La liturgie notre patrie
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Lors du dimanche de la septuagésime (9 février), le Père Augustin-Marie Aubry, Fraternité Saint-Vincent Ferrier, a donné l’homélie dominicale au couvent Saint-Thomas d’Aquin sur le thème : “La liturgie notre patrie”

"La liturgie, notre patrie" – sermon pour le dimanche de la septuagésimewww.chemere.rog

Publiée par Fraternité Saint Vincent Ferrier sur Lundi 10 février 2020

Fraternité Saint Vincent Ferrier (Chémeré-le-Roi) sur facebook

Temps de la Septuagésime
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Nous avons quittons le temps de Noël pour commencer à nous préparer au temps du Carême. Ce temps liturgique, d’une durée totale de trois semaines, est ouvert par le dimanche de la Septuagésime, neuvième dimanche avant Pâques, suivi des dimanches de la Sexagésime et de la Quinquagésime (encore nommé dimanche gras). L’entrée dans le Carême, avec la Quadragésime, premier dimanche de Carême, ferme cette période. “Symboliquement, ces 70 jours correspondent aux 70 ans de la captivité de Babylone. En effet, dans le symbolisme biblique et liturgique, Babylone représente la cité terrestre corrompue, qui s’oppose à Jérusalem, la cité de Dieu. La captivité de Babylone symbolise donc le temps des épreuves, des difficultés, de la lutte contre la tentation et le péché.
Le temps de la Septuagésime, introduction au Carême, fait donc méditer les chrétiens sur la lutte du Christ contre Satan pendant sa vie publique, sur la mission de l’Église dans le monde, et sur leur propre condition de pécheurs.

Extrait de “Guide dans l’Année Liturgique” publié en 1935 par Pius Parsch, chanoine augustinien de l’Abbaye de Klosterneuburg (Autriche).

DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIME

Dieu nous invite dans la vigne du royaume des cieux.
Le martyrologe annonce aujourd’hui avec une insistance caractéristique : “ Le dimanche de la Septuagésime à partir duquel cesse la louange de Dieu par l’Alleluia. “
Septuagésime (Soixante-dix). — Quelle que soit l’explication historique de cette relation, le nom rattache ce dimanche au point central de l’année liturgique, à Pâques. C’est donc le premier pas dans la préparation de Pâques. Au Moyen Age, on aimait les allégories et on songeait volontiers aux soixante-dix ans de la captivité de Babylone, dans laquelle on voyait un symbole de ce temps. Comme les Juifs, nous suspendons aux saules notre harpe de l’Alleluia, en songeant à Sion, c’est-à-dire à Pâques.
Le cycle pascal pénètre plus profondément dans notre vie que le cycle de Noël. Il faut que nous. devenions des hommes nouveaux ; il faut qu’à Pâques nous soyons de nouveaux baptisés, que nous soyons une nouvelle créature. La journée d’aujourd’hui est l’aurore de ce grand jour de conversion. Nous pouvons pressentir, par conséquent, que l’Église nous donnera aujourd’hui un programme pour le temps qui vient. Elle nous propose cinq choses.
a) Nous devons de nouveau reconnaître que nous sommes des pécheurs,. le premier point est donc d’avoir une conscience profonde de notre état de pécheurs. C’est pourquoi, dès que nous franchissons le seuil de la maison de Dieu, l’Église nous fait entonner ce chant saisissant : “ Je suis envahi par les gémissements de la mort, les douleurs de l’enfer m’ont envahi “ (Intr.). Quand nous ouvrons le bréviaire, il nous montre des images de la chute originelle. Cependant, il ne faut pas que l’espérance fasse défaut à notre conscience de pécheurs. “ Dans ma tribulation, j’ai crié vers le Seigneur et il m’a exaucé de son saint temple. “ Déjà, dans le lointain, nous voyons briller la lumière de Pâques.
b) Le second point est l’invitation. Nous recevons l’invitation de Dieu. Dieu, le Père de famille et le Maître de la vigne, appelle les ouvriers et il les appelle à toute heure. Comme cela est consolant ! Il n’est jamais trop tard ; Dieu nous appelle à tout âge ; que nous soyons enfant, jeune homme ou jeune fille, homme ou femme, vieux ou vieille, nous sommes invités ; répondons donc à l’appel. Le dimanche que nous célébrons aujourd’hui est le grand jour d’enrôlement du Seigneur. Dieu, dans son amour, recherche l’âme humaine.
c) Une tâche nous est prescrite. La vie chrétienne n’est pas une vie idyllique, une vie oisive ; c’est un rude labeur à la chaleur du jour, un dur combat dans l’arène. Pour nous montrer d’une manière vivante ce qui nous attend, l’Église nous conduit au tombeau du vaillant lutteur qu’est saint Laurent. Son combat pour le Christ, sur le gril du martyre, doit être notre idéal.
d) Au combat est réservée la couronne de la victoire et le travail mérite un salaire. C’est le denier de la vie éternelle, la couronne impérissable du ciel. Si les enfants du siècle dépensent tant de fatigue pour obtenir une couronne périssable, que ne devons-nous pas faire pour mériter la couronne éternelle !
e) Enfin, l’Église affiche un autre avis à l’entrée du temps pascal. Nous entrons maintenant dans la vie sacramentelle de l’Église. Le Baptême et l’Eucharistie sont au point central du cycle pascal. Malheur à nous si notre vie ne correspond pas à la volonté de Dieu ! Alors nous aurons le sort des Israélites dans le désert. Eux aussi reçurent un baptême et furent nourris d’une nourriture céleste, et cependant ils moururent et furent ensevelis dans le désert sans voir la terre promise. Telles sont les pensées principales du dimanche.
Nous vous invitons également à lire le post d’Yves Daoudal sur la suppression de ce temps liturgique dans la réforme liturgique de 1969.
Il y a 50 ans… l’Epiphanie
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Depuis plusieurs semaines, Yves Daoudal a lancé une série d’articles sur les 50 ans de la nouvelle liturgie. Il revient sur les bouleversements  de la liturgie et du calendrier… nous vous invitons à prendre connaissance de ces brefs articles qui sont intéressants tant pour comprendre le bouleversement liturgique que d’un point de vue purement historique.

Extrait de l’article sur l’Epiphanie

Au début, les membres de la commission chargée de « restaurer » le calendrier liturgique jugèrent qu’il fallait donner la permission de célébrer la fête de l’Epiphanie (et non plus la solennité transférée) le dimanche suivant le 6 janvier si le 6 janvier n’est pas un dimanche. Il y eut une voix discordante, en faveur du dimanche avant le 6 janvier. Finalement il fut décidé que l’Epiphanie serait célébrée le « deuxième dimanche de la Nativité » là où le 6 janvier n’est pas férié.

La commission répondait ainsi à une question qui ne se posait pas, si l’on voulait, comme ils le disaient, « restaurer » la liturgie. Car l’Epiphanie est la plus ancienne fête de la manifestation du Seigneur, antérieure même à Noël. Les experts faisaient semblant de s’inquiéter des gens qui n’allaient plus à la messe en semaine. Mais c’est pour cela qu’il y avait la solennité transférée au dimanche suivant…

C’est un exemple de cette hypocrisie qui est une des marques de fabrique de la réforme liturgique : l’Epiphanie restait le 6 janvier là où la fête est fériée, et elle était transférée au « deuxième dimanche de la Nativité » là où le 6 janvier n’est pas férié. Comme c’est le cas dans la plupart des pays, l’Epiphanie est, de fait, transférée au « deuxième dimanche de la Nativité », ce qui est une double rupture de la tradition. Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise le 6 janvier n’est plus la date de l’Epiphanie, et pour la première fois une fête peut être transférée… au dimanche qui la précède. En outre disparaît le rapport entre les deux grandes Manifestations, l’Epiphanie, le 6 janvier, et la Transfiguration, le 6 août, sept mois plus tard.

NB : Un lecteur nous a interrogé sur le fait que sa paroisse avait célébrée l’Epiphanie le dimanche précédant la fête (en l’occurrence dimanche 5 janvier 2020)… il trouvera dans ses lignes une partie de la réponse.

Nous restons pour notre part convaincu de la nécessité de conserver la liturgie traditionnelle mais aussi le calendrier liturgique de 1962 (qui lui y attaché) sans s’arroger le droit de le modifier la guise du célébrant (qui est aussi ce que nous déplorons dans la nouvelle liturgie) !

50 ans après, la “nouvelle messe” a mal vieilli
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Jean-Marc Albert, de Valeurs Actuelles, s’interroge sur la réforme liturgique de 1969. 50 ans après son entrée en vigueur, force est de constater que le nouveau rite (forme ordinaire) continue à être très contrasté : multiplicité des prières du canon, problèmes de traduction liturgique, orientation de l’autel, absence de silence, diminution du sens du sacré, disparition de la langue liturgique… Alors le “monde romain” célèbrait le Saint Sacrifice de la Messe avec une forme liturgique quasi unique (à l’exception des rites propres d’avant 1969 : rite lyonnais, rite dominicain, …)… depuis 1969 la liturgie est célébrée de manière très diverse ce qui laisse croire qu’il n’y a pas eu une nouvelle forme liturgique mais des nouvelles formes liturgiques.

Extrait du site de Notre-Dame de Chrétienté (Article complet)

La nouvelle messe a tout fait pour faire jeune. Le français a remplacé le latin, les ornements, pourtant signes religieux, remisés au placard des objets d’arts. Le tutoiement est de rigueur. On met de l’ambiance avec des chants nouveaux. Les années 70 sont marquées par des expériences parfois extravagantes tenant les abus de 1793 pour de bien pâles mascarades. Las, ce sont les jeunes qui veulent aujourd’hui le retour de la solennité de l’office, du recueillement dans le silence, de la soutane et du latin qu’ils ont pourtant abandonné à l’école. La liturgie s’est faite plurielle, pour les enfants, pour les familles, pour les personnes âgées. Elle a perdu de son unité et de son universalité

Les subtilités de la réforme ont échappé à la plupart des fidèles peu sensibles à ces subtilités liturgiques mais choqués par les dérives dominicales. Les errements les plus flagrants ont depuis été corrigés. L’Église est même revenue sur la 6e apostrophe du notre Père qui sous-entendait que Dieu pouvait soumettre à la tentation. La nouvelle mention n’est pas totalement satisfaisante sur le plan théologique mais irrite moins les oreilles des croyants.

Même si Brassens pensait que « sans le latin, la messe nous emm… », il n’est pas certain que la latinisation des prières suffise à dissiper toutes les équivoques liturgiques. Il n’en reste pas moins que l’heure est à la réaction. Depuis le motu proprio de juillet 2007, autorisant les fidèles organisés à solliciter une messe dans le rite extraordinaire – une première dans l’histoire de l’Église – le nombre de lieux de culte traditionnel a doublé en France. Mais la France ne serait pas la France si elle oubliait d’opposer à la ligne romaine son irréfragable gallicanisme. Les Évêques français voient d’un mauvais œil ce retour en grâce des fidèles traditionnels et font preuve d’une mauvaise foi faisant accent d’un autoritarisme qu’ils reprochaient eux-mêmes naguère au souverain pontife. La démocratisation dans l’Église a ses limites. Il n’est sans doute pas facile d’admettre que ce sont les jeunes qui se tournent vers un rite plus exigeant, que les « tradis » représentent 15% des pratiquants de moins de 50 ans, que les vocations sont encore fructueuses dans cette mouvance. Ironie de l’histoire, les prêtres modernes se mettent à dire la messe de toujours quand les anciens prêtres s’accrochent à la messe moderne. La messe n’est pas encore dite.

Article sur le site de Valeurs Actuelles

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L’inexorable progression de la messe traditionnelle
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Paix Liturgique reprend un article de François Hoffman dans Monde et Vie du 14 novembre

Extrait de l’article

C’est un aspect dont on parle assez peu en ces temps de grisaille ecclésiale et de calamiteux synode amazonien, mais la messe traditionnelle continue à progresser. La dynamique enclenchée en 1988 se poursuit. Pourquoi retenir l’année 1988 ? Parce que cette année-la, les sacres de Mgr Lefebvre, suivis du Motu proprio Ecclesia Dei de saint Jean-Paul II, donnèrent une assise solide à ce qui a permis la propagation du rit traditionnel. Expliquons-nous : du côté de la FSSPX, les sacres ont doté le rit tridentin d’une garantie de survie grâce à la possibilité d’ordonner des prêtres dédiés à sa célébration. Une sorte assurance épiscopale contre l’extinction de la messe traditionnelle. Quant au Motu proprio de saint Jean-Paul II du 2 juillet 1988, il a traduit en exigence romaine la célébration de ce même rit. Ainsi, la progression du rit tridentin doit à la « coconstruction » paradoxale de deux prélats apparemment opposés, mais dont l’action a été complémentaire.

Si on se situe dans une perspective globale, cette progression est un phénomène structurel dans l’Eglise contemporaine. Depuis l’année climatérique de 1988, le rit tridentin n’a cessé de s’étendre à de nouveaux pays, tout en diversifiant ses publics. A la fin de l’année 2019, la messe traditionnelle était célébrée dans 87 pays (80 à la fin de l’année 2018). C’est le bilan général. Mais dans le détail, il est aussi encourageant. II y a bien sûr de nouveaux pays, comme la Serbie, la Géorgie, le Salvador, le Burkina-Faso et la Namibie, dont certains ne sont nullement de tradition catholique. Les Émirats arabes unis sont peut-être l’exemple le plus significatif du développement de l’usus antiquior dans un pays étranger à tout univers tridentin, voire chrétien ! Inversement, le rite traditionnel reste absent de ces deux pays à majorité catholique que sont la République démocratique du Congo (RDC) et le Venezuela. On peut supposer que cette absence sera tôt ou tard réparée. Ensuite, le rit traditionnel se consolide dans des pays où il est déjà présent comme aux États-Unis ou en Pologne (seul un diocèse serait réfractaire à sa célébration). Enfin, l’Afrique fait figure de continent prometteur. A la différence de l’Occident fatigué, il y a des vocations nombreuses et des laïcs encore fervents, comme en témoignent les nombreuses demandes de fidèles. Des ingrédients idéaux pour encourager le développement de la messe traditionnelle. Une nouvelle cartographie du rit traditionnel se dessine donc dans l’Eglise. Elle est bien différente de celle qui avait cours pendant les années 1990 et 2000. L’Europe et même l’Occident au sens large y ont une part moins importante.

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Illustration Première Messe prêtre de l’Institut du Bon Pasteur 2018
Les Grandes “Ô” de l’Avent
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Entre le 17 et le 23 décembre l’Eglise nous invite à prier 7 grandes antiennes pour nous préparer au mystère de la Nativité. 

Extrait du site Cérémoniaire.net

Les sept antiennes qui se chantent au Magnificat du 17 au 23 décembre servent comme d’introduction solennelle à la grande fête de Noël. Elles commencent toutes par l’interjection O et on les appelle grandes à cause de leur solennité et des sublimes mystères qu’elles expriment. Ces invocations datent, pour le moins, du VI° siècle. Primitivement, il y en avait douze et on les chantait au Benedictus des Laudes. Au IX° siècle, on commença de les chanter au Magnificat des Vêpres. Dans certaines églises, elles étaient répétées après chaque verset. On les chante debout et elles sont doublées, même au rit semi-double (Bréviaire, rubrique du 3° dimanche de l’Avent). Aux jours de fêtes, elles sont chantées après l’oraison du jour, comme mémoire du temps de l’Avent.

Traduction des antiennes

17 déc
O Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui enveloppez toutes choses d’un pôle à l’autre et les disposez avec force et douceur, venez nous enseigner le chemin de la prudence.

18 déc
O Adonaï, guide du peuple d’Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver.

19 déc
O Fils de la race de Jessé, signe dresse devant les peuples, vous devant qui les souverains resteront silencieux, vous que les peuples appelleront au secours, délivrez-nous, venez, ne tardez plus !

20 déc
O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d’Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort.

21 déc
O Orient, splendeur de la Lumière éternelle, Soleil de justice, venez, illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et la nuit de la mort.

22 déc
O Roi des nations, objet de leur désir, clef de voûte qui unissez les peuples opposés, venez sauver l’homme que vous avez façonné d’argile.

23 déc
O Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent comme leur Sauveur, venez nous sauver, Seigneur notre Dieu !

Un colloque du CIEL à Rome
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Paix Liturgique diffuse cet intéressant message concernant la reprise des colloques du CIEL, Centre International d’Etudes Liturgiques. Entre 1995 et 2006, le C.I.E.L. a organisé onze colloques universitaires de trois jours autour de professeurs et chercheurs qui ont livré à cette occasion leurs réflexions sur les différents aspects théologiques, canoniques, historiques et spirituels de la liturgia perennis. Il a édité des actes de ces colloques en cinq langues, lesquels ont été envoyés à plus d’un millier d’évêques, d’universités et de communautés religieuses du monde entier. Ceci l’a placé parmi les pionniers d’une renaissance de l’intérêt pour la tradition liturgique, faisant partie de ce que le Cardinal Ratzinger a appelé le « nouveau mouvement liturgique ».

Le 20 février 2020 à Rome, , de 9h 30 à 16h 30, à l’Institut de patristique Augustinianum situé en face du Saint-Office, en bordure de la place Saint-Pierre (via Paolo VI, 25), premier des nouveaux colloques du Centre International d’Etudes Liturgiques (CIEL), organisés par l’association Oremus/Paix liturgique, sur le thème de la liturgie latine traditionnelle dans sa diversité.
Introduction du P. Gabriel Díaz-Patri, directeur du CIEL, sur le thème : « La variété acceptée ou tolérée des rites liturgiques latins »
Mons. Juan Miguel Ferrer, doyen de la cathédrale de Tolède, et aumônier pour le rite mozarabe : « La liturgie hispano-mozarabe et sa curieuse péripétie historique »
Father Seán Finnegan, professeur au séminaire St John’s à Wonersh : « Les richesses du rite de Sarum »
Pause déjeuner
Marcel Pérès, musicologue, Fondateur et directeur de l’ensemble Organum : « De quoi le chant vieux romain pourrait-il être le signe ? »
Gregory Di Pippo, rédacteur en chef du blog anglophone The New Liturgical Movement (NLM) : « Histoire de l’élaboration de la Semaine Sainte de Pie XII »
Conclusion de l’abbé Claude Barthe : « Puiser dans les richesses des rites et usages latins »
16h30 : Fin des travaux
Participation libre aux frais de 20 € par personne pour le buffet du déjeuner et les frais d’organisation.
Pour s’inscrire

Le blog New Liturgical Movement a 14 ans
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Le blog anglophone The New Liturgical Movement (NLM) fête ses 14 ans. Lancé en 2005, il veut notamment contribuer au renouveau liturgique en général comme l’explique son actuel rédacteur en chef, Gregory Di Pippo :

[…] Peu de temps après ma prise de fonction en tant que rédacteur en chef en 2013, nous avons reçu un courrier électronique d’un lecteur demandant «Quel est le but de votre site ?». Le but de New Liturgical Movement se résume très précisément dans le logo en haut de la page, que Matthew Alderman a conçu en 2010, dans la bande circulaire entourant l’encenssoir : « Dirigatur oratio mea sicut incensum » [Que ma prière s’élève vers Vous, Seigneur, comme la fumée de l’encens]. Ces mots sont prononcés par le prêtre lors de l’encensement de l’autel pendant l’offertoire ; dans un tel contexte, « oratio mea – ma prière » désigne la prière de toute l’Église, au nom de laquelle le prêtre prie toute la messe. La Bible de Douay Abbaey les traduit comme « Que ma prière soit dirigée comme de l’encens ». Le mot latin « dirigatur» peut également signifier « être mis en ordr e».

Le but de la NLM est donc d’aider à mettre de l’ordre dans la prière de l’Église, car il est inutile de nier que, à de nombreux égards, cela n’est pas en ordre. Notre tout premier message était un compte-rendu d’une conférence liturgique tenue en Angleterre au cours de laquelle le père Mark Drew avait proposé (presque deux ans avant Summorum Pontificum) la levée des restrictions imposées à la célébration de la liturgie traditionnelle, en déclarant : « Ne craignez pas l’anarchie… L’anarchie est ce que nous avons déjà. »

À cette fin, nous examinons toutes les facettes de la vie liturgique de l’Église, historique et contemporaine, et tout ce qui la concerne, même de façon marginale, dans l’espoir de contribuer au processus de mise en ordre de la prière de l’Église. Nous partageons l’objectif essentiel du premier mouvement liturgique : redonner à la liturgie dans son intégralité une place de choix dans l’Église en tant qu’expression la plus haute et la plus parfaite de sa vie de prière.

Le blog est de grande qualité qui grâce à de nombreuses contributions (dans toutes les parties du monde) qui nous montrent le renouveau liturgique dans le monde.

The New Liturgical Movement (en anglais)

La joie du Nonce Apostolique en Suisse de célébrer dans la forme extraordinaire
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Alors que le Pape s’interroge sur ces représentants de l’Eglise (Nonce, évêques…) qui critiquent ouvertement le Pape et l’Eglise [“le fait d’être représentant pontifical est inconciliable avec le fait de critiquer le Pape par derrière, d’avoir des blogs ou carrément de s’unir à des groupes hostiles à lui, à la Curie et à l’Église de Rome”].

Un lecteur du Forum Catholique rapproche cette citation du Pape avec la conférence donnée par le Nonce Apostolique en Suisse sur la liturgie de la messe contenant une bonne partie sur la messe dans la forme extraordinaire. Mgr Thomas Gullickson a déjà exprimé à plusieurs reprises sur son blog sa joie de célébrer la forme antique du rite romain ces 2 dernières années et s’interroge sur les réticences et résistances de certains évêques et prêtres.

3. Présence dans l’église de la forme extraordinaire de la messe comme présupposé pour un enrichissement mutuel des deux formes de l’unique rite romain (prêtres et évêques : il est temps de mettre fin à votre résistance contre le Vetus Ordo)

Si vous voulez, ce point est fondamentalement un appel à la tolérance au sein de l’Eglise et au respect des directives du Pontife Romain.

Avec la publication de Summorum Pontificum, le 7 juillet 2007, Lettre apostolique en forme de motu proprio de Pape Benoît XVI, avec les autres documents associés, tous et spécialement les évêques, nous avons reçu l’invitation du Pape à collaborer à la promotion de l’enrichissement mutuel des deux formes du seul rite romain. Attention ! Est-ce que le nonce se montre traditionaliste, oui ou non ? Ce n’est pas si simple – je ne nie pas que je fais volontiers un peu de réclame pour la messe tridentine, mais en ce moment je veux mettre l’accent sur l’enseignement du pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum et ailleurs dans ses écrits. Je m’explique.

Il y a un an, j’ai accepté de donner deux conférences à un groupe de prêtres, membres d’une association nationale irlandaise. La réunion a eu lieu au sanctuaire marial de Knock dans l’ouest de l’Irlande. Un des points sur lesquels le groupe m’a demandé conseil était la façon de célébrer la messe avec plus de révérence et de recueillement. Je dirais que généralement chez les prêtres et les catholiques de bonne volonté, ce désir est présent partout dans l’Église. Comment s’y prendre ? Le problème et donc la sagesse de l’appel du pape Benoît XVI est dans son invitation à laisser une place à l’ancien rite et ceci précisément pour favoriser l’enrichissement mutuel entre les deux formes de la messe (Vetus et Novus Ordo). Malheureusement, surtout dans l’Ouest, dans la plupart des paroisses, la célébration selon le Missel de Paul VI est vécue comme une chose sans ancrage, sans point de référence faisant autorité, qui dise : oui, ceci est respectueux, ceci est moins respectueux et ceci ne l’est pas.

En clair et en référence à mon expérience ici en Suisse, il y a quelques mois, j’ai dû annuler une invitation dans une paroisse où ils ont annoncé qu’ils voulaient ce dimanche utiliser une lecture non tirée de la Sainte Écriture et supprimer d’autres parties de la messe pour permettre une grande procession d’offertoire. Ils m’ont écrit d’avance pour justifier ces modifications et suppressions sous prétexte que le temps disponible pour la messe était limité. Une autre fois, dans une autre paroisse, ils m’ont demandé si cela me faisait difficulté que les garçons préparent un peu de hip hop, je pense au rite pénitentiel de la messe. J’ai dit que c’était faux et ils ont abandonné le hip hop. Le problème est que vous pouvez dire ce que vous voulez, mais dans l’esprit de certaines personnes, la loi en vigueur et les rubriques relatives à la messe ne fixent pas certaines choses sans équivoque. Bien sûr, cela fait partie de l’esprit anti-normes (anti-loi) de notre époque, mais une personne, un prêtre ou un laïc, qui tient à la loi est étiqueté comme trouble-fête ou râleur. Dans le climat actuel d’arbitraire du Novus Ordo, il n’y a pas de pouvoir contraignant auquel je puisse faire appel. Je peux seulement dire non aux choses que je sais contraires à la loi ou refuser de participer. Depuis des décennies, on peut dire que la situation du Novus Ordo est en constante dégradation ou du moins en stagnation.

En cela, je trouve sage l’approche du pape Benoît : un enrichissement mutuel des deux formes. Il y a ceux qui disent que c’est trop peu de se concentrer sur l’enrichissement mutuel. Je voudrais bien voir pourtant si les évêques et les paroisses qui accorderaient une place et un soutien à la promotion du Vetus Ordo auprès de ceux qui le souhaitent ne feraient pas des miracles par cette générosité. Je crois que plus d’ouverture à la célébration du Vetus Ordo communiquerait, d’abord au clergé puis aux fidèles de bonne volonté, un vrai sens de révérence et une compréhension claire de la vraie nature du sacrifice de la messe, éliminant ainsi les abus si fréquents aujourd’hui avec le Novus Ordo. Je parle ici d’un premier pas pour retrouver la qualité de célébration requise dans le domaine liturgique.

Je suis assez vieux pour me souvenir de la violence (souvent de petite taille, mais parfois aussi de grande) avec laquelle la réforme liturgique a été imposée aux fidèles qui ne cherchaient rien de tel il y a cinquante ans. Je pense que le pape Benoît, avec Summorum Pontificum, voulait réparer cette violence, en rendant tous ses droits au Vetus Ordo, mais en évitant de nouvelles violences. C’est-à-dire que Summorum Pontificum a été promulgué pour restituer un espace dans l’Église à la messe de tous les temps, mais aussi pour réparer les péchés et les sacrilèges commis dans le passé avec l’imposition du Novus Ordo.

À cela, le pape Benoît a ajouté l’idée d’un enrichissement mutuel des deux formes (Vetus et Novus Ordo). D’une part, la notion est bonne et correspond à la volonté du concile Vatican II en faveur d’une réforme liturgique. D’autre part, le Pape Benoît a constaté que la réforme postconciliaire avait déraillé. Il n’est pas possible que la Sainte Liturgie soit comme elle est aujourd’hui (je le répète), surtout dans les paroisses d’Occident. Nous vivons souvent la célébration selon le missel de Paul VI comme une chose sans ancrage, sans point de référence faisant autorité qui dise : oui, ceci est respectueux et ceci ne l’est pas. C’est faux d’appeler Divine Liturgie ce qui se passe dans de nombreuses paroisses le dimanche. Dieu par son unique et véritable Église ne peut être si arbitraire. Il suffit d’interroger n’importe quel enfant ou adolescent et ils vous diront que certaines choses sont l’invention du prêtre, du diacre ou de “Madame Une Telle”.

Ce soir, je veux simplement lancer un appel à votre compréhension pour la supplique que j’ai adressée en premier lieu aux prêtres et aux évêques, afin de rendre possible cet enrichissement mutuel, surtout en laissant tomber leur opposition à la célébration du Vetus Ordo. Sur mon blog, parlant souvent aux évêques et aux prêtres, je présente ma joie de découvrir le Vetus Ordo. Joie pour moi dans la découverte en tant qu’évêque de la messe tridentine, que ce soit sous la forme de la messe pontificale et ou sous la forme plus simple de la messe “prélatique”. Il appartient aux évêques de jouer un rôle de premier plan, de leader dans la réparation des dégâts historiques et dans la préservation de la perle précieuse du Sacrifice de la Messe. Pour ce faire, ils doivent donner place à la tradition, à ce qui était et est une constante de la vie de l’Église.

Pour ce soir, je lance mon appel dans le sens de la demande de ce groupe de prêtres irlandais de pouvoir trouver ou identifier en quoi consiste une messe célébrée avec respect. Ici aussi, comme dans les points précédents, je ne me gêne pas de dire que la clé est de comprendre la nécessité qui qualifie les choses qui sont de Dieu. Il y a évidemment beaucoup plus en jeu ici, que je laisse à d’autres ou à d’autres occasions.

Conférence complète

Photos FSSP (Messes célébrées en la Basilique Notre-Dame de Fribourg – Suisse en décembre 2017)
A propos de la réforme de la Semaine Sainte
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Côme de Prévigny revient dans le dernier numéro de la revue de Renaissance Catholique sur la réforme de la Semaine Sainte par Pie XII. Ces dernières années, plusieurs paroisses ont repris les offices de le Semaine tel qu’ils étaient célébrés avant la réforme des années 1950 considérant, et ce n’est pas dénué de sens, que ses offices étaient plus en cohérence avec l’ensemble de la liturgie traditionnelle. A titre d’illustration, plusieurs communautés ont demandé à la Commission Ecclesia Dei de pouvoir reprendre l’ancienne Semaine Sainte (les moines du Monastère Saint-Benoit (La Garde-Freinet), ou la Fraternité Saint-Pierre qui a demandé pour une vingtaine de ses apostolats dans le monde ad experimentum pour 3 ans).

On le voit, une restauration ne peut se concevoir qu’avec doigté, dénué d’esprit polémique et exclusif, attentive aux pratique et aux coutumes locales car la variété paraît de mise pendant les jours qui précèdent Pâques. Certaines modifications semblaient nécessaires et pourtant quelques-unes paraissent véhiculer un parfum rappelant les réformes qui ont suivi. Une liturgie gelée pose toujours des problèmes et un développement organique, exempt d’esprit de rupture, sera peut-être envisageable un jour.

Nous en livrons un extrait ci-dessous, et nous encourageons nos lecteurs à commander à Renaissance Catholique ce numéro de sa revue (n°156 : Mars/Avril) :

Quelques photos de la Semaine Sainte à Fribourg (FSSP), à Gricigliano (ICRSP), à La Garde Freinet (Monastère Saint-Benoit)

Renaissance Catholique

La liturgie est un trésor
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Un liseur (lecteur) du Forum Catholique nous encourage à diffuser ce texte de Marie Noël sur nos pages… Cet article est assez éclairant car écrit dans les années 1930, il montre qu’une certaine ‘érosion’ pouvait toucher déjà l’Eglise, mais il faut ensuite souligner que la réforme liturgique de 1969 a très largement amplifié ce phénomène.

Certains clercs novateurs tendent de plus en plus à s’écarter de la liturgie traditionnelle pour ouvrir l’avenir, de plus en plus, à une religion discoureuse qu’ils pensent devoir parler mieux, avec plus de fruit, à l’âme du peuple.

Ils abandonnent volontiers la pratique dominicale — vêpres, complies — pour multiplier, hors église, des réunions conversantes, des séances de petit parlement pieux et substituent dans les offices mêmes, aux mystérieuses hymnes sacrées, jugées inintelligibles, le cantique en langue vulgaire qui dit tout ce qu’il signifie : peu de chose ou rien.

Dans ce parti de vulgariser – oh ! combien ! – le culte divin en le dépouillant de sa séculaire beauté sanctifiante, comme un Ci-devant qu’il faut enfin exproprier, un Passé qu’il est temps d’appauvrir pour le mettre au bas niveau du plus grand nombre, ils oublient que la vertu mystique est au contraire d’élever le plus grand nombre au niveau sur-quotidien des éternels élus.

Est-il nécessaire au croyant de tout comprendre ?

Il y a plusieurs paroles dans le verbe de Dieu. Dieu ne parle pas seulement à l’homme par le discours plus ou moins convaincant de l’homme, mais aussi, quand l’homme se tait, par une atteinte intérieure que la parole ne sait pas.

La liturgie est pour cette approche divine une voie majeure et quasi sacramentelle. Elle est le chœur séculaire de la Communion des Saints qui unit à travers les âges, par les mêmes mots chargés d’âme de la même prière, le Miserere et le Magnificat d’une vieille femme illettrée, au Miserere et au Magnificat de Thomas d’Aquin, le docteur, et de Jeanne la Lorraine qui ne savait pas lire. (…)

N’ont-ils jamais, ces réformateurs — pas plus que Calvin jadis — n’ont-ils jamais considéré le Don fait aux foules qu’est la Liturgie Catholique par laquelle l’Église militante, sur sa route de pauvre terre, accède parfois aux premiers degrés rayonnants de l’Église triomphante et goûte un instant le Ciel ?

Le Don de l’Église au peuple, qui le mesure ?

La multiple richesse liturgique, l’appel entre terre et cieux du Rorate de l’Avent, sa sublime aspiration désolée et consolée ; le Gloria laus marchant et verdoyant des Rameaux ; l’Exsultet de la Nuit Pascale ; les grands Alleluias de Pâques sous les cloches à toute volée ; la lamentation outre terre de l’Office des Morts, son formidable et suppliant Dies irae ; le Parce Domine implorant des malheurs publics, le Te Deum fulgurant, surhumain, des épiques actions de grâces, toute cette magnificence chantée, l’Église catholique la donne au peuple dans la magnificence monumentale des cathédrales, sous la magnificence radieuse des verrières (…).

Jamais roi dans sa gloire ne s’est offert à soi-même un trésor tel ; jamais les chefs de républiques n’en rassembleront de tels pour le faste réservé à leurs invités de marque.

Mais elle, l’Eglise catholique, dans l’inégalable égalité de sa charité universelle, l’a ouvert et l’ouvrira, de siècle en siècle, au moindre de ses petits, au premier mort qui entre, au premier gueux qui passe.

Et si, par malheur, un jour, elle ne pouvait plus le lui donner, que resterait-il à l’homme qui peine sur sa tâche, pour l’allégresse de son jour de fête ? Des tonitruances de hauts-parleurs, des discours de ministres… Et les chevaux de bois !

Source : Marie Noël, Notes intimes, éditions Stock, 1966.

Commentaire de la revue Itinéraires (n° 257, nov. 1981) qui les cite : « Bien avant “le concile”, la décomposition était commencée. »

Dîner-conférence le 19 novembre à Paris : La crise liturgique
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Le Cercle de l’Aréopage nous invite à diffuser les informations sur son dîner-conférence sur le thème :

La crise liturgique par l’Abbé Claude BartheRendez-vous Lundi 19 Novembre vers 19h30 au Parloir du Vieux Colombier
9 Rue du Vieux Colombier, 75006 Paris (métro 4 St. Sulpice)
Participation aux frais : 10€

Renseignements et inscriptions

Mgr N’Koué et la liturgie
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Nous avons régulièrement mis en valeur des textes et homélies de Mgr N’Koué, évêque de Parakou (Bénin). Agé de 58 ans, Mgr N’Koué est évêque depuis 20 ans à Natitingou puis à Parakou. Il faut souligner que cet évêque brille par la clarté de ses propos !

Belgicatho a repris fin décembre une plaquette écrite par l’archevêque en Avril dernier dont nous

Les deux formes du rite romain “S’il fallait schématiser ces deux formes, ce qui est forcément réducteur, on pourrait dire que la forme ordinaire ressemble plus à la Cène du Jeudi saint, alors que la forme extraordinaire insiste plus sur le Vendredi saint, au pied de la Croix du Golgotha. S’il y a eu ces deux moments voulus par le Christ, c’est qu’ils nous sont nécessaires. Gardons-les. Dieu ne permet rien pour rien.

“L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture” [2]. Aussi est-il nécessaire de connaître la forme ancienne, dite “extraordinaire”, pour bien pénétrer le sens du rituel de la messe dans sa forme “ordinaire”. La forme ordinaire (missel de Paul VI) et la forme extraordinaire (missel de saint Pie V réédité par saint Jean XXIII) sont deux mises en œuvre de l’unique rite romain[3]. Il serait souhaitable que les jeunes prêtres soient initiés aux deux formes au cours de leur formation[4]. Pour le Card. Sarah c’est tout simplement une question de bon sens: “La célébration pleine et riche de la forme ancienne du rite romain, l’”usus antiquior”, devrait être une part importante de la formation liturgique du clergé. Sans cela comment commencer à comprendre et à célébrer les rites réformés dans l’herméneutique de la continuité si l’on n’a jamais fait l’expérience de la beauté de la tradition liturgique que connurent les Pères du Concile eux-mêmes et qui a façonné tant de saints pendant des siècles” ?[5]

[1] PGMR, 6 [2] Benoît XVI, Lettre aux Evêques qui accompagne le Motu Proprio Summorum Pontificum.[3] Pape Benoît XVI, Summorum Pontificum : « Ces deux expressions de la “lex orandi” de l’Eglise n’induisent aucune division de la “lex credendi” de l’Eglise », art 1.[4] Au Grand Séminaire diocésain “Providentia Dei” de Parakou, on a introduit la forme extraordinaire. Cela se passe bien pour les professeurs et séminaristes.[5] Card. R. SARAH, Vers une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium. ».

Plaquette Bien célébrer

A propos de la messe
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Un lecteur nous fait suivre cet extrait de vidéo où le philosophe Michel Onfray évoque le “suicide de l’église avec Vatican II et ses changements liturgiques” :

Brève: Le Pape et la réforme liturgique
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Lors d’une audience aux participants à la Semaine Liturgique Nationale (Italie) le 24 août, le Pape François a évoqué la réforme liturgique en indiquant qu’elle continuait à être mise en oeuvre dans l’esprit du Concile :

Et aujourd’hui, il y a encore du travail dans cette direction, en particulier en redécouvrant les raisons des décisions prises avec la réforme liturgique, en surmontant les lectures infondées et superficielles, la réception partielle ou encore les pratiques qui la défigurent. Il ne s’agit pas de repenser la réforme en examinant ces choix, mais de connaître les raisons sous-jacentes, même avec la documentation historique, de faire nôtre les principes qui l’inspire et d’observer la discipline qui la régit. Après ce long chemin, nous pouvons affirmer avec sécurité et avec l’autorité magistérielle que la réforme liturgique est irréversible.

Au regard de l’application de la réforme liturgique, même si on ne veut pas douter de l’intention initiale, on peut s’interroger et faire au minimum deux constats : la nouvelle liturgie a perdu la dimension transcendantale et la réforme liturgique a fait ‘explosé’ l’unité liturgique (créant d’une certaine manière une multitude de formes liturgiques !).

Lire l’article de Radio Vatican sur le sujet

Texte intégral italien (Vatican)

Si nous abîmons la liturgie, nous abîmons la foi” Cardinal R. Sarah
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Le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation du culte divin, célébrait dimanche 13 août en la cathédrale de Luçon la messe anniversaire des 700 ans du diocèse de Vendée. A cette occasion, il a donné une interview à RCF.

L’équipe d’Infocatho a retranscrit le texte de son interview, vous pouvez aussi l’écouter ici.

RCF : Éminence, pourquoi avoir répondu à l’invitation de l’évêque Mgr Castet, pour fêter ce jubilé diocésain avec les Vendéens ?

Cardinal Sarah : C’est une joie quand je reçois l’invitation d’un évêque pour partager avec lui un grand évènement comme celui des 700 ans de la fondation du diocèse de Luçon. C’est un évènement ecclésial, un évènement qui touche chacun d’entre nous, un évènement d’espérance aussi parce que la fondation d’un diocèse c’est comme planter un arbre, et cet arbre doit pousser, donner des fruits. Et aujourd’hui je pense que l’on peut dire que ce diocèse a grandi ; bien sûr il a connu beaucoup de difficultés dans l’histoire, beaucoup de destructions, beaucoup de martyrs, mais c’est tout à fait inhérent à la vie chrétienne connaître le martyre : “ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi”. Vivre cet évènement d’espérance était pour moi une grande joie, c’est pourquoi j’ai répondu favorablement à cette invitation et je suis vraiment très heureux de vivre ces évènements avec vous, de prier avec vous, parce que, au fond, c’est Dieu qui fait tout, nous ne sommes que de faibles instruments, des instruments inadéquats, mais l’oeuvre vient de l’Esprit Saint et nous devons toujours espérer que, quelles que soient les difficultés que traverse un diocèse, l’Esprit Saint est là, l’Esprit Saint conduit son Eglise. Les apôtres traversaient le lac et la tempête était si violente que les apôtres avaient peur de périr. Et aujourd’hui on peut comparer l’Eglise à cette barque en train de couler, mais le Seigneur est avec nous, c’est là notre conviction et notre espérance. L’Eglise ne sombrera jamais. Elle connaîtra les difficultés que le Christ a connu, la crucifixion, mais le troisième jour la résurrection. Donc l’Eglise est vivante, l’Eglise vivra.

 

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La messe traditionnelle pour les nuls…
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Un lecteur nous fait suivre ce lien vers le site de la Schola Sainte-Cécile, schola de la paroisse Sainte-Cécile qui chantent les messes et offices dans la forme extraordinaire de cette paroisse depuis une bonne quinzaine d’année. Avec un titre volontairement accrocheur ou provocateur “la messe traditionnelle pour les nuls“, le post propose le déroulement de la messe traditionnelle en quelques images anciennes.

Voir le post complet

Messe en l’honneur de Notre-Dame de Fatima ce 13 mai
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Par une lettre datée du mercredi 5 avril dernier, la Commission Pontificale Ecclesia Dei a donné la possibilité à tous les prêtres célébrant la forme extraordinaire , à l’occasion du Centenaire de la 1ère apparition de la Sainte Vierge Marie à Fatima, de célébrer la Messe de Notre-Dame de Fatima, c’est-à-dire une Messe Votive de 2ème classe, en utilisant les mêmes textes et les mêmes prières que la Messe votive du Coeur Immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie.

La nouvelle chez notre confère le blog Rorate Caeli (en anglais)

 

A propos des traductions
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Notre confrère Paix Liturgique consacre sa lettre 589 du 7 avril 2017 à la question des traductions. La liturgie célébrée dans la forme extraordinaire est préservée de cette question des traductions… La question des traduction est par contre beaucoup complexe la liturgie de 1969… où les traductions ont été appliquées voire publiées avant même leur approbation. Il apparaît encore aujourd’hui que beaucoup de ces traductions divergent des traductions “traditionnelles”… avec les problèmes que cela pose.

Lex orandi, lex credendi
Comme catholiques, la sainte liturgie devrait être au centre de nos vies.
Le Christ, Jésus, est présent parmi nous dans le culte sacré de l’Église. Par le mystère de la Sainte Messe, nous sommes en présence du mystère pascal, celui du sacrifice du Christ sur le Calvaire. Notre prière liturgique est un avant-goût de la liturgie céleste et exprime notre amour pour Dieu. Nous sommes créés, littéralement, pour adorer Dieu. (…)
La liturgie est une expression de notre amour et de notre fidélité envers Dieu et une union mystique avec Son Verbe qui, comme le dit saint Jean, « est Dieu, et est en Dieu ». La liturgie est importante. Et, parce qu’elle est communion avec le Verbe de Dieu, les mots que nous utilisons dans la liturgie ont, eux aussi, leur importance.
Cette semaine, l’Église célèbre le 16ème anniversaire de Liturgiam Authenticam, une instruction publiée pour faire en sorte que la traduction des textes liturgiques favorise la « pleine, consciente et active » participation de tous les catholiques à la liturgie par une attention renouvelée à l’importance de chaque mot que nous prononçons et entendons quand nous adorons Dieu.
Liturgiam Authenticam a rappelé à l’Église que quand nous prions ensemble dans la liturgie nous tirons nos prières des Saintes Écritures, révélées par Dieu, et de la tradition des saints et des martyrs qui nous ont précédés et ont témoigné par leur vie et leur sagesse de l’importance de notre prière liturgique en commun. L’instruction a enseigné que les mots et les expressions de notre liturgie doivent être pourvus de toutes ces qualités « qui permettent à la fois de communiquer, avec assurance, à la prière, les saints mystères du salut et l’indéfectible foi de l’Église au moyen du langage humain, et aussi de rendre au Dieu Très Haut le seul culte qui soit digne de Lui ». (…)
Il existe une vieille maxime dans la vie de l’Église : lex orandi, lex credendi – la loi de la prière est la loi de la foi. La sainte liturgie enseigne la foi, parce que ses mots s’enracinent en nos cœurs. Liturgiam Authenticam a rappelé à l’Église que, parce que nous croyons comme nous prions, nos prières doivent être absolument fidèles au dépôt de la foi qui nous a été transmis. Nous sommes préparés à la sainteté par les mots de la liturgie quand ils transmettent fidèlement la révélation de la Parole vivante de Dieu, Jésus-Christ.
Pour nous, le fruit de Liturgiam Authenticam a été une nouvelle traduction anglaise du Missel romain, le livre des prières officielles de la Messe, que l’Église a commencé à célébrer il y a cinq ans. Cette nouvelle traduction s’est efforcée d’exprimer clairement et fidèlement les mots de la sainte liturgie, les tirant directement de l’Écriture et de l’ancienne tradition de l’Église, sans introduire d’interprétations ou d’innovations. Cela afin que notre culte puisse clairement révéler et enseigner la foi et afin que nous puissions exprimer notre amour de Dieu en union avec les saints qui nous ont précédés.
Alors que l’Église célèbre le don de Liturgiam Authenticam, nous avons l’opportunité de remercier Dieu pour les vérités, « qui dépassent les limites imposées par le temps et le lieu », proclamées par l’Église dans la liturgie. Nous pouvons rendre grâce à Dieu que, par le culte sacré, « l’Esprit Saint introduit les fidèles dans la connaissance de la vérité tout entière, et fait que la parole du Christ réside en eux avec toute sa richesse ». Ensemble, nous avons l’occasion de remercier Dieu pour le don de la sainte liturgie, avant-goût d’éternité qui nous libère, nous transforme et nous sanctifie, afin que nous puissions aimer le Seigneur, maintenant et pour toujours, de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit.
Mgr James Conley, évêque de Lincoln, Nebraska
Le cardinal Sarah et la liturgie
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Notre confrère L’Homme Nouveau vient de publier une contribution de cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, aux 18èmes rencontres liturgiques de Cologne qui se déroule du 28 mars au 1er avril.

Nous publions un très bref extrait mais vous invitons à lire l’intégralité sur le site de L’Homme Nouveau

Restaurer la liturgie

Comme vous le savez, ce que l’on a appelé, au début du XXe siècle, le « mouvement liturgique », ce fut cette volonté du pape saint Pie X, exprimée dans un autre motu proprio, intitulé Tra le sollicitudini (1903), de restaurer la liturgie pour en rendre les trésors plus accessibles, et qu’elle redevienne ainsi la source d’une vie authentiquement chrétienne. D’où la définition de la liturgie comme «sommet et source de la vie et de la mission de l’Eglise» présente dans la Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II (n. 10). Et on ne répétera jamais assez que la liturgie, en tant que sommet et source de l’Eglise, trouve son fondement dans le Christ lui-même. En effet, Notre Seigneur Jésus-Christ est l’unique et définitif Souverain Prêtre de l’Alliance Nouvelle et Eternelle, puisqu’Il s’est offert lui-même en sacrifice, et «par une oblation unique a rendu parfaits pour toujours ceux qu’Il sanctifie» (cf. He 10, 14). Ainsi, comme le déclare le Catéchisme de l’Eglise catholique,«C’est le Mystère du Christ que l’Eglise annonce et célèbre dans la liturgie, afin que les fidèles en vivent et en témoignent dans le monde » (n. 1068). C’est dans ce cadre du « mouvement liturgique », dont l’un des plus beaux fruits fut la Constitution Sacrosanctum Concilium, qu’il convient de considérer le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, dont nous sommes heureux de célébrer cette année, avec grande joie et action de grâce, le dixième anniversaire de sa promulgation. On peut donc affirmer que le « mouvement liturgique » initié par le pape saint Pie X ne s’est jamais interrompu, et qu’il continue encore de nos jours à la suite de la nouvelle impulsion qui lui a été conférée par le pape Benoît XVI. A ce sujet, on peut mentionner le soin particulier et l’attention personnelle, dont il faisait preuve en célébrant la sainte liturgie en tant que pape, puis, ses références fréquentes, dans ses discours, concernant sa centralité dans la vie de l’Eglise, et, enfin, ses deux documents magistériels Sacramentum Caritatis et Summorum Pontificum. En d’autres termes, ce que l’on appelle l’aggiornamento liturgique (« aggiornamento » est un terme italien qui signifie littéralement : « mise à jour ». Nous avons fêté le cinquantième anniversaire de la Constitution sur la sainte Liturgie du concile Vatican II Sacrosanctum Concilium en 2013, puisque celle-ci a été promulguée le 4 décembre 1963) a été en quelque sorte complété par le motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI. De quoi s’agissait-il ? Le pape émérite établissait la distinction entre deux formes du même rite romain : une forme dite « ordinaire », qui concerne les textes liturgiques du Missel Romain révisés suivant les indications du concile Vatican II, et une forme dénommée « extraordinaire », qui correspond à la liturgie qui avait cours avant l’aggiornamento liturgique. Ainsi, actuellement, dans le rite romain ou latin, deux Missels sont en vigueur : celui du bienheureux Pape Paul VI, dont la troisième édition date de l’an 2002, et celui de saint Pie V, dont la dernière édition, promulguée par saint Jean XXIII, remonte à 1962.

L’Homme Nouveau

L’abandon du latin et la modernité ont parfois conduit à une certaine médiocrité de la liturgie, regrette le pape
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Le pape François a regretté samedi devant les participants à un congrès sur la musique sacrée que la volonté de modernité et l’abandon du latin aient parfois conduit à « une certaine médiocrité » dans la liturgie.

« La rencontre avec la modernité et l’introduction des langues parlées (dans chaque pays, au lieu du latin) dans la liturgie ont suscité tant de problèmes », a estimé le pontife argentin.

« Par moments, une certaine médiocrité, superficialité et banalité a prévalu, au détriment de la beauté et de l’intensité des célébrations liturgiques », a-t-il fait valoir.

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Pas de Motu Proprio à Rockford (USA)…
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Notre confrère, le blog Rorate Caeli, relève l’information suivante : Par un courrier aux prêtres de son diocèse début janvier, Mgr Malloy, évêque de Rockford (Illinois, USA), interdit dans les faits l’application du Motu Proprio dans son diocèse (traduction SP) :

Comme vous vous en souvenez, lors de notre journée sacerdotale en septembre, je vous ai parlé de certains des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que prêtres et comme diocèse. J’ai souligné le besoin particulier d’avoir une unité dans la célébration des sacrements, en particulier dans l’Eucharistie. Notre unité lors de la célébration de la sainte liturgie est l’accomplissement continu de la prière de Jésus le jeudi saint. Sur le plan pratique, l’unité de notre célébration sacramentelle renforce notre foi commune et limite la confusion parmi les fidèles dans tout le diocèse.

À la suite de ce discours, j’écris maintenant pour demander votre coopération sur plusieurs questions qui m’ont été renvoyées suite à mes commentaires en septembre dernier :
Tout d’abord, comme je l’ai noté à ce moment-là, nous sommes tous informés des discussions en cours autour de la célébration de la messe «ad orientem». Cependant, pour les raisons que j’ai discutées à ce moment-là, et pour souligner notre unité dans la prière et pour éviter les différences entre les paroisses et même à l’intérieur des paroisses sur ce point, je demande qu’aucune messe ne soit célébrée ad orientem sans ma permission.
Deuxièmement, pour des raisons similaires, conformément à l’art. 5 § 1 de Summorum Pontificum, et compte tenu de l’art. 2 de ce même document, les messes ne doivent pas être célébrées en utilisant le formulaire extraordinaire sans ma permission.
L’Institut du Christ Roi est présent dans ce diocèse.
La liturgie du temps de l’Avent à l’école de Dom Guéranger
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Dom Prospère Guéranger (1805-1875) est un moine bénédictin français, refondateur de l’abbaye de Solesmes et restaurateur de l’ordre bénédictin en France. Favorable au rétablissement de la liturgie romaine en France, il publie en 1850 l’ « Année liturgique », ouvrage à travers lequel il cherche à faire connaître au plus grand nombre les fondements de la liturgie romaine, de telle sorte que chacun la comprenne, l’aime et la respecte. Nous vous proposons quelques extraits consacrés au temps de l’Avent.

 

A lire et méditer ici

Le chant sacré doit être viril, grave et affectueux
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Au sujet du chant, l’anglais Jean Cotton (fin du XI° s) déclarait :

« La musique flatte l’oreillerelève l’espritexcite les guerriers au combat, remonte ceux qui sont las et désespérésréconforte les voyageurs, désarme les brigandsradoucit les coléreuxéloigne les pensées vaines,calme la rage des gens emportés«

Mais là n’est pas la raison d’être du chant sacré, élan vers le Créateur, mais les caractéristiques énoncées par Jean Cotton sont autant d’occasions de rendre gloire à notre Dieu avec tout ce que nous sommes. Pour aller plus loin, il est intéressant de souligner quelques remarques au sujet du chant formulées par Saint Bernard :

 Le chant doit charmer l’oreille afin de toucher le cœur.

N’y voyons pas un chant qui joue sur les sentiments, mais bien plutôt l’expression d’une grande joie, Saint Bernard précisant :

Il  devra réjouir les oreilles de Dieu d’un chant d’allégresse qui ressemblera à ceux qu’on entend dans les festins

(Ier Sermon sur le Cantique)

Comment ne pas nous rappeler combien ces chants sont joyeux autant que puissants. Nous pouvons même préciser qu’ils sont virils. Saint Bernard nous éclaire encore une fois sur ce fait lorsqu’il écrit :

qu’enfin tout, dans le chant sacré, soit graveviril et affectueux, parce qu’on y traite des paroles célestes, le langage même du Saint-Esprit

 

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Point de vue – Un seul rite sous deux formes –
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Dans un article court, le Révérend Père Simon Noël de l’abbaye de Chevetogne se livre à une très rapide comparaison des deux formes d’un même rite. Il en tire ce qui lui semble bien dans l’un et dans l’autre. Point intéressant, le missel dit de Saint-Pie V, continue toujours de tirer sa force de l’offertoire, pourtant pierre de discorde !

Ceux qui aiment le Christ aiment aussi l’Église. Ceux qui aiment l’Église aiment aussi sa liturgie. Ceux qui aiment la liturgie, s’ils sont catholiques de rite latin, aiment aussi les deux formes de l’unique rite romain: l’ordinaire et l’extraordinaire. La liturgie, sous quelque forme dûment approuvée que ce soit, est l’expression de l’âme de l’Église, elle est le cœur de l’Église, en tant qu’elle est l’épouse du Christ, qui adore son Seigneur.
Dans le rite romain, deux missels sont approuvés: le missel de 1962, appelé aussi missel tridentin ou de saint Pie V, et le missel de 1969, appelé aussi missel de Paul VI.

Pédagogie de l’Eglise

L’Eglise, en tant que mère, a voulu tenir compte de la sensibilité de ses enfants. C’est pourquoi, elle a promulgué un nouvel ordo missae, avec peut-être une certaine précipitation, pour réaliser le vœu de Vatican II de restaurer le rite romain, de lui conférer une certaine clarté et pureté, tout en y incorporant certaines richesses de la Tradition ancienne de l’Eglise. En même temps, constatant que certains se sentaient spirituellement plus en harmonie avec la messe tridentine, elle a reconnu leur droit à continuer à célébrer l’eucharistie dans la forme du missel de 1962.

Aujourd’hui, l’immense majorité des prêtres célèbrent la forme ordinaire de la messe de manière exclusive. Selon l’Eglise, ils devraient cependant connaître aussi le forme extraordinaire et ne pas la mépriser. Je pense qu’un prêtre ferait bien en effet de célébrer parfois dans cette forme extraordinaire. J’en vois deux raisons majeures. D’abord, pour mieux saisir le sens profond des réformes de Vatican II, il faut connaître de l’intérieur ce qui se faisait auparavant et mieux saisir ainsi le sens des changements. La célébration fervente de la forme extraordinaire aura même des conséquences heureuses sur la célébration de la forme ordinaire, en aidant par exemple à retrouver le sens du sacré. Ensuite, la disparition complète du missel tridentin amènerait une coupure avec toute la culture des siècles passés, marqués par la liturgie tridentine et provoquerait ainsi une tragique perte de la mémoire.
Je voudrais maintenant comparer brièvement les deux missels et souligner la richesse de chacun d’eux.

Richesses du missel de Paul VI

Il y a d’abord le nouveau lectionnaire. Il nous offre sur deux ans en semaine, et sur trois ans, les dimanches, un parcours vaste et judicieusement choisi de l’ensemble de la Sainte Ecriture. Ce lectionnaire est ainsi une mine pour la lectio divina, la méditation et la prière personnelle.
Ensuite, les nombreuses et nouvelles préfaces. Elles mettent en valeur toute la richesse du mystère célébré.

Richesses du missel tridentin

Selon moi, il y a l’offertoire, qui souligne le caractère sacrificiel de la messe et nous aide ainsi à entrer plus consciemment  et mieux préparés dans la prière eucharistique.
Le nombreux gestes, comme les signes de croix, accomplis par le prêtre pendant le canon, donnent à la prière une expressivité sacrée incomparable. La participation par le corps me semble en effet mieux mise en valeur dans cette forme du rite romain.

Conclusion

L’essentiel en tout cela est l’amour. Amour immense de l’Eglise, amour fervent de l’eucharistie. Puisse dans cet amour l’Eglise retrouver la paix liturgique.

Source le blog du Père Simon Noël
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