Bientôt des femmes à la tête des Conseils pontificaux ?
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Le futur cardinal allemand et préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi a donné un entretien à l’agence de presse autrichienne Kathweb. Dans cet entretien, il se déclare ouvert à la nomination de femmes à la tête des conseils pontificaux. En revanche, il conteste formellement la possibilité de nommer des femmes ou des laïcs à la tête des congrégations de la Curie romaine. Celles-ci ont en effet une juridiction qui ne peut appartenir qu’aux prêtres ordonnés de l’Église catholique. Monseigneur Müller a également fait remarquer que des femmes pourraient prendre davantage de responsabilité dans Caritas ou les groupes de recherche théologique.

L’essentiel de l’entretien a cependant été consacré à l’image de conservateur que certains prêtent au successeur du cardinal Levada. Il est vrai que monseigneur Müller a rappelé à l’ordre une partie de l’épiscopat allemand qui aurait voulu permettre aux divorcés-remariés d’accéder à la communion. De ce fait, il s’est attiré les foudres de ceux qui se définissent généralement sous le vocable de « progressistes ». Cependant, il faut également souligner que monseigneur Gerhard Müller a été l’élève du dominicain Gustavo Gutiérrez Merino, le père de la théologie de la libération.

En dernier lieu, monseigneur Gerhard Müller a déclaré que la porte restait ouverte pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX). Mais il ne s’agit nullement d’une avancée dans le dialogue avec Écône, puisque le préfet de la congrégation de la Doctrine de la foi s’est contenté, derrière cette formule, de renvoyer la FSSPX au préambule doctrinal de 2012 sur lequel les discussions ont achoppé.

Le pape François déterminé à combattre les abus sexuels
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Dans un communiqué de ce jour, Vatican Information Service, rapporte la détermination du nouveau pape à suivre la ligne de son prédécesseur dans le combat contre les abus sexuels dans l’Église et le soin pastoral à accorder aux victimes.

Le Saint-Père a reçu ce matin en audience Mgr Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Selon un communiqué de ce dicastère, le Pape a demandé à la Congrégation d’agir avec détermination sur les cas d’abus sexuels, dans la continuité de la ligne voulue par Benoît XVI, encourageant surtout les mesures de protection des mineurs, l’aide à ceux qui par le passé ont subi de telles violences, les procédures à l’encontre des coupables, et l’engagement des Conférences épiscopales dans la formulation et la mise à jour des directives nécessaires dans ce domaine si important pour le témoignage de l’Eglise et sa crédibilité. Le Saint-Père a assuré que dans son attention et sa prière pour les personnes qui souffrent, les victimes d’abus sont présentes d’une façon particulière.

Mgr Müller “crossé” par le cardinal Bertone
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On ignore qui sera le prochain Pape. Voilà qui est certain. Mais ce qui est dans l’ordre du probable, c’est que le prochain Pape devrait se dispenser des services de l’actuel préfet de la Congrégation de la doctrine de la Foi, Mgr Gerhard Müller, nommé à cette fonction par Benoît XVI en remplacement du cardinal américain William Levada.

Andrès Beltramo Àlvarez a consacré un article le 18 février dernier à la dernière déconvenue de Mgr Müller, dans Vatican Insider (un blogue de La Stampa), sous le titre non équivoque : « Et Bertone passa un savon à Müller ».

card_bertoneL’Université catholique “rebelle” de Lima au Pérou, en raison du caractère hétérodoxe de l’enseignement de théologie qui y été dispensé, avait été vivement critiqué par le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, archevêque de Lima et Rome avait enlevé à l’Université ses qualificatifs de «catholique » et de « pontificale » (décret de juin 2012). Une décision très grave révélatrice de la gravité de la situation. Mais, dans une lettre de janvier dernier, Mgr Müller priait le cardinal de revenir sur sa décision d’interdire d’enseignement les théologiens hétérodoxes et de les maintenir tant que le Saint-Siège n’aurait pas étudié le cas et rendu son verdict : il voulait se garder le dernier mot contre l’autorité locale… Mgr Müller est très lié à l’ancienne Université « catholique et pontificale » dont il reçut, malgré les objurgations du cardinal Cipriani Thorne, un doctorat “honoris causa”… Cette lettre a été jugée tellement incongrue tant par la forme (une simple télécopie) que par le fond (ingérence inadmissible en droit canonique dans l’expression de l’autorité d’un évêque) par le cardinal qu’il s’en est ému en haut lieu à Rome. Agissant sur ordre du pape, le cardinal Tarcisio Bertone a convoqué une réunion cardinalice voici quelques jours, qui a eu pour effet d’invalider l’initiative « personnelle » de Mgr Müller, écrite hors les formes et les canaux requis, sans consultation des spécialistes de la Congrégation pour la doctrine de Foi et contraire au droit canonique. Rien que ça ! Sous les formes prescrites, le cardinal Bertone a fait savoir au cardinal Juan Luis Cipriani Thorne que la démarche de Mgr Müller était nulle et non avenue, et que le Saint Siège ne changeait rien à ce qu’il avait décidé en juin 2012. C’est un coup sévère porté au préfet et, écrit Andrès Beltramo Àlvarez, « certains à l’intérieur de la Curie commencent à s’interroger si [Mgr Müller] est vraiment idoine à ce poste d’énorme responsabilité qui n’autorise aucune erreur ou improvisation tant dans la forme que dans le fond »

Mgr Gerhard Müller sur la FSSPX
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Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et président de la Commission pontificale Ecclesia Dei depuis juillet dernier, Mgr Gerhard Müller vient d’accorder un entretien au magazine catholique britannique Catholic Herald qui en a fait paraître des extraits sur son site internet hier. Il s’y exprime, notamment, sur la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Voici ses propos, recueillis par Madeleine Teahan, que nous reproduisons sans commentaire…

muller_this-440x295« Mgr Müller (…) supervise les discussions de réconciliation avec la FSSPX (…). Il a déclaré à Catholic Herald que “la FSSPX doit accepter la totalité [fullness] de la foi catholique et de sa pratique” car “la désunion a toujours été préjudiciable à la proclamation de l’Évangile en obscurcissant le témoignage de Jésus-Christ”. Il a déclaré : “La FSSPX doit distinguer entre l’enseignement authentique du concile de Vatican II et des abus particuliers qui se sont produits après le concile mais qui n’ont pas de fondements dans les documents conciliaires”. Il poursuit plus loin : “Tout catholique doit s’interroger s’il ne choisit pas des aspects de l’enseignement de l’Église au service d’une idéologie. Qu’est-ce qui est le plus important : une idéologie ou la foi ? Je veux dire aux gens qui appartiennent à des groupes extrêmes : mettez votre idéologie de côté et venez à Jésus-Christ” ».

 

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