Si nous abîmons la liturgie, nous abîmons la foi” Cardinal R. Sarah
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Le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation du culte divin, célébrait dimanche 13 août en la cathédrale de Luçon la messe anniversaire des 700 ans du diocèse de Vendée. A cette occasion, il a donné une interview à RCF.

L’équipe d’Infocatho a retranscrit le texte de son interview, vous pouvez aussi l’écouter ici.

RCF : Éminence, pourquoi avoir répondu à l’invitation de l’évêque Mgr Castet, pour fêter ce jubilé diocésain avec les Vendéens ?

Cardinal Sarah : C’est une joie quand je reçois l’invitation d’un évêque pour partager avec lui un grand évènement comme celui des 700 ans de la fondation du diocèse de Luçon. C’est un évènement ecclésial, un évènement qui touche chacun d’entre nous, un évènement d’espérance aussi parce que la fondation d’un diocèse c’est comme planter un arbre, et cet arbre doit pousser, donner des fruits. Et aujourd’hui je pense que l’on peut dire que ce diocèse a grandi ; bien sûr il a connu beaucoup de difficultés dans l’histoire, beaucoup de destructions, beaucoup de martyrs, mais c’est tout à fait inhérent à la vie chrétienne connaître le martyre : “ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi”. Vivre cet évènement d’espérance était pour moi une grande joie, c’est pourquoi j’ai répondu favorablement à cette invitation et je suis vraiment très heureux de vivre ces évènements avec vous, de prier avec vous, parce que, au fond, c’est Dieu qui fait tout, nous ne sommes que de faibles instruments, des instruments inadéquats, mais l’oeuvre vient de l’Esprit Saint et nous devons toujours espérer que, quelles que soient les difficultés que traverse un diocèse, l’Esprit Saint est là, l’Esprit Saint conduit son Eglise. Les apôtres traversaient le lac et la tempête était si violente que les apôtres avaient peur de périr. Et aujourd’hui on peut comparer l’Eglise à cette barque en train de couler, mais le Seigneur est avec nous, c’est là notre conviction et notre espérance. L’Eglise ne sombrera jamais. Elle connaîtra les difficultés que le Christ a connu, la crucifixion, mais le troisième jour la résurrection. Donc l’Eglise est vivante, l’Eglise vivra.

 

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Paris – “La patrie, sur terre comme au ciel” : interventions et table ronde
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Rencontre publique de réflexion autour des sujets de la Foi et du patriotisme :

La Patrie : sur la terre comme au ciel

Jeudi 23 février – 20h30

Crypte de l’église Saint Honoré d’Eylau – 69 rue Boissière – Paris 16°

Interventions et table ronde en présence de : 

  • Mgr Ravel : évêques aux armées françaises
  • Camille Pascal : écrivain, historien
  • Thibaud Collin : philosophe
  • Jean-Marc Potdevin : entrepreneur social

Pas d’inscription, libre participation aux frais

Un dieu élastique ?
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Curieux cette idéologie répandue dans l’Eglise qui fait fit de la doctrine. Dialogue et unité avant tout! Gommons les différences et même les contradictions, afin de se mettre d’accord sur un dieu élastique, liquoreux et pluriel à souhaits. Vive une Eglise vague et fourre-tout, dans laquelle erreurs et vérités puissent faire la fête ensemble au son d’un air New Age, reflétant le monde merveilleux de cette fraternité universelle, multi-culturelle et inter-religieuse, prônée par les grands esprits de ce monde. “Prônée?”… Enfin, par eux. Parce que saint Paul, lui, a prophétisé qu’il “viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se tourneront vers une foule de docteurs, choisis selon leurs propres désirs, détournant ainsi leurs oreilles de la vérité, pour les tourner vers des fables” (2 Tim 4, 3-4). Dès lors, ou saint Paul a raison, ou c’est l’Eglise actuelle. Une chose est sûre: pas les deux!

Jean-Pierre Snyers

Je crois donc c’est vrai ou c’est vrai donc je crois ?
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Il y a un abîme entre le fait de dire: “Je le crois, donc c’est vrai” et le fait de dire: “C’est vrai, donc je le crois”. Hélas, le sentimentalisme et les émotions ayant en grande partie remplacé la raison, beaucoup choisissent la première formule.

Ce n’est pas avant tout l’amour, qui conduit à la vérité et à la foi, mais c’est surtout la vérité et la foi (chrétienne) qui conduisent à l’amour.

Dire ou écrire des “phrases qui tuent”, est certes un manque de charité lorsqu’elles visent une personne. Mais quand celles-ci visent seulement des hérésies, ells sont un acte de charité vis-à-vis de la Vérité.

Ce n’est pas le tout d’accuser un employé. Encore faut-il se demander si l’employeur n’est pas lui aussi responsable. Ce n’est pas le tout non plus, de constater les symptômes d’une maladie, encore faut-il remonter jusqu’à la racine du mal. De même au sein de l’Eglise.

Certains dignitaires ecclésiastiques, semblent pousser les catholiques à ne plus rien affirmer. A ce tarif là, on ne risque pas de choquer grand monde et de risquer le mépris et la persécution du monde, promises par le Christ à ses disciples.

Il est clair que le flou doctrinal, les liturgies déformées et les nominations plus que douteuses, que l’on constate dans l’Eglise, révèlent plus dramatiquement encore, un délabrement de la foi.

N’étant pas de ceux qui écrivent avant de penser, mais de celui qui pense à ce qu’on pourrait lui rétorquer quand il affirme quelque chose, je m’étonne qu’il en est qui n’utilise pas cette méthode.

Si on continue à se préoccuper du réchauffement climatique, plutôt que du refroidissement de la foi, je ne donne pas cher de la peau de l’Eglise.

Certains silences de nos clercs sont particulièrement parlants. Ainsi en est il de ceux qui concernent les fins dernières. N’y aurait-il désormais plus que l’ici-bas? Le salut éternel des âmes (si cher à saint Paul) serait-il devenu le salut temporel des corps?

Si le fait d’appeler un chat, un chat, est un acte de courage et de transparence, tourner autour du pot en employant un langage consensuel, relève plutôt de la lâcheté.

Jean-Pierre Snyers

Info – Rome – Synode des évêques – “les jeunes, la foi et le discernement des vocations”
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Le prochain synode des évêques portera sur “les jeunes, la foi et le discernement des vocations” en octobre 2018 à Rome.

Le Pape François a choisi ce thème après avoir consulté les Conférences épiscopales, les Églises orientales catholiques sui iuris et l’Union des Supérieurs générales, ainsi que les suggestions des Pères de la précédente Assemblée synodale.

 

Source Radio Vatican

Homélie – Trois fondements stables pour construire sa vie : mémoire, foi, amour miséricordieux
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Le Pape François a célébré ce samedi 25 juin au matin une messe à Gyumri, une ville d’environ 150 000 habitants au nord-ouest de l’Arménie. Le Saint-Père a ainsi pu saluer les catholiques du nord de l’Arménie et des fidèles arméniens venus de la Géorgie voisine. Les habitants de cette ville bénéficient notamment de la présence des Missionnaires de la Charité (sœurs de Mère Teresa) et des sœurs arméniennes de l’Immaculée Conception, la seule congrégation féminine de l’Église arménienne catholique, dont le couvent a accueilli le Pape François pour le déjeuner.

Invitant les fidèles à se demander «ce que le Seigneur nous invite à construire aujourd’hui dans la vie», le Pape a proposé «trois fondements stables»:

Tout d’abord la «mémoire», la mémoire personnelle de notre relation avec Dieu, qui «nous a choisis, aimés, appelés et pardonnés», mais aussi «la mémoire du peuple». «Les peuples ont en effet une mémoire, comme les personnes. Et la mémoire de votre peuple est très ancienne et précieuse.» Évoquant la beauté des chants arméniens, dans lesquels «fusionnent les gémissements et les joies» de l’histoire nationale, François a rappelé aux Arméniens que Dieu s’est souvenu de leur fidélité à l’Évangile, de la primeur de leur foi, «de tous ceux qui ont témoigné, même au prix du sang, que l’amour de Dieu vaut plus que la vie».

Deuxième fondement : la foi, qui ne doit pas être «enfermée dans les archives de l’histoire». Permettre à la rencontre avec la tendresse du Seigneur «d’allumer la joie dans notre cœur nous fera du bien : une joie plus grande que la tristesse, une joie qui résiste même face à la souffrance, en se transformant en paix». Il ne faut pas avoir peur de s’engager à la suite de Dieu, car «Il nous connaît, il nous aime vraiment, et il désire libérer le cœur du poids de la crainte et de l’orgueil».

Enfin, troisième fondement : «l’amour miséricordieux». «C’est sur ce roc, sur le roc de l’amour reçu de Dieu et offert au prochain, que se fonde la vie du disciple de Jésus. Et c’est en vivant la charité que le visage de l’Église rajeunit et devient attrayant», notamment grâce à la fraternité entre les Églises. Répétant les paroles de Saint Jean-Paul II lors de sa venue en Arménie en 2001, François a rappelé que «l’unique concurrence possible entre les disciples du Seigneur est celle de voir qui est en mesure d’offrir l’amour le plus grand !»

«Dieu demeure dans le cœur de celui qui aime ; Dieu habite là où on aime, surtout là où on prend soin, avec courage et compassion, des faibles et des pauvres, a martelé le Saint-Père.On en a tant besoin : on a besoin de chrétiens qui ne se laissent pas abattre par les fatigues et ne se découragent pas à cause des adversités, mais qui soient disponibles et ouverts, prêts à servir

 

Cette messe en plein air devant 20 000 personnes était un évènement exceptionnel en Arménie, dont la tradition religieuse prévoit la célébration des cultes à l’intérieur des églises, et non pas à l’extérieur. Le catholicos Karékine II a assisté à la messe, avec les évêques de l’Église apostolique

 

Source Osservatore Romano

Parole d’évêque – La vocation des laïcs dans le monde, à leur place
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A l’occasion de l’assemblée de la conférence épiscopale du Brésil, Le cardinal Raymundo Damasceno Assis, archevêque d’Aparecida, s’exprime sur la place des laïcs, thème de la conférence.

 

“Les laïcs sont la plus grande portion du peuple de Dieu. La mission de l’Eglise ne peut se réaliser sans l’implication des laïcs qui doivent surtout témoigner de leur foi dans les réalités temporelles du monde où ils vivent.”

Ils doivent être témoins de leur foi d’une manière cohérente, alimentée par l’Eucharistie et la parole de Dieu.

Source Radio Vatican

Benoît XVI, à quoi sert d’être chrétien si les non chrétiens peuvent être sauvés ?
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Avec une acuité particulière depuis Vatican II, se pose la question de l’utilité de la foi et de la vie chrétienne, si on reconnait que les non chrétiens peuvent aussi avoir accès au salut. Le rapport foi salut, déjà envisagé par saint Paul, a donc, selon le pape émérite, été approfondi depuis le concile, non sans poser de nombreuses questions. L’une d’elle n’est pas des moindres : à quoi bon être chrétien et vivre en chrétien si l’on peut se sauver sans la pleine adhésion à la foi ?

Outre le fait que cette question signifie une conception biaisée du salut et de la foi, puisqu’elle entend l’adhésion au Christ par la foi et les œuvres, d’abord comme moyen de salut “pour soi”, avant d’exprimer le désir amoureux qui fait tendre vers Dieu, elle pose également la question fondamentale du lien intime du fidèle à la mission même du Christ, c’est-à-dire au Christ Lui-même.

Benoît XVI répond en situant l’homme au cœur de la mission amoureuse salvifique du Christ.

Le chrétien n’est pas chrétien pour lui-même, mais avec le Christ, pour les autres.

 

Source Le Salon Beige

Le pape émérite Joseph Ratzinger-Benoît XVI a été interrogé par le jésuite et théologien belge Jacques Servais, dans le cadre de la conférence intitulée: «Au moyen de la foi. Doctrine de la justification et expérience de Dieu dans la prédication des Exercices Spirituels», promue par la Rettoria del Gésù à Rome, entre le 8 et le 10 Octobre 2015. L’entretien écrit et donné dans la langue maternelle du pape, l’allemand, a été lu dans le cadre de la conférence de Rome, par le préfet de la maison pontificale et secrétaire personnel du pape Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein. Le texte a été traduit par Jacques Servais et revu par le pape émérite. Benoît-et-moi l’a traduit en français. Extrait :

“[…] Dans les Exercices Spirituels, Ignace de Loyola n’utilise pas les images vétérotestamentaires de la vengeance, contrairement à Paul (comme on le voit dans la deuxième lettre aux Thessaloniciens); néanmoins , il nous invite à contempler comment les hommes, jusqu’à l’Incarnation, «descendaient en enfer» et à considérer l’exemple «des innombrables autres qui y ont fini pour bien moins de péchés que je n’en ai commis». C’est dans cet esprit que saint François Xavier a vécu sa propre activité pastorale, convaincu de devoir tenter de sauver du sort terrible de la damnation éternelle autant d’ «infidèles» que possible. Peut-on dire que sur ce point, au cours des dernières décennies, il y a eu une sorte de «développement du dogme» dont le Catéchisme doit absolument tenir compte? 

«Il ne fait aucun doute qu’à ce point, nous sommes confrontés à une évolution profonde du dogme. Les Pères et les théologiens du Moyen Age pouvaient encore être d’avis qu’en substance, tout le genre humain était devenu catholique et que le paganisme existait désormais uniquement aux marges, la découverte du Nouveau Monde au début de l’ère moderne a radicalement changé les perspectives. 

Dans la seconde moitié du siècle dernier, la conscience que Dieu ne peut pas laisser aller en perdition tous les non baptisés et que même une félicité purement naturelle n’est pas pour eux une vraie réponse à la question de l’existence humaine – cette conscience a été pleinement affirmée.

S’il est vrai que les grands missionnaires du XVIe siècle étaient encore convaincus que ceux qui ne sont pas baptisés sont à jamais perdus, ce qui explique leur engagement missionnaire, dans l’Eglise catholique d’après Vatican II, une telle conviction a été définitivement abandonnée.

De là découle une double crise profonde.

D’un côté, cela semble enlever toute motivation à un futur engagement missionnaire. Pourquoi devrait-on essayer de convaincre les gens d’accepter la foi chrétienne quand ils peuvent se sauver aussi sans elle? Mais un problème émergea, même pour les chrétiens: le caractère obligatoire de la foi et de sa forme de vie devint incertain et problématique.

S’il y en a qui peuvent se sauver aussi par d’autres moyens, finalement, la raison pour laquelle le chrétien est lié aux exigences de la foi chrétienne et à sa morale n’est plus évidente. Mais si la foi et le salut ne sont plus interdépendants, même la foi devient non motivée. 

Ces derniers temps, plusieurs tentatives ont été formulées en vue de concilier la nécessité universelle de la foi chrétienne avec la possibilité de se sauver sans elle.

J’en mentionne ici deux: d’abord, la thèse bien connue des chrétiens anonymes de Karl Rahner. On y soutient que l’acte de base essentiel de l’existence chrétienne, qui s’avère décisif pour le salut, dans la structure transcendantale de notre conscience consiste dans l’ouverture au ‘tout autre’, vers l’unité avec Dieu. La foi chrétienne aurait fait émerger à la conscience ce qui est structurel dans l’homme en tant que tel. Donc, quand l’homme s’accepte dans son ‘être’ essentiel, il accomplit l’essentiel de l”être chrétien’ même sans le savoir de manière conceptuelle.

Le chrétien coïncide donc avec l’humain et dans ce sens, est chrétien tout homme qui s’accepte lui-même, même s’il ne sait pas. Il est vrai que cette théorie est fascinante, mais elle réduit le christianisme lui-même à une pure présentation consciente de ce que l’être humain est en soi et donc néglige le drame du changement et du renouvellement, qui est central dans le christianisme.

Encore moins acceptable est la solution proposée par les théories pluralistes de la religion, pour lesquelles toutes les religions, chacune à sa manière, seraient des moyens de salut et en ce sens doivent être considérés comme équivalentes dans leurs effets. La critique de la religion, du type de celle exercée par l’Ancien Testament, par le Nouveau Testament et par l’Église primitive est dans son essence plus réaliste, plus concrète et plus vraie, dans son examen minutieux des diverses religions. Une réception aussi simpliste n’est pas proportionnelle à la grandeur de la question.

Rappelons récemment en particulier Henri de Lubac et avec lui d’autres théologiens qui ont mis l’accent sur le concept de substitution vicaire (sostituzione vicaria). Pour eux la proexistence du Christ serait une expression de la figure fondamentale de l’existence chrétienne et de l’Eglise en tant que telle.

Il est vrai que de cette façon, le problème n’est pas complètement résolu, mais il me semble que c’est en réalité l’intuition essentielle qui touche l’existence du chrétien individuel.

Le Christ, en tant qu’unique, a été et est, pour tous, et les chrétiens, qui dans l’image grandiose de Paul constituent son corps dans ce monde, participent à cet “être-pour”. Chrétiens, pour ainsi dire, on ne l’est pas pour soi-même, mais plutôt, avec Lui, pour les autres. Cela ne signifie pas une sorte de billet spécial pour entrer dans la béatitude éternelle, mais la vocation de construire l’ensemble, le tout.

Ce dont la personne humaine a besoin pour le salut, c’est l’ouverture intime à Dieu, l’attente intime et l’adhésion à Lui, et cela signifie, vice versa que nous, avec le Seigneur que nous avons rencontré, allons vers les autres et essayons de leur rendre visible l’avènement de Dieu dans le Christ. Il est clair que nous devons réfléchir à l’ensemble de la question». […]”

 

Éduquer nos enfants est-ce encore possible ?
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Séminaire éducation et foi du 31 juillet au 6 août 2016

A Rocha France

Domaine des Courmettes

Route de Courmettes 06140 Tourrettes-sur-Loup

www.courmettes.com

www.arocha.fr

+33 (0)4 92 11 02 32 [email protected]

 

Éduquer nos enfants est-ce encore possible ? La question est d’autant plus cruciale aujourd’hui, que de nombreux repères éducatifs sont brouillés.

  • Les grands axes du développement de l’enfant : d’où vient-il, vers quoi va-t-il ? Quels sont les principaux besoins de l’enfant ? Les principes éducatifs de base : respect à l’enfant, respect aux parents, etc.
  • Quels sont les principaux dangers qui menacent nos enfants dans leur santé, leur sécurité, leur moralité ? Comment les aider à les combattre ?
  • Quelle est la vision de l’enfant dans la Bible et dans la psychologie ? Comment éviter de tomber dans les deux attitudes éducatives les plus dangereuses : le laisser faire et l’excès de sévérité ?
  • La frustration, l’autorité parentale sont-elles nécessaires ? Si oui, quand et comment dire non ? Pourquoi est-il important de faire la différence entre l’autorité et le pouvoir ? Que penser des corrections, en particulier de la fessée ?
  • Comment favoriser la communication dans la famille ? Quelle est la place des grands-parents dans l’éducation des petits-enfants ?
  • Comment éduquer les enfants lorsque les parents sont séparés, les familles recomposées ?

Intervenant

Francis Mouhot Docteur en psychologie, enseignant, conférencier et auteur de 2 livres : • Le moi et l’esprit • Éduquer, est-ce encore possible ? Médiaspaul.

 

ARF-COURM-SEMINAIRE EDUC_FOI-2016

L’enseignement catholique entre ciel et terre
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La liberté d’éducation des enfants par leurs parents est un principe constitutionnel, fondé sur la loi naturelle. Dans une nation professant désormais une idéologie républicaine non définie mais fortement revendiquée, basée sur une religion laïciste aussi floue qu’incontournable, y a-t-il encore une place pour un enseignement véritablement libre, s’affichant en outre comme étant catholique ?

De façon schématique, les penseurs et acteurs de la façon d’enseigner aujourd’hui en France peuvent se classer en trois groupes :

— Les tenants d’un laïcisme assumé estiment que l’éducation de la jeunesse ne peut être que nationale, et doit donc être confiée exclusivement à l’État. Ce dernier ayant pour mission de forger des individus « républicains » et de libérer l’individu de toute contrainte, et notamment des déterminismes familiaux, la liberté de l’adulte passe nécessairement par une éducation étatique proposée dès le plus jeune âge. Dans ce contexte, la création par l’État d’un individu « libre » aboutit à supprimer la liberté d’éducation par les parents.

— Les promoteurs de l’enseignement catholique sous contrat, dans leur très grande majorité, estiment que leurs établissements doivent coller de très près aux aspirations du monde, et donc prioritairement être ouverts à tous. Par conséquent, leur offre religieuse ne peut être qu’optionnelle. Il s’agit donc d’un enseignement consistant à ce que l’individu s’insert  le mieux possible dans la société telle qu’elle est, la religion étant ravalée au rang de simple proposition, que chacun est libre d’accepter ou non. Cette forme d’enseignement est par définition  « mondaine » : elle privilégie l’adaptation au monde, et relègue la transcendance au second plan. La réussite scolaire devient le critère fondamental du choix des parents pour ce type d’enseignement.

— L’enseignement hors contrat, de son côté, développe un enseignement fondé prioritairement sur la transmission de la foi : le chemin du Ciel est privilégié par rapport au cheminement terrestre. Plus précisément, l’épanouissement de l’enfant dans le monde a pour finalité la vie éternelle, ce qui, assez logiquement,  aboutit à réduire l’importance des diplômes, devenant de simples outils, et non plus une fin en soi.

Les responsables nationaux de l’enseignement public sont farouchement opposés à tout autre type d’enseignement : l’enseignement ne peut être           « libre ». Les dirigeants de l’enseignement catholique sous contrat manifestent globalement une réserve affichée vis-à-vis de l’enseignement hors contrat : la liberté doit être surveillée par la puissance publique. Seul l’enseignement hors contrat est authentiquement libre, et allie sans complexe qualité de l’instruction et transmission assumée de la foi catholique. Cela explique peut-être qu’un nombre croissant de parents fasse désormais le choix de ce type d’établissement, alors même que cela représente pour chacun d’entre eux un coût financier non négligeable. Sinon, comment expliquer le succès impressionnant de nombreux établissements hors contrat s’ouvrant dans des villes largement dotées en établissements sous contrat ?

Une telle situation peut contribuer à bousculer l’enseignement catholique sous contrat, tel qu’il fonctionne depuis des dizaines d’années : se donne-t-il les meilleurs moyens de préparer chaque personne à la meilleure insertion dans le monde, terrestre puis céleste ?

Telle est le débat que se propose d’ouvrir Liberté politique à travers les différentes positions exprimées ci-après. Puisse-t-il apporter sa contribution  à une problématique essentielle, puisque concernant la construction de chaque enfant, et donc l’avenir de notre cité terrestre, antichambre de la Cité Céleste.

 

François Billot de Lochner, 

Sur Liberté politique

Sur le même sujet, lire Horizon 2030 en Vendée

 

La ligne éditoriale de Riposte catholique cherche à sortir de la “langue de buis”, peu propice à la recherche de la vérité.  C’est pourquoi nous publions volontiers des tribunes libres. Nous précisons cependant que ces tribunes publiées sur Riposte Catholique n’engagent que leurs auteurs. Nous les proposons à nos lecteurs en tant que contributions au débat et à la réflexion. La Rédaction

Benoît XVI, la recherche de la Vérité
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Commentaire du Discours de Benoît XVI à La Sapienza qu’il ne put prononcer face à l’opposition de certains syndicats étudiants lui déniant le droit intellectuel d’être en ce lieu.

15 janvier 2008

 

De la raison théorique à la raison pratique et de la raison pratique à la raison théorique : la voix de la raison éthique.

S’adressant à l’ensemble du monde universitaire, par l’intermédiaire de son discours à La Sapienza, Benoît XVI, cherche à instaurer le dialogue avec le monde traditionnellement considéré comme celui de la raison. Rappelant l’origine de l’université et son histoire, le pape tente d’entraîner les universitaires encore plus avant, au-delà du simple dialogue. Il cherche à tourner leur regard dans la direction même qui est la sienne propre, en même temps que la raison d’être même (historiquement) de l’université : la vérité. Au monde de la raison, et au nom de cette raison, il parle de vérité, de la Vérité. L’argumentation qui est la sienne va lui permettre, par un double mouvement de la raison théorique à la raison pratique et de la raison pratique à la raison théorique, de se positionner comme ‘voix de la raison éthique’.

 

Il rappelle, en effet, que la raison (théorique) a pour but la recherche de la vérité. On peut lire sans peine, derrière ces lignes, la pensée aristo-thomiste sur le travail de l’intelligence pour, à partir de l’être qui se présente à elle, en saisir la vérité, par une contemplation de l’être et au-delà de la vérité. Cette recherche profondément inscrite dans l’homme, dans chaque homme, s’est développée d’une façon particulière dans le monde universitaire, ou plus exactement a développé le monde universitaire occidental médiéval. Ce rappel permet au pape de replacer l’Église et la foi chrétienne sur l’axe raison – vérité. C’est en effet dans un monde chrétien que ce lieu de la raison qu’est l’université, ce temple de la recherche de la vérité, a vu le jour. Preuve que la foi chrétienne a à voir avec la vérité tout comme avec la raison, ce qui permet au souverain pontife de se dire une voix de la raison. Allant plus loin, le pape affirme être une voix de la raison qui a une autorité certaine, autorité que lui confèrent des siècles de réflexion, de recherche de la vérité. Car la recherche de la vérité n’est pas un chemin facile, au contraire, et le pape insiste sur le caractère fastidieux de ce travail sans cesse repris, jamais achevé. C’est un chemin que parcourt la raison aidée en cela par l’expérience. (Et nous touchons déjà ici la raison pratique) L’héritage des siècles de sagesse chrétienne constitue une expérience inégalée que l’homme seul ne pourra jamais atteindre. Aussi l’Église et la foi chrétienne sont-elles de plein droit sur cet axe qui relie la raison à la vérité pour ce double motif que l’Église peut apporter comme contribution son expérience pluriséculaire et qu’en elle le monde même de la recherche de la vérité par la raison a vu le jour. Dans le cadre de la raison théorique, le pape situe même l’Église, de par cette recherche de la Vérité, dans le domaine de la sagesse, celle-là même qui peut contempler la vérité.

Toutefois, comme le constate Benoît XVI avec saint Augustin, le simple savoir, le simple fait de connaître la vérité, rend triste. Or – et ici le pape se distingue tout de suite de la simple recherche rationnelle – l’homme ne cherche pas la vérité pour elle-même, mais parce qu’il espère y trouver le bonheur. Or ce bonheur, cette béatitude de l’âme, est précisément la contemplation de la Vérité. La connaissance de la vérité a pour but la connaissance du Bien, parce que cette connaissance du Bien doit, peut, nous rendre bons. La raison théorique à son plus haut niveau ouvre la juste raison pratique et, peut-on dire, seule elle la rend possible et juste. Le pape affleure ici ce domaine de la raison pratique qu’est la prudence, comme il nous introduisait plus haut au corollaire de la raison théorique qu’est la sagesse. C’est pourquoi, dès le début de son message, le pape se positionne comme voix de la raison éthique de l’humanité.  Si la vérité se recherche et se contemple, elle n’est jamais simplement théorique : parce qu’elle vise au bonheur, elle inclut aussi un agir et un agir conforme à la vérité.  Aussi le Saint Père décline-t-il, autour de la vérité, la raison éthique en quatre aspects qui sont donc ceux de la raison pratique : prudence, liberté et bonification de l’homme, maîtrise de la sensibilité par la vérité, guérison de la sensibilité par la vérité. La vérité, rejointe par la raison spéculative éclairée par l’expérience de la tradition, vient éclairer la raison pratique pour un agir conforme à la vérité afin  de pouvoir, par un agir rationnel (donc libre et prudent), rejoindre le bien, c’est-à-dire se conformer au vrai par une bonification personnelle.

Cependant la vérité est difficile à atteindre, et se conformer au bien demeure ardu ; ainsi la raison, plutôt que vers la vérité, peut-elle orienter l’agir de l’homme vers l’intérêt ou l’utile. Et le rôle du pape, voix de la raison éthique, est alors de remontrer sans cesse le visage de la vérité et le chemin qui y conduit. C’est pour cela qu’il inscrit la foi et l’histoire chrétiennes dans ce mouvement intrinsèquement humain de recherche de la vérité. Ce point est essentiellement commun aux hommes, chrétiens ou non, mais les chrétiens, pour nourrir et soutenir le travail de la raison, disposent de quelque chose de plus qui est la foi. La foi ne supprime pas la raison ni ne l’absorbe, elle l’alimente. Le pape souligne ici les deux modes de connaissance de la vérité : celui de la philosophie et celui de la théologie. Ils ne s’excluent pas mais se complètent, tout en pouvant cheminer séparément. Mais la vérité étant toujours plus que ce que l’homme peut en percevoir et la raison étant faite pour l’infini, la théologie va beaucoup plus loin que ce que peut apporter la philosophie, ne serait-ce que parce qu’elle considère Dieu lui-même, ‘raison – amour’. Plus que le simple fait de savoir, la théologie ouvre, par une relation personnelle à la vérité – bien – Dieu, au bonheur que cherche l’homme. En cela le pape n’est pas en effet la simple voix de la raison ou de la vérité, mais de la raison éthique, c’est-à-dire celle qui conduit au bonheur, par l’ouverture de la raison à plus grand, par la transformation par la raison éthique (pratique-prudence) de l’être même de l’homme, lui ouvrant ainsi les portes du bonheur, qui n’est autre que la contemplation de la vérité divine. Et ainsi la raison pratique conduit et nourrit à son tour la raison théorique la plus haute.

Par-là, le pape tient à montrer à la fois l’importance de la démarche raisonnable de la foi, l’importance de la raison dans la vie éthique et, par cette voie, l’accession au bonheur. Nous touchons là à un point très important de la béatitude, qui n’est autre que ce lien étroit entre contemplation et vertu qu’Aristote développe dans l’Éthique à Nicomaque.

Et ainsi le successeur de Pierre s’insère de plein droit dans ce monde universitaire, dans le monde du savoir, qui depuis quelques siècles cherche à se démarquer de la foi qu’il considère comme contraire à la raison, parce qu’il a confondu raison et science positive et rejeté toute idée de métaphysique. Fidèle successeur de saint Pierre, Benoît XVI rappelle aux chrétiens, et à qui en douterait, que l’on peut, que l’on doit rendre compte de sa foi, comme l’Église l’a fait de tout temps. Il n’est donc pas incongru pour lui de se retrouver dans un monde universitaire, au contraire. La raison ainsi comprise va de concert avec la foi.

Cyril Brun

 

La ligne éditoriale de Riposte catholique cherche à sortir de la “langue de buis”, peu propice à la recherche de la vérité. C’est pourquoi nous publions volontiers des tribunes libres. Nous précisons cependant que ces tribunes publiées sur Riposte Catholique n’engagent que leurs auteurs. Nous les proposons à nos lecteurs en tant que contributions au débat et à la réflexion. La Rédaction

Edito de RC – Spiderman ou la crise du catéchisme
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Monseigneur vous ne pourrez pas gagner contre Spiderman !

A la tête du diocèse, vous avez la charge de la formation de la foi des enfants, malheureusement le catéchisme des enfants de ses 40 dernières années s’est souvent résumé à une longue litanie de malentendus :

  • Les Berlinois étaient déjà en train que détruire le mur de la honte, vous en étiez encore à expliquer aux enfants du caté que Jésus était venu pour châtier le patron et sauver l’ouvrier, et que l’Evangile était une sorte de grande lutte des classes,
  • Les enfants découvraient Jean-Paul II, vous tentiez de leur vendre « Pierres Vivantes » où l’Histoire Sainte n’était finalement plus de l’Histoire et même plus Sainte du tout, où commentaires et texte sacré étaient mélangés comme pour un mauvais plat de lentille,
  • Les enfants passent leurs loisirs devant la télévision et voilà que vous voulez faire de la vie de notre Sauveur une collection merveilleuse de tours de magie à la façon de Simon le Magicien.

Mais quelques soient les prouesses de ce Jésus, il ne pourra rien face à Spiderman.

En effet, le Jésus communiste, historique, de la belle histoire, le barbu un peu bohème, le magicien sympathique, celui qu’on enseigne au « caté », celui-là n’a aucune chance contre Spiderman. Spiderman, les enfants l’ont vu, sur le grand et le petit écran, sauter d’immeubles en immeubles, soulever des voitures, et arrêter les méchants. Votre Jésus,  raconté par Monique la dame caté qui ne va plus à la messe depuis belle lurette, il n’a aucun chance face à ce que les enfants ont vu.

Vous demandez aux enfants de croire, ils vous répondent qu’ils ont vu.

Si la religion juive est la religion d’un Livre, si l’Islam est la religion des préceptes techniques, notre Foi est une rencontre, alors je vous en supplie, donnez aux enfants ce Jésus qui les aime, qui les attend comme le père du fils prodigue, et à ces enfants, à la sensibilité exacerbée par des centaines d’heures passées devant les écrans, donnez ce que jamais Spiderman ne pourra leur apporter, un amour inconditionnel, une présence aimante, un soutien dans les moments difficiles, un cœur dans lequel se fondre, celui de Jésus notre Père, notre frère.

Les enfants qui sont arrivés jusqu’à la salle de catéchisme malgré toutes les sollicitations du monde ne sont pas venus pour de la bouillie, ils ont des dents et une âme assoiffée, il est de votre devoir de leur donner la vraie nourriture et la vraie boisson.

Paul Sornins

 

Entretien : Vivien Hoch, un esprit, une foi.
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Extraits d’un entretien publié sur le blog de Martianne (Nouvel Obs), intitulé : Vivien Hoch, un esprit, une foi. Je ne connaissais pas Vivien Hoch avant de voir un tweet de lui passer. Sur son Twitter on peut lire : « Chercheur en philosophie, professeur, chroniqueur, journaliste, rédacteur en chef de http://www.itinerarium.fr, catholique et UMP« . Ni une ni […]
Itinerarium

2013-22. Accepter de ne pas comprendre et demeurer en paix dans la foi.
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Mercredi des Quatre-Temps de Printemps 20 février 2013,
anniversaire de l’exécution d’Andreas Hofer (cf. > www).

2013-22. Accepter de ne pas comprendre et demeurer en paix dans la foi. dans Commentaires d'actualité & humeurs armoiries-st-siege

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a huit jours, dans ma publication du 12 février (cf. > www), je vous faisais part de quelques réflexions, consécutives à l’annonce faite par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI de sa prochaine abdication.

Permettez-moi de revenir aujourd’hui sur le sujet et pour cela de recopier ici le passage le plus important de la déclaration prononcée en latin devant les Eminentissimes Cardinaux :
« Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle,  doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. »

benoit-xvi-annoncant-son-abdication-11-fevrier-2013 abdication dans Commentaires d'actualité & humeurs

11 février 2013 : Sa Sainteté le Pape Benoît XVI annonçant son abdication

Beaucoup ont cherché ou cherchent encore, à commenter, voire à expliquer la décision du Souverain Pontife.
Ce faisant, ils proposent bien souvent une interprétation de ses propos – leur interprétation – , plutôt que d’en rester à ses paroles elles-mêmes.
Et les voilà qui glosent…
– … qui glosent sur l’état de santé réel ou supposé du Pontife : « Oui, il est vraiment fatigué! » ou : « Non, il ne l’est pas tant que cela! » ; puis qui argument en comparant cet état de santé – réel ou supposé – de Benoît XVI à celui de Jean-Paul II à la fin de son pontificat, et qui en tirent des conclusions, quand ils ne donnent pas des leçons…
– … qui glosent sur ce que cette renonciation pourrait révéler des dispositions intimes du Pape en face de l’état – grave, nous le savons! – de l’Eglise en général et des difficultés à en tenir le gouvernail…
– … qui glosent sur les factions ou luttes intestines au sein de la Curie…
… etc. …etc.
Suppositions que tout cela!

Bien évidemment, selon que l’on est plutôt « progessiste » ou plutôt « conservateur », selon que l’on a apprécié le gouvernement de Benoît XVI ou que l’on est (plus ou moins secrètement) content de le voir s’en aller, la lecture de cette renonciation à sa charge revêt mille nuances, teintées par le prisme idéologique, intellectuel ou spirituel à travers lequel on regarde l’évènement.

Je ne veux pas trop m’étendre sur tout l’aspect émotionnel révélé par les formules emphatiques que l’on a entendues : « je suis bouleversé », « nous sommes atterrés », « je me sens orphelin », « j’ai l’impression d’être abandonné »… etc.
Emotion, subjectivité, sentiments, ressenti personnel, voire sentimentalité ou sensiblerie : en tout cela ce n’est finalement pas l’évènement qui est considéré tel qu’il doit l’être, de manière objective, mais c’est la pitoyable complaisance en soi qui est étalée par cette mise en avant d’échos totalement subjectifs.

Même lorsqu’il n’est pas clairement exprimé, le jugement est toujours très proche de tous ces commentaires et explications. Mais je ne m’étendrai pas non plus – sinon pour les réprouver de manière catégorique – sur tous ces jugement, spontanés ou argumentés, portés sur la décision du Pape.
Qui donc sont-ils tous ceux qui se croient autorisés à porter un jugement de valeur, qui louent, qui approuvent, ou bien qui émettent des réserves, qui critiquent, qui condamnent? Qui les a établis juges de la conduite et de la conscience du Souverain Pontife?
La réponse à cette question donne aussitôt la valeur de ces jugements, lors même qu’ils sont louangeurs.  

Allons! Il faut savoir raison garder… et plus encore foi garder!

Car la vérité, c’est que nous n’avons qu’une seule certitude : celle, et celle seule, qui a été clairement et sobrement donnée par le Souverain Pontife lui-même. Tout le reste est sans valeur!
« Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces
(…) ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien (…). La vigueur (…) s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié ». Point.

Si je désire connaître les véritables raisons de l’acte d’une personne, le meilleur n’est-il pas d’écouter les explications données par cette personne elle-même?
Si je n’ai pas de raison de penser que cette personne ment, ne dois-je donc pas, raisonnablement , tenir ses propos comme l’expression de la vérité?
Si mes fonctions, mes responsabilités ou mon état font que je suis tenu à l’intégralité des explications justifiant un acte, je suis bien en droit d’exiger que l’on me fournisse toutes ces explications et qu’on ne m’en cèle aucune ; mais, si je suis un subalterne, je ne possède pas un « droit » à ces explications : si l’on voulait bien m’en donner, je prendrais celles que l’on me fournirait, qu’elles soient partielles ou totales ; je devrais m’en contenter (verbe qui signifie « m’en trouver content, satisfait »), et il y aurait une grave indiscrétion de ma part de chercher à connaître ce dont la connaissance ne m’est pas due.

Que des païens, des incroyants, des journalistes qui n’ont ni la foi de l’Eglise, ni ordinairement le respect de ses dogmes, de sa morale et de ses institutions, veuillent, en conséquence de cette impiété, chercher à savoir, cela peut – à la limite – se comprendre.
Que des fidèles de la Sainte Eglise, des personnes prétendant avoir la foi et le respect du mystère révélé, des prêtres, cherchent à trouver à tout prix des explications ou des justifications autres que celles que le Souverain Pontife a voulu donner, cela n’est pas acceptable.

Car le Pape n’a, en définitive, pas de comptes à rendre de sa décision sinon à Dieu, et à Dieu seul!
Le Souverain Pontife n’a pas à se justifier de son abdication, ni devant l’Eglise, ni devant le monde… du moins en cette vie : lors du jugement dernier ce sera différent.
Ni les cardinaux, ni les évêques, ni les prêtres, ni les fidèles, ni un concile ne possèdent un « droit » à connaître toutes les raisons, explications ou justifications de sa renonciation… et les médias encore moins.
Le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ n’a pas reçu délégation pour exercer une autorité au nom d’un peuple prétendument souverain : de la même manière que sa décision pour être valide n’a nul besoin d’être entérinée par un sénat, un concile, ou un référendum populaire, elle ne requiert la délivrance d’aucune autre explication que celle qu’il plaira à Sa Sainteté d’en donner.
Ainsi, ce que Benoît XVI a dit DOIT nous suffire.

Lorsque le Saint-Père nous assure qu’il a longuement examiné sa conscience devant Dieu et que, au terme de cet examen, il est parvenu à une certitude, nous devons être convaincus que, dans ce face à face avec Dieu, toutes choses étant mûrement et soigneusement pesées avec l’exacte conscience de sa charge et des comptes qu’il devra en rendre au Juge suprême, cette décision n’est le fruit ni d’un caprice, ni d’une crainte de vieillard, ni d’une coquetterie d’intellectuel, ni d’aucune considération humaine, mais qu’il s’agit bien d’un acte d’adhésion de sa propre volonté humaine – informée par les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, et par les vertus cardinales de force, de justice, de prudence et de tempérance – à la Volonté divine.

Toute autre explication est vaine et superflue ; toute autre explication est moralement téméraire.

L’abdication de Benoît XVI fait partie des choses dont nous devons accepter de ne pas connaître absolument toutes les raisons ici-bas, s’il en existe d’autres que celles qu’il a voulu exprimer.
Aussi, même si nous ne comprenons pas, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à la recevoir dans la foi et dans la paix.
A maintenant quelques jours de l’accomplissement de cette déposition de charge, la responsabilité qui nous incombe est celle de la prière (et en complément de notre prière l’offrande de sacrifices) : prière pleine de reconnaissance à l’intention du Pontife qui nous quitte, prière ardente pour la Sainte Eglise, prière fervente pour que les cardinaux qui entreront en conclave soient à l’écoute des seules inspirations du Saint-Esprit pour le choix du successeur de Saint Pierre.

Lully.

tiaredepieixcopie Benoît XVI

Tiare du Bienheureux Pie IX

Le blogue du Maître-Chat Lully

« Foi et charité, deux faces d’une même pièce », Benoit XVI pour le Carême
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Pour le Carême, Benoit XVI nous propose un texte « Dans le contexte de l’Année de la foi, le Carême nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité: entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l’amour qui est le fruit de l’action de […]


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Les « cinq morts de la foi » par Chesterton
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Qu’entend Chesterton par « mort de la foi » ? Il voulait dire par là que chaque fois qu’on a cru imminente la fin de l’Église, elle a comme “ressuscité” là où on ne l’attendait pas : “La brusque et renversante réapparition du Christianisme fut presque aussi inattendue que la résurrection du Christ.” C’est le thème de la […]
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2012-62. De « l’année de la Foi ».
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Contribution féline
à la célébration du cinquantième anniversaire
du second concile du Vatican (troisième partie).

* * * * * * * 

Mardi 9 octobre 2012.

Tandis qu’un certain nombre de vieux progressistes modernichons commémorent le cinquantième anniversaire de l’ouverture du second concile du Vatican avec des nostalgies d’anciens combattants (vous savez, ces jeunes prêtres d’alors – aujourd’hui septua-voire-octo-génaires – qui, avec une euphorie de débiles se réjouissaient d’envoyer leur soutane aux orties, introduisaient guitares et batteries dans les églises, remettaient en question tous les dogmes et la discipline ecclésiastique, fricotaient avec le marxisme et… sont aujourd’hui assez amers en constatant que le dynamisme et la vitalité ne se trouvent pas du côté de leur idéologie finissante), il importe de bien comprendre que, si notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ne peut pas faire autrement que de « célébrer » cet anniversaire, ce qui est encore plus essentiel pour lui, c’est d’en profiter pour rebondir.
En l’occurrence, rebondir consiste essentiellement à ramener le troupeau qui lui est confié vers la Foi authentique de l’Eglise, vers le dépôt sacré de la Révélation confié par Notre-Seigneur Jésus-Christ aux Apôtres et véhiculé par la Sainte Tradition.

Voilà pourquoi, le Souverain Pontife a voulu que ce 11 octobre 2012, plus encore que l’anniversaire d’un concile qui fut non pas la cause mais le prétexte déclencheur d’une crise de la Foi catholique telle qu’on n’aurait jamais pu l’imaginer, soit pour toute l’Eglise l’entrée dans une année de la Foi : année clairement et explicitement désignée pour revenir au catéchisme et à l’enseignement des Vérités fondamentales.

Point ne sert de se lamenter rétrospectivement d’une manière stérile sur les catastrophiques décennies postconcilaires (si nous les regardons – et nous devons les regarder avec lucidité – , c’est seulement pour en tirer les bonnes leçons et nous prémunir contre des dangers toujours renaissants), ce que notre Saint Père le Pape nous dit en définitive, n’est ce pas ceci :
« Soyez réalistes, regardez vers l’avenir!
Nous ne changerons pas le passé, alors avançons résolument.
Ensemble, relevons les ruines : ce n’est pas parce qu’elles sont importantes – immenses – que nous avons-le droit de nous laisser aller au découragement. Ce n’est pas parce que presque trois générations de fidèles ont été sacrifiées du fait d’une catéchèse déficiente, d’un enseignement de la foi totalement insuffisant, et d’une célébration de cette même foi véritablement indigne et indigente à travers des liturgies misérablement bidouillées, que nous devons nous résigner…
Allons! Courage!
Que ceux qui aiment véritablement Notre-Seigneur, que ceux qui aiment véritablement l’Eglise qu’Il a fondée, que ceux qui veulent vivre de la vie divine surnaturelle – qui est Foi, Espérance et Charité – se lèvent!
Qu’ils se regroupent et se serrent sous l’étendard de la Sainte Croix!
Qu’ils se mettent en marche, fortifiés par les exemples de Notre-Dame et des Saints qui veillent sur nous et prient pour nous!
Qu’ils se préparent avec détermination et courage pour relever les défis qui se présentent à nous aujourd’hui!
Qu’ils s’arment pour mener les importants combats de la Vérité contre l’erreur, de la Foi contre l’incrédulité et l’hérésie, du Christianisme contre les fausses doctrines…
La victoire et le salut sont promis à la Foi! »

2012-62. De

Rome, église du Gesù : la Foi terrassant l’hérésie et la haine, oeuvre de Pierre Le Gros (jeune)
(cliquer sur la photo pour la voir en grand) 

Oui, bonne, fervente et sainte entrée dans l’année de la Foi, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion

patteschats année de la foi dans Lectures & relecturesLully.

*** *** ***

Lire et relire les textes relatifs à l’année de la Foi :

1.) La lettre apostolique en forme de motu proprio « Porta Fidei » promulguant l’année de la Foi > www.

2.) La note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi donnant les indications pastorales pour l’année de la Foi > www.

3.) Le communiqué à propos de la sus-dite note > www.

4.) Le décret de la Pénitencerie Apostolique promulguant les indulgences particulières pour l’année de la Foi > www (traduction ici > www).

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