Ils ont peur de la jeunesse de Dieu

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Le numéro de l’Homme nouveau du 26 février nous offre un entretien avec Dom Louis-Marie, père abbé du Barroux. En voici un extrait à propos de la fondation du monastère de La Garde, près d’Agen, dont la création fut difficile en raison d’une suspicion épiscopale :

vous êtes bien en train d’essaimer ?…

Oui, après de nombreux refus, de projets avortés parfois en raison de l’hostilité de tel clergé diocésain, ou de la crainte de certains évêques, Mgr Descubes, alors évêque d’Agen, a accepté de nous recevoir dans son diocèse.

Qu’est-ce qui a poussé Mgr Descubes à vous recevoir contrairement à d’autres évêques ?

Notre aspect contemplatif ! Sans partager nos options, il a estimé qu’il avait besoin d’un monastère pour prier pour les vocations dans son diocèse. Mgr Descubes a  vraiment eu une vision surnaturelle de foi. Nous avons donc trouvé une propriété, effectué des travaux pendants six mois sous la conduite de notre père Germain et nous nous sommes installés le 21 novembre 2002, pour la Présentation de la Sainte Vierge. Sous ma direction comme prieur, nous étions huit.

Plus loin, Dom Louis-Marie raconte :

dom Gérard [le fondateur] disait toujours : la tradition n’est pas un réfrigérateur dans lequel on conserve des dogmes et des traditions anciennes. Il s’agit de les vivre
à plein. Permettez-moi une anecdote qui date de la toute fin de dom Gérard. Nous étions à notre fondation de La Garde. Je le revois encore avec ses deux béquilles, demander à un enfant, avec son sourire malicieux : «Dis, aimes-tu la tradition, la messe traditionnelle ? ». Et l’enfant de répondre : «Oh, oui ! ». Alors dom Gérard lui a demandé ce qu’était la tradition, mais sans le laisser répondre il lui a donné cette définition : «La tradition, c’est la jeunesse de Dieu. »