À propos de difficultés d’accès au blogue constatées samedi dernier
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Plusieurs lecteurs, en France comme à l’étranger, nous ont, par courriels, signalé l’impossibilité qu’ils ont constatée samedi matin de se connecter sur le blogue Observatoire de la Christianophobie… Lire la suite… : nous les remercions de nous avoir ainsi manifesté leur préoccupation. De fai
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À propos de la rumeur sur la décapitation de Franciscains en Syrie
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Une immonde vidéo montrant un islamiste fou – c’est peut-être un pléonasme –  qui pourrait être un Tchétchène, égorgeant et décapitant au couteau de cuisine trois malheureuses victimes quelque part en Syrie prétendument le dimanche 23 juin dernier, a provoqué un nombre consi… Lire la suite…
L’observatoire de la Christianophobie

2013-44. Où, à propos de l’anniversaire du trépas du Grand Chanéac, Lully évoque les messes clandestines pendant la grande révolution et présente le calice d’un prêtre réfractaire.
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Mercredi 15 mai 2013.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Chaque année, à cette date du 15 mai, en notre Mesnil-Marie, nous commémorons avec une grande ferveur et reconnaissance l’anniversaire de la mort du «Grand Chanéac», Jean-Pierrre François Chanéac (11 décembre 1759 – 15 mai 1841), « notre » chef chouan local dont j’ai déjà évoqué la figure dans les pages de ce blogue (cf. > www) et pour la découverte duquel, vous le savez, Frère Maximilien-Marie consacre au cours de l’été des « promenades contées » qui permettent de le mieux connaître (cf. > www).

2013-44. Où, à propos de l'anniversaire du trépas du Grand Chanéac, Lully évoque les messes clandestines pendant la grande révolution et présente le calice d'un prêtre réfractaire. dans Memento 250px-cachet_chouan

Dans la mémoire locale, le «Grand Chanéac» est resté « le protecteur des bons prêtres » et le « défenseur de la religion ».
En effet, dans cette période malheureuse qui vit la promulgation d’une « constitution civile du clergé » schismatique, la persécution contre les prêtres qui refusèrent le serment exigé par les autorités révolutionnaires, la fermeture des églises et l’abrogation du culte catholique romain, les fidèles des paroisses de nos hautes Boutières – comme aussi en Gévaudan, en Margeride et en Velay -, et cela dans une quasi unanimité, n’acceptèrent pas les lois anti-catholiques de la révolution.

Alors que l’évêque de Viviers – le très fantasque et rousseauiste Charles-Louis de La Font de Savine – fut du très petit et peu glorieux nombre des évêques qui prêtèrent le serment schismatique, le clergé vivarois dans sa grande majorité se montra plus sensé que son chef : ce sont environ les deux tiers des prieurs, curés et vicaires qui refusèrent le serment impie ou qui ne le prêtèrent qu’avec des restrictions qui le rendaient invalide. De ce fait, ils durent quitter leurs cures et leurs églises.
Quelques uns, comme la loi les y contraignait, prirent le chemin de l’exil ; beaucoup allèrent trouver refuge dans leur famille ou chez des amis ; beaucoup aussi prirent le maquis et continuèrent, tant bien que mal, à diriger leurs paroisses dans la clandestinité, encouragés par «Monsieur Vernet», c’est-à-dire l’abbé Régis Vernet (1760 – 1843), prêtre de Saint-Sulpice, ancien supérieur du grand séminaire de Viviers, qui organisa et dirigea l’église clandestine de Viviers de 1791 à 1801, avec le soutien de Monseigneur Charles-François d’Aviau du Bois de Sanzay (1736-1826), archevêque de Vienne en Dauphiné, lequel, déguisé en colporteur, en perruquier, en manouvrier voire en mendiant, parcourut nos contrées pour y administrer les sacrements de confirmation et d’ordre.

Dans nos hautes Boutières, partie reculée, escarpée et difficile d’accès du diocèse de Viviers, de très nombreux prêtres vinrent se cacher. La plupart des curés et vicaires de ce territoire des Boutières et de la montagne resta, dans la clandestinité, sur le territoire de leurs paroisses, protégés par leurs fidèles et par les chouans.
Les curés intrus, « jureurs » élus au chef-lieu du département, ne se hasardèrent jamais à venir prendre possession des cures et des églises.
Depuis l’entrée en vigueur de la constitution civile du clergé, jusque au concordat napoléonien, les fidèles ne furent jamais vraiment dépourvus de la Sainte Messe ni des sacrements : les exercices du culte se poursuivirent de manière très régulière dans les maisons particulières, dans les granges, parfois même dans les églises que protégeaient les jeunes gens en armes!

messe-sous-la-terreur grand Chanéac dans Vexilla Regis

Messe clandestine pendant la grande révolution

Beaucoup de prêtres qui officiaient dans la clandestinité n’avaient pu emporter avec eux, en quittant leurs églises, tous les objets du culte nécessaires à la célébration des saints mystères. C’est ainsi, en particulier, que furent alors réalisés des calices, patènes et ciboires en étain.

Normalement (et les lois de l’Eglise actuellement en vigueur sont toujours catégoriques à ce sujet), le calice et la patène doivent être réalisés dans un matériau noble et solide, que l’on ne doit pas pouvoir briser, et – pour le moins – leur revêtement intérieur doit être d’or. En outre, ils doivent être consacrés par un évêque ou par son représentant.
En temps de persécution, par exception, il est toléré que la Sainte Messe puisse être célébrée avec des vases sacrés qui ne sont pas en matière noble et qui sont simplement bénits par un prêtre.

Quand ils ne disposaient pas de calices et de patènes conformes aux règles canoniques, les prêtres réfractaires firent appel à l’ingéniosité et à l’habileté de quelque fidèle pour confectionner des vases sacrés en étain, avec le métal de ces couverts, écuelles, pichets ou gobelets que l’on pouvait trouver dans beaucoup de maisons.

Après la révolution, la plupart de ces calices de fortune a été à nouveau fondue : leur non conformité aux règles liturgiques – tolérée en raison des circonstances particulières de la révolution – ne devait pas subsister après le retour à la normalité.
C’est pourquoi, aujourd’hui, le nombre de ces calices ayant servi aux Messes clandestines est relativement peu élevé.

Aussi, quelle n’est pas notre joie et notre fierté d’en avoir un en notre Mesnil-Marie!
Nous l’avons reçu il y a quelques semaines, et lorsque Frère Maximilien-Marie l’a pris dans ses mains pour la première fois, il en a versé des larmes d’émotion.

En voici la photo :

calice-pretre-refractaire Mesnil-Marie

Sa hauteur est de 26,7 cm. Il est donc tout entier en étain, et d’assez belle facture. Sa coupe porte des marques, liées sans doute aux vicissitudes de son histoire propre, que nous ne connaîtrons en totalité qu’au Ciel, lorsque nous communierons à l’omniscience de Dieu!

Je vous écrivais que la plupart de ces calices ayant servis aux Messes des prêtres réfractaires avait été détruite.
Celui que nous possédons désormais a échappé à cette « régularisation » mais il a été rendu intentionnellement inutilisable, puisque un petit trou, très précis, a été percé dans le fond de la coupe : peut-être fut-ce la condition pour qu’il demeurât? Il ne pouvait plus servir au culte, mais le prêtre qui avait célébré avec pendant ces heures des plus sombres de notre histoire (ou sa famille) pouvait-il (elle) le conserver comme un pieux souvenir de ces temps tragiques.

calice-pretre-refractaire-detail Messes clandestines

Détail du calice : on aperçoit le trou foré dans le fond de la coupe.

Quoi qu’il en soit, ce calice d’étain est pour nous véritablement une quasi relique, que nous conservons avec autant d’émotion que de dévotion, et il concrétise bien à nos yeux les efforts qui sont les nôtres pour entretenir et faire connaître la vérité sur cette horrible révolution, dont nous ne cessons toujours pas de subir les funestes conséquences.

patteschats Monseigneur d'AviauLully.

Pour aider le Refuge Notre-Dame de Compassion > www

lys-2 Monseigneur de La Font de Savine

Le blogue du Maître-Chat Lully

Homosexuels et Eglise, désinformation autour des propos de Mgr Paglia
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  Selon Le Point, il existe pour Mgr Paglia, le président du conseil pontifical pour la famille (qu’ils appellent « ministre de la Famille du pape »…), « toutes sortes d’unions familiales », et « la politique doit sereinement s’en occuper ». Ce qui permet au Point de titrer illégitimement : « Le Vatican reconnaît le droit des couples gays » […]


Itinerarium

À propos de « l’occupation » de la future mosquée de Poitiers par “Génération Identitaire”
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Je ne porte aucun jugement, pour l’heure, sur l’initiative prise ce matin vers 5 h par une centaine de militants de “Génération Identitaire” d’« occuper » symboliquement la (grande) mosquée de Poitiers. Je me contenterai de commentaires juxtalinéaires d’un article … Continue reading →

Lire la suite de l’article, cliquez sur le lien ci dessous…
L’observatoire de la Christianophobie

2012-60. A propos du cinquantième anniversaire du second concile du Vatican.
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Contribution féline
à la célébration du cinquantième anniversaire
du second concile du Vatican (deuxième partie).

* * * * * * * 

Lundi 8 octobre 2012.

Jeudi prochain, 11 octobre, ce sera le jour exact du cinquantième anniversaire de l’ouverture des travaux du second concile du Vatican.
Je l’ai déjà évoqué, et j’y reviendrai encore…

2012-60. A propos du cinquantième anniversaire du second concile du Vatican. dans Commentaires d'actualité & humeurs procession-entree-concile-vaticanii

Ouverture du concile Vatican II : arrivée du Pape Jean XXIII dans la Basilique Vaticane
à l’issue de la procession des pères conciliaires.

Je tiens tout de suite à dire que je suis un chat réaliste : je n’ignore donc pas les faits ; je ne vis pas dans un univers idéalisé déconnecté du réel.
Le second concile du Vatican est une réalité de l’histoire de l’Eglise. On ne peut donc pas vivre, on ne peut donc pas être catholique, on ne peut donc pas se comporter aujourd’hui comme s’il n’avait pas existé ou en feignant de l’ignorer.

Toutefois, il me semble que, justement, toute personne sensée et réaliste, ne peut pas non plus raisonnablement considérer le dit concile comme une réalité « monolithique » :
– une chose est le contexte historique, mondial et ecclésiologique, dans lequel il se situe ;
– autre chose est la teneur des discours, débats et interventions qui ont eu lieu dans l’aula conciliaire ;
– autre chose encore sont les diverses réunions des groupes qui se tenaient à l’extérieur des séances du concile et qui tentaient d’élaborer des stratégies pour en influencer les travaux ;
– autre chose enfin sont les textes qui ont été votés et publiés comme étant les actes du concile.
Bien sûr, ces diverses réalités ne sont pas totalement séparées les unes des autres mais il faut néanmoins savoir établir les distinctions qui conviennent, autant qu’il convient de discerner les diverses interactions entre les unes et les autres.

Les historiens – avec le recul et avec toute l’objectivité scientifique nécessaires – doivent et devront encore longuement travailler pour écrire l’histoire de ce concile.
Les historiens – avec le recul et avec toute l’objectivité scientifique nécessaires – doivent et devront encore longuement travailler pour écrire l’histoire de ce qui s’est passé dans la périphérie, politique, sociale et ecclésiale de ce concile et qui a influé sur lui.
Les historiens – avec le recul et avec toute l’objectivité scientifique nécessaires – doivent et devront encore longuement travailler pour écrire l’histoire de ce que l’on a présenté comme venant « du concile », de ce que l’on a fait passer pour « le concile », de ce que l’on a réalisé « au nom du concile »… etc. et qui ne l’était pas.

Et puis, je crois qu’il faudra encore beaucoup, beaucoup de temps pour pouvoir – avec le recul et avec toute l’objectivité scientifique nécessaires – établir un bilan sérieux des conséquences de ce concile.

ouverture-vatican-ii authenticité dans Lectures & relectures

Cérémonie d’ouverture du second concile du Vatican.

Dois-je préciser que je ne suis pas manichéen? Ce serait bien un comble pour un chat disciple de Saint Augustin!
Tout n’est pas tout noir ou tout blanc.

Je n’approuve pas ceux qui condamnent en bloc « le concile » – souvent sans en avoir lu les textes mais en se fiant uniquement à ce que tel ou tel en dit ou en a dit, en fait ou en a fait – et qui en font le bouc émissaire de toutes les abominations.
Et, de la même manière, je désapprouve catégoriquement ceux qui portent aux nues « le concile » – souvent aussi sans en avoir vraiment lu les textes mais en se fiant seulement à ce que tel ou tel en dit ou en a dit, en fait ou en a fait – et qui en font l’unique et absolue référence du catholicisme.
Les commentaires de commentaires, les interpolations d’interpolations et les interprétations d’interprétations ne sont pas « le concile Vatican II ».

Ce qui compte, ce sont les textes officiels, les actes du concile. En outre ces textes sont divers et ne possèdent pas tous la même autorité.

Ainsi il y a quatre constitutions :
1) la constitution dogmatique sur la Révélation divine, « Dei Verbum » ;
2) la constitution dogmatique sur l’Eglise, « Lumen gentium », qui doit être lue et comprise uniquement à la lumière des précisions apportées par une « note explicative préliminaire » (nota praevia) que fit ajouter le Pape Paul VI pour prévenir toute mauvaise interprétation ;
3) la constitution sur la sainte liturgie (non dogmatique), « Sacrosanctum concilium » ;
4) et la constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps, « Gaudium et spes » (donc pas dogmatique non plus).

Ensuite trois déclarations :
1) la déclaration sur l’éducation chrétienne « Gravissimum educationis » ;
2) la déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes « Nostra aetate » ;
3) la déclaration sur la liberté religieuse « Dignitatis humanae ».

Puis viennent neuf décrets :
1) décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise « Ad gentes » ; 2) décret sur le ministère et la vie des prêtres « Presbyterorum ordinis » ; 3) décret sur l’apostolat des laïcs « Apostolicam actuositatem » ; 4) décret sur la formation des prêtres « Optatam totius Ecclesiae renovationem » ; 5) décret sur la rénovation et l’adaptation de la vie religieuse « Perfectae caritatis » ; 6) décret sur la charge pastorale des évêques « Christus Dominus » ; 7) décret sur l’oecuménisme « Unitatis redintegratio » ; 8.) décret sur les Eglises catholiques orientales « Orientalium Ecclesiarum » ; et enfin 9) décret sur les moyens de communication sociale « Inter mirifica ».

Une constitution n’est pas un décret ; une déclaration ou un décret ne sont pas des constitutions ; une constitution qui n’est pas déclarée dogmatique n’a pas la même autorité qu’une constitution explicitement déclarée dogmatique et promulguée comme telle par le Souverain Pontife.
Il est donc tout à fait fallacieux de réduire le concile à seulement un ou deux documents de la liste précédente. Il est absolument abusif de faire de « Gaudium et spes » – par exemple – LE texte conciliaire par excellence et de lui attribuer une valeur dogmatique. Il est résolument subversif de faire tenir tout « l’esprit du concile » dans un simple décret circonstancié, tel que peut l’être « Dignitatis humanae »… etc.

N’est-il pas « amusant » (si j’ose dire) de constater que, en définitive, les « progressistes » et les « intégristes » s’accordent pour commettre les mêmes erreurs (même s’ils n’en tirent pas les mêmes conclusions)?

 

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Basilique Vaticane : reliquaire de la chaire de Saint Pierre (Le Bernin)

Il n’y a qu’une seule et véritable manière de lire et de recevoir les textes du second concile du Vatican : en harmonie avec toute la Sainte Tradition de l’Eglise, en continuité avec tout l’enseignement des Pères et des Docteurs de l’Eglise, dans la suite logique de tout le Magistère authentique tel qu’il s’est précédemment exprimé, et en refusant énergiquement – dans la foi – toute interprétation qui présenterait la moindre forme de rupture dans cette rigoureuse et absolue continuité.

Voilà pourquoi je vous invite très instamment à approfondir ce que notre Saint Père le Pape Benoît XVI a déjà dit à ce propos, lorsqu’il a commencé à poser de sages principes de lecture et d’interprétation que – sans nul doute – ses successeurs préciseront et affineront encore.
Pour l’heure, relisons, dans le discours qu’il a adressé aux membres de la Curie romaine le 22 décembre 2005, le long passage dans lequel il a développé ce thème de la réception du second concile du Vatican et que je publie ci-après (> www).

Lully.

Le blogue du Mesnil-Marie

À propos de la situation des chrétiens en Syrie
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D’un point de vue général, les médias internationaux, y compris certains médias ou commentateurs chrétiens, minimisent les “difficultés” que les chrétiens syriens connaissent dans les zones assiégés ou occupées par les opposants armés au régime syrien. Pour eux, dénoncer les infiltrations islamistes dans la dite Armée syrienne de libération (ASL) reviendrait à soutenir le régime […]
Observatoire de la christianophobie

“Le Monde” remis à sa place à propos du candidat Républicain Mitt Romney
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Guy Millière, pointure de la géopolitique et contributeur à Dreuz.info, remet en place le quotidien “Le Monde” de manière brutale – mais à mon sens juste – à propos d’un article intitulé « Mitt Romney et les fatwas du Parti Républicain » (sic), qualifié dans ce prospectus comme “fondamentaliste chrétien” ou membre de “l’ultradroite”. Passage de savon en règle de ce “cerveau mort” du Monde, et avec humour… 

(avec l’aimable autorisation de Dreuz.info)

«  (…)

Parce qu’un correspondant m’a transmis un article de l’inénarrable journal Le Monde, qu’on ne présente plus (un quotidien qui a titré de manière enthousiaste sur la chute du Cambodge aux mains des Khmers rouges en parlant de « libération » du pays peut difficilement tomber plus bas), et parce que j’ai dit à ce correspondant que je le ferai, je vais procéder à une autopsie, le mot me paraît adéquat, car l’article ne peut venir que d’une personne en état de mort cérébrale.

Les Russes avaient une seule Pravda : « en France, vous en avez plusieurs »…

Cela porte sur les caucus de l’Iowa. Dès le titre, la couleur est donnée : « Mitt Romney et les fatwas du Parti Républicain ». Cela sous-entend que le parti républicain est composé de dogmatiques dignes d’Ahmadinejad, du défunt ayatollah Khomeiny ou d’Oussama Ben Laden. On devine d’emblée la subtilité de la réflexion. La suite est à l’avenant.

Il est question très vite de la « dérive ultradroitière » du parti républicain : vous avez bien lu. Il ne s’agit pas d’extrême-droite, non, il s’agit d’autre chose, l’ultradroite. Ultradroite, cela fait plus chic qu’extrême droite, cela veut sans doute dire la même chose pour le journaliste au cerveau mort et à qui il reste des réflexes pavloviens : dites-lui extrême droite, il écrit ultra droite en se pensant vaguement intelligent ; cela le fait saliver et le met dans de bonnes dispositions pour achever de consumer ce qui lui reste de neurones. Qu’est-ce que c’est que l’ultradroite ? Vous ne le saurez pas. Disons que ce sont des gens qui lisent Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, célèbres fondateurs du national-socialisme allemand et inspirateurs du fascisme, comme on finira par l’écrire dans Le Monde.

La dérive en question est « inquiétante pour les Etats-Unis – et pour le reste du monde », assène le cerveau mort. Et c’est vrai, imaginez un Président issu de l’ultradroite américaine, un type qui pourrait s’inspirer d’un Président que le journal Le Monde ne s’est pas privé de traiter de crétin en son temps, Ronald Reagan. Imaginez que ce type fasse redémarrer l’économie américaine, y crée le plein emploi, fasse reculer le totalitarisme, comme Reagan en son temps. Une horreur !

Suit une description de Mitt Romney. Celui-ci a passé l’essentiel de sa vie à créer des entreprises et à gérer des capitaux : cela a échappé au cerveau mort, qui retient seulement que Romney a gouverné le Massachusetts comme un « centriste », « avec talent », ajoute le cerveau mort, qui fait suivre une liste d’accomplissements que Mitt Romney serait le premier à désavouer.

Non, cerveau mort, Romney n’a pas créé une « assurance santé obligatoire » pour tous, il a mis en place un système qui a institué une assurance publique pour les gens du Massachusetts qui n’étaient pas assurés. Pour saisir la différence, il faut s’intéresser de près aux systèmes d’assurance américains qui, dans le Massachusetts comme ailleurs, reposent jusqu’à ce jour sur des assurances privées en concurrence. Ecrire « système de santé obligatoire » laisse penser qu’il s’agit d’un système monopolistique gouvernemental. On reproche déjà à Romney ce que, dans la campagne électorale, on appelle le Romneycare, pourquoi tenter de l’accabler en lui attribuant des idées socialistes à la française ?

Non encore, cerveau mort, Romney n’a pas défendu « les droits des minorités sexuelles, tout comme celui des femmes à l’avortement » : il s’est, à cette époque, déclaré hostile à toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle mais opposé au mariage gay (jamais il n’a parlé de minorités sexuelles), et il n’a pas interdit l’avortement, qui était déjà légal dans le Massachusetts, tout en disant qu’il était personnellement hostile au recours à l’avortement.

Non toujours, cerveau mort, Romney n’a pas mené « une politique budgétaire équilibrée », désolé, et il n’a pas été spécialement « soucieux de la défense de l’environnement » : le budget du Massachusetts sous Romney a régulièrement été en déficit (pour un cerveau mort, déficit et équilibre, cela doit être la même chose), et Romney a juste dit qu’il pensait que la planète se réchauffe, ajoutant qu’il ne connaissait pas la cause de ce réchauffement. Pourquoi tenter de le faire passer pour un disciple d’Al Gore ?

Le cerveau mort déclare ensuite que Romney s’est « renié » ? Pourquoi ? Parce qu’il s’est soumis aux idées de « Chrétiens évangéliques fondamentalistes » et aux « tea parties ».

Vous êtes censés, à ce moment du texte, ressentir un frisson d’horreur : comment ? Des gens qui lisent les Evangiles ? Comment peuvent-ils, alors que le Capital de Karl Marx et les discours complets de Barack Obama existent en collection de poche ! Quels textes dangereux les Evangiles ! Ce n’est pas un cerveau mort qui lirait ce genre de choses. Quant aux tea parties, des gens qui se réfèrent à de dangereux fascistes tels que Thomas Jefferson, c’est effectivement inadmissible, semble se dire le cerveau mort ! Si vous cherchez à savoir pourquoi lire les Evangiles fait de vous un fondamentaliste, et pourquoi les tea parties doivent provoquer chez vous des convulsions, il vous faudra chercher ailleurs. Le cerveau mort n’est pas là pour expliquer.

Vient alors le morceau de bravoure : Romney écrit le cerveau mort, « ne croit plus au changement climatique. Il est opposé à l’avortement et au mariage gay. Il prône des baisses d’impôts pour les riches et des coupes dans l’Etat social, mais pas dans le budget de la défense. Il ne croit plus à l’assurance-santé, mais défend le droit de tout Américain à porter une arme ».

Les derniers neurones du cerveau mort ont dû se carboniser dans ces quelques lignes.

Le changement climatique est défini comme un croyance : enfin une parole juste, c’est effectivement une croyance. Le fait que le cerveau mort l’ait dit a dû lui échapper. Romney n’a pas parlé de « changement climatique », expression politiquement correcte employée aujourd’hui par les écologistes qui, ne pouvant plus dire que la terre se réchauffe, parlent de « changement », ce qui a l’avantage de pouvoir s’appliquer au chaud et au froid, à la pluie et à la sécheresse. Romney a parlé de réchauffement, je l’ai noté plus haut, mais depuis, il a lu des écrits scientifiques qui montrent qu’il n’y a pas de réchauffement. Il y a des gens qui n’ont pas un cerveau mort et qui lisent autre chose que Le Monde. Romney, je l’ai aussi noté plus haut, s’est toujours déclaré personnellement hostile à l’avortement, il a simplement, quand il était gouverneur, décidé de ne pas revenir sur les lois qui l’autorisaient. Il n’a jamais été favorable au mariage gay ailleurs que dans les neurones carbonisés du cerveau mort. Il est favorable au maintien des baisses d’impôts votées sous Bush, et hostile à une hausse d’impôts non pas sur les riches, mais sur les créateurs d’entreprises et d’emplois : l’idée que des entreprises et des emplois peuvent être créés par des investisseurs privés est incompréhensible pour un cerveau mort, gorgé jusqu’à l’overdose par l’idée que les entreprises et les emplois sont créés par l’Etat, et que les riches sont des parasites à ranger dans la catégorie des mites et des cafards, je sais.

Ce qui échappe au cerveau mort est que les Etats-Unis ne se sont jamais définis comme un « état social », et qu’il n’y a donc pas à faire de coupes, ce que nul candidat ne prône : il y a à abroger la loi sur la santé qu’Obama a fait voter, qui n’est pas entrée en vigueur, et qui sera sans doute bientôt déclarée nulle par la Cour Suprême. Les systèmes Social Security, Medicare et Medicaid sont en déficit et non financés : ils devront être réformés quel que soit le prochain Président.

Romney prévoit de maintenir le budget de la défense au niveau qui était le sien jusqu’à cette année. Barack Obama veut y faire des coupes de plusieurs centaines de milliards de dollars : coupes qui réjouiraient le cerveau mort, je n’en doute pas. Ah, si les Etats-Unis renonçaient à leur défense, comme le monde serait beau ! Comme les amis du cerveau mort seraient heureux !

Les assurances santé existent aux Etats-Unis et il n’y a pas à « croire » en elles ou à ne pas croire. Ces assurances sont privées et reposent sur un système d’assurance volontaire. Les plus pauvres et les plus âgés sont pris en charge par Medicare et Medicaid. C’est très différent de ce qu’écrit le cerveau mort, mais il a des circonstances atténuantes : c’est un cerveau mort, et il va prier tous les matins devant un bureau de la Sécurité Sociale.

Le droit de porter une arme, il n’a pas à être « défendu », navré cerveau mort : ce droit existe depuis la naissance du pays ; il constitue l’objet du Deuxième amendement : s’il fallait attendre d’un cerveau mort qu’il sache ce que c’est que le Deuxième Amendement, ce ne serait plus un cerveau mort, bien évidemment.

On lit ensuite que selon Romney, « les 12 millions d’immigrés illégaux doivent être renvoyés chez eux », et qu’ « Israël a raison de coloniser la Cisjordanie – même s’il ne parle pas de pseudo-peuple palestinien ».

Les immigrants illégaux sont, par définition, illégaux (étonnant, non ?), et peuvent faire l’objet d’expulsion du pays : il n’y a là rien de neuf ou de surprenant, sinon pour un cerveau mort. Pour l’heure, les contrôles d’identité n’existent pas aux Etats-Unis et nul candidat ne prévoit de les instaurer, car ce serait contraire aux troisième, quatrième et cinquième amendements. Un indice pour le cerveau mort : comme le Deuxième amendement, les troisième, quatrième et cinquième amendements font partie du Bill of Rights. Un indice encore pour le cerveau mort : le Bill of Rights n’est pas le petit frère de Buffalo Bill.

Le cerveau mort et ses confrères à l’encéphalogramme plat (c’est la condition de base pour écrire dans Le Monde) ne sauront sans doute jamais ce qu’est le Bill of Rights, bien sûr.

On apprend donc, grâce au cerveau mort, qu’Israël colonise la « Cisjordanie » : le cerveau mort ignore que la Jordanie a annexé ce territoire en 1949 après l’avoir rendu judenrein, un mot qu’on aime sans doute beaucoup au Monde où on a des lectures plus saines que la Bible, et où on se souvient que Le Monde, au temps d’Adolf, s’appelait encore Le Temps. Un territoire qui subit une épuration ethnique le vidant de ses Juifs, cela plait à un cerveau mort. Que des Juifs aient l’idée de revenir habiter en ce lieu vingt ou trente ans après l’épuration ethnique, cela est scandaleux pour un cerveau mort qui pense vraisemblablement qu’un bon Juif est un juif aussi mort qu’un cerveau mort et qu’un territoire n’est sain qu’après avoir été rendu judenrein.

D’ailleurs, Le Monde approuve Mahmoud Abbas qui veut à nouveau l’épuration ethnique de la « Cisjordanie » (Judée-Samarie) : c’est normal, Mahmoud Abbas, a lu Adolf davantage que la Bible, c’est ce qui plait à un cerveau mort.

Le cerveau mort, qui a appris l’histoire en lisant Le Monde jusqu’à l’intoxication mentale, et qui dès lors en sait autant sur les faits concernant le Proche-Orient que j’en sais concernant la culture des fraises à Plougastel, sait de source sûre qu’il y a toujours eu un peuple palestinien. Il ignore pourquoi et comment la notion de peuple palestinien fut inventée.

Mitt Romney, lui, ne l’ignore pas.

Pour combler son insondable ignorance, je pourrais envoyer au cerveau mort mon dernier livre, qui porte précisément sur l’invention du peuple palestinien, mais je ne le ferai pas : le cerveau mort n’a plus de neurones du tout, l’article le montre, et il ne peut déchiffrer, par un pur réflexe nerveux, que ce qui est écrit dans Le Monde et dans les communiqués de l’OLP et du Hamas. Il m’arrive de me demander s’il ne subsiste pas dans les couloirs du Monde des fantômes de journalistes des années de collaboration : la détestation d’Israël qui imprègne le journal me semble parfois teintée du temps où on organisait des rafles et on emportait des gens portant l’étoile jaune vers Drancy, puis Auschwitz.

La suite : « Les Etats-Unis doivent se préparer à attaquer l’Iran et à imposer un changement de régime en Corée du Nord. A côté, Ronald Reagan, le père de la révolution conservatrice qui augmenta les impôts, passe pour un homme de centre gauche ».

Comment, effectivement, des dirigeants politiques américains pourraient penser que le régime iranien est dangereux ! Comment ne pas voir dans les diatribes d’Ahmadinejad menaçant d’écraser Israël et les Etats-Unis les paroles d’un agneau pacifiste et d’un hippie qui a dû fréquenter Haight Ashbury dans sa jeunesse. Comment ne pas voir dans la quête de la bombe atomique par le régime iranien et dans la menace de fermeture du détroit d’Ormuz un amour profond de l’humanité. Quelles ordures, ces conservateurs américains, clame le cerveau mort : ils ne voient pas les bonnes intentions du régime iranien ! Ils ne voient pas non plus le régime de Corée du Nord comme un régime de liberté. Ils mériteraient d’être envoyés manger de l’écorce d’arbres et crever de faim du côté de Pyong Yang ! Cela leur apprendrait ! Ils pourraient même finir en état de mort cérébrale et devenir journalistes au Monde. Le cerveau mort leur pardonnerait d’avoir été logiques pendant un temps et d’avoir vu des menaces dans des menaces, de la haine dans de la haine, du racisme dans du racisme, de la dictature belliciste dans des dictatures bellicistes. Et encore : leur pardonnerait-il ? Pour un cerveau mort, avoir été logique est sans doute impardonnable.

Le cerveau mort voit Reagan comme quelqu’un qui a augmenté les impôts. Les cerveaux morts doivent donc avoir ce genre d’hallucinations. Reagan a divisé par quatre les impôts sur le revenu des personnes et des entreprises : pour une augmentation, çà c’est une augmentation, comme on dit au Monde ! Les recettes fiscales ont augmenté ensuite grâce à la croissance, cela s’est appelé et s’appelle toujours l’économie de l’offre, mais ce n’est pas ce qu’on apprend en lisant Karl Marx ou en lisant les écrits d’un cerveau mort, bien sûr.

La « révolution conservatrice reaganienne » était de centre-gauche ». C’est intéressant, l’avis sur le sujet d’un cerveau mort. A l’époque où Reagan était Président, Le Monde le traitait Reagan d’homme d’extrême droite (comme c’est étrange, et quelle coïncidence), et lui reprochait de parler de l’Union Soviétique, ce régime doux et gentil, comme de l’ « empire du mal ». Le Monde accusait aussi Reagan de pratiquer le capitalisme sauvage. Maintenant, le cerveau mort, comme ses confrères à l’encéphalogramme plat, voit en tout cela des positions de centre gauche. A ce compte, apprendra-t-on bientôt que Nicolas Sarkozy est à l’extrême gauche et que sa grand mère faisait du vélo en compagnie d’Andrei Jdanov ? Peut-être, qui sait.

Dernier paragraphe : « Les primaires ne font que commencer. Mais l’Iowa donne la tonalité, celle d’un Parti républicain devenu une formation extrémiste. C’est mauvais pour la démocratie américaine, mais cela fait l’affaire du centriste Barack Obama ».

Puisqu’en attribuant aux Républicains et à Romney des positions qui ne sont pas les leurs, en procédant à des approximations vaseuses et enlisées dans la déliquescence mentale et le mensonge, en inversant les faits et en confondant la réalité et la falsification, le cerveau mort a dépeint des Républicains et un Romney qui n’existent pas, il sait ce qu’il savait en commençant : Romney et les Républicains sont des extrémistes, et lui, le cerveau mort, est un homme intelligent et sérieusement documenté. Obama est décrit par le cerveau mort comme un « centriste », ce qui le place à la droite de Reagan. Décidément, on en apprend en lisant ce qui émane d’un cerveau mort.

Obama se sentirait insulté qu’on le traite de centriste, lui qui s’applique à mener une politique social-démocrate et qui a prononcé récemment un discours à Osawatomie, Kansas, où il se réclamait du progressisme de Theodore Roosevelt en fin de carrière et de la lutte des classes. Il faudrait le dire au cerveau mort, mais, c’est évident, un cerveau mort ignore qui était Theodore Roosevelt et ce qu’est le progressisme américain. Un cerveau mort considère que parler de la lutte de classe est une position centriste, tout comme la social-démocratie, et dès lors que ce centrisme est à la droite de Ronald Reagan, il faut en déduire que Reagan pour un cerveau mort, est carrément léniniste.

Le journal Le Monde est décidément inénarrable. Je compte écrire un article sur la remontée du crétinisme en France. Les exemples abondent. Le cerveau mort du journal Le Monde est au-delà du crétinisme. Comme disait Michel Audiard : si les cons volaient il serait chef d’escadrille. 

Et dire que des gens lisent cela tous les jours… »

© Guy Millière pour www.Dreuz.info


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