Tribune – Non à une Eglise catholique “post-moderne pour les post-modernes”
Download PDF

 

 

La présente réflexion pourrait être intitulée : Non à une Eglise catholique qui serait “postmoderne pour les postmodernes” : non, en effet, à une Eglise catholique qui croirait pouvoir être, ou qui voudrait pouvoir être désormais, avant tout, notamment, ou seulement, dotée d’une mentalité postmoderne, en direction ou au service du monde contemporain et postmoderne.

 

Certes, le monde contemporain a changé d’univers mental, après 1945, même si l’on ne s’en est pleinement aperçu que juste après le milieu des années 1960, mais ce n’est pas parce que le monde contemporain a changé d’univers mental que l’Eglise catholique doit, elle aussi, changer d’univers mental, et doit le faire coûte que coûte, à tout prix, ou doit se déconfigurer puis se reconfigurer “au fur et à mesure”, de changement en changement, au point de préférer la “sequela mundi” à la Sequela Christi, ou au risque de subordonner l’Imitation de Jésus-Christ à l’intégration des valeurs du monde de ce temps.

 

I.

 

  1. D’une part, à ce petit jeu-là, l’Eglise catholique sera toujours en retard d’un changement d’univers mental, d’autre part, le changement d’univers mental dont il est question ici n’est certes pas un changement d’univers mental purement formel et purement ponctuel, artificiel ou superficiel, non potentiellement hégémonique ni potentiellement irréversible, enfin, ce changement d’univers mental a une caractéristique religieuse, une signification spirituelle, à la fois postchrétienne et postmoderne, que j’évoquerai en fin de texte, et qui est bien plus souvent dissimulée aux fidèles catholiques par les clercs catholiques qu’elle ne leur est précisée ou rappelée, avec insistance et avec lucidité.

 

  1. Il se trouve qu’il y a une incompatibilité fondamentale entre l’introduction, sinon la domination, de la mentalité postmoderne dans l’Eglise catholique, et le maintien en vigueur, et en plénitude, dans l’Eglise catholique, des principes et des pratiques qui permettent de prioriser la réception et la transmission, pensées et vécues dans la Foi, l’Espérance et la Charité,

 

– des catégories et des comportements, des conceptions et des distinctions, des définitions et des oppositions,

 

– des différenciations et des hiérarchisations, des médiations et des positions, de la prédication et de la pastorale,

 

qui contribuent grandement, et qui sont mêmes indispensables

 

– à la connaissance de la Parole de Dieu, à la compréhension du message de Dieu, à la fidélité à la volonté de Dieu,

 

– au respect et au souci de la liturgie, des sacrements, à la contemplation des mystères de Dieu, à l’adoration des Personnes divines.

 

  1. On rappellera ici qu’il s’agit du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit, la mentalité postmoderne présente au sein ou, en tout cas, autour de l’Eglise catholique, ayant précisément horreur de ce type de rappel, car pour elle cette précision est “dépassée”, est “injuste”, est “insensée”, ou est une “prétention”…”ringarde” ou “stupide”.

 

  1. Mais quelles sont les caractéristiques fondamentales de la mentalité postmoderne, et en quoi ces caractéristiques fondamentales sont-elles incompatibles avec les caractéristiques fondamentales du christianisme catholique ?

 

  1. D’une manière générale, le postmoderne

 

– n’a pas “le culte de l’homme” ni “la passion de la raison”, dans l’acception humaniste européenne, “classique moderne”, de ces termes, acception que l’on peut rencontrer chez des disciples de Descartes, de Locke, ou de Kant,

 

mais

 

– a le culte du Moi, de l’Autre, du Nous, au moyen

 

  1. a) de sensations et de sentiments individuels “alter-égoïstes”, agréables pour le Moi, ouverts sur l’Autre, partageables au sein du Nous,

 

  1. b) d’une sensibilité festiviste ou hédoniste et d’un sentimentalisme humanitariste,

 

  1. c) d’une solidarité humaine “vivre-ensembliste” sans ouverture sur la transcendance divine.

 

  1. Pour le postmoderne, par exemple, toute différenciation ou toute hiérarchisation explicite et objective, bien critérisée et bien délimitée, en matière religieuse, morale, culturelle, sexuelle, est synonyme de discrimination arbitraire, et est l’antichambre de bien des dominations et de bien des injustices, de bien des exclusions et de bien des oppressions. Mais en quoi donc un ensemble de délimitations ou de hiérarchisations est-il nécessairement générateur de surdéterminations asservissantes, et en quoi donc un ensemble d’indélimitations ou d’indifférenciations est-il salutairement générateur d’indéterminations authentiquement émancipatrices, au coeur de l’individu, et effectivement unificatrices, entre les individus ?

 

 

II.

 

  1. D’une part, il n’est pas exagéré de dire qu’une Eglise catholique qui se mettrait en conformité avec la mentalité postmoderne serait contrainte, pour pouvoir le faire, de démanteler ou de neutraliser, de dénormativer ou de désobjectiver, de décolorer ou de déstructurer, de relativiser ou de subjectiviser, une très grande partie de ce qui fait que le christianisme catholique résiste encore à l’esprit du monde, se transmet encore, de générations en générations, et surtout, s’inspire encore de la Parole de Dieu, communique encore la Grâce de Dieu, coopère encore avec la Grâce de Dieu, reçoit et transmet encore l’Amour et la Lumière de Dieu.

 

  1. D’autre part, il n’est pas exagéré de dire que la mentalité postmoderne n’est pas seulement postmoderne : elle est aussi postchrétienne et, implicitement ou indirectement, anti-chrétienne, en ce qu’elle fonctionne à un antichristianisme qui se veut “light” et “soft”, par arguments axiologiques situés au croisement de l’herméneutisme et de l’historicisme, et par hégémonie intellectuelle médiatiquement et mondialistement correcte. Il existe en effet un herméneutisme et un historicisme axiologiques postmodernes, qu’il convient de ne pas confondre avec une interprétation historiciste inspirée par Hegel ou par Marx, qui s’exprime avant tout sous l’angle ou sur le terrain des valeurs, et qui n’est presque jamais hostile, entre autres, au multiculturalisme et au supranationalisme.

 

  1. En outre, il n’est pas fallacieux de dire que si la mentalité postmoderne ne prône pas avant tout la persécution des personnes chrétiennes, elle prône, en revanche, le contournement et le dépassement des objections et des principes présents au sein du christianisme catholique, en les faisant passer pour des objections et des principes qui résultent d’interprétations conjoncturelles et particulières, et non fondamentales ni universelles, qui ont eu leur autorité ou leur importance, avant-hier ou hier, mais qui n’ont pas à avoir d’autorité ou d’importance, dans le monde d’aujourd’hui, ni, a fortiori, dans celui de demain, certaines de ces objections ou principes étant, de surcroît, porteurs de “phobies” dirigées contre telle communauté, et contre les personnes attachées à telle manière de penser ou à telle manière de vivre.

 

  1. Enfin, il n’est pas mensonger de dire que si la mentalité postmoderne ne prescrit pas avant tout les agressions verbales ou gestuelles contre les personnes chrétiennes, elle prescrit, en revanche, la ringardisation et la stigmatisation “culturelles” de ces personnes, la marginalisation ou la ridiculisation “culturelles” de ces personnes, ou plutôt de celles d’entre elles qui prennent au sérieux Jésus-Christ, l’Ecriture, la Tradition, le Magistère, le Catéchisme, la Foi surnaturelle, la loi naturelle, au point de se mobiliser et de s’organiser pour résister, d’une manière explicite et spécifique, face à telle ou telle “avancée” anthropologique ou civilisationnelle postmoderne.

 

  1. Les fondements et le contenu du Credo, du Notre Père, du Décalogue, les vertus surnaturelles et théologales que sont la Foi, l’Espérance, la Charité, mais aussi ce qu’il y a de plus éclairant et de plus exigeant, au sein de l’humanisme européen évoqué ci-dessus, et ce qu’il y a de spécifique, donc de plus réfractaire à leur réduction ou à leur soumission à la grille d’analyse postmoderne, au sein des religions et traditions croyantes non chrétiennes, sont “in-com-pa-ti-bi-li-sa-bles” avec la mentalité et la moralité postmodernes, sauf à transformer la religion chrétienne en une méthode de développement personnel inspirée par, ouverte sur, la transcendance divine, mais située par-delà le vrai et le faux, le juste et l’injuste.

 

  1. Cela explique grandement pourquoi tel intellectuel, comme Alain FINKIELKRAUT, “médiatique” en ce que sa pensée est médiatisée, mais certes pas en ce qu’elle est médiatiquement correcte, est fréquemment détesté par les artisans et partisans de la mentalité postmoderne, quand il prend appui sur des données factuelles, localisés dans l’espace et dans le temps, c’est-à-dire des idées ou des actions, des catégories ou des comportements, situés dans l’esprit public ou dans le corps social, pour critiquer les incohérences et les inconséquences de la mentalité et de la moralité postmodernes.

 

 

III.

 

  1. D’une part, ce que bien des postmodernes adorent, c’est une relation adolescente ou adulescente, virtuellement narcissique, à certaines composantes de la réalité, une relation désirante à certaines idées, à certaines actions, à certains êtres, dans le cadre de laquelle l’émotion fait souvent office d’opinion, l’indignation tient souvent lieu de lucidité, le sentiment se substitue fréquemment à l’argument, d’où le conformisme, le court-termisme, le mimétisme, de certains mouvements.

 

  1. D’autre part, ce que bien des postmodernes adorent, c’est que l’on donne raison à des minorités, mobilisées et organisées, qui entendent bien faire en sorte que la société reconnaisse, dans la classe médiatique et dans la classe politique, puis dans les lois et dans les moeurs, le bien-fondé de revendications axiologisantes, comportementales, éthico-morales, communautaires et identitaires, qui sont parfois de véritables grands caprices d’hommes et de femmes qui se prennent pour des petits dieux.

 

  1. En outre, ce que bien des postmodernes détestent, ce sont des réalités et des thématiques telles que le bien commun, la véritable dignité et la liberté responsable de la personne humaine, la loi naturelle, la vérité objective, notamment et surtout quand elles sont pensées et vécues, recherchées et respectées, d’une part, en adhésion à, et en communion avec, Jésus-Christ, d’autre part, d’une manière vigilante et résistante, face à l’esprit du monde, face à la mentalité dominante, dont la mentalité postmoderne est une composante contemporaine et dominatrice.

 

  1. Enfin, ce que bien des postmodernes détestent, c’est que les individus et les communautés d’inspiration non postmoderne, face au à la mentalité postmoderne, ne consentent pas à être inoffensifs, ne se contentent pas d’être inoffensifs, ne s’y résignent pas, ne s’y soumettent pas, ne s’en satisfassent pas, ne s’en tranquillisent pas, mais soient, au contraire, contre-offensifs, au moyen et à partir d’une conception globale, alternative et indépendante, à l’égard du postmodernisme, une conception indocile ou insoumise, inspirée par une source située en amont et en surplomb.

 

  1. Chacun aura compris la nature religieuse, la substance spirituelle, du phénomène auquel nous sommes confrontés, dans le cadre de notre mise en présence du postmodernisme : celui-ci est une tentative de parachèvement de la promotion de l’homme en lieu et place de Dieu, cette tentative est fallacieusement émancipatrice et unificatrice, ne peut qu’asservir la personne à ses caprices, ou ne peut qu’apporter la division dans le cœur de l’homme ou dans les mœurs des hommes.

 

  1. Mais chacun aura également compris que s’il n’est évidemment pas question de dire oui à la conception selon laquelle l’Eglise catholique a vocation à devenir “postmoderne pour les postmodernes”, il n’est pas davantage question de se laisser enfermer dans l’alternative selon laquelle les catholiques n’auraient le choix qu’entre cette “postmodernistation du catholicisme” et un enfermement “communautaire” et “identitaire” qui les contraindrait à être avant tout, voire seulement, “anti-modernes contre les post-modernes”, c’est-à-dire soi-disant nostalgiques, angoissés, réactionnaires, “fa…risiens”.

 

 

IV.

 

  1. En d’autres termes, bien des catholiques philo-postmodernes voudraient bien que les catholiques vigilants et résistants, face au postmodernisme, soient accusables, humiliables, incriminables, intimidables, à cause d’une attitude, d’un comportement, qui consisterait à oublier, ou à négliger, la primauté du spirituel, de la connaissance de la Parole de Dieu, de la compréhension du message de Dieu, de la fidélité à la volonté de Dieu, de la piété et de la prière personnelles, et à surlégitimer l’importance, ou à survaloriser la nécessité, de la vigilance et de la résistance face au postmodernisme.

 

  1. Que les catholiques non philo-postmodernes ne fassent donc pas “ce petit plaisir” à ceux de leurs contempteurs et détracteurs, quels qu’ils soient, qui veulent les critiquer et les désarmer, les décourager et les démotiver, depuis l’intérieur de l’Eglise catholique, d’autant plus qu’ils ont amplement la possibilité de ne pas faire à leurs accusateurs “cette grande joie”.

 

  1. Si le rappel conclusif rédigé à présent peut éclairer les plus influençables ou les plus intimidables, ce rappel consiste à signaler et à souligner qu’en d’autres temps, des catholiques philo-communistes (ou des catholiques qui ne voulaient pas que les catholiques puissent et sachent être catholiques, et, notamment, anti-communistes), nous ont déjà fait le même coup : à les entendre, il était absolument impératif que les catholiques s’adaptent, évoluent, se conforment au sens de l’histoire, ou à leur conception, suiviste, des signes des temps, montent intelligemment et opportunément dans le train de l’évolution et de l’orientation de l’homme et du monde, et ne restent donc pas bêtement et tristement sur le quai de la gare de leurs objections rétives et de leurs positions stériles, voire néfastes ou nocives, car “beaucoup trop” catholiques pour ne pas être “quelque peu” intégristes. Or, nous savons tous que le train de l’avenir, de la justice, du bonheur, du progrès, a fini par dérailler.

 

  1. Nous sommes actuellement à peu près en présence du même type de tentative de culpabilisation intra-ecclésiale des catholiques vigilants et résistants, aujourd’hui, désormais, face au postmodernisme, parce que certains clercs voudraient pouvoir faire pactiser l’Eglise avec l’esprit du monde, voudraient pouvoir prescrire cette pactisation aux catholiques, et voudraient pouvoir proscrire, interdire aux catholiques, la vigilance et la résistance, face à cette tentative de pactisation.

 

  1. Ainsi, dans l’Eglise catholique, actuellement, presque toute tentative, doctrinale ou pastorale,

 

– de réduction ou de soumission du dialogue oecuménique à du consensus oecuméniste,

 

– d’asservissement ou d’assujettissement du dialogue interreligieux à du consensus para-religieux,

 

– de canalisation ou de configuration du discours de l’Eglise, sur et vers le monde contemporain, en direction d’un accompagnement fallacieusement humanisateur, qui semble presque dispenser les non chrétiens de conversion chrétienne,

 

est certainement bien plus d’inspiration philo-postmoderne que d’inspiration distante et prudente, ou critique et croyante, face au postmodernisme.

 

  1. A mon avis, c’est sous cet angle-là, sur ce terrain-là, que les catholiques qui savent bien qu’il existe bien une conception “catholique postmoderne”

 

– de la “libération”, qui est plus faussement émancipatrice que vraiment libératrice,

 

– du “pluralisme”, qui n’objecte ou n’oppose rien, face au relativisme et au subjectivisme,

 

– du “dialogue”, qui ne repose pas sur des distinctions, mais qui découche sur de la confusion,

 

– de “l’unité” qui élude ou occulte des éléments porteurs de vérité, qui sont sacrifiés au consensus,

 

devraient pouvoir identifier la nature fondamentalement religieuse, la substance fondamentalement spirituelle, du postmodernisme. En tout cas, puissent ces quelques lignes contribuer à cette identification, qui est devenue indispensable.

 

Un lecteur de Riposte catholique.

(et la Rédaction tient à ajouter ce petit post de l’auteur “Et surtout : je ne suis que ceci : “Un lecteur de Riposte catholique”, un lecteur parmi d’autres, car je suis convaincu que nous sommes plus nombreux que nous ne le croyons à penser ce que je viens d’écrire.”)

La ligne éditoriale de Riposte catholique cherche à sortir de la “langue de buis”, peu propice à la recherche de la vérité.  C’est pourquoi nous publions volontiers des tribunes libres. Nous précisons cependant que ces tribunes publiées sur Riposte Catholique n’engagent que leurs auteurs. Nous les proposons à nos lecteurs en tant que contributions au débat et à la réflexion. La Rédaction

 

Polémique – Le Vatican va-t-il recadrer le cardinal Kasper ?
Download PDF

Après son interview donnée au journal d’Aix-la’chapelle, le cardinal Kasper, connu pour ses thèses modernistes, va-t-il est recadré par le Vatican ?

Au cours de cet entretien, le prélat semble tirer à l’extrême les propos du pape sur la réforme de l’Eglise. La question que suscite cette interview est de savoir si le cardinal extrapole ou si le pape cautionne les thèses très ouvertes de l’évêque allemand.

Le synode sur la famille a créé une ligne de tension au sein de l’épiscopat catholique. Tension que l’exhortation apostolique Amoris laetita, récupérée et travestie de toutes parts, n’a pas réussi à apaiser. Une position du Vatican sur l’interview du cardinal Kasper permettrait peut-être de clarifier également la sibylline ligne d’interprétation de cette exhortation.

 

Pierre Selas

 

 

Courrier d’un lecteur – La nouveauté du pape pas si nouvelle ?
Download PDF

 

 

Un lecteur a tenu à réagir à notre article sur l’invitation du pape à accepter la nouveauté.

https://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/points-non-negociables-riposte-catholique-blog/decryptage-pape-invite-a-accepter-nouveaute

Quelques précisions pour mieux comprendre l’intention de l’auteur

 

” D’une part, il ne s’agit pas ici de se tourner vers un individu, mais de se tourner vers un état d’esprit, qui n’a certes pas attendu l’élection du Pape François, ni même la fin du Concile Vatican II, pour commencer à apparaître, au sein de l’Eglise catholique, et qui a déjà produit des effets non négligeables, notamment dans les années 1970 et dans les années 1980.

 

D’autre part, il ne s’agit pas non plus de laisser entendre que la totalité du Magistère et de la pastorale du Pape François se réduit ou se soumet à ce “franciscanisme périphériste”, ni de s’en prendre à tel élément de ce Magistère ou de ce cette pastorale (d’autant plus que les encycliques et exhortations du Pape François ne comportent pas que des paragraphes rattachables à cet état d’esprit), mais il s’agit plutôt, trois ans après le 13 mars 2013, de formuler une position analytique sur ce qui semble vraiment constituer le spécifique de ce pontificat. 

 

Enfin, il s’agit surtout, à l’occasion de ce type de réflexion, de rappeler que “la priorité des priorités” 

 

– n’a pas à être le développement de l’attractivité de l’Eglise catholique, aux yeux des non catholiques, des non chrétiens, des non croyants, entre autres raisons parce que, notamment dans le contexte européen occidental, nous subissons les conséquences de cette priorisation, plus décatholicisante que christianisatrice, depuis bientôt trois quarts de siècle,

 

– mais a vocation à être la clarification sur ce que sont vraiment la Foi, l’Espérance, la Charité, non pour le plaisir de clarifier, sans suites vécues, mais en vue de la consolidation effective de la prise en compte, de la mise en oeuvre, de la Foi, de l’Espérance, de la Charité, c’est-à-dire de ce que Jésus-Christ, Fils de Dieu, demande, notamment, à tous les catholiques. 

 

Après tout, si des approbateurs inconditionnels du Pape François ont la possibilité de faire remarquer à ciel ouvert que ce qui semble vraiment constituer la marque de ce pontificat n’est pas sans ressembler assez nettement à l’actualisation d’un courant de pensée et d’action qui est déjà apparu, dans l’histoire du catholicisme contemporain, on ne voit vraiment pas pourquoi d’autres catholiques, non contempteurs du Pape François, mais critiques vis-à-vis de ce même courant de pensée et d’action, n’auraient pas le droit d’inviter à faire la même remarque. ”  

 

 

 

  1. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au moins une partie de ce qu’il y a de spécifique, dans le positionnement du Pape François, n’a rien de nouveau.

 

En effet, une partie de ce qu’il y a de particulier, dans sa conception des choses et sa relation aux choses, est d’inspiration assez proche de ce que l’on trouve, dès les années 1960, chez ceux qui, déjà à l’époque, veulent une Eglise pauvre pour les pauvres : Arrupe, Camara, Himmer, Lercaro, etc.

 

Pour comprendre les catacombes

suivre le lien ici, ici et ici

 

 

Le « Pacte des catacombes »

ou encore ici et ici  et ici

 

 

 

  1. De même, une partie de ce qu’il y a de particulier, dans sa conception du Synode et sa relation au Synode, a déjà été vécu et subi dans et par l’Eglise catholique, dans les années 1970, notamment et surtout lors des Synodes des évêques de 1971 et de 1974, sauf qu’à l’époque le Pape Paul VI était en situation de vigilance et de résistance catholiques, face à plusieurs évêques, qui se prenaient pour des rénovateurs, alors qu’ils étaient des démanteleurs, ou, en tout cas, alors qu’ils suscitaient en eux et autour d’eux des vocations de démanteleurs.

 

  1. Ce que je suis en train de laisser entendre, c’est que le “franciscanisme périphériste” ne constitue en rien une nouveauté, mais a plutôt tendance à fonctionner à la nostalgie, vis-à-vis d’une tendance à la confusion entre attitude évangélisatrice et comportement émancipationniste, en l’occurrence à l’égard de ce qu’il y a de normatif et d’objectif dans l’expression officielle ou orthodoxe de ce que sont la Foi, la Charité, les sacrements, en d’autres termes, et pour aller vite, vis-à-vis du Credo, du Décalogue, et du mariage.

 

  1. Qui sommes-nous, pour ne pas constater que si les catholiques étaient moins amnésiques, sur la doctrine et sur l’histoire de l’Eglise, ils auraient été beaucoup moins acritiques, dès le début du pontificat du Pape François, sur le caractère soi-disant innovateur, original, et, surtout, “évangélique”, de cette composante du positionnement du Pape François.

 

  1. En quoi est-il pleinement fidèle à, ou pleinement respectueux de l’Ecriture, de la Tradition, du Magistère, du Catéchisme, de recourir à “l’esprit de l’Evangile”, pour actualiser ou contextualiser, d’une manière sélective ou tendancieuse, la vision de, ou le rapport à l’orthodoxie, au point de donner fréquemment l’impression que l’on légitime ouvertement un assouplissement, ou plutôt un affranchissement, émancipationniste, et non évangélisateur, sur ce que sont vraiment la Foi, l’Espérance, la Charité, les sacrements ?

 

  1. Le Pape François accepte, approuve, désire, ou projette, à la fois une Eglise pauvre pour les pauvres, et une Eglise synodale : ne sait-il pas qu’il s’agit là d’une double absurdité, potentiellement suicidaire, qui a déjà mis à mal l’Eglise catholique, à partir du début des années 1960 ?

 

  1. En effet, d’une part l’Eglise est riche de nombreuses ressources caritatives, contemplatives, culturelles, doctrinales, dogmatiques, éducatives, liturgiques, morales, pastorales, sociales, spirituelles, théologiques, et, d’autre part, l’Eglise s’adresse à tous, destine ces ressources à tous, aux pauvres et aux riches, les uns et les autres étant tous des pauvres, face à Notre Seigneur.

 

  1. Par ailleurs, que serait, immanquablement, une Eglise synodale, que ce soit dans le cadre du Synode des évêques, ou dans celui de Synodes diocésains ? Nous ne savons que trop qu’une Eglise synodale serait une Eglise dans laquelle la doctrine, dans l’ordre de la Foi, dans celui des moeurs, ou dans celui des sacrements, serait occultée ou évacuée, parfois par votes à main levée, au profit d’une praxis pastorale qui serait, ELLE, auto-référencée, changeante et mouvante, et qui confondrait fréquemment actualisation et démantèlement, pour ne pas dire modernisation et dénaturation.

 

  1. Ce qui précède ne constitue pas un procès d’intention, au contact de ce que veut François, mais constitue l’expression d’une quasi-certitude, sur ce que cette composante de son positionnement (qui se traduit d’ailleurs souvent par la mise en cause non charitable des catholiques “pélagiens” ou “pharisiens”, qui fonctionnent au “gnosticisme”, au “légalisme”, ou au “rigorisme”) a déjà commencé à produire, au sein de l’Eglise catholique : davantage une fragilisation qu’une consolidation du recentrage qui a été impulsé puis incarné, pendant un peu plus de trois décennies, par Jean-Paul II puis par Benoît XVI.

 

  1. La priorité des priorités n’est pas une Eglise pauvre pour les pauvres, ni une ecclésiologie en synodalité, mais est la consolidation de la Foi, de l’Espérance, de la Charité, des sacrements, et la vigilance, au service de la résistance, face à telle ou telle composante de l’esprit du monde, que cette composante soit, pour ainsi dire, d’inspiration anthropocentrique et individualiste postmoderne d’origine occidentale, ou d’inspiration communautariste et théocratique médiévale d’origine orientale.

 

Cela n’exclut pas, bien au contraire, une très grande attention aux pauvres, d’autant plus que ceux-ci, entre autres, ont besoin d’une Eglise lucide et tenace, face à l’esprit du monde. Mais les fidèles ont-ils bien conscience du fait que toute religion séculière, même “croyante en Dieu”, ou que toute volonté de puissance, même “croyante en l’Homme”, est inspirée par l’esprit du monde, et que les pauvres sont bien souvent parmi les premières victimes de telle religion séculière ou de telle volonté de puissance ?

 

 

Un catholique.

La ligne éditoriale de Riposte catholique cherche à sortir de la “langue de buis”, peu propice à la recherche de la vérité.  C’est pourquoi nous publions volontiers des tribunes libres. Nous précisons cependant que ces tribunes publiées sur Riposte Catholique n’engagent que leurs auteurs. Nous les proposons à nos lecteurs en tant que contributions au débat et à la réflexion. La Rédaction

 

L’édito de RC – Le progrès des modernes….. Hypothèque sur notre bonheur
Download PDF

 

Le désarroi de notre société actuelle, la perte d’identification de ce qui fait le bonheur de l’Homme, démultiplient les besoins compensatoires et l’on cherche toujours plus à combler un vide existentiel, par une accumulation d’avoir. Cette destructuration intérieure de l’Homme est un formidable dopant pour la croissance de la consommation. C’est même le moteur de notre société de consommation.

Il est étrange que des partis ou mouvements politiques qui cherchent à défendre les plus faibles ne voient pas comment et combien leur idéologie, sous couvert de progrès et de libération de l’Homme, hypothèque gravement son bonheur. Car défigurer le visage de l’Homme, c’est le condamner à ne plus se reconnaître lui-même et donc à ne plus se connaître. Or Socrate ne pose-t-il pas comme préalable à toute quête humaine, le « Connais-toi toi-même » ? Comment l’Homme d’aujourd’hui peut-il se reconnaître dans l’être lacéré de toutes parts qu’on lui présente  comme étant lui.

Dénaturer l’Homme dans sa sexualité, dans sa filiation, dans sa paternité, dans son altérité, dans son origine, c’est le condamner à l’exil. L’Homme d’aujourd’hui est un exilé dans son propre être, un étranger dans sa propre chair. Toutes les mesures que souhaite prendre le gouvernement hypothèquent gravement ce bonheur. De la conception à la mort, en passant par l’intimité de la vie quotidienne ou la construction de son identité, il n’est pas un moment de la  vie, pas un instant du développement de l’être humain qui ne soit compromis sérieusement.

Concrètement, les lois sur l’embryon et les projets de loi sur l’euthanasie, la GPA et autres innovations, compromettent la dignité la plus fondamentale de l’Homme, car l’être humain court le risque de ne plus être ce sanctuaire inviolable. Or cette inviolabilité est un gage de stabilité et de paix. Combien sont désormais affolés par leur fin de vie, ont peur d’aller à l’hôpital car ils sentent désormais une angoissante épée de Damoclès sur leur propre survie ?

Quant au mariage, à l’identité sexuelle ou à l’éducation des enfants, ce sont autant de « réformes » qui destructurent l’équilibre et donc la construction même de la personne. C’est là plus que nulle-part ailleurs, dans ce sillon que se creuse la quête existentielle du bonheur. Tromper l’Homme sur la réalité profonde de son être, par un relativisme de confort, c’est lui interdire toute possibilité d’entreprendre, en vérité et en liberté, cette quête du bonheur. C’est l’orienter vers la recherche vaine d’un faux-semblant qui ne débouchera que sur cette course effrénée aux plaisirs compensatoires.

Les différents projets de lois sont donc une véritable menace, une hypothèque lourde, véritable épée de Damoclès dont l’un des effets, non négligeable sera de plonger notre pays dans une véritable dépression morale et au-delà économique, l’un n’allant pas sans l’autre.

 

Edito de RC – Pour une résistance cuturelle
Download PDF

L’argument politique qui nous vaut aujourd’hui toutes ces réformes si contraires à la vérité humaine la plus profonde ne cesse de surprendre tant il est inconsistant et intrinsèquement pervers. Il faut accompagner les évolutions de la société, vivre avec son temps. L’argument d’autorité le plus fréquemment répandu, qui produit son effet muselière à chaque fois et qui sert d’ultime justification, consiste à habiller de ringardise toute idée contraire à ce que l’on présente comme la marche inéluctable du progrès. Une telle conviction, si contraire à des siècles de pensée et d’Histoire, n’est pas ainsi surgie de nulle part d’esprits brillants eux-mêmes engendrés par ce progrès qui, libérant les peuples, aurait aussi débridé des intelligences jusque-là maintenues dans l’obscurité. C’est un long processus qui a commencé avec les penseurs de la Renaissance dont le nom choisi dit bien des choses de l’orgueil qui l’a suscité. Après des siècles d’obscurantismes, enfin l’esprit libéré, d’on ne sait trop quoi du reste, allait pouvoir redonner à l’humanité cette lumière perdue depuis 1000 ans. Car renaître signifie qu’il y a eu une vie préalable, celle bien entendue de l’Antiquité, peu importe d’ailleurs que l’on ait au préalable enfoui tous les travers de cet âge d’or imaginaire. Il arrive en effet que lorsque l’élève ne parvient plus à dépasser le maître, l’ombre de ce dernier, de protectrice devient étouffante. Il est alors incontournable pour avoir l’air de le dépasser, de l’écraser. C’est ce qui s’est passé avec la Renaissance (sans nier non plus les réels apports de ces siècles) et c’est ce qui se passe aujourd’hui dans l’art, la création, la philosophie et donc la vie politique. Aidée par une large désinformation historique, l’argumentaire moderniste s’est entouré en outre d’une propagande idéologique pour forger un bien-pensant ambiant auquel tout le monde est aujourd’hui prié de se soumettre. Sans prendre le temps de dérouler ici la naissance et le développement de l’idée de progrès, je me permets ce renvoi à l’historien Marc Venard qui fait une minutieuse analyse de cette ascension perverse dans « Naissance et vie de l’idée de progrès » aux éditions de l’Académie de Rouen (2011). Ceci pour couper court à d’éventuelles critiques qui voudraient discréditer les fondements scientifiques de mes affirmations.

 

Seulement, cette course au progrès repose sur deux jambes gangrénées. Elles sont si fragiles que plus la course s’étend, plus l’Homme en subit les conséquences destructrices. La première de ces jambes n’est autre que l’orgueil. L’orgueil de médiocres qui ne parviennent pas à dépasser leurs maîtres. Le drame de notre société est d’avoir laissé une large part aux médiocres me disait un universitaire brillant il y a quelques années.  Propos élitistes ? Sans doute si élitisme veut dire équité. Car l’élitisme n’est pas brimer les petits, mais favoriser ceux qui ont réellement un haut potentiel. L’élite ne s’entend pas uniquement intellectuellement, mais aussi manuellement, physiquement etc. Nous avons tous des dons, des charismes que n’ont pas les autres et qui font de chacun de nous un haut potentiel dans notre domaine de compétences. L’élitisme, c’est favoriser ces potentiels et leur laisser la place qui leur est due pour le bien de tous. L’élitisme est équitable, il n’est pas égalitaire. L’orgueil déplacé de fausses élites pèse lourdement sur le bien de toute la communauté humaine. L’orgueil de ceux qui les écoutent et qui trouvent dans leurs idées tant de facilités pèse aussi. Car à y regarder de plus près, que propose ce modernisme sinon une lente descente vers la facilité. Tout ce qui permet à l’Homme de résister aux vents contraires, tout ce qui fait de l’Homme un être épanoui suppose une adaptation au réel et un véritable travail de domination sur soi, seul garant de notre liberté. Or les idéologies du progrès n’appellent aucun combat sur soi, elles sont libertaires, c’est-à-dire finalement liberticides, car elles rendent l’Homme esclave de déterminismes inconscients bien plus dangereux qu’un soi-disant opium du peuple. Quant à l’autre jambe sur laquelle s’élance cette course, ce n’est autre que le refus du réel et de la non contradiction.  Les deux jambes vont bien de pair du reste. Mais elles sont en train de se faire de mutuels crocs-en-jambe, parce que l’orgueil comme le refus du réel rendent aveugle et sourd. L’Homme aujourd’hui est incapable de se diriger car en perdant le sens commun, il a perdu tous les sens nécessaires pour se repérer.

Alors prenons à rebours l’argument des modernistes. Et puisqu’il faut accompagner la société dans son évolution, puisque la pratique finit par devenir la norme et finalement la loi, entrons en résistance culturelle. Vivons comme nous l’avons toujours fait (et même mieux). Le bien est diffusif de soi. Continuons à appeler un chat un chat, un père un père, une école maternelle école maternelle et ainsi de suite. Ne nous laissons pas gagner par l’inconscience ambiante, au contraire soyons plus que jamais des témoins, des lumières sur le boisseau. Refusons de jouer ce mauvais jeu de rôles et demeurons dans la vérité. C’est le meilleur service que nous pourrons rendre à l’Homme. Mais cela suppose de s’enraciner non dans le conservatisme, mais dans la vérité et la liberté. Restons libres de vivre au grand jour notre conscience. Certes cela risque de faire mal, cela risque de douloureuses mises au banc de la société, mais si le million que nous étions et bientôt les millions que nous serons forment une fraternité unie, alors cette fraternité sera le socle de notre liberté et nous pourrons parler d’égalité parce que nous parlerons en vérité.

Le dimanche matin ne convient plus aux anglicans
Download PDF

Les chiffres sont formels : la présence des fidèles à la liturgie dominicale connait dans les paroisses anglicanes un fort déclin, au moins en partie compensé par une augmentation du nombre de fidèles présents aux offices célébrés en semaine dans les cathédrales. En effet, explique-t-on dans le clergé, la société anglaise a désormais mieux à faire le dimanche matin que d’honorer l’un des commandements du décalogue : shopping, activités sportives et créatives ont désormais pris la place. Et, ajoute une « prêtresse » anglicane, il faut donc d’urgence s’adapter à ces heureuses évolutions, et compresser la liturgie pour la faire rentrer dans l’éventuelle heure libre de tout un chacun aux horaires les plus accommodantes : « lors d’un office à 12h30, beaucoup de gens se glissent sur les bancs ». De quoi se demander jusqu’où l’on pourra aller outre-Manche dans cette volonté « d’accompagner » la société… où qu’elle aille.

Messe dans un théâtre dans le diocèse d’Evry
Download PDF

Le 30 novembre 2014, monseigneur Dubost, évêque d’Evry, clôturera sa visite du “secteur” de Longjumeau (qui regroupe pas moins de huit paroisses) par une grand-messe. En sous-titre des motivations de cet événement diocésain, on comprendra qu’il s’agit d’habiller proprement la disparition et la fusion de plusieurs paroisses du diocèse.
Pour éviter que l’évêque ne célèbre devant une foule éparse, on utilise à nouveau une technique qui a fait ses preuves : toutes les autres messes du secteur sont supprimées. Et pour accueillir la foule générée par une telle mesure, la liturgie sera célébrée au théâtre de Longjumeau, à savoir une barre de béton disgracieuse au possible. On s’aperçoit une fois encore du mépris que l’on montre dans les plus hautes sphères pour la dignité du culte chrétien et le respect du rite romain. Pour ne rien gâcher, la messe sera suivie d’un pique-nique.

Près d’un dixième des prêtres catholiques anglais sont issus de l’anglicanisme
Download PDF

Selon une étude menée par Linda Woodhead, professeur de sociologie des religions à l’université de Lancashire, environ un dixième des prêtres catholiques de l’Église anglaise sont des convertis de l’anglicanisme. Selon elle, les conversions ont commencé en 1994, lorsque les anglicans ont commencé à ordonner des femmes « prêtres », et n’ont cessé d’augmenter, notamment à partir de 2001. 389 prêtres catholiques, dont 87 appartiennent à l’ordinariat de Notre Dame de Walsingham, ont donc fait le choix de quitter une église percluse des maux du modernisme, un exemple très révélateur de l’état de déshérence où se trouve l’église anglicane actuellement, alors que la minorité catholique est de plus en plus dynamique dans le pays.

Pour approfondir (en anglais) : The Tablet

Mise au point de la Curie sur le “geste de paix”
Download PDF

C’est une lettre de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, approuvée par le Pape, qui pourra donner quelques points d’appui dans la lutte contre la désacralisation de la liturgie. Après une réflexion menée avec les conférences épiscopales, la Congrégation a pris la décision de conserver à sa place le rite du « geste de paix » présent dans le missel Paul VI, mais de faire quelques rappels sur les règles qui entourent cette trouvaille. Il est rappelé aux évêques que ce geste de paix est facultatif et parfois déconseillé ; par ailleurs, pour éviter les débordements, le texte indique qu’il n’est pas opportun que l’on chante un chant à cette occasion, ni que le prêtre se déplace de l’autel pour « donner la paix ». Les gestes profanes qui ont pu s’installer à l’occasion de cette pratique sont quant à eux à proscrire.

Le primat anglican tente de sauver les meubles avec orthodoxes et catholiques
Download PDF

L’archevêque de Canterbury et primat de la communion anglicane, Justin Welby, s’est adressé dans un communiqué à l’Église catholique et à l’Église orthodoxe, qui ont toutes deux réagi très négativement à la décision de sacrer « évêques » des femmes. Dans un sabir tout imprégné de la culture du libéralisme qui définit aujourd’hui la pensée anglicane, il reconnaît que cette décision du synode a été « l’occasion de profondes réjouissances pour un grand nombre » mais aussi « une source de déception et d’inquiétude pour d’autres », et argue que « les problèmes que rencontre le monde » appellent orthodoxes et catholiques à dépasser cette nouvelle avancée du modernisme dans le monde protestant pour continuer à agir dans le cadre de la « quête » d’unité. Ou de l’art de vouloir le beurre et l’argent du beurre, mais avec le sourire.

Les inventions de Mgr Dagens pour cacher la pénurie de vocations dans son diocèse
Download PDF

Mgr Dagens, l’évêque qui accusait le Patriarche melkite de désinformation sur la nature de la rébellion syrienne, et qui se glorifie de ce que son diocèse a vu naître François Mitterrand, a publié dans La Croix une tribune dans laquelle il s’en prend à la « pastorale des vocations », critiquant à mots couverts les évêques qui cherchent activement à remplir leurs séminaires et y parviennent. Tombant pour ce faire dans le fidéisme le plus complet, qui consiste à considérer qu’il ne faut rien faire parce que l’Esprit Saint pourvoira, l’évêque académicien ne parvient pas à cacher une chose : les séminaires qui attirent les futurs prêtres sont ceux qui utilisent à nouveau les méthodes traditionnelles tant honnies par Mgr Dagens. Au lieu de se mettre à la remorque d’une machine qui semble enfin fonctionner dans l’Église de France, l’évêque d’Angoulême préfère regarder ses vieux prêtres soixante-huitards mourir sans remplacement suffisant. Mieux, même : en se félicitant de ce qu’il ne fait rien pour permettre aux appelés de répondre à cette vocation, considérant que ceux qui le font agissent en managers zélés. L’humilité à Angoulême, ce n’est pas pour maintenant.

L’intégralité de cet argumentaire de haute volée est disponible ici.

Traduire le site »