Prise de soutanes à la Fraternité Saint-Pie X
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Ce dimanche 2 février, fête de la Purification de la Sainte Vierge et présentation de Jésus au temple, Mgr Bernard Fellay, évêque auxiliaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X , a remis la soutane aux 8 séminaristes français de 1ère année du Séminaire Saint Curé d’Ars de Flavigny.

Photos La Porte Latine

Rumeurs sur la FSSPX et la suppression d’Ecclesia Dei…
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La rumeur de la suppression prochaine de la Commission Ecclesia court à Rome. Et cela sous les yeux même de Benoît XVI encore vivant. Nos amis de Messa in Latino viennent de la relayer et, avec des précisions, le vaticaniste Marco Tosatti aussi…

On se perd en conjectures sur les raisons qui pourrait justifier une telle suppression. Diverses hypothèses convergentes pourraient l’expliquer, elles ne s’excluent d’ailleurs pas les unes des autres :

. Autour du Pape, s’agite une tendance favorable à la réduction de Summorum Pontificum au monde lefebvriste.

. Plus directement, la Commission Ecclesia Dei est aujourd’hui considérée comme ayant échoué dans ce qui était son objet principal pour Jean-Paul II comme pour Benoît XVI : la négociation d’une solution canonique avec la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). L’élection de Don Pagliarani à la tête de la FSSPX et sa récente visite à Rome, se concluant par un renvoi aux calendes grecques de cette reconnaissance canonique, ont été perçues comme actant l’échec des longues négociations menées par Mgr Pozzo.

. Hypothèse que renforce Messa in Latino dans un paragraphe en rouge : la FSSPX a toujours considéré, bien légèrement, la Commission Ecclesia Dei comme un ennemi à abattre. Dans le même sens, le blogue de L’Homme nouveau souligne l’intérêt que croit avoir la FSSPX à cette suppression : « La Fraternité Saint-Pie-X voudrait la suppression de la Commission Ecclesia Dei ». Il est vrai que la Commission a été créée il y a 30 ans par le motu proprio Ecclesia Dei adflicta, pour contrer l’effet des sacres de quatre évêques accomplis par Mgr Lefebvre, mais elle a, au fil des années, grandement servi aux autres communautés attachées à la liturgie et à la discipline traditionnelles.

Il est toujours apparu à la FSSPX comme humiliant de traiter avec la Commission Pozzo, instrument du “ralliement” de nombreux prêtres et communautés. La FSSPX entend discuter, de puissance à puissance, avec la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Mais fait de mettre la FSSPX entre les mains de la Congrégation pour la doctrine de la Foi serait l’enterrement de la « solution François », pape qui n’a pas de souci doctrinal, mais seulement de realpolitik.

Ordinations à la Fraternité Saint-Pie X
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Ces jours-ci, 16 prêtres seront ordonnés dans les 3 séminaires de hémisphère nord de la Fraternité Saint-Pie X (dont 3 Français). Au 30 juin, la FSSSPX comptera plus de 650 prêtres (653).

Le vendredi 22 juin 2018, Mgr Bernard Tissier de Mallerais ordonnera sept prêtres au Séminaire Saint-Thomas d’Aquin de Dillwyn aux Etats-Unis : MM. les abbés Thomas Buschmann (Etats-Unis), Samuel Fabula (Etats-Unis), John Graziano (Etats-Unis), Thomas O’Hart (Irlande), Michael Sheahan (Etats-Unis), Thomas Tamm (Etats-Unis), Nicholas McManus (Etats-Unis).

Le vendredi 29 juin, Mgr Bernard Fellay ordonnera trois prêtres au Séminaire Saint-Pie X d’Ecône en Suisse : MM. les abbés Benoît Delétoille (France), Paul Perrot (France) et Raphaël Tassot (France).

Le samedi 30 juin, Mgr Alfonso de Galarreta ordonnera six prêtres au Séminaire du Sacré-Cœur de Jésus de Zaitzkofen en Allemagne : MM. les abbés Lukas Lipp (Autriche), Christoph Maas (Allemagne), Victor Pasichnik (Russie), Hannes Christian Regele (Autriche), Jakub Wawrzyn (Pologne) et Tobias Zahner (Suisse).

Ce sont ainsi 16 nouveaux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X qui seront ordonnés dans les séminaires de l’hémisphère nord, en ce mois du Sacré-Cœur.

FSSPX Actualités

Le Chapitre Général de la FSSPX
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L’abbé Yves Le Roux, FSSPX et Supérieur du Séminaire Saint-Thomas d’Aquin (Etats-Unis), évoque dans la dernière lettre du Séminaire le prochain Chapitre électif de la Fraternité Saint-Pie X. Il rappelle qu’au delà de l’élection du Supérieur général c’est aussi un renouvellement de la fidélité des membres aux statuts.

Espérons que les fidèles fortifient de leur côté leur vie de prière et qu’ils n’omettent pas de réciter une prière quotidienne à l’intention de notre prochain Chapitre. Qu’ils écoutent le message de Notre-Dame à Fatima sur la nécessaire pratique de la pénitence par la fidélité au devoir d’état. Qu’ils développent également un esprit de dévouement envers leurs prêtres et leurs paroisses.

Un Chapitre électif dans une société religieuse est un moment important qui ne peut être traité comme un tiercé sur lequel les paris sont ouverts. Cet événement est solennel pour une société religieuse car il est un moment particulier de grâce au cours duquel la fidélité aux statuts doit être renouvelée. Il doit permettre une plus grande union des membres sous la dépendance hiérarchique. C’est un temps où l’armée se reprend et se remet en ordre de bataille pour affronter les combats qui l’attendent.

Demandons dès maintenant la grâce d’éviter la démesure, les invectives, les procès d’intention et la formation de partis ou de clans pour revenir tout simplement à la fidélité à la règle.

A propos des 3 messes de Noël
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Dans le rit romain, la caractéristique de la fête de Noël est l’usage des trois messes, une au premier chant du coq, l’autre vers l’aurore et la troisième en plein jour.

Cette habitude nous est déjà attestée par saint Grégoire, mais elle est sûrement plus ancienne, puisque le Liber Pontificalis avance que ce fut précisément le pape Télesphore qui introduisit le premier le chant du Gloria in excelsis Deo à la messe de la nuit de Noël.

FSSPX News

Développement de la Fraternité Saint-Pie X
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A l’occasion de ses dernières ordinations de l’année, la Fraternité Saint-Pie X vient de publier ses données annuelles :

L’année 2016 s’achève par l’ordination de quatre nouveaux prêtres pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans les deux séminaires de l’hémisphère sud.

Au séminaire de la Sainte-Croix de Goulburn, en Australie, Mgr Bernard Tissier de Mallerais a ordonné trois prêtres ce jeudi 15 décembre 2016 : 2 Américains et 1 Australien.

Au séminaire Notre-Dame Co-Rédemptrice de La Reja, en Argentine, Mgr Bernard Fellay ordonnera un prêtre le samedi 17 décembre 2016 : 1 Brésilien.

Au total, l’année 2016 a vu l’ordination de 23 nouveaux prêtres pour la Fraternité Saint-Pie X qui compte désormais 613 prêtres, aidés de 117 frères et 80 sœurs oblates. Dans ses six séminaires à travers le monde, 215 jeunes gens, ainsi que 40 pré-séminaristes, étaient inscrits en début d’année académique.

(Source : FSSPX/MG – DICI du 15/12/16)

Relations FSSPX – Saint-Siège: pouvoirs confirmés
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Ce lundi 21 novembre à 11h30, la lettre apostolique Misericordia et Misera du Saint-Pape François a été présentée à la presse. Elle veut notamment poursuivre l’élan de l’année de la Miséricorde. Ainsi, le pouvoir d’absoudre le péché d’avortement est désormais confié à chaque prêtre sans délégation particulière. Par ailleurs, quelques lignes sont également consacrées à la situation canonique de la Fraternité Saint-Pie X [Traduction non officielle].

Dans le même esprit pour répondre aux besoins des fidèles, “confiant dans la bonne volonté de leurs prêtres à atteindre, avec l’aide de Dieu, la pleine communion avec l’Église catholique” (Mm 12) le Saint-Père indique que ceux qui fréquentent des églises où officient des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X peuvent validement et légalement recevoir l’absolution sacramentelle.

Texte de la conférence en italien

Relations FSSPX – Saint-Siège
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DICI a retranscrit l’interview de Mgr Bernard Fellay au National Catholic Register, le 13 mai 2016. Mgr Fellay fait un nouveau point sur les relations entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X.

Interview intégrale ici sur DICI

Mgr Bernard Fellay
                                 Mgr Bernard Fellay

Monseigneur, où en sommes-nous dans les discussions entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X ?
Ces rapports avec Rome ne datent pas d’aujourd’hui. On pourrait dire que, même au moment de l’excommunication à cause du sacre des évêques en 1988, il n’y a jamais eu de rupture totale avec Rome. Nous n’avons jamais voulu rompre avec Rome. Mgr Lefebvre a été très explicite là-dessus. Il y a eu des disputes, oui, et je dirais que les soucis ont continué jusqu’à aujourd’hui. Mais les rapports sont devenus plus proches depuis l’an 2000. Je dirais qu’il y a eu une première étape à la fin de cette année-là, au cours de laquelle nous avons fait un pèlerinage à Rome pour l’Année sainte. A la fin de l’année, Rome, par l’intermédiaire du cardinal Castrillon Hoyos, alors président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, nous a dit que le Saint-Père voulait que nous trouvions une solution à ce problème. Et à l’époque je lui ai répondu : « Oui, c’est très bien, mais il y a un problème : nous ne vous faisons pas confiance. » Et je décrivais la façon dont ils avaient traité d’autres mouvements, notamment la Fraternité Saint-Pierre à l’époque. Néanmoins les discussions ont débuté de façon sporadique, ce qui a permis à Rome de commencer à nous connaître un peu mieux, et après quelques années il était évident que le cardinal Castrillon en avait conclu que nous n’étions pas du tout schismatiques. Il a dit plusieurs fois que nous étions catholiques. Il a obtenu qu’un terme soit mis au décret d’excommunication, ce qui fut suivi par la situation pénible de Mgr Williamson qui a jeté un froid, mais en même temps a fait faire un pas de plus en avant.

Nous avons demandé deux préambules avant d’aller plus loin, en raison du manque de confiance ; (le premier de) ces deux préambules devait admettre, reconnaître que tout prêtre catholique a le droit de dire la messe tridentine – chose qui semblait impossible en 2000, mais qui est devenu un fait en 2007 quand le pape Benoît XVI a effectivement reconnu ce droit, en disant que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée. Alors cela a été un élément majeur, qui a réintroduit – au moins en théorie – la liberté de la messe comme un droit dans l’Eglise.

Le deuxième point était l’excommunication qui a été levée deux ans et demi plus tard. Alors on a dit qu’une fois tout cela fait, il fallait que nous parlions, il fallait discuter des problèmes doctrinaux, ceux que nous voyons comme de vrais problèmes doctrinaux. Et, en effet, Benoît XVI a dit que ces discussions étaient nécessaires. Je ne pense pas que nous ayons eu alors la même optique, mais nous nous sommes mis d’accord pour avoir des discussions qui ont duré deux ans, au niveau le plus élevé.

A la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, nous avons eu des entretiens sur les points de controverse qui se sont, disons, catalysés dans le Concile, qui ont été introduits dans la vie de l’Eglise catholique par le concile Vatican II. Après ces deux années, Rome a fait une proposition formelle qui nous a paru trop ambiguë, – c’est-à-dire qu’elle n’allait pas résoudre le problème. Je leur ai déclaré : « Si nous faisons un accord sur quelque chose de trop ambigu, nous ne ferons que repousser le problème, il faudra s’en occuper plus tard, et ce sera pire encore. » Alors j’ai dit : « Il faut trouver quelque chose maintenant, avant (tout accord). » Et il y a eu un va-et-vient intense, mais qui n’a rien donné. Il a été très difficile de voir clair dans tout cela, puisque des personnes à l’intérieur, des proches du pape (Benoît) me disaient qu’en fait ce qui nous était proposé, ne correspondait pas à la vision du pape ; ce n’était pas facile alors de voir ce qui se passait (vraiment).

Une situation paradoxale : sans magistère véritable
Maintenant avec le nouveau pape, le pape François, nous sommes passés à une situation nouvelle, qui est très intéressante mais qui est encore plus déroutante. J’appelle cela une situation paradoxale puisque, si je puis dire, les problèmes que nous dénonçons empirent dans l’Eglise, et en même temps une partie (des autorités), surtout à Rome, commence à dire et à reconnaître qu’il faut faire quelque chose.

Du côté de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il y a une nouvelle perspective où l’on considère, grâce à ces discussions (doctrinales), qu’il est à nouveau clair que la Fraternité n’est pas schismatique. Cela veut dire que les points que nous défendons ne touchent pas à des points qui couperaient la Fraternité d’avec l’Eglise, ni au niveau d’un schisme, ni – ce qui serait pire – au niveau d’une hérésie contre la foi. Ils estiment toujours qu’il faut clarifier la question de la perception de ce qu’est le magistère, mais nous insistons sur le fait qu’ils rendent confuse cette perception, surtout quand nous voyons aujourd’hui qu’il y a des questions (doctrinales) qui ne relèvent pas du magistère, – ce qui est très déroutant. Vous avez ainsi l’autorité la plus haute dans l’Eglise qui dit : « Je n’enseigne pas. » Alors c’est quoi ? C’est obligatoire ? Il est évident qu’ils veulent obliger. En même temps ils disent que ce n’est pas obligatoire. C’est vraiment la confusion.

 

Sous-diaconats à la Fraternité Saint-Pie X
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Le 12 mars, plusieurs cérémonies de sous-diaconats ont eu lieu dans les séminaires de la Fraternité Saint-Pie X..

Mgr Bernard Tissier de Mallerais a ordonné sous-diacres 9 séminaristes du séminaire Saint-Thomas d’Aquin de Winona (Etats-Unis).

Mgr Bernard Fellay, Supérieur Général de la Fraternité Saint-Pie X, a ordonné 15 sous-diacres dont 12 du Séminaire d’Ecône (dont 11 Français). Des frères bénédictins de Bellaigues et un frère de la Fraternité de la Transfiguration de Mérigny ont également été ordonnés sous-diacres.

Mgr Alfonso de Galarreta a élevé au sous-diaconat deux séminaristes du séminaire du Sacré Coeur de Jésus à Zaitzkofen (Allemagne).

Sousdiaconat_Suisse_FSSPXEcône

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D’autres photos sur le site de La Porte Latine

Vers une reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X ?
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C’est en tous cas la conviction de Mgr Alfonso de Galarretta exposée lors d’une conférence donnée à Bailly en janvier retranscrite par DICI (et reprise par notre confrère le Salon Beige).

Je pense plutôt, et c’est là l’autre aspect des choses, que ce pape qui dit à qui veut l’entendre que nous sommes catholiques, qui dit et répète que la Fraternité est catholique, que nous sommes catholiques, qu’il ne va jamais nous condamner et qu’il faut régler notre ‘affaire’. Je pense que – il a déjà commencé dans cette voie-là –, quand il verra qu’il n’y a pas d’entente avec la Congrégation de la Foi, je pense qu’il va passer outre toute condition doctrinale, théorique, pratique, ou quoi que ce soit… Il va faire des pas lui-même, dans le sens d’une reconnaissance de la Fraternité. Il a déjà commencé, il va tout simplement poursuivre. Ici je dis non pas ce que je désire, je dis ce que je prévois. Je prévois, je pense que le pape va aller dans le sens d’une reconnaissance unilatérale de la Fraternité, et plutôt par la voie des faits que par une voie de droit ou légale, canonique.

Le Pape François et la Fraternité Saint-Pie X
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Il nous paraît intéressant de publier la traduction de l’article de don Pio Pace, publié par le blogue Rorate Caeli, en date du 3 juillet 2014.

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Dans le feuilleton interminable de la réconciliation entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X, une occasion historique extraordinaire s’est présentée en février 2013. Une occasion manquée. Elle est arrivée après l’annonce de la démission de Benoît XVI, le 12 février 2013 : une prélature personnelle pour la FSSPX, la Prélature Saint Pie X, qui avait été l’objet des négociations interrompues en juin 2012, a été à nouveau proposée à l’évêque Fellay, supérieur général de la Société, pour être érigée le 22 février 2013, fête de la Chaire de Saint-Pierre. Mais la Maison générale de la Fraternité Saint-Pie-X n’a pas donné suite. Il aurait été nécessaire, il est vrai, de mener des deux côtés, rapidement et efficacement, les négociations finales, en particulier en ce qui concerne la formule d’adhésion, que je citerai plus tard. Le pré-conclave s’est alors ouvert en mars, marqué par des tensions extrêmement violentes à propos de ​​la réforme de la Curie romaine, sur la base de l’accusation implicite d’impuissance du pontificat qui venait de se terminer : l’un des échecs attribués à Benoît XVI était d’avoir investi en vain sur une réconciliation avec les traditionalistes, en leur remettant des gages inutiles, en particulier par le biais de Summorum Pontificum et de la suppression des excommunications des évêques consacrés par l’archevêque Lefebvre. À ce moment-là, avant le conclave, en tenant compte du poids psychologique que la question Lefebvre avait encore à l’époque, il n’est pas douteux que, si le dernier acte du pontificat de Benoît XVI avait été la réintégration canonique des adversaires les plus visibles du Concile, cela aurait permis une réduction du déficit du « bilan de pontificat » examiné par les cardinaux. Et, surtout, on n’aurait parlé que de ça ! Au lieu de cela, la ligne de fracture entre «restaurateurs» et «libéraux», qui avait marqué les conclaves de 1978 et 2005, est devenue obsolète au conclave de 2013.

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Le nouveau pontificat ignore la communauté fondée par Mgr. Marcel Lefebvre. Jusque-là, la FSSPX avait provoqué dans l’Église, au moins à Rome, un grand intérêt pour ses faits et gestes. Notamment, un grand intérêt pour sa croissance – moindre après 1988, mais encore tout à fait remarquable, alors que le catholicisme en Occident est en déclin continu. La critique, même si elle était mal formulée, de Vatican II, et l’existence de ce réservoir sacerdotal hostile à la ligne conciliaire était une «interrogation», permanente comme on dit.

Mais toute l’attention que le pontificat de Benoît XVI avait donné à la «bonne interprétation» de Vatican II (discours inaugural à la Curie, du 22 Décembre 2005; adresse d’adieu du 14 Février 2013, au clergé romain) a soudainement disparu. Certes, en ayant récemment reçu les Franciscains de l’Immaculée, le 10 Juin, le pape François a de nouveau exprimé son estime pour un interprète du Concile qui est de la ligne « de continuité », Mgr. Agostino Marchetto (Il Concilio Vaticano II Ecumenico. Par una sua corretta ermeneutica, Libreria Editrice Vaticana, 2012). Mais tout le monde sait que François est étranger à ce débat. Alors qu’il n’est pas un adepte d’une théorie de « rupture », il n’est pas du tout intéressé par les tentatives qui veulent prouver une « continuité » entre le dernier Concile et le Magistère précédent. Vatican II n’est pas pour lui une collection de textes qui contredisent, plient ou reformulent tel ou tel dogme antérieur : Vatican II est un concile pastoral d’ouverture sur le monde, un « retour à l’Evangile ». Point. En ce qui concerne le Magistère antérieur, sans le remettre en cause en théorie, il souhaite lui appliquer une sorte de flexibilité (l’expression est donnée par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire du Synode des Evêques, un personnage clé dans la Curie de François), une flexibilité qui implique la mise en parenthèses des « rigidités » de la doctrine, en particulier dans le domaine moral. Le pape a pour l’ancien Magistère, pour l’enseignement de Vatican II, et aussi pour les préoccupations théologiques de Benoît XVI, le respect que l’on a pour une personne âgée mais qui ne doit pas empêcher le souci de la vraie vie des gens d’aujourd’hui et de leurs problèmes concrets, ces gens pour lesquels le catholicisme doit être avant tout un message de joie et de miséricorde.

Quelle place reste, dans ce contexte, pour la discussion doctrinale en général, et pour la critique des textes conciliaires en particulier? L’orientation du pape Bergoglio met partiellement au chômage non seulement les théologiens traditionalistes, mais aussi les théologiens classiques, et même les théologiens progressistes – le pape étant, par sa disposition mentale, imperméable à cette tendance « de gauche » – sauf en ce qui concerne le libéralisme moral. Aujourd’hui, la réflexion intense et l’activité théologique et magistérielle qui a toujours circulé entre le pape et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, n’existe plus. On pourrait qualifier cette étonnante nouvelle situation qui prévaut dans les palais pontificaux – peut-être faut-il dire dans les « auberges pontificales » – comme le degré zéro de l’enseignement du magistère.

*

Néanmoins, si le pontificat de François est en fait si peu favorable à l’expression du charisme critique de la Fraternité Saint-Pie X, il pourrait, paradoxalement, rendre l’obtention d’une reconnaissance canonique facile pour elle. La rencontre avec le Pape qui a été organisée pour Mgr. Fellay, il y a environ six mois, dans une salle de la Domus Sanctae Marthae, alors que lui et ses collaborateurs étaient conviés à un repas dans le réfectoire en compagnie de Mgr. Pozzo et Mgr. Di Noia, montre que des contacts permanents sont clairement rétablis entre les supérieurs de la Fraternité Saint-Pie-X et de la Commission Ecclesia Dei, et qu’ils sont approuvés par le pape. Sur quelles bases ont été rétablies ces relations? Précisément, du fait de l’absence d’intérêt du Pape pour questions herméneutiques concernant Vatican II, il semble que les fameuses « conditions » doctrinales présentées à Mgr. Fellay ont été rangées dans des cartons d’archives. C’est de toute façon ce qui ressort de l’information que les personnes en charge des relations avec les traditionalistes laissent filtrer : elles estiment qu’avoir voulu soumettre à la signature de l’évêque Fellay des déclarations doctrinales trop strictes a été une erreur.

Il est connu comme une question de fait que, pendant les négociations (septembre 2011 – juin 2012), la création d’une prélature personnelle, dont Mgr. Fellay aurait été le prélat-évêque, et la reconnaissance canonique de tous les fondements de sa société, ont été soumises à la condition suspensive de son adhésion à un Préambule doctrinal. Pour résumer, l’accord a échoué en juin 2012 sur les points suivants : l’évêque traditionaliste souhaitait déclarer qu’« il est légitime de promouvoir, par une discussion légitime, l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations du Concile Vatican II et du Magistère successif, dans le cas où ils ne semblent pas compatibles avec le Magistère antérieur de l’Église » ; ses interlocuteurs de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, élevant la barre, voulaient qu’il déclare qu’« il est légitime de discuter, d’étudier et d’expliquer, théologiquement, les expressions ou formulations du Concile Vatican II, en particulier pour aider à la compréhension de leur continuité avec le Magistère de l’Église avant ». Le « en particulier » rendait les deux formulations tout de même assez proches.

Quoi qu’il en soit, ces détails minutieux ne sont plus à l’ordre du jour. Alors, la Prélature de Saint Pie X est pour demain? Hélas ! Mgr. Fellay qui, en juin 2012, était complètement prêt à sauter le pas, en juillet 2014, n’est plus intéressé. La raison qu’il a donnée au pape lui-même lors de leur rencontre est que, s’il avait signé un accord, sa société aurait explosé. En réalité, après un chapitre général difficile, en juillet 2012, après l’exclusion de Mgr. Williamson et des membres plus «durs», le supérieur de la FSSPX a retrouvé son habituelle approche d’attendre et voir venir. Il faut reconnaître qu’il a des excuses : la destruction programmée des Franciscains de l’Immaculée, sous le prétexte qu’ils étaient «crypto-lefebvristes», une accusation absurde et sans fondement théologique, n’augure rien de bon pour une intégration canonique de la société fondée par Mgr. Lefebvre.

Mais quel est l’avis des membres – des prêtres, en tout cas – de la FSSPX ? Aucun sondage n’est disponible. Mais on sait que les prêtres qui sont les plus hostiles à un accord canonique craignent une contamination doctrinale et les inévitables compromis qui suivraient un accord. Ils sont une minorité mais, mais ont de l’influence. Quant à la grande majorité des prêtres de la FSSPX, les habitudes d’indépendance aidant, ils ne voient tout simplement aucun intérêt à se mettre dans un espace ecclésial officiel, ce qui est inquiétant. Seuls certains d’entre eux, les « accordistes », affirment que l’apostolat de la FSSPX serait multiplié par dix si elle jouissait d’une reconnaissance officielle, et ils soulignent aussi les dangers d’un fossé psychologique croissant entre la Fraternité Saint-Pie-X et le reste de l’Église. Ces préoccupations relèvent du bon sens, et même du sens catholique. Mais qu’est-ce que cela signifie d’être canoniquement « à l’intérieur »ou « à l’extérieur » aujourd’hui? Il faut avouer que, quand on entend, par exemple, les cardinaux de la sainte Église romaine mettre en cause pacifiquement l’indissolubilité du mariage, on a une certaine difficulté à dire qui est « à l’intérieur » de l’Église et qui est « à l’extérieur ». Qui est « à l’intérieur », Mgr. Fellay ou le cardinal Kasper ? Mais si Mgr. Fellay attend que le cardinal Kasper sorte pour entrer, il peut avoir à attendre longtemps. D’autre part, s’il était canoniquement à l’intérieur, il pourrait aider, peut-être pas à « sortir » Kasper, mais au moins, dans un premier temps, à aider à le marginaliser.

Ordinations à la Fraternité Saint-Pie X à Ecône
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Vendredi 27 mai, au Séminaire d’Ecône (Suisse), Mgr Alfonso de Galarreta a ordonné 8 prêtres pour la Fraternité Saint-Pie X (dont 7 français) et un moine bénédictin du Monastère Notre-Dame de Bellaigue. Ses 2 confères, Mgr Fellay et Mgr Tissier de Mallerais, étaient également présents. 
Sur l’année, la Fraternité Saint-Pie X a ordonné 20 prêtres (7 français, 7 américains, 3 suisses, 3 polonais). 

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Lors de la même messe d’ordination, Mgr de Galarreta a également ordonné 7 diacres pour la FSSPX, 1 diacre pour les Capucins de Morgon et 2 diacres pour le Monastère de Bellaigue (Au total en juin, 15 diacres ont été ordonnés pour la FSSPX).

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On peut trouver un reportage complet sur le site de La Porte Latine (District de France de la FSSPX)

Photos Séminaire d’Econe

Un nouveau supérieur du district de France de la FSSPX
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fr_christian_bouchacourt225Le 22 février, la Porte Latine publie un communiqué indiquant que l’abbé Christian Bouchacourt, qui a été de longues années à Saint Nicolas du Chardonnet à Paris et actuel supérieur du District d’Amérique du Sud de la Fraternité Saint-Pie X, est nommé supérieur du District de France au 15 août 2014 en remplacement de l’abbé Régis de Cacqueray qui achèvera son second mandat.

 

Mgr Gerhard Müller sur la FSSPX
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Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et président de la Commission pontificale Ecclesia Dei depuis juillet dernier, Mgr Gerhard Müller vient d’accorder un entretien au magazine catholique britannique Catholic Herald qui en a fait paraître des extraits sur son site internet hier. Il s’y exprime, notamment, sur la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Voici ses propos, recueillis par Madeleine Teahan, que nous reproduisons sans commentaire…

muller_this-440x295« Mgr Müller (…) supervise les discussions de réconciliation avec la FSSPX (…). Il a déclaré à Catholic Herald que “la FSSPX doit accepter la totalité [fullness] de la foi catholique et de sa pratique” car “la désunion a toujours été préjudiciable à la proclamation de l’Évangile en obscurcissant le témoignage de Jésus-Christ”. Il a déclaré : “La FSSPX doit distinguer entre l’enseignement authentique du concile de Vatican II et des abus particuliers qui se sont produits après le concile mais qui n’ont pas de fondements dans les documents conciliaires”. Il poursuit plus loin : “Tout catholique doit s’interroger s’il ne choisit pas des aspects de l’enseignement de l’Église au service d’une idéologie. Qu’est-ce qui est le plus important : une idéologie ou la foi ? Je veux dire aux gens qui appartiennent à des groupes extrêmes : mettez votre idéologie de côté et venez à Jésus-Christ” ».

 

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