"En condamnant l'avortement, nous sommes cohérents avec le respect dû à la vie"

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Monseigneur Minnerath, archevêque de Dijon, a prononcé samedi 27 novembre une prière pour la vie qui fut distribuée à la sortie de la cathédrale. Extraits :

Nous ne prétendons pas que la vie nous appartienne. Nous disons plutôt que nous appartenons à la vie. Nous y sommes entrés sans volonté de notre part. Nous ne disposons pas du don que nous avons reçu de Toi. Nul ne choisit de venir au monde, nul ne choisit ses parents, ses traits physiques ou psychiques, sa culture, son milieu, sa nation. […] Dans la phase présente de l’histoire humaine, nous avons l’impression que la science nous a rendus maîtres de la vie. Nous connaissons l’infiniment grand comme l’infiniment petit. Nous avons scruté la structure de l’ADN. Mais nous ne savons fabriquer aucune cellule vivante. Tout ce que nous savons faire, c’est manipuler la vie que tu nous as donnée. […] A mesure que grandit notre pouvoir sur la vie, tu nous invites, Seigneur, à faire grandir la conscience de notre responsabilité envers elle, surtout à son commencement et à son terme, lorsqu’elle est toute fragilité livrée entre nos mains. […]

Le droit ne doit pas suivre les moeurs, mais soutenir les conduites qui défendent la dignité de la personne. Le droit doit participer à l’éducation des hommes et des citoyens. Il ne peut pas entériner toutes les revendications. En condamnant l’avortement, nous sommes cohérents avec le respect dû à la vie dès sa conception. La vie conçue doit être traitée avec les mêmes égards et recevoir la même protection que la vie aprèsla naissance.
La vie commence au moment de la fécondation et finit avec la mort naturelle. Il n’y a pas de stade intra-utérin où l’embryon serait une chose, un pur amas de cellules. Il y a un sujet humain avec une identité bien définie dès la fusion des gamètes. Décider qu’un embryon ne devient un embryon humain qu’à telle ou telle étape de son évolution, est toujours un choix arbitraire. Le respect de la vie suppose que le développement de l’être humain soit respecté sur tout son parcours.
L’Eglise n’approuve pas la fécondation extra corporelle, qui entraîne la fabrication d’embryons surnuméraires. L’embryon est-il une chose, pour que l’on puisse en disposer ? Nous disons que l’embryon est un être humain. Il y a continuité parfaite entre la cellule primitive formée par l’union des gamètes, d’une part, l’embryon, le foetus et l’enfant à la naissance d’autre part. Toute l’information génétique est présente dès le moment de la conception. Nous demandons donc que l’embryon ne soit pas considéré comme un matériel génétique dont on peut disposer.

[…] Une éthique rigoureuse doit accompagner le diagnostic prénatal, dont le but est de déceler d’éventuelles anomalies et de les guérir, en évitant de glisser dans des pratiques eugénistes.
Le clonage humain reproductif est moralement inacceptable, qui consiste à produire un embryon dont le génome est issu d’un unique être humain. Le clonage humain thérapeutique à des fins de recherche ou en vue de créer des cellules souches embryonnaires, qui met en oeuvre les mêmes techniques, n’est pas davantage admissible.
La société doit dégager un consensus sur les limites à ne pas transgresser en matière de biotechnologie. Nous déclarons que l’embryon ne peut donc être considéré comme un matériau pour servir à d’autres fins que lui-même, car il est sa propre fin.