Sede indigente
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Un ami lecteur nous envoie cet article ur la situation actuelle de l’Eglise – un peu impertinent certes, mais empli, surtout, de la souffrance diffuse des catholiques fidèles du fait de cette situation pénible :

« La chaire est dans la misère. »

Si la grande majorité des catholiques se garde bien de tout sédévacantisme (position religieuse selon laquelle le fauteuil de Pierre est « vacant » depuis 1958 ou 1963 selon les courants), le Pape François, à travers des choix pastoraux, des entretiens informels, des écrits, ou des gestes, conduit chaque jour plus de fidèles vers une forme de « sédéindigentisme ».

Une gêne diffuse, qui n’ose se traduire publiquement, mais qui se confie de plus en plus facilement dans l’intimité ou dans les diners en ville.

En devenant la coqueluche du peuple de gauche, le Pape argentin apparait justement plus comme un homme de gauche que comme le chef de l’Eglise universelle, mère des croyants et épouse du Christ. Il semble en effet plus prompt à épouser les causes du siècle, de l’écologie au sans-papierisme, qu’à porter sur le monde la lumière des évangiles.

Et au-delà des prises de positions pastorales ou théologiques, l’attitude même de François met mal à l’aise. Les gestes agacés du Pape repoussant les fidèles souhaitant baiser son anneau, ou cette séquence incroyable où il tape sur la main d’une femme qui lui prenait le bras, sont pour le moins déconcertantes.

Imagine-t-on Jésus envoyer balader Marie-Madeleine, ou taper sur la femme hémorragique venue toucher son manteau dans la foule ?

Par ailleurs, si le pharisaïsme des premiers siècles était celui des grands prêtres et de leurs grandes démonstrations de vertu, peut-être faudrait-il aujourd’hui se méfier de l’hypocrisie qui peut se loger dans le « faire simple ». Comme la vertu, ce n’est pas la simplicité qui est en cause, c’est d’en faire trop.

Nous avions dû supporter François, le Président normal, il nous faut maintenant souffrir François, le Pape en Mephisto.

Comme disait mon confesseur avec un sourire espiègle, « il est certain que ce Pape nous donne l’occasion de pénétrer plus profondément dans le mystère de l’Eglise universelle ».

Méditation qui n’interdit pas une certaine impatience de voir sortir la prochaine fumée blanche…

Jean de Castellane

Retour sur la nomination du Cardinal Burke
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Comme nous l’avions indiqué, le cardinal Burke a été nommé à la Signature apostolique. Certes, il ne fait pas son retour comme préfet – c’est le cardinal Mamberti, nommé 2014, qui le demeure -, mais comme simple membre. Cette nomination nous conduit à quelques remarques.

Nonobstant les démêlés et les divergences avec l’actuel pontife, le cardinal Burke n’avait jamais disparu du champ des congrégations romaines. En 2015, il avait même été nommé membre de la Congrégation pour la Cause des Saints, comme on peut le lire dans le Bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège du 26 septembre 2015. On peut en voir un extrait sur l’image qui suit:

Le cardinal Burke n’est plus préfet, mais on notera que son prédécesseur, le cardinal Vallini, fait également son  retour en tant que membre de ce tribunal. Dans ces retours, on peut aussi souligner celui de Mgr Frans Daneels, qui fut promoteur de justice au sein du Tribunal Suprême de la Signature apostolique de 1989 à 2008, puis secrétaire de cette même institution du 12 avril 2008 au 16 juillet 2016.

Pour certains, François neutraliserait un opposant, notamment un promoteur des Dubia, mais cela ne peut être qu’une hypothèse. Et dans toutes les questions romaines, il y a forcément de la complexité.

On peut aussi se demander si le pape, maîtrisant peu les questions canoniques, n’a pas voulu installer à nouveau des juristes de renommée à Rome. On peut le subodorer à partir des nominations. Quelques-uns des nouveaux membres de cette institution sont des familiers du Tribunal Suprême de la Signature apostolique. Gageons qu’ils pourront jouer un rôle dans les questions juridiques. Et accompagner ainsi efficacement le pape François.

 

 

Un pontificat sans souffle ?
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Atlantico a publié un intéressant entretien avec Jean-Baptiste Noé, spécialiste de l’histoire du christianisme. Dans cet entretien, il soulève certains aspects qui démontrent une fragilisation du présent pontificat.

Il y a d’abord ce climat général par lequel le pontificat connaît un moment difficile, l’adhésion au Pape des premières années est en train de s’effriter.” En effet, “l’attitude ambiguë du document Amoris laetitia, qui peut être interprété de différentes façons, les questions restées sans réponse de quatre cardinaux majeurs à ce document, la façon autoritaire dont le Pape gouverne, fait que de nombreuses tensions apparaissent.” Tout en restant en surface – l’auteur est historien et spécialisé en géopolitique -, la crise doctrinale est perçue.

Concernant les divergences entre le pape François et le cardinal Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi qui vient de ne pas être reconduit, Jean-Baptiste Noé note plusieurs choses. Évidemment, “une telle opposition ne pouvait pas durer.” Mais les conséquences sont rudes: “ce sont des figures importantes de l’Église qui s’en vont, et le Pape se trouve de plus en plus seul, ou bien entouré de personnes qui n’osent pas exprimer leurs avis, de peur d’être sanctionnées.”

Enfin, la question des migrants est abordée. En fait, l’auteur souligne de véritables divergences entres les épiscopats; ceux de l’hémisphère sud sont circonspects sur les départs vers le monde occidental. Mais le Vatican “est dans la cacophonie” la plus totale.

Le cardinal Turkson est le préfet du dicastère du développement humain intégral, créé par le Pape le 1er janvier dernier en regroupement de nombreux autres dicastères. Sa prise de position répond à un problème précis. L’Italie est submergée par les migrants. Elle ne sait plus où les faire attendre ni comment les gérer. Les autres pays d’Europe ne veulent pas les prendre et n’aident pas l’Italie à affronter cette crise.

Or, sur ce point, il faut noter que sur la question migratoire, le Vatican est dans la cacophonie. Le Pape a toujours appelé à être généreux dans l’accueil et la communauté Sant’Egidio organise des couloirs humanitaires pour faire venir des migrants en Europe. Sauf qu’aujourd’hui ceux qui viennent ne fuient pas la guerre, mais viennent pour des motifs économiques. “
En conséquence, “on voit se dessiner une fracture entre le Nord et le Sud. Les évêques d’Europe sont, dans l’ensemble, favorables à la vague migratoire et demandent aux Européens d’accueillir ces personnes. Les évêques d’Afrique et du Moyen-Orient sont en revanche beaucoup plus circonspects. En Syrie et en Irak, les évêques ont demandé à leurs fidèles de ne pas partir afin que la présence chrétienne puisse continuer. Partir, c’est donner la victoire à l’État islamique.”
Bref, en conclusion, l’auteur constate que le Pape a toujours aimé agir seul et parfois de façon abrupte. Ce trait de son caractère émerge un peu plus aujourd’hui. Les médias lui étaient jusqu’à présent favorables, mais les choses sont en train de changer. En Italie, des critiques se font jour. En Argentine la presse et la population sont dans l’incompréhension. Le Pape a annoncé se rendre au Chili en janvier 2018, mais il ne se rendra pas en Argentine, alors que les deux pays sont limitrophes. Compte tenu des tensions jalouses entre le Chili et l’Argentine cela a été très mal vécu par les Argentins qui s’estiment trahis par leur Pape. Le pontificat doit trouver un nouveau souffle s’il veut rester sur la bonne dynamique des débuts.”
Le Vatican, combien de divisions ?
Quel gâchis !
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Après la Semaine Sainte, la succession des événements prévus ou imprévus qui agitent le monde et notre pays a englouti dans son vortex insatiable une nouvelle « affaire » épiscopale venant plomber l’Église de France, qui n’avait pas besoin de ça. Après les « affaires » Gaillot, Doré, Sankalé, Le Vert, Di Falco, Barbarin, voici l’« affaire Gaschignard ». On se réjouirait presque que la rumeur du monde jette le voile de Noé sur ce nouveau scandale. Laissons l’homme et ceux qu’il a pu scandaliser à la miséricorde de Dieu et à l’attention de ceux qui seront chargés de « gérer » tout ça. À ces derniers va aussi notre prière, pour la rude tâche qui les attend. Ne jouons pas les oiseaux de mauvais augure, mais d’autres cadavres trainent dans les placards…

Il y a les faits, tristes et honteux, hélas toujours possibles dans l’Église sainte des pécheurs, y compris chez les successeurs des Apôtres, nous pouvons offrir, notre pénitence et nos prières. Mais le lamento ne suffit plus. Nous le redisons ici régulièrement [https://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/la-grisaille-episcopale-est-tout-sauf-grisante-pour-des-jeunes-pretres], malgré le mépris des commentateurs et leur déni régulier, un sursaut est nécessaire, et il commence par une analyse réaliste de la situation.

L’Église de France souffre d’une grave crise générale, qui se traduit en particulier par une crise de ses élites. Si elle la partage avec l’ensemble de la société, sa nature propre et son patrimoine spirituel et intellectuel auraient dû lui permettre une plus grande lucidité. Il n’en est rien. Quelques pistes de réflexion.

Ces élites, comment sont-elles préparées, sélectionnées ? Le processus est obscur et les résultats incertains, c’est le moins qu’on puisse dire. Depuis le XIXe siècle, disent les historiens les mieux informés, une « honnête médiocrité », favorisée par l’endogamie et le modérantisme, règne sans discontinuer. Le « principe de Peters » s’applique, comme ailleurs, mais il rend les responsables de moins en moins capables d’affronter les temps difficiles et les changements. Le mot d’ordre est celui de la maison de retraite : surtout, pas de vagues, pas de bruit, pas de disputes. Alignement à tous les étages. Tenez-vous à l’écart de toute initiative pastorale hardie. Elle risque de déplaire à ceux qui ne font rien. Interdisez-vous toute interrogation sur la « pastorale d’ensemble » ou les choix épiscopaux, vous mettriez en péril l’institution. Ne marquez jamais avec netteté votre fidélité à l’enseignement de l’Évangile et de l’Église, vous risqueriez de désespérer ceux qui se sont alignés sur la doxa ambiante. Si vous êtes évêque, ne soyez pas trop proche de vos prêtres, vous risqueriez de ne pas être assez disponibles pour les voyages, commissions et réunions qui vous attendent.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir mis en garde, depuis des années, comme les pères Serge Bonnet, Maurice Lelong, Louis Bouyer et tant d’autres moins connus, en particulier sur la prudence nécessaire dans la formation cléricale, malgré la crise des vocations. Sur la nécessité de l’enracinement des prêtres dans la prière, la lectio divina et le mûrissement intérieur, avant d’en faire des gestionnaires de la techno-structure pastorale, même au prétexte de “la mission”. L’Église latine a fait le choix du « monachisme » pour son clergé. Le choix est définitif, que cela plaise ou non. C’est sa gloire et son honneur. Plutôt que d’essayer, par la bande, de manière sournoise, de contourner la difficulté, elle ferait mieux de l’assumer, courageusement et concrètement, dans la formation et le discernement de ceux qu’elle appelle au sacerdoce et, éventuellement, à la plénitude de celui-ci (épiscopat). Elle devrait s’en donner les moyens. L’œuvre du Concile de Trente, si féconde, doit être reprise pour le IIIe millénaire. Eh bien, force est de constater, en France en tout cas, que ceux qui ont essayé simplement de le dire et de le faire, même modestement, ont été, soit méprisés, soit écartés de toute responsabilité dans la formation, et leurs initiatives peu à peu enterrées… sauf exceptions notoires, mais toujours marginales.

Il est nécessaire aussi de s’interroger sur le travail des nonces. À nouveau, nous prenons le risque de lasser, mais ce qui vient de se passer est un véritable « scandale ». Comment une personne qui aurait fait l’objet d’un « signalement au procureur » peut-elle se retrouver sur un autre siège épiscopal ? Les bras vous en tombent… Sans faire le prophète, il est certain qu’il n’y aura aucune sanction. Chacun continuera à s’autocongratuler : tout va pour le mieux dans la meilleure des Églises possible!

Même vu de loin, tout ceci ressemble à un monumental gâchis !

Gaston Champenier

Académie pontificale pour la vie en sommeil depuis le 31 décembre 2016, faute de membres
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L’Académie pontificale pour la vie, fondée par saint Jean-Paul II, se trouve de facto en sommeil, faute de membres, par suite de la réforme en cours de ses statuts.

Sans attendre la mise à jour de ceux-ci, en cours d’achèvement, il a été mis fin aux fonctions de tous les membres de cette académie.

Une refonte des statuts voulus par le Saint-Père lui-même et qui prévoit notamment qu’il n’est plus nécessaire de professer la foi catholique ni de prêter le « serment Lejeune », affirmant le respect de la vie de la conception à la mort. Pareillement, la réforme prévoirait de sortir du dispositif la congrégation pour la doctrine de la foi.

 

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Un conseil pour le culte divin renouvelé intégralement
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Ce n’est pas sans surprise et inquiétude que le monde catholique avait appris le remplacement de l’intégralité des membres du conseil pontifical pour le culte divin qui à pour tâche la liturgie. Seul le cardinal Sarah son président avait été maintenu. Alors que des rumeurs vont bon train au Vatican, parlant de purges, les remplacements sont nombreux depuis quelques mois.

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Le Vatican serait-il devenu libéral ?
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Le Vatican du pape François serait-il devenu libéral ?

« Les marchés mondiaux peuvent être de bons serviteurs mais de mauvais maîtres »,

a prévenu Mgr Ivan Jurkovič, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations unies à Genève. Il est intervenu au Conseil du commerce et du développement de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le 5 décembre 2016, rapporte Zénith.

Il est indéniable que jusque là et dès avant le pape François, le monde catholique a plutôt cultivé une forte réticence, voire même une stigmatisation frisant l’ostracisme, vis-à-vis du marché pris comme une entité vague, antre du Mal. Plusieurs notes émanant du Conseil justice et paix, allant parfois un peu vite en besogne, ont eu tendance à laminer systématiquement ce monde que pourtant il connait fort mal.

 

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La visite du président du CFCM à Rome, « pour couronner cette dynamique de concorde que nous vivons en France »
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Le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech était à Rome ce jeudi 3 novembre avec d’autres représentants des différentes religions. Pour lui, il s’agissait « de couronner cette dynamique de concorde que nous vivons en France entre catholiques et musulmans. »

Une démarche fortement symbolique et très politique pour « dédiaboliser l’islam » et lutter contre les amalgames qui voudraient réduire les musulmans à des terroristes. Une démarche fortement volontariste pour témoigner de ce que les chefs français des deux religions tentent de vivre à leur niveau : la concorde. Mais il serait cependant plus juste de bien limiter cette concorde à ce quelle est, un appel des responsables religieux à plus de respect mutuel et à voir au-delà des attentats ce qui peut rassembler.

Il me semble que cette restriction de la concorde exprimée par le président du CFCM, est plus proche de la réalité, car concrètement, les catholiques se révèlent de plus en plus hostiles aux musulmans, confusément mis dans le même bain que tous les terroristes islamistes.

 

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Info – ONU – Le Vatican adhère à la convention contre la corruption
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Le Saint-Siège, au nom de l’État de la Cité du Vatican, a adhéré à la Convention des Nations Unies contre la corruption. Le 19 septembre dernier, au Palais de verre à New-York, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, a déposé l’instrument d’adhésion à cette convention, laquelle entrera en vigueur le 19 octobre prochain.

Dans un article paru sur L’Osservatore Romano, Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États explicite les ressorts de cette adhésion. Il rappelle que le Pape François a, à plusieurs reprises, dénoncé la corruption «comme une plaie de la société, et a appelé à la combattre activement»… Par cette adhésion, précise-t-il, «le Saint-Siège et l’État de la Cité du Vatican se conforment aux paramètres internationaux les plus élevés afin de prévenir la corruption, tant dans l’exercice de la fonction publique, que dans le domaine économique».

Les États ayant ratifié la Convention de Mérida s’engagent à «poursuivre et à punir» toute forme de corruption «active et passive». Le document prévoit des dispositions qui facilitent l’assistance judiciaire entre les États signataires, par le biais «d’extraditions, d’interrogatoires, de restitution de biens mal acquis, l’assistance technique, l’échange d’informations».

 

Source Radio Vatican

Info – Vatican – Nouvel ambassadeur de Belgique
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Jeudi matin, 22 septembre 2016, le Pape François a reçu les lettres de créances du nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège, le comte Jan Cornet d’Elzius.

Cet homme marié, père d’une fille, est né à Louvain en 1961. Il fut notamment conseiller du prince Philippe, l’actuel roi des Belges, de 2000 à 2004 et de 2010 à 2012. Il a exercé plusieurs mission de conseiller, à Ottawa, à Rome, auprès du siège des Nations Unies à Genève et en administration centrale à Bruxelles. Depuis 2012, il était ambassadeur de Belgique en Israël, à Tel-Aviv.

Il succède à Bruno Nève de Mévergnies, qui a exercé un court mandat en tant qu’ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège, de 2014 à 2016.

 

Source Radio Vatican

Info – Chine – Dialogue Pékin / Rome : vers une normalisation des relations ?
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Le rythme des rencontres entre les négociateurs chinois et leurs pairs du Saint-Siège s’accélère, et la possibilité de voir un accord conclu entre Pékin et Rome paraît bien réelle. Différentes personnalités de l’Eglise, tel l’évêque de Hongkong, le cardinal John Tong Hon, ou son prédécesseur, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, ont exprimé leur point de vue. Afin de faire le point sur ce dossier, nous relayons ici l’interview exclusive d’un missionnaire très au fait des relations entre la Chine populaire et l’Eglise catholique faite par Eglises d’Asie. Bruno Lepeu est responsable de la Chine au sein de la Société des Missions Etrangères de Paris (MEP) et il est chercheur au Centre d’Etudes du Saint-Esprit, du diocèse de Hongkong, centre chargé de suivre les questions de l’Eglise en Chine. Il répond ici aux questions d’Eglises d’Asie depuis Hongkong, où il vit depuis 1994.

 

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Eglises d’Asie : Des pourparlers ont lieu entre Pékin et Rome. Ils pourraient déboucher sur une normalisation de la situation de l’Eglise catholique qui est en Chine. Que recouvre cette notion de « normalisation » ?

P. Bruno Lepeu : On est encore loin de l’établissement de relations diplomatiques entre la Chine et le Vatican. Si le Saint-Siège attend ce moment avec impatience, la Chine ne se montre pas pressée comme le rappelle un article du Global Times (quotidien considéré comme reflétant la ligne du Parti) du 29 août 2016 : « La Chine n’est pas tellement impatiente d’établir des relations formelles avec le Vatican, parce que ce n’est pas une question urgente qui pourrait porter préjudice au statut international du pays si elle n’est pas résolue immédiatement. »

Depuis juin 2014, les délégations du Saint-Siège et de la Chine se sont réunies au moins six fois pour trouver des solutions à la situation complexe et « anormale » de l’Eglise en Chine. Rien n’a filtré officiellement de ces pourparlers, mais il semble que l’essentiel des discussions a porté sur la question de la nomination des évêques. Beaucoup d’autres situations « anormales » doivent être aussi réglées pour pouvoir parler d’une véritable « normalisation ». On peut citer ici la situation des quelques évêques en prison, celles des évêques illégitimes (i.e. consacrés sans l’accord du pape), la place de l’Association patriotique et des autres instances voulues par le gouvernement pour contrôler l’Eglise, la composition de la Conférence épiscopale, la carte des diocèses, la reconnaissance légale des communautés clandestines, etc. Tout autant de dossiers épineux qui ne peuvent être résolus à la va-vite.

Quels sont les objectifs poursuivis par Rome ?

L’objectif du Saint-Siège est de faciliter la vie normale de l’Eglise en Chine et, depuis près de vingt ans, plusieurs tentatives de dialogue ont été poursuivies mais elles n’ont pas abouti. Les déclarations récentes du cardinal Parolin, secrétaire d’Etat, laissent entendre que les négociations en cours sont plus prometteuses. Le 27 août dernier, il déclarait : « Les nouvelles et bonnes relations que nous souhaitons établir avec la Chine – y compris des relations diplomatiques, si Dieu le veut ! – ne sont pas une fin en soi ou un désir de parvenir à qui sait quel succès ‘mondain’, mais elles sont pensées et poursuivies uniquement dans la mesure où elles sont ‘utiles’, je le répète, au bien des catholiques chinois, au bien de tout le peuple chinois et à l’harmonie de la société tout entière, en faveur de la paix mondiale. » Il précisait que l’objectif primordial de ces négociations était la communion au sein de l’Eglise et la réconciliation entre les communautés clandestines et officielles : « Ce que souhaite le Saint-Siège, c’est de voir, dans un avenir qui ne soit pas lointain, ces deux communautés se réconcilier, s’accueillir mutuellement, donner et recevoir la miséricorde en vue d’une annonce commune de l’Evangile qui soit véritablement crédible. » Cet objectif, que l’on pourrait qualifier de pastoral, se concrétise autour du choix et de la nomination d’évêques ayant les aptitudes requises pour être les pasteurs de cette Eglise locale.

Du côté chinois, on constate, sous la présidence de Xi Jinping, un durcissement généralisé du régime vis-à-vis de la société civile, et notamment des religions. Comment expliquer que Pékin semble souhaiter un accord avec le Saint-Siège ?

Il est très difficile de connaître les véritables motivations du gouvernement de Pékin et de prévoir l’issue des négociations, comme nous l’enseigne l’histoire récente. Par exemple, en 1999, l’espoir était au beau fixe tant à Rome que sur le terrain en Chine, mais les ordinations illégitimes de cinq évêques le 6 janvier 2000 ont totalement bloqué les négociations en cours. Une explication assez plausible est qu’à l’époque, le ministère des Affaires étrangères voulait obtenir un accord diplomatique, mais que les responsables des Affaires religieuses ne souhaitaient pas perdre le contrôle de l’Eglise. Une interprétation plus machiavélique suggère que le gouvernement chinois n’avait pas l’intention de parvenir à un accord avec le Saint-Siège, mais qu’il a profité des négociations en cours pour imposer plus de contrôle sur l’Eglise locale, en particulier sur la question du regroupement des diocèses. Cet enseignement de l’histoire appelle à la prudence pour bien comprendre ce qui se trame dans la complexité non transparente du gouvernement chinois.

Le 29 août, Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a commenté de la manière suivante les déclarations du cardinal Parolin : « La Chine a toujours la volonté sincère d’améliorer ses relations avec le Vatican et y a travaillé sans relâche. Les canaux de contact et de dialogue entre les deux parties sont ouverts et efficaces. Nous entendons travailler ensemble avec le Vatican dans le même sens selon les principes concernés et poursuivre le dialogue constructif pour faire avancer sans cesse le processus d’amélioration des relations entre les deux pays. »

Si ces déclarations du ministère des Affaires étrangères sont encourageantes, les faits sur le terrain le sont moins. On peut citer l’ordination dans le Yunnan de neuf nouveaux prêtres par Mgr Ma Yinglin, évêque illégitime, le 24 mai dernier ; la volte-face de Mgr Ma Daqin, évêque auxiliaire de Shanghai, avec une déclaration dithyrambique sur les bienfaits de l’Association patriotique ; la mise à l’écart de Mgr Shao Zhumin de la succession épiscopale du diocèse de Wenzhou ; la préparation de la IXe Assemblée nationale des représentants catholiques, qui doit « élire » les nouveaux responsables de la Conférence épiscopale officielle. En cette période de négociations, on imaginerait de la part de Pékin plus de signes positifs pour montrer sa « volonté sincère d’améliorer les relations avec le Vatican ».

D’autres arguments peuvent justifier le désir de Pékin d’arriver à un accord avec le Saint-Siège. D’abord la figure du pape François. Son élection la veille de celle du président chinois, Xi Jinping ; ses mains tendues vers la Chine ; ses positions sur la scène internationale (en particulier dans le dossier de Cuba) ; sa stature internationale (la visite du pape François aux Etats-Unis a bénéficié d’une couverture médiatique beaucoup plus importante que celle du président Xi quelques jours plus tard…). Tout cela donne une bonne image de François en Chine. La situation de l’Eglise en Chine peut aussi pousser Pékin à se rapprocher du Saint-Siège. Les structures officielles mises en place par le gouvernement ne bénéficient pas du soutien de la plupart des catholiques, les évêques illégitimes, voire excommuniés, mis aux commandes de l’ensemble n’ont aucune crédibilité, à commencer par le diocèse dans lequel ils sévissent. On peut se demander si Pékin ne souhaite pas utiliser le Saint-Siège pour affermir son contrôle sur l’ensemble des communautés catholiques, officielles comme clandestines. En termes de politique internationale, on peut aussi envisager que Pékin souhaite inclure une amélioration des relations avec le Vatican dans sa stratégie de soft power afin d’amadouer l’opinion publique internationale. Mais à l’heure où les indices des droits de l’homme en Chine, y compris des libertés religieuses, sont dans le rouge, est-ce que le Saint-Siège ne risque pas de donner l’impression de cautionner un tel régime ?

Dans de telles conditions, quelles peuvent être les bases d’un tel accord ? Qu’est-ce qui est négociable, qu’est-ce qui ne l’est pas ?

« Négocier avec le tigre sa peau » : ce proverbe chinois rappelle qu’il est dangereux et voué à l’échec de négocier avec son adversaire sur des domaines qu’il ne peut pas abandonner. Le gouvernement chinois et le Saint-Siège ont de part et d’autres des principes non négociables qu’il est important de rappeler.

La politique religieuse de la Chine concerne l’ensemble des cinq religions reconnues par le gouvernement (bouddhisme, taoïsme, islam, catholicisme, protestantisme), et elle ne peut pas accorder à une religion des privilèges auxquelles les autres n’auraient pas droit. Cette politique religieuse est fondée sur quelques principes sans cesse rappelés et qui sont désormais inscrits dans la nouvelle loi sur la Sécurité nationale promulguée le 1er juillet 2015. L’article 27 (alinéa 84) concernant les religions, stipule : « Selon la loi, le pays protège la liberté de croire des citoyens et la participation aux activités religieuses normales. Il maintient le principe de l’indépendance et de l’autonomie de gouvernement des religions. » En avril dernier, lors d’une réunion au sommet sur la politique religieuse du Parti, le président Xi a promis de maintenir ce principe général d’indépendance des religions et a rappelé que l’œuvre de sinisation des religions devait être poursuivie afin que le pays soit préservé de toute « infiltration venue de l’étranger ». La « sinisation » chère à Xi Jinping n’a rien à voir avec la notion théologique d’inculturation de la foi : il s’agit bel et bien d’une adhésion des religions à la politique du Parti communiste, pour en faire des religions « à caractéristiques chinoises ». Voilà ce qui est non-négociable du côté de la Chine.

Du côté de l’Eglise, la foi en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique est inscrite dans le Credo, et la dimension apostolique de l’Eglise se construit sur la figure des évêques, en communion avec le successeur de Pierre. Ainsi, comme le rappelait Benoit XVI dans sa Lettre aux catholiques de Chine de 2007 : « Considérant ‘le dessein originel de Jésus’, il apparaît évident que la prétention de certains organismes, voulus par l’Etat et étrangers à la structure de l’Eglise, de se placer au-dessus des Evêques eux-mêmes et de guider la vie de la communauté ecclésiale ne correspond pas à la doctrine catholique. La finalité déclarée desdits organismes de mettre en œuvre « les principes d’indépendance et d’autonomie, d’autogestion et d’administration démocratique de l’Eglise » est inconciliable avec la doctrine catholique. » (point 7). Ainsi ce qui est non négociable pour l’Eglise recouvre de manière opposée ce qui est non négociable pour Pékin ; c’est ce qui rend les pourparlers bien difficiles.

Une fois qu’est défini clairement ce qui n’est pas négociable pour chacune des parties en présence, on peut envisager ce qui peut être négocié. Le cardinal Parolin rappelait une récente homélie du pape François à Sainte-Marthe, le 9 juin 2016, qui disait : « Il faut vivre ‘la toute petite sainteté de la négociation’, c’est-à-dire le ‘sain réalisme’ que l’Eglise nous enseigne : il s’agit donc de refuser la logique du ‘tout ou rien’ et d’emprunter la voie du ‘possible’ pour se réconcilier avec les autres. » Il semble que, lors des dernières rencontres entre les délégations de Pékin et du Vatican, ont justement été discutés les cas précis d’évêques pour lesquels les deux parties ont cherché des solutions acceptables pour tous, afin de permettre ainsi aux négociateurs de réaliser de réelles avancées sur des dossiers concrets, sans avoir à « négocier sa peau avec le tigre ». Cela se traduirait précisément par un pardon pour les huit évêques illégitimes, ce qui est considéré par le Saint-Siège comme un geste symbolique fort envers la Chine lors de cette année de la Miséricorde.

Pouvez-vous nous expliquer la situation de ces évêques illégitimes ?

Ces huit évêques sont illégitimes car ordonnés sans l’accord du Saint Père. Ces ordinations épiscopales sans mandat pontifical « rompent la communion avec le pontife romain et violent de manière grave la discipline ecclésiastique » (Déclaration du Conseil pontifical pour les textes législatifs du 6 juin 2011, précisant la juste application du canon 1382). Depuis 2011, pour tous les nouveaux cas d’ordination épiscopale sans mandat pontifical, le Saint-Siège a déclaré l’excommunication « latae sententiae » (i.e. automatiquement encourue par l’acte posé). Ainsi pour les trois derniers évêques illégitimes, l’excommunication a été déclarée. Comme le rappelait à l’époque le P. Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, « la finalité de ces peines est toujours de conduire au repentir et à la réconciliation. Une personne qui se repent sincèrement a le droit d’être absoute, même d’une excommunication ». L’Eglise dans sa miséricorde se doit d’accueillir les fils prodigues qui font l’effort de revenir à la maison du père. Mais comme le rappelait Mgr Wei Jingyi, évêque « clandestin » de Qiqihar, dans une récente interview à Vatican Insider, il faut que celui qui quitte les cochons et sa vie misérable, n’y retourne pas aussi vite après avoir été pardonné. De même, on peut ajouter qu’il faut que ce fils ait vraiment quitté ses cochons pour qu’il y ait conversion et accueil possible par le père. Il est encore plus inimaginable que le fils en question réclame de son père d’approuver sa vie dissolue et de lui donner sa bénédiction.

Si le Saint Père accueille le repentir de ces huit évêques illégitimes et juge opportun de les absoudre, feront-ils une déclaration publique de leur repentir comme dans la parabole du fils prodigue, mais aussi comme dans le cas des précédents évêques illégitimes pardonnés ? Et que deviendront-ils ensuite ? Pour les Chinois, que l’on sait pragmatiques et habitués à la dichotomie entre la légalité et la réalité, un tel pardon sera facilement compris comme un « retour à la normale ». Mais pour ces évêques, être pardonnés est une grâce pour leur vie spirituelle, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils obtiennent automatiquement juridiction sur les diocèses que le gouvernement leur avait confiés, d’autant que chacun de ces huit cas est particulier. Mgr Tu Shihua, ordonné illicitement en 1958 est officiellement évêque de Puqi (Hubei) ; il a désormais 97 ans et réside en permanence à Pékin. Il peut être facilement considéré comme étant à la retraite. Pour deux évêques, il est de notoriété publique qu’ils ont femmes et enfants : ils sont donc dans l’incapacité d’exercer le ministère épiscopal. Pour deux autres encore, il y a déjà un évêque titulaire pour les diocèses en question : il n’est pas envisageable de destituer ces derniers pour y mettre les évêques « nouvellement pardonnés » ; une solution serait de nommer ces derniers dans un autre diocèse vacant. Pour les trois autres cas, la nomination des évêques concernés ne devrait pas poser trop de problèmes canoniques (à condition qu’ils aient les aptitudes requises sur le plan moral). Il semble que l’un d’entre eux ait des velléités de démissionner, n’ayant plus aucune autorité au sein de l’Eglise locale.

Certains au sein de l’Eglise universelle (c’est le cas du cardinal Zen à Hongkong, par exemple), mettent en garde contre le risque de conclure maintenant un accord avec Pékin. D’autres, dont le milieu des vaticanistes romains se fait l’écho, insistent sur les bienfaits potentiels d’un tel accord. Y a-t-il des tensions au sein de l’Eglise ? Comment un tel éventuel accord peut-il être reçu par l’Eglise qui en Chine, notamment par sa partie « clandestine » ?

Depuis les années 1950, beaucoup de chrétiens (aussi bien dans le clergé que parmi les fidèles) ont souffert des persécutions directes ou indirectes du gouvernement. Les divisions sont souvent profondes et le manque de confiance dans le gouvernement très généralisé. Il n’est donc pas facile de faire croire à tous ces chrétiens chinois que le gouvernement chinois est sincère dans sa volonté de passer un accord avec le Saint-Siège. Le temps prouvera qui des optimistes ou des pessimistes a raison.

Comme le rappelaient aussi bien le cardinal Tong Hon dans son long article du 31 juillet dernier sur « la Communion de l’Eglise en Chine avec l’Eglise universelle », que Mgr Wei Jingyi dans l’interview accordée à Vatican Insider fin août, le pape François, « en tant que protecteur de l’unité et de la communion de l’Eglise universelle », n’acceptera pas un texte qui nuirait à l’intégrité de la foi ou à la communion de l’Eglise. Le cardinal Parolin a aussi rappelé que l’objectif d’un tel accord était « de trouver des solutions réalistes pour le bien de tous ». Mais dans la plupart des réactions en provenance de Chine, qui ont suivi l’article du cardinal Tong, le ton était beaucoup moins optimiste, les catholiques chinois craignant que le Saint-Siège se laisse « volontairement prendre à l’hameçon » (proverbe chinois correspondant à « mettre sa tête sur le billot »).

Quelles sont les conditions pour qu’un éventuel accord puisse aboutir et porter des fruits ?

Compte-tenu de la complexité de la situation, des précédents échecs des négociations, de la difficulté pour les Occidentaux en charge du dossier au Vatican (le seul responsable chinois, Mgr Savio Hon Tai-fai, a été transféré, le 6 juin dernier, sur l’île de Guam comme administrateur apostolique) de comprendre la mentalité chinoise et les subtilités du régime communiste…, il est essentiel de consulter très largement afin d’envisager toutes les hypothèses possibles. Des responsables de l’Eglise en Chine sont les plus à même de porter un tel discernement, mais il n’est pas sûr que, du côté de Rome comme de Pékin, ils aient été consultés. De son côté, le cardinal Zen se plaint que les canaux habituels de dialogue ont été fermés (par exemple la Commission vaticane pour l’Eglise en Chine n’a plus été réunie depuis l’élection du pape François). Il faut espérer que d’autres ont été ouverts. Le dialogue avec les autorités chinoises que recherche ardemment le Saint-Siège doit être favorisé avec la même ardeur au sein des différents cercles de l’Eglise en Chine.

Une visite du pape François en Chine vous paraît-elle envisageable ?

Comme il l’a rappelé dans l’avion qui le ramenait de Mexico, le 18 janvier dernier, le pape en rêve : « Aller en Chine, aller là-bas… cela me plairait tellement ! » et tout le monde le sait, y compris le gouvernement chinois, qui peut en jouer. Si tous les catholiques chinois rêvent d’accueillir le pape sur le sol de Chine, ils sont bien conscients que cela ne peut pas se faire à n’importe quel prix. Même si François nous a habitué à des surprises qui bousculaient des situations très compliquées, il y a encore beaucoup de questions difficiles à résoudre avant que le Saint Père puisse se rendre en Chine. Les récentes interventions fortement médiatisées de hauts dignitaires de l’Eglise (aussi bien le cardinal Parolin que le cardinal Tong) et l’échéance de la fin de l’année de la Miséricorde au cours de laquelle le Saint-Siège voudrait poser un geste symboliquement fort en faveur de la Chine, laissent supposer à l’aboutissement prochain d’un accord au moins partiel entre le Vatican et la Chine. Reste à voir quel en sera le contenu et les résultats. D’autres étapes suivront peut-être qui permettront au pape de se rendre en Chine.

Un test intéressant pour vérifier la bonne volonté des autorités chinoises sera de voir comment elles vont régler le cas de la succession du diocèse de Wenzhou (Zhejiang) et si elles vont convoquer la IXe Assemblée nationale des représentants catholiques.

En 2007, afin de favoriser l’unité entre les communautés « officielle » et « clandestine », Rome avait nommé évêque de Wenzhou Mgr Zhu Weifang, avec comme évêque coadjuteur le jeune Mgr Shao Zhumin. Mgr Zhu était issu de la communauté officielle et Mgr Shao de la communauté clandestine. Il était entendu qu’au décès de Mgr Zhu, Mgr Shao prendrait la tête de l’ensemble du diocèse de Wenzhou. Pendant toutes ces années, les deux communautés se sont de fait fortement rapprochées. Le 7 septembre dernier, Mgr Zhu est décédé à l’âge de 89 ans, Mgr Shao est donc devenu automatiquement le nouvel évêque titulaire de Wenzhou. Mais non seulement le gouvernement a emmené en voyage forcé Mgr Shao et quelques-uns de ses proches collaborateurs, mais les prêtres de la communauté clandestine n’ont pas été autorisés à participer aux obsèques de Mgr Zhu, le 13 septembre. Depuis, Mgr Shao est à nouveau libre, mais il n’est pas encore rentré dans son diocèse et le gouvernement a nommé un prêtre officiel, le P. Ma Xianshi, à la tête du diocèse de Wenzhou. On semble donc loin de la réconciliation espérée par le Saint Père, et présentée par le cardinal Parolin comme l’objectif fondamental des négociations en cours.

La convocation de la IXe Assemblée nationale des représentants catholiques est pressentie pour la fin de l’année 2016. En 2010, lors de la convocation de la VIIIe Assemblée, le Saint-Siège avait protesté « avec une profonde douleur » et condamné un « acte inacceptable et hostile » imposé à de nombreux évêques et prêtres contre leur conscience. Dans le climat actuel de négociations avec le Saint-Siège, Pékin va-t-il convoquer cette assemblée comme les bruits qui remontent du terrain le laissent entendre ? Le Saint-Siège va-t-il protester avec la même véhémence qu’en 2010 contre une telle assemblée et les principes d’indépendance et d’autonomie qu’elle véhicule ? Les prochaines semaines le diront.

Source : Eglise d’Asie

Info- Vatican – Les deux-cents ans de la gendarmerie
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Avec les Gardes suisses, ce sont les «anges gardiens» du Pape François. Les gendarmes du Vatican fêtent leur bicentenaire cette année. A cette occasion, le Pape a célébré une messe ce dimanche 18 septembre 2016, en la basilique Saint-Pierre.

Le corps de Gendarmerie du Vatican a été créé le 14 juillet 1816 par le Pape Pie VII. Aujourd’hui, il veille à la sécurité des lieux et des personnes, au maintien de l’ordre public, à la prévention et répression des délits.

Hommes de l’ombre, les quelque 170 gendarmes assurent la sécurité du Saint-Père durant les innombrables célébrations, audiences, réunions et autres cérémonies qui se déroulent au Vatican. Ils accompagnent également le Pape lors de ses voyages en Italie et dans le monde, où ils travaillent avec des forces de sécurité locales

 

Source Radio Vatican

Info – Nice – Les victimes de l’attentat reçues au Vatican le 24 septembre
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Le pape François rencontrera les rescapés de l’attentat de Nice (France), ainsi que les familles des victimes, le 24 septembre 2016, à midi, dans la salle Paul VI du Vatican. C’est ce qu’a confirmé le Bureau de presse du Saint-Siège huit jours plus tôt.

Christian Estrosi, président de la région PACA et de la métropole Nice Côte d’Azur, avait déjà annoncé cette rencontre le 30 août dernier sur sa page Facebook. « Les victimes de l’attentat du 14 juillet et leurs familles, sans distinction de religion, sont invitées à rencontrer le pape François en audience privée », avait-il précisé dans un communiqué.

 

« Dès le 16 juillet, rappelle Christian Estrosi, le pape François m’avait dit toutes ses pensées et ses prières à l’égard des victimes et de leurs familles ainsi que sa compassion pour la Ville de Nice. Le Saint-Père m’avait également fait part de son souhait de rencontrer les victimes et leurs familles, accompagnées d’une délégation de notre ville. »

 

Source Zénith

Info – Vatican – Visite du Prince héritier d’Abu Dhabi
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Le cheikh Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, prince héritier d’Abu Dhabi, a été reçu en audience par le pape François, ce jeudi 15 septembre au Vatican, en vue de « promouvoir des valeurs de paix » présentes dans les religions, la « tolérance », le « dialogue », et « combattre l’extrémisme ».

 

Divers accords, sur les visas notamment, ont été signés entre les deux Etats qui entretiennent des relations diplomatiques depuis 2007.

Selon les Emirats, les entretiens ont été centrés sur les efforts pour promouvoir des « valeurs de paix défendues par les religions, comme faisant partie des efforts pour obtenir la paix et la stabilité dans la région et dans le monde ».

 

Source Zenith

 

Il serait cependant bon de savoir si chacun donne aux termes paix, dialogue et tolérance, le mêmes sens. A l’ère de l’amalgame et du relativisme, les glissements sémantiques peuvent se révéler de véritables poudrières.

 

 

 

Info – Rome – Départ du P. Lombardi
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Après dix ans passés à la tête de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi a concélébré ce jeudi 15 septembre 2016 une messe de remerciement en l’église Sainte-Anne au Vatican en présence des vaticanistes avec qui il a été en contact quotidiennement durant toute cette période. Les journalistes l’ont ensuite salué dans la salle de presse dont il a quitté la direction le 31 juillet dernier.

 

Source Radio Vatican

Info – Migrants – Anne Hidalgo au Vatican
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Une trentaine de maires de villes européennes, parmi lesquels la maire de Paris Anne Hidalgo, devraient rencontrer le pape François au Vatican, le 10 décembre 2016. Au cœur de cette audience : la question des migrants.

Selon le quotidien français Ouest-France, ce sont les maires de Paris et Madrid, Anne Hidalgo et Manuela Carmena, qui ont annoncé leur présence à cette rencontre, le 12 septembre. A cette occasion, elles proposeront de « fédérer une réponse des villes » européennes pour s’impliquer dans la gestion des flux des migrants.

Les deux élues entendent notamment donner en exemple le centre humanitaire qui ouvrira mi-octobre à Paris, qui proposera aux migrants un accueil et des aides médicales et psychologiques avant d’être réorientés. « Ce que nous faisons ici pourra peut-être aider d’autres villes », a ainsi déclaré la maire de Paris, citée par Ouest-France.

 

Source Zénith

Info – Andorre – Première visite d’un haut dignitaire du Vatican
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Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les relations avec les États, s’est rendue en visite officielle en Principauté d’Andorre les 7 et 8 septembre dernier, à l’invitation de Mgr Joan Enric Vives Sicilia, archevêque d’Urgell et coprince d’Andorre, et du gouvernement andorran. Il s’agissait de la première visite d’un responsable de la diplomatie vaticane d’aussi haut niveau dans ce pays.

Après avoir rencontrè le Conseil épiscopal à la Seu d’Urgell, en territoire espagnol, Mgr Gallagher a rencontré le 7 septembre les principales autorités civiles andorranes : le chef du gouvernement Antoni Marti, le ministre des affaires étrangères Gilbert Saboya Sunyé et le président du Parlement Vicenç Mateu.

Le 8 septembre, Mgr Gallagher a présidé une messe au sanctuaire de Notre Dame de Meritxell, au terme de laquelle il a pu saluer de nombreux fidèles présents, ainsi que l’ensemble des prêtres de la principauté d’Andorre.

Ce micro-État enclavé entre la France et l”Espagne compte environ 85 000 habitants pour une surface de 468 km2. La fonction de chef de l’État est exercée conjointement par deux “coprinces”, le président de la République française et l’évêque d’Urgell, en Espagne voisine. Il s’agit du seul cas dans le monde de fonction politique institutionnelle encore détenue par un évêque catholique. Ce système perdure depuis 1278.

 

Source Radio Vatican

Info – Vatican-Centrafrique – Signature d’un accord-cadre
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Le Saint-Siège et la République centrafricaine ont signé le mardi 6 septembre un accord fixant le cadre juridique des relations entre l’Église et l’État centrafricain. Le nonce apostolique, Mgr Franco Coppola, et le ministre centrafricain des affaires étrangères Charles-Armel Doubane ont signé cet accord-cadre au Palais présidentiel, en présence du chef de l’État et de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga.

Selon un communiqué, «les deux parties s’engagent à collaborer pour le bien-être moral, spirituel et matériel de la personne humaine et pour la promotion du bien commun». Cet accord fait suite à la visite du Pape François à Bangui, en novembre 2015, et à celle du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra au Vatican le 18 avril dernier.

 

Le 29 novembre 2015, l’image du Pape François ouvrant la Porte Sainte de la cathédrale de Bangui a marqué le début de l’Année jubilaire. Ce geste spirituel avait contribué à un net apaisement des tensions en Centrafrique, après de longs mois de guerre civile. Il trouve maintenant aussi une suite avec cet accord juridique qui donne un statut à l’Église catholique dans le pays.

Juste après son élection, le président centrafricain Touadéra avait réservé au Pape François l’un de ses premiers déplacements internationaux. Venu dans nos studios à Radio Vatican, il nous avait alors annoncé que «les Centrafricains sont demandeurs pour l’action de l’Église et son intervention au sein de nos populations. Nous pensons que c’est très important que ces accords puissent être établis entre nous et le Saint-Siège», avait précisé le nouveau chef de l’État.

 

Les catholiques sont minoritaires en Centrafrique, ils représentent moins de 30% de la population, contre 50% de protestants, 10% de musulmans, et 10% d’animistes, les frontières étant toutefois poreuses entre les différentes appartenances confessionnelles.

 

Source Radio Vatican

Info – Vatican – Un tournoi de foot solidaire du séisme
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Pour aider les victimes du séisme qui a frappé le centre de l’Italie le 24 août 2016, des représentants des employés du Vatican organisent un tournoi de football, le 16 septembre, à Rieti.

Un communiqué repris l’agence Sir, indique qu’il s’agit « d’un geste solidaire obligé » face à une telle tragédie, qui a également touché tant d’employés au Vatican, qui ont perdu des parents ou des amis.

« L’initiative est destinée à recueillir des fonds qui seront remis à Mgr Domenico Pompili (évêque de Rieti, ndlr), puis transmis aux curés des villes frappées par la catastrophe, donnant ainsi une contribution concrète aux exigences quotidiennes de tant de personnes vivant sous les tentes », précise la même source.

 

Source Zénith

Nomination – Vatican – Un nouvel ambassadeur du Chili
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Le nouvel ambassadeur du Chili près le Saint-Siège M. Francisco Mariano Fernández Amunategui, a présenté ses lettres de créance au pape François, au Vatican, ce jeudi 1er septembre 2016.

De 1974 au 1982, il a été représentant européen laïc du cardinal chilien Raúl Silva Henríquez, défenseur ardent de la justice sociale et lauréat du prix des Droits de l’Hommede l’ONU, qui était en exil à Bonn, en Allemagne.

 

Source Zénith

Info – Climat – Le Vatican au secours de Ségolène Royale
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Alors que Ségolène Royale sue sans et eau pour faire accepter les accords de Paris, issus de la COP 21, le cardinal Tuckson plaide de son côté, en faveur de ces accords.

 

Le pape et le Saint-Siège ont appelé la communauté internationale à honorer l’Accord de Paris, à l’occasion de la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, le 1er septembre 2016. En présentant le Message du pape François pour cette journée, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a évoqué cet accord décidé lors de la COP21 en décembre 2015, mais qui doit être encore ratifié par de nombreux pays.

Dans son message intitulé “Usons de miséricorde envers notre maison commune”, le pape François plaide pour « une ferme résolution de changer de vie ». Saluant l’Accord de Paris sur les changements climatiques, il souligne que « maintenant les gouvernements ont le devoir de respecter les engagements qu’ils ont pris, tandis que les entreprises doivent assumer leur part de façon responsable ». « Il revient aux citoyens, ajoute le pape, d’exiger qu’il en soit ainsi, et qu’on vise même des objectifs toujours plus ambitieux ».

« Pour que cet ordre du jour réussisse, a prévenu le cardinal Turkson, il faudra une quantité héroïque de volonté politique et un effort héroïque de la part des entreprises et des intérêts économiques ». « Sommes-nous à la hauteur de la tâche ? », s’est-il demandé avant de souligner qu’il en allait « de la responsabilité de tous ».

L’Accord de Paris demande de contenir l’augmentation de la température globale bien en-dessous de 2 degrés Celsius en visant une limitation à 1,5. « Mais avons-nous vraiment délibéré, en tant que société, sur ce que cela signifie, et ce qu’il faudra pour y arriver ? Nous ne l’avons pas fait », a asséné le cardinal Turkson.

« L’abandon complet des combustibles fossiles au profit des combustibles renouvelables d’ici à 2070 » est « un engagement capital », a-t-il insisté. Au niveau personnel, les citoyens doivent « insister pour que ces engagements soient honorés ». Et ils peuvent mener des actions tel le boycott de « certains emballages de produits pour forcer les entreprises à prendre en compte leur empreinte environnementale et leur modèle de production ».

 

 

Source Zénith

Brèves – Séisme en Italie – Le Vatican envoie pompiers et gendarmes
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Au lendemain du séisme de magnitude 6,2 qui a fait au moins 247 morts dans le centre de l’Italie, le pape François a envoyé six gendarmes du Vatican pour aider les secouristes. C’est ce qu’a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège le 25 août 2016.

Avec les six pompiers du Vatican dépêchés quelques heures après le drame, il s’agit du deuxième renfort envoyé par le pape, alors que les secousses se sont poursuivies après le tremblement de terre qui a détruit des villages entiers, notamment en Ombrie.

Les six hommes du Corps de la gendarmerie vaticane rejoindront donc les pompiers travaillant en collaboration avec la Protection civile italienne à Amatrice, dans la province de Rieti.

 

Source Zénith

Entretien – Soudan du Sud – Inquiet le Vatican envoie le card. Turkson
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L’avenir du plus jeune état africain soulève bien des inquiétudes au Vatican. Pour manifester la proximité du Saint-Père, le cardinal ghanéen Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et paix, a été envoyé au Soudan du Sud, dans la capitale Juba, quelques jours seulement après un embrasement de violence.

À la veille du 5è anniversaire de l’indépendance du pays, des affrontements ont éclaté entre les troupes du président Salva Kiir et celles de son ancien rival, Riek Machar devenu premier ministre à la faveur d’accord de paix signé l’été dernier.

 

Ecouter l’entretien du cardinal Turkson sur Radio Vatican

Attentat de Nice – Vatican – Ce qu’en dit le dialogue interreligieux
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L’attentat à Nice a été condamné par l’évêque combonien Miguel Ángel Ayuso Guixot, le secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qui a assuré de ses prières. « Nous sommes tous bouleversés par ce qui est arrivé et c’est avec une grande souffrance que nous continuons d’assister à ces actes de brutalité insensée qui frappent des personnes innocentes dans leur vie quotidienne » a-t-il déclaré à l’Osservatore Romano.

« Nos efforts, ceux de tous les croyants et de toutes les personnes de bonne volonté, doivent viser à construire l’harmonie sociale et une coexistence attentive à la dignité de tout être humain. Dans ce sens, le dialogue entre les religions s’impose comme une nécessité vitale qui exige l’engagement des responsables religieux avec les membres de leurs communautés » a-t-il encore souligné. Mgr Ayuso Guixot était de retour du Caire, où il s’est rendu à l’université Al-Azhar. (voir notre article)

 

Source Radio Vatican

Agenda – Vatican – Conférence sur le lien entre foi et sport
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« Réfléchir sur la collaboration entre la foi et le sport pour rendre meilleure la vie de l’homme », c’est l’objectif de la première conférence internationale et interreligieuse qui se tiendra au Vatican du 5 au 7 octobre prochain, organisée par le Conseil pontifical de la culture, en partenariat avec la société allemande Allianz.

L’objectif est de chercher à comprendre comment le sport et la foi, ensemble, peuvent contribuer à créer une société plus intégrée ; à promouvoir la conscience civique et le désir de s’engager pour la communauté, à avoir une vie plus saine pour faire face aux grands défis de l’humanité. La foi religieuse et le sport sont « des forces motrices de la société globale et peuvent promouvoir des valeurs positives. »

 

Source Radio Vatican

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