joug avilissant de l’illusion moderniste qui semblait avoir triomphé d’eux. Ils crient, et des centaines de milliers de Français avec eux, leur droit à être des hommes et des femmes selon la nature et non des êtres virtuels forgés dans l’absurde. Ils ne cherchent pas à prendre le pouvoir, mais à rappeler à ceux qui  l’ont qu’ils ne sont pas des dieux et que la toute-puissance humaine est un mythe, bref que ce pouvoir ils l’ont reçu d’en haut. Cette conscience des catholiques, tenue en éveil par des siècles de connaissance humaine  a fait l’objet de l’attention particulière des papes depuis Paul VI, prêchant inlassablement sur les principes intangibles de la dignité humaine. Ainsi, le respect de la vie de sa conception à sa mort naturelle, la liberté de conscience et de religion ou encore l’attention aux plus démunis (et aujourd’hui l’enfant, comme la personne humaine, sont des êtres démunis contre les agressions du modernisme), sont des marqueurs fortement ancrés dans les consciences catholiques et chrétiennes en général. Or, on ne peut rien contre la conscience et c’est toujours ce qui, dans l’Histoire,  a permis, in fine le triomphe des chrétiens. De tout temps, avec les mots de leur époque, ils se sont dits « on ne lâche rien », tout simplement parce que cela leur était aussi impossible que de continuer à vivre sans respirer.

 

Mais curieusement, les catholiques sont moins à l’aise avec la sphère économique. Or celle-ci touche tout autant l’espace public et la dignité humaine que les menaces socialistes. Comme nous avons assisté au divorce entre politique et catholiques jusqu’à aujourd’hui, nous sommes confrontés à la même attitude de défiance des catholiques vis-à-vis de l’économie, mais pour d’autres raisons. Si la politique était vue comme un milieu pourri et dangereusement contagieux pour qui s’y frotte, l’économie, pour sa part, est considérée comme le domaine particulier de l’ennemi par excellence, l’argent. C’est pourquoi les protestants, qui ont un tout autre rapport à l’argent, sont moins, voire pas, défiants vis-à-vis du monde économique. Cette confiance parfois aveugle n’est pourtant pas exsangue de nombreux travers. Si pour le protestant la richesse est vue majoritairement comme une bénédiction divine, pour le catholique en revanche, la pauvreté est le plus sûr chemin vers Dieu. Et le nouveau souverain pontife risque bien de renforcer une telle conviction. Si les repères catholiques dit « pro vie » sont désormais globalement bien assumés, parce que l’intelligence conforte la conscience, il n’en va pas de même pour le monde économique. Le jour où les catholiques seront aussi fermes sur leurs convictions économiques et sociales qu’ils le sont sur les fondements anthropologiques, nous assisterons au même sursaut des consciences. Ce n’est pas pour rien qu’il y a maintenant plusieurs décennies certaines loges franc-maçonnes se sont évertuées à mener la diversion homosexuelle, allant jusqu’à créer le Marais. L’enjeu financier est capital, car le monde économique actuel repose lui aussi sur une conception erronée de la dignité humaine. Si les catholiques saisis par leur conscience et rejoints par les hommes et les femmes de bonne volonté, prenaient à bras le corps les dérives du monde économique, plusieurs fortunes construites sur le non-respect de l’homme, de nombreux réseaux d’influences bâtis sur la déstructuration de la personne humaine seraient mis à mal. Concentrer l’attention des catholiques sur les questions bioéthiques ou « sociétales », multiplier les brûlots du genre « mariage pour tous » sont autant de moyens sciemment mis en œuvre pour détourner l’attention des catholiques et des défenseurs de la dignité humaine des réalités économiques. Sans imaginer de théorie du complot, c’est pourtant bien l’action menée par le Grand Orient depuis les années 90.

 

 

Pourtant, il est impossible de prétendre œuvrer à la dignité intégrale de la personne humaine sans restaurer une vision juste et réaliste de l’homme jusque dans la sphère économique. Actuellement, la perception que les catholiques ont de l’économie ne leur permet pas d’être au monde économique ce qu’ils sont devenus dans l’espace politique, le rempart de la conscience. Le capitalisme est parfois tout juste toléré. Et alors que le socialisme est présenté en modèle par certains, le libéralisme est devenu l’étendard pour d’autres croyants. Le rassemblement des catholiques sur les questions « sociétales » s’est fait par le réveil de la conscience et son adéquation à la raison grâce à l’immense travail des papes et de nombreux catholiques engagés pour la défense de la vie. Ce réveil des consciences gagne de plus en plus les non catholiques précisément parce qu’il est en adéquation avec le réel que nie l’idéologie officielle du gender. L’unité des catholiques sur les questions économiques passera elle aussi par le réveil des consciences, lequel suppose une clarification de l’éthique chrétienne en la matière et la fin des anathèmes réciproques que se lancent sans discernement capitalistes, marxistes et libéraux, tous convaincus d’être les authentiques héritiers du Christ. La schizophrénie que vivent de nombreux catholiques entre leur vie professionnelle et leur vie de foi est suffisamment douloureuse pour qu’enfin le monde catholique se réapproprie cet espace dans lequel l’homme est aussi immergé qu’un poisson l’est dans l’eau. Si cette eau est trouble et polluée, aucun refuge ne protègera jamais le poisson. Les mêmes marqueurs qui ont conduit à la rébellion de la conscience face aux projets « sociétaux » mortifères, peuvent s’appliquer au monde économique car il s’agit bien du même homme, de la même dignité et du même combat.

 

A partir des éléments constitutifs de la dignité de la personne humaine se déroule naturellement une vision chrétienne de l’économie. Vision qui n’est pas d’abord un programme, mais une exigence de vérité anthropologique. C’est parce qu’il appartient à la dignité de la personne humaine d’être libre, responsable, éduquée, que l’économie ne peut ni asservir, ni assister l’homme, mais doit au contraire lui donner les moyens de sa liberté et de sa responsabilité, notamment par l’éducation et la formation. C’est parce qu’il est un droit fondamental à la vie, à l’autonomie, à l’épanouissement physique et intellectuel que l’économie doit permettre la propriété privée, l’initiative, la créativité et l’accès aux biens du corps et de l’esprit. C’est parce que l’homme est avant tout une personne que l’économie impose la relation responsable à autrui, la construction et la défense solidaire du bien commun. Parce que tout cela n’est pas clair, parce que l’équilibre et l’ordre qui président à une telle construction ne sont pas suffisamment perçus, la conscience des catholiques aujourd’hui n’est pas à même de se rebeller pour dire non seulement « c’est assez », mais surtout « on ne lâche rien ». Le jour où les catholiques seront aussi sûrs de leur conscience économique qu’ils le sont aujourd’hui dans leur engagement pour la dignité humaine, il y a fort à parier que les disciples du Grand Architecte verront leurs édifices sans fondations s’écrouler et le rideau de leur temple se déchirer.  

Cyril Brun

La ligne éditoriale de Riposte catholique cherche à sortir de la “langue de buis” qui n’aide pas à chercher la vérité.  Les tribunes publiées sur Riposte Catholique n’engagent que leurs auteurs. Nous les proposons à nos lecteurs en tant que contributions au débat et à la réflexion. La Rédaction

Anglicans et catholiques, en route vers l’unité ?
Download PDF

C’est l’avis de Richard Chartres, l’évêque anglican de Londres, et du cardinal Nichols, archevêque catholique de Westminster, qui étaient réunis jeudi lors de vêpres catholiques « historiques » au palais de Hampton Court, la résidence de Henry VIII. Ils ont affirmé qu’il faut mettre fin à des « siècles de division, face à société de plus en plus sécularisée ».

Le prêcheur pontifical, Raniero Cantalamessa, a participé récemment à un office célébré à l’Abbaye (anglicane) de Westminster Abbey en présence de la reine d’Angleterre : évoquant la mémoire de Thomas Cranmer et de Martin Luther, il affirmait alors que les catholiques doivent « célébrer » l’anniversaire de la naissance du protestantisme et « tirer profit de ce qu’il a accompli ».

Au cours des vêpres à Hampton Court, Richard Chartres comme le cardinal Nichols ont affirmé que l’événement était le signe d’une coopération croissante entre les Eglises catholique et anglicane : il s’agissait selon le révérend Chartres de célébrer leur « ordre du jour partagé ». « Je vois, spécialement à Londres, que nous vivons de plus en plus une ère post dénominationnelle », a-t-il dit. Protestant, catholique, c’est tout comme…

 

Source Réinformation.TV

 

(Photo L’évêque anglican de Londres, Richard Chartres (à gauche), et le cardinal Vincent Nichols, chef de l’Eglise catholique en Angleterre et au Pays de Galles)

Téléchargez l’ordinaire du rite ambrosien traditionnel !
Download PDF

Le rite ambrosien constitue l’un des rites latins, mais non-romain, au même titre que les rites lyonnais ou mozarabe. L’association Signum ambrosianum met ainsi à disposition des internautes un ordinaire latin-italien de la forme traditionnelle du rite ambrosien sous PDF que l’on peut télécharger en cliquant ici. Le rite ambrosien contient des versions spécifiques des prières au bas de l’autel et d’offertoire, une référence à Saint-Ambroise au Confiteor, ainsi que quelques particularités au canon de la messe (termes légèrement différents), dont un lavement des mains. On saluera l’archevêché de Milan qui a accordé le Nihil obstat et l’Imprimatur (ces deux approbations datent du 25 novembre 2014) à cet ordinaire auquel nous souhaitons la plus large diffusion. Merci aux différents sites et blogs pour cette rafraichissantes information !  Les passionnés de liturgie et même les curieux pourront constater la particularité d’une liturgie latine peu connue.

Divorcés remariés : le sain réveil de l’opinion publique ecclésiale ?
Download PDF

gerhard-ludwig-muller

Le rappel de la revue Nova Vetera (l’article mérite d’être lu), la défense de la doctrine classique de l’Église par le cardinal MÜLLER (La Croix, 31 juillet 2014), mais aussi l’annonce d’un ouvrage signé par cinq cardinaux (voir aussi le lien suivant) sont autant de signes d’un salutaire réveil pour la défense de l’une des positions traditionnelles de l’Église. Certes, une telle ligne se heurte à des incompréhensions. Mais cela pèse quand même dans le débat ecclésial. Mieux : de telles attitudes démontrent qu’il existe un souci défendre la foi et la morale dans différents milieux ecclésiaux. Ces différentes réactions, pas coordonnées mais concordantes, témoignent clairement d’un malaise face à la légèreté par laquelle on considère la doctrine traditionnelle (cf. l’intervention du cardinal KASPER au dernier consistoire). Autre aspect à souligner : la miséricorde revendiquée par les propositions « accommodantes » découlent d’une conception erronée de Dieu. Pour le cardinal MÜLLER, il y a une « référence erronée à la miséricorde (qui) comporte le risque grave de banaliser l’image de Dieu, en donnant à penser que Dieu ne serait pas libre, mais qu’il serait obligé de nous pardonner » (La Croix, préc.). Au fond, c’est bien un risque d’immanentisme qui se profile : Dieu n’est plus distinct du monde et des créatures. On connaît le souci de l’actuel préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi face à cette déviation. De même, il y aurait, paradoxalement, dans ce « pardon obligatoire » une forme de kénose. Dieu s’abaisserait non pour pardonner le péché, mais pour le justifier, renonçant alors à sa perfection (à cet égard, on peut aussi se rappeler les propos du cardinal MÜLLER qui datent du 23 octobre 2013: au mystère de Dieu appartiennent, outre la miséricorde, également sa sainteté et sa justice. Si l’on occulte ces attributs de Dieu et que l’on ne prend pas au sérieux la réalité du péché, on ne peut finalement pas non plus communiquer sa miséricorde aux hommes. Jésus a rencontré la femme adultère avec une grande compassion, mais il lui a aussi dit : « Va, ne pèche plus » (Jn 8, 11). La miséricorde de Dieu n’est pas une dispense des commandements de Dieu et des instructions de l’Église. Elle accorde plutôt la force de la grâce pour leur accomplissement, pour se relever après la chute et pour une vie de perfection à l’image du Père céleste.”) On ne peut que se réjouir de ces positions visant à éviter les contresens tant sur le pardon que sur la communion eucharistique, laquelle ne saurait être un rite mondain (cet aspect mériterait d’être approfondi, car la banalisation des communions eucharistiques dans des conditions douteuses interroge encore assez peu la hiérarchie ecclésiale). On espère que ces interventions donneront une image plus sereine de l’attachement à la doctrine catholique. Il y a quelques décennies, PIE XII parlait de la nécessité d’une « opinion catholique » dans l’Église. Assisterait-on à son réveil ?

Le Rouge & le Noir : le blogue catholique est toujours indisponible
Download PDF

Lancé voici trois ans, le blogue catholique Le Rouge & le Noir… Lire la suite… a été victime, samedi soir dernier, d’un piratage informatique sévère dont il n’a pas, encore, réussi à se relever. C’est une affaire très grave, une de plus, qui confirme qu’une attaque généralisée contre la l
L’observatoire de la Christianophobie

Nicaragua : persécution sournoise du gouvernement contre l’Église catholique
Download PDF

On nage en plein paradoxe. La devise nationale de Nicaragua est En Dios confiamos (nous avons confiance en Dieu), le Président Daniel Ortega… Lire la suite… a juré avoir abandonné le marxisme-léninisme et s’est rapproché de l’Église catholique. Mais le gouvernement se livre à une « persécution
L’observatoire de la Christianophobie

2013-75. Eglise catholique : la fin et les moyens.
Download PDF

par le professeur Roberto de Mattei

2013-75. Eglise catholique : la fin et les moyens. dans Lectures & relectures robertodemattei

Forts de l’autorisation que nous en a donnée le professeur Roberto de Mattei, nous reproduisons ici un texte qu’il a publié le 1er octobre de cette année dans la version française de « Correspondance Européenne » (cf. > www).
Dans l’actuel état de confusion où se trouve l’Eglise, confusion développée et entretenue par des déclarations et des attitudes qui nous blessent profondément dans notre conscience catholique et dans notre attachement au Saint Siège Apostolique, il est bon de se rappeler de manière sereine et objective les solides principes sur lesquels se fonde l’obéissance surnaturelle authentique.
Je vous laisse donc lire, relire et méditer sur cet excellent texte.

Lully.                                       

60pxemblemofthepapacysesvg dans Lectures & relectures

Dans le monde déséquilibré dans lequel nous vivons, bien des erreurs de comportement naissent de la confusion des idées et des concepts. L’une des principales équivoques concerne le rapport entre la fin et les moyens des actes humains. Nous avons eu la possibilité d’expliquer pourquoi, pour un catholique, la fin, aussi bonne soit-elle, ne justifie jamais l’emploi de moyens illicites pour y parvenir (cf. CE 270/01 du 20 juillet 2013). Il n’est pas possible d’accomplir le mal pour obtenir un bien. Le respect de la loi morale doit être absolu et ne peut tolérer d’exceptions. Il existe cependant un autre principe fondamental de la vie chrétienne : celui selon lequel les moyens, aussi nobles et élevés soient-ils, ne prévalent jamais sur la fin, mais doivent toujours être subordonnés à cette dernière. Dans le cas contraire, on assisterait à une inversion de valeurs entre la fin et les moyens.

Les fins des actions humaines peuvent être multiples et les moyens permettant de les atteindre encore plus nombreux. Il existe cependant une fin ultime dont nous dépendons tous. Cette fin est Dieu, cause première et fin ultime de tout ce qui existe, dont tout dérive et auquel tout revient : « alpha et oméga, premier et dernier, commencement et fin » comme l’indique l’Apocalypse (XXII, 13). La gloire de Dieu est la seule fin de toutes choses ainsi que leur seul bien.

Le Père François Pollien (1853-1936) rappelle que le Ciel et la terre, les Anges et les hommes, l’Église et la société, la grâce et les sacrements, les animaux et les plantes, l’activité et la force des êtres, les événements historiques et cosmiques, en tant que créatures doivent être considérés comme des instruments et seulement en tant que tels, moyens en vue de notre fin : la gloire de Dieu à laquelle est liée notre bonheur (« La vie intérieure simplifiée et ramenée à son fondement », Beauchesne, 1933). Ceci vaut pour toute créature, la plus élevée soit-elle.

La personne même du Pape, en tant que Vicaire du Christ, est la plus noble des créatures mais elle est un instrument et non une fin en soi. C’est en tant que telle qu’elle doit être utilisée si nous ne voulons pas renverser le rapport entre les moyens et la fin.

Il est important de le souligner à une époque où il existe, surtout parmi les catholiques les plus fervents, une grande confusion à cet égard. Le catéchisme nous enseigne qu’il faut obéir au Pape parce que l’obéissance est une vertu morale qui nous lie à la volonté du supérieur et, parmi toutes les autorités sur la terre, il n’en existe de plus haute que celle du Pape. Mais l’obéissance au Pape est aussi un instrument et non une fin en soi.

L’obéissance au sein de l’Église comporte pour le sujet le devoir d’accomplir non pas la volonté du supérieur mais uniquement celle de Dieu. C’est pourquoi l’obéissance n’est jamais aveugle ou inconditionnée. Elle a ses limites dans la Volonté de Dieu qui s’exprime au travers de la loi naturelle et divine et de la Tradition de l’Église, dont le Pape est le gardien et non le créateur.

La tendance aujourd’hui si largement répandue de considérer comme infaillible toute parole et tout comportement du Pape, naît d’une mentalité historiciste et immanentiste, qui recherche le divin chez les hommes et dans l’histoire et est incapable de juger les hommes et l’histoire à la lumière de cette loi divine et naturelle qui est le reflet direct de Dieu.

L’Église du Christ qui transcende l’histoire est remplacée par l’église moderniste qui vit immergée dans l’histoire. Au Magistère pérenne vient se substituer le magistère « vivant », exprimé par un enseignement pastoral, évocatoire et allusif qui se transforme chaque jour et a sa regula fidei dans le sujet de l’autorité et non pas dans l’objet de la vérité transmise.

Ceux qui utilisent vis-à-vis du Pape des paroles sarcastiques ou irrévérentes se trompent. Mais le respect dû au Vicaire du Christ ne s’adresse par à l’homme mais à Celui qu’il représente. À l’homme, au docteur privé, il est même possible, dans des cas exceptionnels, de résister. Les fidèles catholiques se sont glorifiés d’être « papolâtres » ou « papistes », titres qui leur avaient été attribués de manière méprisante par les ennemis de l’Église. Mais aucun vrai catholique n’est jamais tombé dans la « papolâtrie » qui consiste à diviniser le Vicaire du Christ au point de le substituer au Christ Lui-même.

La papolâtrie exprime la confusion entre les moyens et la fin et constitue une attitude psychologique reposant sur une erreur doctrinale.

Le théologien passionniste Enrico Zoffoli (1915-1996), dans un essai intitulé « Potere e obbedienza nella Chiesa » (Segno, 1996), nous rappelle que Pierre, premier Vicaire du Christ, manqua à son devoir, sinon en trahissant la vérité, du moins en permettant que les fidèles puissent demeurer dans le doute et la confusion jusqu’à ce que saint Paul ose le reprendre publiquement (Gal. II, 11) parce que le devoir de « marcher droit selon la vérité de l’Évangile » (Gal. II, 14) prévaut sur l’autre, consistant à obéir et à se taire.

L’autorité humaine cesse – en ce qui concerne son exercice – lorsqu’elle outrepasse ses limites et offense la vérité ou ne la défend pas comme cela serait nécessaire et dans la mesure nécessaire afin qu’elle ne soit pas trahie. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Act. V, 29), avait déclaré saint Pierre lui-même devant le Sanhédrin de Jérusalem. À propos du comportement de saint Pierre, saint Thomas, lui aussi, en accord avec saint Augustin, considère qu’il ne faut jamais renoncer à la vérité par crainte d’un scandale : « Veritas numquam dimittenda est propter timorem scandali » (S. Thom. super epistolam B. Pauli ad Galatas II, 11-14, lect. 3, n. 80).

Il est possible de pécher par excès contre l’obéissance, en obéissant dans les choses illicites, ou par défaut, en désobéissant dans les choses licites. Face à un ordre injuste, si l’ordre lèse seulement notre personne, il est possible de se comporter héroïquement en obéissant. Mais si l’ordre lèse la loi divine et naturelle, ou le bien commun, l’héroïsme se manifeste dans la résistance : obéir deviendrait alors un simple servilisme.

Il ne faut pas avoir peur à cet égard. Le père Enrico Zoffoli rappelle qu’aucune censure – même pontificale – n’a de valeur si elle est fondé sur des motifs objectivement faux ou si elle ne concerne pas le domaine de la foi et des mœurs (« Potere e obbedienza », p. 50). En effet, selon le Droit canonique, « Nul ne sera puni à moins que la violation externe de la loi ou du précepte ne lui soit gravement imputable du fait de son dol ou de sa faute » (Can.1321 § 1).

Le critère selon lequel le fidèle peut résister à un ordre injuste de la suprême autorité ecclésiastique ne se fonde pas sur le libre examen, qui affirme par principe l’indépendance de la raison humaine par rapport à toute autorité, mais sur le sensus fidei commun à tout baptisé, c’est-à-dire sur cette foi qui fait de tout catholique un homme libre dans le service de la Vérité.

Si un Pape voulait, par exemple, imposer la prière commune avec les musulmans, abroger le Rite romain antique, introduire le mariage des prêtres, il serait nécessaire d’opposer une résistance respectueuse mais ferme. Le sensus fidei s’opposerait à cela mais plus forte serait l’opposition, plus elle devrait être accompagnée d’un amour renouvelé envers la Papauté, l’Église et son Fondateur, Jésus Christ.

Entre Dieu et les créatures, il existe une cascade inépuisable de médiations, c’est-à-dire de moyens au travers desquels les créatures peuvent plus facilement parvenir à leur fin. Après Jésus Christ, Fils de Dieu et Dieu Lui-même, à Qui tout est configuré, il existe une seule médiation parfaite, celle de la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, co-rédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces, conçue sans péché originel et immune en cela de toute erreur et de tout péché. Notre Dame, Fille élue du Père, Mère du Fils, Épouse du Saint-Esprit, est considérée par les théologiens comme un « complementum Trinitatis » depuis toute éternité. Elle et Elle seule, après Jésus Christ, est la Médiatrice parfaite.

Aux heures de doute, de confusion, d’obscurité, le chrétien lève les yeux vers la fin et s’abandonne avec confiance au moyen par excellence, le seul toujours infaillible, pour parvenir au but : la Très Sainte Vierge Marie, Celle qui, seule, la nuit du Samedi Saint, ne vacilla pas et, alors que les Apôtres s’enfuyaient, prit sur Elle la foi de l’Église naissante.

Roberto de Mattei.

mater-ecclesiae

Le blogue du Maître-Chat Lully

Bègles : slogans christianophobes sur une école catholique
Download PDF

Christianophobes et anarchistes : les Antifa sont encore passés par là. J’étais au courant depuis hier, mais le lecteur qui m’avait signalé cette nouvelle honte, n’avait pas de photos à me fournir. En voici, mais, avant, ce qu’en dit aujourd’hui Info-Bordeaux.

Située rue Ana… Lire la suite…


L’observatoire de la Christianophobie

Inde : le tabernacle d’une église catholique profané
Download PDF

Un acte particulièrement grave. On évoque des satanistes…

Le tabernacle de l’église catholique Saint Antoine d’Aluva, dans l’État indien du Kerala (sud de l’Inde), a été profané et les Saintes Espèces dérobées. Comme cela a été indiqué à Fides, l’épisode a eu lieu c… Lire la suite…


L’observatoire de la Christianophobie

Toulouse : protestation catholique contre les violences gauchistes
Download PDF

Les médias conformistes locaux, La Dépêche et France3 Midi Pyrénées, sont revenus hier sur la honteuse et violente agression menée par des acnéiques du bulbe gauchistes contre l’église Saint-Pierre des Chartreux, paroisse étudiante catholique de Toulouse, pendant les Festival O… Lire la suite…
L’observatoire de la Christianophobie

Traduire le site »