Homélie – Comprendre ce que Jésus félicite chez le gérant malhonnête
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« Le fidèle est intelligent ». C’est le titre de la méditation de Mgr Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, à Paris, dans ce commentaire des lectures de la messe de dimanche prochain, 18 septembre 2016, XXVème Dimanche du Temps Ordinaire (Année C ).

Les lectures sont: Amos 8,4-7; Psaume 112; 1 Timothée 2,1-8; Luc 16,1-13.

Les dimanches passés, les morceaux choisis du récit évangélique de saint Luc nous ont fait réfléchir aux dangers d’un attachement égoïste à l’argent, aux biens matériels et à tout ce qui nous empêche de vivre pleinement notre vocation à aimer Dieu et nos frères. Aujourd’hui encore, au travers d’une parabole surprenante, qui  parle d’un gérant malhonnête que l’on félicite (cf. Lc 16,1-13), Saint Luc offre à ses disciples, donc à nous, un enseignement utile sur comment gérer correctement les biens de ce monde et sa propre vie, dans un rapport filial avec Dieu.

Le récit de cet intendant, astucieux, habile, nous renvoie à notre propre histoire. Chaque disciple, donc chacun de nous, est un gérant du Seigneur, auquel Celui-ci a confié la gestion de la terre et de ses biens,  en particulier tous nos frères en humanité.

Le mot « gérant » revient sept fois dans la parabole. Il mérite donc d’être pris au sérieux. Dans le texte grec, nous trouvons le terme « oikonomos » qui veut dire « économe » en français (de oikos = maison et nomos = loi), autrement dit « celui qui  fait la loi à la maison ».

Il nous vient alors tout naturel de nous demander: « Quelle loi offrons-nous à la maison, à notre existence, à la maison de Dieu, au saint temple de la présence de Dieu? »; «  Quelle loi règlemente nos pensées, nos choix, nos actions et relations? »; « Le Seigneur Jésus est-il notre loi, son aboutissement (cf. Rm 10, 4)? »; « Au plus profond de nous-mêmes, prenons-nous plaisir à la loi de Dieu (cf. Rm 7, 22), autrement dit la vivons-nous de manière profonde ou seulement superficiellement, distraitement, sans amour, sans la pureté d’un cœur qui se laisse toucher par le Seigneur? »; « La maison, que nous sommes appelés à gérer, se fonde-t-elle sur cette loi qui trouve son plein accomplissement dans l’amour de nos frères (cf. Rm 13, 8.10), en les accueillant comme ils sont et partageant leurs fardeaux, leurs charges, leurs peines et leur pauvreté (cf. Gal 6, 2)? ».

La réponse à ces questions est OUI. Un OUI  immédiat, ferme, intelligent : habile, si nous voulons rester proches de la parabole d’aujourd’hui.

En effet, le messie nous présente cet « économe » non pas comme un modèle à suivre dans sa malhonnêteté, mais pour sa perspicacité et prévoyance. Jésus voudrait que les disciples aient cette même détermination que l’intendant eut pour lui-même. Comme lui, qui a agi avec habileté pour survivre, il voudrait que le disciple le soit pour « gérer » sa vie et sa demeure, en se dépensant pour le Royaume. Bien entendu, le gérant de la parabole et le disciple appartiennent à deux logiques différentes, le premier à celle du monde et le second à celle du Royaume.

Le gérant malhonnête et habile, se dit en lui-même: «  Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte” (Lc 16,3). Et immédiatement, il trouve une solution intelligente et malhonnête pour survivre.

Le disciple honnête mais rusé – ou intelligent, pour utiliser un terme plus positif – ne cherche pas seulement à gérer correctement, en toute moralité, les biens qu’on lui a confiés, mais se met tout de suite à faire ce que le gérant dit ne pas vouloir faire: « creuser »  (signification littérale du verbe grec traduit par travailler la terre) et « mendier » parce qu’il n’en a pas la force et en aurait honte.

Accueillons l’invitation du livre des Proverbes, qui invite à creuser pour rechercher la Sagesse comme ferait un chercheur de trésor (Pr 2, 4).  Creuser avec les mains du cœur et de l’esprit. Creuser toujours, chaque jour, toujours, jusqu’à la fin de la vie, pour chercher le Seigneur, son visage, sa parole.

Creuser les profondeurs de la terre, celles de l’esprit et du cœur de l’homme, dans la quête de Dieu, est un travail pour vivre en hommes.

Nous devons endurcir nos mains, en les joignant en prière. Il nous faut renforcer nos genoux vacillants et commencer à vraiment travailler pour l’Evangile, à transpirer et nous fatiguer dans notre recherche du Seigneur, notre vrai trésor, pour «  l’administrer » ensuite en communion et dans le partage.

 

2) Mendier.

Pour creuser il faut de la force, et cette force nous devons la demander. La recherche se transforme donc en mendicité. La recherche de Dieu, notre envie de Lui et de voir son visage ne sont pas seulement une adhésion à tout un ensemble complexe de dogmes, qui étancherait la soif de Dieu présente dans l’homme, mendiant d’Infini, de paroles de vie éternelle.

En commentant le psaume 104, qui invite « rechercher sans trêve la face de Dieu », Saint Augustin souligne que cette invitation ne vaut pas seulement pour cette vie ; mais pour l’éternité. La découverte du «  visage de Dieu » ne s’épuise jamais. Plus nous entrerons dans la splendeur de l’amour divin, plus il est beau de progresser dans la recherche, si bien que, « dans la mesure où l’amour grandit, grandit aussi la recherche de Celui qui a été trouvé» ((Enarr. in Ps. 104,3: CCL 40, 1537).

 

Lire l’intégralité de l’homélie

Homélie – Pour Jésus, la vérité du mariage est l’indissolubilité
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Lors de sa messe quotidienne dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, devant huit couples qui célébraient leurs cinquante ans de mariage, François a commenté ce vendredi 20 mai 2016, le passage de l’Évangile de Marc lors duquel Jésus parle avec les pharisiens de l’adultère : « Ce que Dieu a uni, que personne ne le sépare ! » (Mc 10, 1-12).

«Ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare ! : ceci est la vérité sur le mariage et il n’y en a pas d’autre. Que ce soit dans le cas du lévirat ou dans ce cas, Jésus répond par une vérité éclatante et contondante – « Ceci est la vérité ! » – et Jésus ne négocie jamais la vérité », assure le pape François (avant de s’en prendre à la casuistique des pharisiens)

Les médias qui récupèrent l’image du pape François, répercuteront-ils cette petite phrase non négociable ?

 

Source Radio Vatican

L’Edito de RC – Non Allah n’est pas le Dieu des Chrétiens
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Précision linguistique portée par les commentaires : Vous avez raison et je vous remercie de souligner l’esprit “occidentalocentré” de cet édito pour qui Allah est porteur d’un sens lié à l’Islam. C’est bien sous cet aspect métonymique et donc réducteur qu’il faut entendre ce titre et non dans le sens littéral du mot signifiant Dieu et utilisé par les chrétiens de langue arabe.
Merci à vous et aux autres commentaires qui ont pointé une précision de langage nécessaire pour aussi nous rendre sensible à certaines distinctions linguistiques qui pourtant me sont d’ordinaire chères. 

 

Curieusement, nous entendons de plus en plus de Chrétiens, parfois même de milieux considérés comme « tradi », affirmer que le dieu des Musulmans et celui des Chrétiens serait un seul et même Dieu. La référence la plus couramment citée provient de la déclaration de Paul VI, Nostra Aetate. Dans un raccourci, qui tire le texte bien au-delà de son propos, on lui fait affirmer que nous adorons en commun un même Dieu unique.

Or il n’en est rien, au contraire. Tout d’abord, il s’agit d’une déclaration du pape sur la question interreligieuse, dans la suite des textes conciliaires. Ce n’est en aucun cas un document dogmatique. Cela ne l’empêche pas de puiser  à la source vive. Et la première chose qu’affirme le souverain pontife est la tâche de l’Eglise.

« Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité de tous les hommes et même entre les peuples, elle examine ici ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée. » (NA1)

Il s’agit ici de distinguer ce que les hommes ont en commun. Une telle démarche permet d’une part de distinguer ce qui unit, mais aussi ce qui sépare. Seul point de départ possible pour un dialogue fructueux.

Allant plus loin, Paul VI remarque que certains peuples, certaines cultures ont

« une certaine sensibilité à cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou encore du Père. »(NA2)

L’Homme est capax Dei, capable de Dieu, nombre de non chrétiens ont un sentiment diffus et non nommé, moins encore identifié, du divin.

C’est ce que le pape entend lorsqu’il affirme plus loin,

« L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. (…) Elles apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. » Mais, il précise dans la suite immédiate, la limite absolue à cette reconnaissance. Reconnaître les éléments de vérité dans une doctrine ou une religion, ne signifie pas reconnaître l’intégralité des éléments de ces croyances et moins encore ces religions. Aussi précise-t-il « Toutefois, elle annonce et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la Vérité et la vie » (Jn.14,6) dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses. » (ibid)

Il ne s’agit nullement pour le pape de mettre toutes les religions sur le même pied et moins encore d’envisager un quelconque syncrétisme. Au contraire, il invite à prendre chaque homme et chaque religion à partir de ces éléments de vérité pour les conduire à la vérité toute entière, en faisant « progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux. » (ibid)

C’est à cette lumière qu’il faut lire le fameux paragraphe 3 sur l’Islam. Il n’est nullement dit que nous adorons le même Dieu. Le pape souligne les éléments de vérité dans l’Islam, à savoir que pour eux Dieu est unique, vivant, subsistant, miséricordieux, tout puissant, créateur du ciel et de la terre, il a parlé aux hommes. A aucun moment le souverain pontife ne dit que ce Dieu unique adoré par l’Islam est le Dieu de Jésus Christ. Mais il encourage les fidèles à partir de ces vérités partagées, pour conduire les Musulmans à la foi en ce Jésus qui pour nous est Dieu.

A partir de là, nous pouvons aussi voir ce qui différencie Allah de Yahvé. Entre toutes les différences, la nature même de la relation entre Allah et la race des hommes d’une part et entre le Dieu de Jésus Christ et les hommes d’autre part, est un gouffre qui touche non seulement la relation homme Dieu, mais la nature même de Dieu, les motifs de la Création et l’espérance en la vie éternelle.

Allah ne cherche en aucune façon une relation intime et amoureuse avec les hommes, il veut des soumis. C’est bien ainsi que se nomment ses fidèles, musulman signifiant le soumis. Or ce type de relation ne peut s’entendre d’un Dieu qui a créé l’Homme par amour et se faisant Lui-même le bonheur ultime de l’Homme. Qu’il soit unique, créateur, tout puissant et vivant ne fait pas d’Allah, le même Dieu que le Dieu de Jésus Christ.

La soumission qu’impose Allah se trouve même à l’opposé d’un Dieu venu libérer l’Homme du péché et par-dessus tout de l’emprise du démon. Que les musulmans « cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, mêmes s’ils sont cachés », comme le souligne le pape, porte au crédit de la piété musulmane, la sincérité. Sincérité dont Dieu s’arrangera, lui qui seul sonde les reins et les cœurs. Mais cette sincérité ne doit pas masquer que cette piété si elle s’adresse in fine à Dieu, n’est pas formellement tournée vers Lui. Au contraire, elle sert un faux dieu qui se faisant passer pour Dieu manipule des fidèles par des préceptes contraires au bonheur de l’Homme qui pour aimer se doit d’abord d’être libre.

Fait-on plus grand fossé entre Yahvé qui libère et Allah qui soumet ? Entre un Dieu qui cherche une relation à double sens avec l’Homme et une divinité qui n’attend qu’une relation à sens unique tournée vers elle ?

 

 

Prière et litanies en l’honneur de la Bienheureuse Agnès de Jésus :
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Au Mesnil-Marie, où nous avons la joie de posséder l’une de ses reliques, nous avons une vénération particulière pour la Bienheureuse Agnès de Jésus (Galand), souvent appelée Agnès de Langeac, dont la fête se célèbre le 19 octobre.
Je vous avais résumé sa vie dès les premières pages de ce blogue (cf. > www). Voici aujourd’hui une prière pour obtenir des grâces par son intercession, ainsi que des litanies en son honneur (approuvées pour la récitation privée en juin 1934).

Prière et litanies en l'honneur de la Bienheureuse Agnès de Jésus : dans Nos amis les Saints frise-avec-lys-naturel-300x40

Prière pour obtenir une grâce
par l’intercession de la Bienheureuse Agnès de Jésus :

Seigneur Jésus-Christ, qui avez accordé à la Bienheureuse Agnès d’accomplir en toutes choses votre sainte volonté, de chercher en toutes circonstances votre gloire, et de se livrer entièrement à votre amour pour travailler au salut des âmes, nous Vous supplions, par son intercession, de nous accorder la grâce de …….., si elle peut contribuer à la glorification de votre Saint Nom et être utile à notre bien véritable.

O Bienheureuse Agnès de Jésus, nous ne pouvons douter de votre compassion pour nous : priez donc, nous vous le demandons humblement, pour nous obtenir par dessus tout, d’être toujours fidèles à Notre-Seigneur et chaque jour plus généreux dans son service.

Ainsi soit-il !

agneslangeacph1 dans Prier avec nous

Litanies de la Bienheureuse Agnès de Jésus :

Seigneur, ayez pitié de nous (bis).
Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis).
Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 

Jésus-Christ, écoutez-nous (bis).
Jésus-Christ, exaucez-nous (bis).

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Bienheureuse Agnès, chef d’oeuvre et prodige de la grâce, priez pour nous.
Bienheureuse Agnès, sanctuaire de toutes les vertus, priez…
Bienheureuse Agnès, trésor des dons du Saint Esprit,
Bienheureuse Agnès, vase de perfection,
Bienheureuse Agnès, fidèle épouse de l’Agneau Céleste,
Bienheureuse Agnès, vivante image de Jésus Crucifié,
Bienheureuse Agnès, amante passionnée de l’eucharistie,
Bienheureuse Agnès, esclave bien-aimée de la très sainte Vierge,
Bienheureuse Agnès, soeur et amie des anges,
Bienheureuse Agnès, vraie fille de Saint Dominique,
Bienheureuse Agnès, parfaite imitatrice de Sainte Catherine de Sienne,
Bienheureuse Agnès, séraphin d’amour,
Bienheureuse Agnès, admirable contemplative,
Bienheureuse Agnès, exemple de prière continuelle,
Bienheureuse Agnès, fleur de piété et de modestie,
Bienheureuse Agnès, vierge innocente,
Bienheureuse Agnès, lys de pureté,
Bienheureuse Agnès, colombe de simplicité,
Bienheureuse Agnès, abîme d’humilité,
Bienheureuse Agnès, rose de patience,
Bienheureuse Agnès, modèle de pénitence et de mortification,
Bienheureuse Agnès, victime avide de souffrances et de sacrifices,
Bienheureuse Agnès, encens de suave odeur devant Dieu,
Bienheureuse Agnès, foyer de Charité,
Bienheureuse Agnès, ange de douceur,
Bienheureuse Agnès, apôtre altéré du Salut des âmes,
Bienheureuse Agnès, mère et providence des pauvres,
Bienheureuse Agnès, lumière de la vie religieuse,
Bienheureuse Agnès, miroir d’obéissance,
Bienheureuse Agnès, gardienne scrupuleuse de la Règle,
Bienheureuse Agnès, prieure très prudente,
Bienheureuse Agnès, précurseur et prophète de l’oeuvre des séminaires,
Bienheureuse Agnès, confidente des secrets du Paradis,

Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V./ Priez pour nous, Bienheureuse Agnès de Jésus,
R./ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Seigneur, qui avez daigné faire de la Bienheureuse Agnès de Jésus une merveille de grâce, accordez-nous par ses mérites et son intercession, de pratiquer, selon son exemple, de solides et généreuses vertus, et de croître de plus en plus dans Votre doux Amour. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ, Votre Fils et Notre-Seigneur qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

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Le blogue du Maître-Chat Lully

« Les nouvelles technologies doivent aider à porter Jésus au monde » (Pape François)
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(Radio Vatican) – Le pape François a souligné ce samedi l’importance de la communication pour l’Eglise, tout en précisant que la question fondamentale n’est pas tant l’acquisition de technologies sophistiquées, mais la capacité d’utiliser les nouveaux médias pour porter Jésus au monde. Le Saint-Père recevait en audience les membres du Conseil pontifical pour les communications […]
Itinerarium

Rennes : pour les chrétiens, « deux planches, un clou. Jésus l’a fait, pourquoi pas vous ? »
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En marge du rassemblement de La Manif pour Tous hier à Rennes, un petit groupe de révisionnistes du mariage a contre-manifesté à Rennes. Un slogan particulièrement odieux a pu être entendu, comme le démontre cette courte vidéo tournée par un amateur : « Deux planches, un clou : Jésus l’a fait, pourquoi pas vous ? »… C’est un appel au meurtre des chrétiens.

J’avais signalé sur ce blogue le … Lire la suite…


L’observatoire de la Christianophobie

Est-il vrai que les musulmans vénèrent aussi Jésus?
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Notre-Seigneur, transfiguré, laisse voir la gloire de Sa divinité à Ses Apôtres.
Non, les musulmans ne vénèrent pas Jésus, au sens où nous Le vénérons, car …

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Réponses catholiques

2013-19. Aubenas, 7 février 1593 : les premiers martyrs de la Compagnie de Jésus en France.
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7 février.

Dans le diocèse de Viviers (ainsi que dans la Compagnie de Jésus), le 7 février, est célébrée la fête des Bienheureux Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, premiers membres de la Compagnie de Jésus à avoir reçu la palme du martyre en France.
C’était le dimanche 7 février 1593 – il y a donc 420 ans en cette année 2013 – et cela se passait à Aubenas, petite ville du Vivarais.

2013-19. Aubenas, 7 février 1593 : les premiers martyrs de la Compagnie de Jésus en France. dans De liturgia aubenas-profil-de-la-cite

Silhouette de la vieille ville d’Aubenas (état actuel)

A – Le diocèse de Viviers à la fin du XVIe siècle.

Il semblerait que les erreurs calvinistes aient commencé à pénétrer dans le diocèse de Viviers (dont les contours sous l’Ancien Régime n’étaient pas ceux de l’actuel département de l’Ardèche) autour de 1530.
Leur propagation fut favorisée par le fait que, pendant presque trente ans (1554- 1583), les évêques qui se succédèrent sur le siège épiscopal de Viviers ne résidèrent pas – ou presque pas – dans leur diocèse.

De laborieux estimations, recherches et calculs ont permis à certains historiens d’avancer qu’en 1573 il n’y avait guère plus de vingt prêtres en activité dans ce diocèse qui comptait alors quelque 210 paroisses.
La suppression des ordinations, consécutive à l’absence des évêques, n’en est pas la seule cause.
Il y eut -hélas! – des clercs qui apostasièrent ; il y eut aussi, à la faveur des luttes armées, de nombreux massacres dont les récits ou les traditions orales ont conservé le souvenir : pillages de monastères, supplices ou mutilations atroces infligés aux religieux, massacres de prêtres… etc.
L’ignorance religieuse se développant, du fait de l’absence des pasteurs, fit le lit des doctrines prétendument évangéliques des prédicants calvinistes.

Ajoutons à cela la misère matérielle ; une enquête conduite par un juge royal au cours de l’été 1573 montre que les trois quarts des bénéfices du diocèse avaient été spoliés par les huguenots, ôtant tout moyen de subsistance aux clercs : « Contrainctz d’aller mendier leur povre vie chez leurs parents et amys et d’abandonner les lieux de leurs bénéfices (…) beaucoup se sont retirés dans le petit nombre des villes qui sont encore sous l’obéyssance de Sa Majesté », souvent loin du diocèse.

Les édifices du culte avaient  été encore plus maltraités que leurs desservants. En cette même année 1573, un percepteur de décimes (taxes exceptionnelles perçues par le Roi sur les revenus du clergé) auquel sa charge imposait de circuler dans tout le Vivarais, déclare que « de toutes les églises et maisons presbytérales et claustrales du présent diocèse » il n’en connaît que trois ou quatre debout et qu’en de nombreux lieux « tout a été ruiné et aboli ».
Une dizaine d’années plus tard, lorsque Monseigneur Jean de l’Hostel (évêque de septembre 1575 à avril 1621) put prendre en mains la conduite de son diocèse, il délégua son grand vicaire, Nicolas de Vesc, pour une grande enquête et visite de ses églises ; la relation de Nicolas de Vesc porte sur quatre-vingt-cinq paroisses et égrène une longue et désolante litanie : « église ruinée, sans porte et sans autel », « église polluée », « église rompue », « détruite », « démolie », « renversée », « brisée par terre », « brûlée », « rasée »… etc.

Dépourvu de prêtres, dépouillé de la majorité de ses lieux de culte, champ libre laissé à la prédication de l’hérésie, le diocèse de Viviers était donc dans une très grande détresse matérielle et spirituelle.

Toutefois sous le pontificat de Monseigneur de l’Hostel, à partir de 1583, s’exprime une véritable volonté de reconquête des âmes et de restauration.
Dans cette perspective, les prêtres restés en place, avec les encouragements de leur évêque, ne vont pas hésiter à faire appel à des congrégations religieuses ferventes et dynamiques : en particulier, la Compagnie de Jésus.

bx-jacques-sales 1593 dans Memento

Le Bienheureux Jacques Salès (1556-1593)
prêtre de la Compagnie de Jésus. 

B – Le Révérend Père Jacques Salès et le Frère Guillaume Saultemouche.

Jacques Salès (orthographe qui prévaut à l’heure actuelle mais souvent écrit Salez à l’époque) est né le 21 mars 1556, à Lezoux, petite ville du diocèse de Clermont (entre Clermont-Ferrand et Thiers).
Son père était maître d’hôtel de Monseigneur Guillaume Duprat, évêque de Clermont qui participe au concile de Trente et s’efforce d’en appliquer les réformes dans son diocèse. Monseigneur Duprat est un ami et un admirateur des premiers jésuites : il favorise leur introduction au Royaume de France. C’est ainsi qu’il leur donne son hôtel particulier à Paris, l’Hôtel de Clermont, pour qu’ils y fondent un collège, le fameux Collège de Clermont (1550). Il fonde d’autres collèges jésuites, à Billom (1556) et à Mauriac.

Le jeune Jacques Salès, orphelin de mère alors qu’il est en bas âge, grandit dans un milieu de grande ferveur religieuse et de profonde éducation à la vertu.
A l’âge de 13 ans, grâce à la recommandation de Monseigneur Antoine de Saint-Nectaire, successeur de Monseigneur Duprat sur le siège épiscopal de Clermont, il est admis gratuitement au collège des jésuites de Billom.
Il est ensuite envoyé à Paris pour étudier la rhétorique et demande à entrer dans la Compagnie : il accomplit son noviciat à Verdun, est ordonné prêtre à 29 ans, passe son doctorat de théologie à l’université de Pont-à-Mousson, à 32 ans, puis est employé à l’enseignement.

Le Père Jacques Salès est d’une santé extrêmement fragile ; c’est un grand asthmatique qui, en outre, doit s’alimenter fréquemment, sous peine de tomber sans connaissance pendant les cours qu’il dispense.
Pour ménager ses forces, ses supérieurs décident de l’envoyer sous des cieux plus cléments que ceux de Lorraine : il est muté au Collège de Tournon (aujourd’hui Tournon-sur-Rhône) où – bientôt déchargé d’enseignement – il travaille essentiellement à la rédaction de petits traités doctrinaux et apologétiques. En raison du talent particulier qui est le sien d’exposer avec clarté et ferveur le dogme et la morale catholiques, il est aussi employé à la prédication de missions.
Il avait eu le désir de partir vers les missions lointaines et d’y subir le martyre sanglant pour l’amour de Jésus, il allait être exaucé sans avoir à franchir les océans.

Guillaume Saultemouche, auvergnat lui-aussi, est né en 1555 à Saint-Germain-l’Herm, au coeur des monts du Livradois entre Issoire et Ambert.
Remarqué pour sa très grande piété, sa douceur et sa candeur, il est admis à l’âge de 16 ans dans la Compagnie de Jésus en qualité de frère coadjuteur. Il exerce les humbles fonctions de frère portier à Pont-à-Mousson, puis à Lyon. On admire sa très grande dévotion envers le Très Saint-Sacrement, devant lequel il reste en adoration, à tous ses moments libres.
Il est de passage au Collège de Tournon à la fin de l’année 1592.

bx-guillaume-saultemouche 7 février dans Nos amis les Saints

Le Bienheureux Guillaume Saultemouche (1555-1593)
frère coadjuteur de la Compagnie de Jésus. 

C- Le Père Salès et le Frère Guillaume en mission à Aubenas.

La ville d’Aubenas, ville stratégique du sud du Vivarais, après avoir été terrorisée et dévastée par les huguenots, avait été reprise par le gouverneur catholique : on restaurait les ruines tant matérielles que spirituelles subies par le peuple catholique. Voilà pourquoi fut sollicitée, auprès des supérieurs de la Compagnie, la venue d’un missionnaire : c’est le Père Jacques Salès qui  fut désigné, et on lui adjoignit le Frère Guillaume Saultemouche, qui se trouvait alors disponible et dont la piété signalée ne pourrait qu’édifier les fidèles.
La présence des deux jésuites était prévue « depuis les Avents jusques à Pâques » : comme Pâques était, pour 1593, le 18 avril, la mission devait donc durer environ quatre mois et demi. En fait elle sera interrompue au bout de deux mois par les évènements que nous décrirons plus loin.
Deux témoignages précis laissent à penser que le Père Jacques Salès avait été surnaturellement averti du sort qui l’attendait puisque, en quittant le Collège de Tournon, il avait dit à un confrère : « Adieu, mon frère, priez Dieu pour nous, nous allons à la mort », et à un de ses dirigés : « Adieu, mon fils, vous ne me verrez plus ».

Arrivés « en Aubenas » – comme on disait alors – au début du mois de décembre, les deux jésuites se livrèrent avec zèle aux travaux apostoliques : il s’agissait d’aider le curé, l’abbé Jean de Martine, à restaurer le culte catholique et la ferveur des fidèles, ébranlée par des années d’irrégularités dans la célébration des sacrements et l’enseignement de la solide doctrine, et de tout mettre en oeuvre pour ramener les protestants à la vraie foi.
La prédication était, bien évidemment, le principal moyen de cet apostolat ; mais s’y ajoutaient aussi l’organisation de cérémonies les plus belles possibles et, très concrètement, d’incessants contacts personnels avec la population, dans les rues, dans les échoppes, dans les maisons, lorsqu’on était invité à y entrer…

La très grande science du Révérend Père Salès, conjuguée avec une onction et une piété qui impressionnaient jusqu’aux huguenots, la vigueur de sa prédication alliée à la grande douceur qui émanait de lui, l’exemplarité du Frère Guillaume dans son humilité et sa ferveur, portèrent rapidement des fruits : de nombreux catholiques tièdes et déboussolés reprirent le chemin de l’église et la pratique des sacrements, des protestants commencèrent à abjurer leurs erreurs et demandèrent à être réintégrés dans la communion catholique.
Les missionnaires étendirent leur apostolat à l’extérieur de la cité : les chroniqueurs rapportent leur passage dans plusieurs paroisses des environs, parfois distantes de six ou sept lieues.

Les ministres protestants étaient furieux de ce succès. A plusieurs reprises, certains d’entre eux avaient été conviés par le Père Jacques à des rencontres publiques, où ils auraient pu débattre, mais à chaque fois, les pasteurs s’étaient défilés.
Voyant bien qu’ils n’étaient pas capables d’apporter en faveur des doctrines erronées de Calvin des arguments solidement établis par les Saintes Ecritures et la Tradition, ils résolurent d’imposer le silence au prédicateur par d’autres méthodes.

arrestation-martyrs-daubenas Guillaume Saultemouche

L’arrestation du Père Jacques et du Frère Guillaume par les huguenots
(image de dévotion éditée au moment de leur béatification – 1926) 

D – Le martyre. 

« … Voici que le sixième de février en l’an mil cinq cent nonante-trois, devant le jour, Aubenas au milieu des trêves est traîtreusement surprise avec escalade, escaladée par quinze soldats seulement, lesquels ne rencontrant résistance (…), se font maîtres de la ville. Toute cette traîtreuse escouade était conduite par Sarjas, capitaine huguenot. » (*)
Cela a été vrai de tous temps : une poignée de scélérats armés et fanatisés peut imposer la terreur à plusieurs centaines d’honnêtes gens. C’est ce qui se produisit à Aubenas ce 6 février 1593.

Le soir du 5 février, le Père Salès avait veillé jusque vers 23 heures, occupé qu’il était à travailler à la conversion d’une « damoiselle hérétique qui, depuis, a persisté toujours en la foi catholique ».
Vers les 4 heures du matin, il fut réveillé par les cris des assaillants. Se levant, au lieu d’aller se réfugier au château, il alla prier dans la chapelle Sainte-Anne, proche de la maison particulière dans laquelle les deux jésuites étaient logés.
« 
S’étant en quelque temps en cette chapelle résigné ès mains de Dieu, il se retire en sa chambre où, prosterné en terre avec son compagnon, ils s’offrent à Dieu en sacrifice, le requérant de leur vouloir départir force et courage pour pouvoir supporter la mort, si tant était que, pour l’amour de lui, ils fussent dignes de l’endurer. Ils restèrent ainsi jusques à soleil levant. Lors voici trois soldats ne respirant que cruauté, qui heurtent à la porte. On leur ouvre. Entrés qu’ils furent, ils trouvent nos deux martyrs à genoux, chacun avec un livre de dévotion en main, priant Dieu. Ces misérables, de prime face, chargent d’outrages nos deux victimes et les serrent à la gorge. On les interroge qui ils étaient : « Nous sommes, répondent-ils, de la Compagnie de Jésus» (…) ».
Les ayant faits prisonniers, ces soldats, avec force coups et vociférations, entraînèrent les deux jésuites dans une autre maison où vinrent les trouver trois ministres protestants qui étaient, selon toute vraisemblance, les instigateurs de l’attaque de la cité : ces pasteurs, avec des paroles mielleuses et une feinte amabilité, voulurent convaincre le père de la justesse des théories de Calvin… en vain, on s’en doute bien.
Puis, devant les deux religieux à jeûn, ils se firent servir un copieux repas au cours duquel ils pérorèrent longuement.
Il était environ deux heures après midi. On s’en souvient : le Père Jacques Salès, asthmatique et souffrant de fréquents malaises hypoglycémiques, ne pouvait rester longtemps sans manger. Un domestique de la maison suggéra aux pasteurs qu’il faudrait peut-être donner quelque nourriture aux deux jésuites. On leur fit donc apporter à chacun une assiette de potage ; mais celui-ci était gras et, en ce temps-là, l’abstinence était de précepte le samedi : les deux religieux n’y gouttèrent donc pas. Cela déchaîna les moqueries et la colère des ministres huguenots ; cependant le Père sut leur répondre par des arguments tirés de la Sainte Ecriture et de la tradition des premiers siècles auxquels ils ne surent que répondre. Avec des injures ils attaquèrent ensuite les doctrines catholiques du libre-arbitre, de la prédestination, des sacrements et en particulier de la Sainte Eucharistie. Là encore, le missionnaire sut si bien leur répliquer qu’ils ne pouvaient plus argumenter.
« Après ce, les trois prédicants sortent de la maison fort indignés de se voir étrillés de la sorte, trois par un seul. La nuit s’approchait, et le Père, comme son compagnon, était encore à déjeuner (c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas rompu le jeûne) sans que personne leur baillât rien, fors le petit enfant de cette maison-là, lequel, en cachette, leur porta quelque morceau de pain, à ce que j’ai appris. Nos deux pauvres prisonniers, laissés à la merci des soldats, passent la froide nuit ensuivante sans feu, sans lit et sans beaucoup de sommeil ».

Le lendemain, qui était le dimanche 7 février 1593, les pasteurs revinrent, «vomissant autant d’outrages que leurs têtes en pouvaient dégorger», et ré-attaquèrent le Père sur la doctrine eucharistique, mais ils ne réussirent qu’à se couvrir de confusion.
L’heure du prêche étant venu, l’un des pasteurs, nommé Labat, harangua avec véhémence les sectateurs de Calvin sur la place publique, niant la réalité du Saint-Sacrifice de la Messe et la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, traitant le jésuite de faux-prophète et d’antéchrist, puis donnant l’exemple du prophète Elie qui avait fait égorger les faux prophètes de Baal : « 
Tuez cela, tuez ; c’est une peste ! Il y en a assez en lui pour perdre la ville d’Aubenas, mais encore un entier royaume !»
«Descendu de chaire, il rencontre Sarjas, bien persuadé à mal faire, lui inculquant que jamais il n’avait rencontré homme plus obstiné que celui-là ; qu’il était de nécessité d’épandre son sang, puisqu’il était une peste à leur religion. Sarjas se montre si fort esclave des passions de ce ministre, qu’étant sorti du prêche avec environ vingt soldats, il commande à trois d’iceux d’aller assassiner ceux que son prédicant lui avait indiqués».
Ces trois soldats, qui avaient été impressionnés par la foi et la paisible détermination du prêtre, se récusèrent, si bien que le pasteur Labat lui-même prit la tête d’un détachement de gens armés et s’en fut à la maison où les deux jésuites étaient retenus. Il envoya quelques soldats pour les faire descendre dans la rue : 
« Suis-moi, idolâtre Pharisien, suis-moi! — Et où me voulez-vous mener? réplique le Père. — Suis-moi, suis-moi! recharge cet assassin, il te faut mourir. — Je suis tout prêt, répond le Père, allons au nom de Dieu ». Lors, se retournant vers son compagnon qui ne cessait de prier Dieu : « Et vous, mon frère, que deviendrez-vous? Ayez bon courage. Ah! que nous deviendrons grands au ciel, de petits compagnons que nous sommes en ce monde, si nous pâtissons quelque chose pour Dieu! » Lors, le Père signifia à tous que son compagnon n’était pas homme de lettres, que, partant, il ne pouvait point faire de préjudice à leur créance ; qu’on le laissât vivre.
Ce fut en cet endroit que notre Frère Guillaume fit montre de sa vertu : « Je ne vous abandonnerai point, mon Père, s’écria-t-il, ains je mourrai avec vous pour la vérité des points que vous avez disputés! »
Un de la compagnie l’avertit aussi de se retirer, que ce n’était pas pour lui que cette tragédie se jouait, ains seulement pour le Père. A quoi le vertueux Guillaume repartit : « Dieu me garde de tomber en cette faute ; je n’abandonnerai jamais celui-là auquel l’obéissance m’a adjoint pour compagnon, quand bien même je devrais trépasser avec lui. Je l’accompagnerai jusques à la fosse. Que si la divine Miséricorde me voulait faire tant de grâce, que quelque soldat me dépêchât pour son honneur, j’en serais très-aise, et prierais Dieu pour lui, outre le pardon que dès maintenant je lui fais de ma vie… »

Les deux jésuites sont alors bourrés de coups et amenés dans la rue. « Le prédicant Labat voyant le Père en la rue, derechef l’attaque et l’agace, avec quelques autres, sur la réalité du corps de notre Sauveur au Sacrement de l’autel. Mais le Père répondant à tout pertinemment, le ministre Labat fut si courroucé que perdant patience et conscience, il crie : « Dépêchez cela, dépêchez cela ; il ne mérite point de vivre, c’est une peste! » Puis réitérant ce qu’il avait débagoulé en chaire, il tourne bride et se retire. »
Plusieurs soldats huguenots manifestèrent à ce moment-là leur réprobation de ce crime, mais d’autres, de ceux qui avaient pris la ville avec le dénommé Sarjas, affirmèrent leur détermination d’en finir.
Alors le Père s’adressa au Frère Guillaume :  
« Mon frère, recommandons-nous à Dieu » (…) Il se prosterne à deux genoux. Son compagnon s’y prosterne de même à quelques pas de lui. On ne leur fit grâce de beaucoup prier ; car voici, par derrière, comme le Père se recommandait à son patron saint Jacques, redoublant les noms de Dieu et de Jésus, un des assassins délâcha son arquebuse de laquelle le Père fut atteint en l’épaule, dont il chût par terre, prononçant par trois fois : « Jesu! Maria!». Puis le meurtrier s’avançant plus près, lui sacque un coup de dague dans l’estomac. Guillaume se jette sur le Père, l’embrasse et proteste qu’il ne l’abandonnerait mort, non plus qu’il ne l’avait abandonné vivant. Pour ce, il reçut de la main du même meurtrier un coup de dague au sein. Mais n’en ayant rendu l’âme, survinrent sur-le-champ quelques autres qui lancèrent au Père et à lui divers coups d’épées et de bâtons ferrés. Il fut poignardé (…) tenant toujours ses bras en croix, et ne prononçant autre chose que ces mots : «Endure, chair, endure un peu!»  J’ai appris que le Père Salez, pendant qu’on le meurtrissait, avait aussi les deux pouces en croix, laquelle continuellement il baisait, quoique les huguenots, à grands coups, lui abattissent les mains à ce qu’il ne baisât cette croix. Cependant il ne cessait de supplier pour eux la Majesté divine, s’écriant : «Mon Dieu, pardonnez-leur!» (…) 
Un soldat qui vit faire ce meurtre, m’a déclaré que le Père gisant à terre, tint quelque temps sa main sous son chef, les yeux dressés au ciel, et que la force lui manquant, son chef pencha en terre et qu’ainsi il expira. Le B. Guillaume fut plus de temps à rendre l’âme. (…) Cet heureux martyre arriva le septième février, mil cinq cent nonante-trois. Le Père avait demeuré vingt ans en la Compagnie, et notre Frère, douze. Le premier rendant l’âme au trente-septième an de sa vie, et le second au trente-huitième « .

Il était environ deux heures de l’après-midi quand les deux religieux furent massacrés.
Leurs corps furent dépouillés et quelques huguenots se revêtirent par dérision de leurs soutanes et chapeaux pour se promener en ville.
Le Père Jacques fut laissé tout nu sur le pavé, au Frère Guillaume on laissa sa chemise, non par compassion mais parce qu’elle avait été toute déchirée par les meurtriers et qu’elle était donc irrécupérable.
Les bourreaux s’acharnèrent encore sur les cadavres en se livrant à de grossiers outrages que la décence se refuse à nommer… Ils dansèrent et sautillèrent autour de ces dépouilles saintes en parodiant des prières latines, puis elles furent laissées exposées ainsi pendant six jours, au bout desquels deux catholiques vinrent les prendre pour les enterrer dans un jardin.

aubenas-chapelle-des-martyrs Jacques Salès

Aubenas en Vivarais : au chevet de l’église paroissiale Saint-Laurent,
la « chapelle des Martyrs »,
dédiée depuis leur béatification à la vénération des reliques des Bienheureux Jacques et Guillaume.

E – Vénération et culte des martyrs d’Aubenas.

Le Père Odon de Gissey [voir la note (*) ci-dessous] écrit encore : « En nos collèges, la nouvelle de ce méchef étant apportée, servit de consolation à tous. Au collège du Puy, où je me retrouvais pour lors, au lieu des suffrages pour les trépassés, on récita tous ensemble le Te Deum à la fin des litanies, et le lendemain les prêtres célébrèrent la Messe de la très Sainte Trinité en action de grâces ».
C’était la première fois que des fils de Saint Ignace mourraient en martyrs sur le sol de France.

Quelques jours plus tard, le gouverneur (qui avait été absent lors de ces évènements) put reprendre le contrôle de la ville et y rétablir l’ordre ; une enquête fut diligentée, recueillant des témoignages sur ce qui s’était passé. 

Une pieuse châtelaine, Madame de Chaussy, obtint, deux ans plus tard, de faire exhumer les restes des deux martyrs. Elle les fit transporter dans une chapelle de sa famille, dans l’église de Ruoms, où elles demeurèrent plusieurs mois.
Les jésuites d’Avignon intervinrent alors pour récupérer les reliques qui firent l’objet d’une « dispersion » : Madame de Chaussy en conserva quelques parcelles dans la chapelle de son château, mais les plus grosses parts des deux saints corps furent distribués entre les collèges jésuites d’Avignon, du Puy, d’Aubenas (nouvellement créé), de Tournon, de Chambéry, de Dôle… etc. Des reliques furent également envoyées à Rome, en Espagne, et au Cardinal François de Joyeuse (frère du Père Ange, duc de Joyeuse, maréchal de France et capucin > www).
Des guérisons miraculeuses et des grâces ne tardèrent pas à être obtenues : comme le Père Jacques Salès avait été gravement atteint par l’asthme, beaucoup d’asthmatiques recoururent à son intercession et se trouvèrent soulagés.

Le Roi Louis XIV lui-même sollicita du Saint-Siège leur canonisation. En 1729 une supplique solennelle fut aussi adressée à Rome par les Etats du Languedoc.
Mais la suppression de la Compagnie et la grande révolution freinèrent l’introduction et l’avancement du procès canonique.
Enfin, en 1926, le Pape Pie XI les éleva aux honneurs de la béatification en leur décernant le titre de « Martyrs de l’Eucharistie ».

Les reliques conservées dans la chapelle du Collège des jésuites d’Aubenas, malgré les aléas de l’histoire et du bâtiment (dans cette chapelle, au début du XXe siècle et avant sa totale destruction, les francs-maçons tinrent des « banquets laïcs et républicains » au cours desquels ils se déchaînèrent en blasphèmes), furent préservées et sont dorénavant exposées dans une châsse, au-dessus de l’autel de la « chapelle des Martyrs », au chevet de l’église Saint-Laurent d’Aubenas (cliché ci-dessus).
En nos temps, le culte de ces glorieux martyrs n’est plus célébré avec la ferveur et la pompe d’autrefois : la pratique d’un faux oecuménisme avec les protestants est embarrassée par ces deux jésuites, puisque – selon une certaine manière d’enseigner l’histoire – il n’y aurait eu que de gentils protestants à l’exemplaire doctrine évangélique à avoir été massacrés par de méchants catholiques qui avaient déformé l’enseignement du Christ…
Ceci au point que cette « chapelle des Martyrs » a été rebaptisée « chapelle de l’unité » et réaménagée de telle sorte qu’un « autel-face-au-peuple » de forme cubique y a été installé à l’opposé de l’autel traditionnel, si bien que les fidèles qui y assistent à la messe tournent le dos aux reliques des deux Bienheureux!

Dans l’oratoire de notre Mesnil-Marie, nous sommes extrêmement heureux de posséder un médaillon reliquaire (avec son certificat d’authenticité) dans lequel se trouvent des parcelles des ossements des Bienheureux Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrs de l’Eucharistie : il nous a été offert par un vieil ami prêtre au moment de la fermeture d’une résidence de jésuites, étant donné que la majorité des pères n’avait plus rien à faire de ces « gadgets » sans rapport avec « ce que nous vivons dans l’Eglise depuis Vatican II » (sic)!

Puissent les Bienheureux Jacques et Guillaume nous inspirer – ainsi qu’à tous ceux qui liront ces lignes – une foi toujours plus vive dans le Très Saint-Sacrement de l’autel, un zèle toujours plus ardent pour défendre la foi véritable dans le Saint-Sacrifice de la Messe et la Présence Réelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie en face des hérésies contemporaines, et une amoureuse fidélité jusqu’à la mort, quoi qu’il puisse nous en coûter.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

reliques-bbx-jacques-and-guillaume jésuites martyrs

Médaillon renfermant des reliques des
Bienheureux Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrs de l’Eucharistie,
conservé avec grande vénération dans l’oratoire du Mesnil-Marie

eucaristia04copie martyrs d'Aubenas

(*) Note : Tous les passages entre guillemets et de couleur violette que l’on trouve dans ce récit, sont extraits de la narration du martyre du Père Jacques et du Frère Guillaume rédigée par le Révérend Père Odon de Gissey, une trentaine d’années après les évènements [Odon de Gissey, Recueil de la vie et martyre du P. Jacques Salez et de Guillaume son compagnon. Toulouse, 1627, 1642; Avignon, 1869].

Le blogue du Maître-Chat Lully

Dans son dernier ouvrage, Benoit XVI revient sur l’enfance de Jésus
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Cité du Vatican, 20 novembre 2012 (VIS). « L’enfance de Jésus », le troisième volume de l’oeuvre de Benoît XVI intitulée « Jésus de Nazareth », sera en librairie à partir de demain dans une cinquantaine de pays. Publié en diverses langues, le premier tirage est d’un million d’exemplaires. Dans les mois à venir, l’ouvrage sera disponible dans d’autres […]
Itinerarium

2012-67. Le Sacré-Coeur de Jésus, deux mille ans de miséricorde.
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Profitons de la fête de Sainte Marguerite-Marie pour recommander instamment et vous engager à vous procurer l’excellent ouvrage, résultat des travaux aussi pieux que savants de l’un de nos amis, et intitulé :

Le Sacré-Coeur de Jésus,

Deux mille ans de miséricorde

* * * * * * * *

Cet ouvrage est une véritable somme : il représente des heures et des heures d’un patient travail, inspiré par l’amour et la reconnaissance envers le divin Coeur de notre Rédempteur.

2012-67. Le Sacré-Coeur de Jésus, deux mille ans de miséricorde. dans Lectures & relectures jean-claude-prieto-de-acha-le-sacre-coeur-de-jesus

Je ne peux faire mieux que de citer un extrait de l’introduction de ce livre remarquable :

« A l’occasion de recherches entreprises pour mieux comprendre l’origine et le développement de la dévotion rendue au Sacré-Cœur, nous avons été frappé par l’immense travail théologique et historique accompli sur ce sujet depuis bientôt deux siècles par de nombreux religieux (essentiellement Jésuites) et ecclésiastiques – le premier théologien à s’être penché sur cette question étant reconnu pour être le Père Jean Perrone S.J. (1794-1846), dans son ouvrage « De Verbo incarnato ».

Mais il manquait, nous a-t-il semblé, une vue d’ensemble, qui aurait permis de mieux situer la formidable percée de cette dévotion dans l’histoire de notre pays – qui en a été le berceau – et dans l’histoire de l’Eglise – qui en est aujourd’hui son plus fidèle soutien. Une frise chronologique en quelque sorte, comparable à celles que l’on peut dérouler de nos jours grâce aux encyclopédies informatisées, et sur laquelle le lecteur aurait eu la possibilité de consulter en parallèle non seulement l’ensemble des événements essentiels qui ont forgé le ciment de ce culte, mais également les étapes les plus marquantes de l’histoire de la France et de l’Eglise.

C’est cette lacune que nous avons souhaité combler.

En nous attaquant à cette entreprise, nous nous sommes rapidement heurté à deux difficultés :

La première concerne essentiellement le premier millénaire, mais aussi la première moitié du second. Les dates des évènements relatifs à l’histoire de la chrétienté en France et dans le monde pour cette période sont peu ou pas connues, et prêtent souvent à discussion. Seuls peuvent être mis en valeur les hommes et les femmes eux-mêmes qui ont œuvré pour répandre la Bonne Nouvelle, sans qu’il soit toujours possible de situer avec précision les moments clés de leur vie.

La deuxième difficulté concerne la deuxième moitié de ce deuxième millénaire. A l’opposé du premier, il y a là abondance de faits, d’évènements datés avec précision, et cette abondance aurait pu nuire à la clarté de l’ensemble. Il a fallu choisir, opérer un tri. Hormis les dates clés concernant la dévotion au Sacré-Cœur pour lesquelles nous avons visé l’exhaustivité, nous avons donc placé ici les repères qui nous semblaient être les plus importants ou les plus caractéristiques de l’histoire politique et religieuse de la France, espérant en cela offrir une vision la plus globale possible de l’enracinement et de l’expansion de cette dévotion.

Compte tenu de ce qui précède, nous avons opté pour une division de cet ouvrage en deux parties principales :

– La première couvre le premier millénaire, et la première moitié du second, les auteurs qui se sont tournés vers le Cœur de Jésus étant regroupés, autant que faire se peut, par famille religieuse, accompagnés de courts extraits de leurs œuvres. Il était impossible ici de les citer tous, mais les noms que nous avons retenus donneront un aperçu assez large du regard porté vers le divin Cœur au cours de ces premiers siècles. Nous avons prolongé cette première partie jusqu’à nos jours, sous la forme d’un résumé qui prépare à la lecture du chapitre suivant.

– La seconde partie commence à l’an mille, et se présente sous la forme d’une chronologie qui permet de situer tous les évènements et textes essentiels relatifs à la dévotion, et ceci jusqu’en ce début de XXIe siècle. Pour ne pas faire doublon avec la première partie, seuls les auteurs les plus importants ou les plus connus ont été mentionnés ici concernant la période 1000-1700. Par ailleurs, les évènements qui auraient alourdi inutilement cette chronologie ont été placés en plusieurs « Annexes », selon le thème abordé : l’histoire de la Compagnie de Jésus, de Port-Royal, les évènements relatifs à la Révolution française, etc. »

coeurdejsuscopie Jean-Claude Prieto de Acha dans Nos amis les Saints

« Le Sacré-Coeur de Jésus, deux mille ans de miséricorde »
par Jean-Claude Prieto de Acha

Format 21 x 29,7 – 460 pages – 40€ (+ port)
Editions Téqui, le Roc saint-Michel – 53150 Saint-Céneré.

Bulletin de commande à télécharger, ici > www

Le blogue du Mesnil-Marie

Jésus bafoué en France
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Défense de manifester pacifiquement contre ce scandale! Et les forces de l’ordre interviennent sans ménagement quand ailleurs elles se tiennent coi! Il paraît que même des islamistes sont scandalisés…

Lire la suite de l’article, cliquez sur le lien ci dessous…
Notre Dame de Kabylie

Non, Jésus n’était pas marié, merci à Dan Brown pour ce nouveau roman
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Un article récent dans le quotidien américain Washington Post pose une question que son rédacteur avoue digne de l’auter fictif Dan Brown: « Jésus avait-il une femme ? » La question se pose à la suite du travail effectué par certaine Madame Karen L. King, historienne à l’école de divinité à Harvard University, qui …
Itinerarium

Le Verbe et Jésus
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Une représentation de la sainte Trinité
Question: La place de Jésus au Ciel est-elle la même aujourd’hui qu’avant sa venue ? En tant que Verbe, était-Il …

Lire la suite…
Réponses catholiques

Impayable : Un imam tente d’expliquer à un pasteur que Jésus a appelé lui-même au jihad…
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Dans une émission d’une télévision africaine anglophone, un débat oppose un imam et, semble-t-il, un pasteur protestant. Le premier affirme, pour défendre le jihad, que Jésus lui-même y a appelé… Il s’appuie pour cela sur un verset de la fameuse parabole des talents (Lc 19, 26), comprise tout de travers. Ce serait d’une drôlerie à […]
Observatoire de la christianophobie

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