L'abbé Celier pourfend Philippe Levillain

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Sous la plume de l’abbé Grégoire Celier, directeur de La Lettre à nos frères prêtres, DICI publie une analyse du catastrophique livre de Philippe Levillain consacré à Mgr Lefevre. Titre retenu par l’abbé Celier : La courte honte d’un historien « officiel ». Avant d’entrer dans le détail de son analyse, l’abbé Grégoire Celier remarque que

« dans cet ouvrage, les fondamentaux de la science historique ne sont pas respectés, les règles les plus communément admises du travail universitaire sont bafouées. Erreurs factuelles, confusions, imprécisions (sur des points importants qui relèvent directement du dossier étudié) pullulent d’une façon vraiment inconcevable. »

Nous sommes là au cœur de la critique de cet ouvrage qui est la honte de l’université française et des éditions Perrin.

Toujours sur l’aspect méthodologique, l’abbé Celier remarque la faiblesse des sources :

« Dans ce qu’il appelle « Les ouvrages de Mgr Lefebvre », Levillain ignore un texte décisif, les entretiens avec le journaliste de La Voix du Nord José Hanu publiés sous le titre Non ! mais oui à l’Église catholique et romaine aux éditions Stock en 1977. En effet, Mgr Lefebvre y revient longuement sur sa propre vie sous le feu des questions insistantes de José Hanu.

Dans ce qu’il nomme « Les ouvrages sur Mgr Lefebvre », Levillain néglige, de Jean-Anne
Chalet, chef des informations religieuses à l’AFP, Monseigneur Lefebvre (Pygmalion, 1976), en grande partie un reportage sur le vif ; de Roland Gaucher, journaliste à Minute, Monseigneur Lefebvre – Combat pour l’Église (Albatros, 1976), qui comporte le procès-verbal de la réunion du 3 mars 1975 entre Mgr Lefebvre et la commission cardinalice ; de l’abbé Jean Anzevui, prêtre du diocèse de Sion (où se situe Écône), Le drame d’Écône (Valprint, 1976), qui publie 26 documents cruciaux, principalement ceux venant de la partie suisse et romaine ; d’Yves Congar, La crise dans l’Église et Mgr Lefebvre (Cerf, 1976), la réflexion d’un témoin capital ; de la revue Itinéraires (numéro spécial, édition définitive avril 1977), La condamnation sauvage de Mgr Lefebvre, qui publie tous les documents de 1974 à 1976, notamment les grandes interviews de Mgr Lefebvre. Il méconnaît
Patrick Chalmel, Écône ou Rome (Fayard, 1990), qui comporte un fondamental journal tenu à Écône en 1973-1974 ; l’abbé Paul Aulagnier, La Tradition sans peur (éditions Servir, 2000), un témoignage de première main sur les débuts de la Fraternité Saint-Pie X. Il passe quasi entièrement sous silence les multiples ouvrages parus de 1977 à 2010, comme les nombreux livres étrangers. »

Notons que l’abbé Celier signale le livre du Père Congar ou celui de Patrick Chalmel, qui ne sont pas l’un et l’autre favorable à Mgr Lefebvre. De l’un des principaux théologiens de Vatican II, on ne s’en étonnera pas. Moins connu, Patrick Chalmel fut séminariste à Écône dans les premières années et il quitta le séminaire en même temps que Mgr Masson, son premier directeur, récemment disparu.

Après d’autres, notamment Yves Chiron, l’abbé Celier relève les fautes sur les noms propres ou les transferts d’appartenance religieuse :

« Sous sa plume, le cardinal Journet se transforme en jésuite (P. 279), comme l’abbé Victor-Alain Berto devient spiritain (P. 439), Mgr de Castro Mayer fait partie de la Fraternité Saint-Pie X alors qu’il était, en réalité, évêque diocésain de Campos au Brésil (P. 214), l’église Saint-Nicolas du Chardonnet a été prise dès 1972 (P. 284), Mgr François Ducaud Bourget est promu évêque (P. 285), ainsi que Mgr Camille Perl (P. 322), l’abbé Philippe Laguérie célèbre la messe avant d’être entré au séminaire (P. 285), l’abbé Coache, curé dans l’Oise, est bombardé vicaire à Paris (P. 286), l’abbé Schmidberger succède à Mgr Lefebvre en 1991 plutôt qu’en 1983 (P. 356), pour un mandat de six ans quand il s’agit de douze (P. 356), le schisme d’Orient date de 1095 au lieu de 1054 (P. 382), etc. »

Sa conclusion est à retenir :

« Bref, un si pauvre factum serait indigne même d’un historien moins titré que Philippe Levillain. Nicolas Senèze, tâcheron du journalisme et auteur du consternant La crise intégriste http://www.dici.org/actualites/la-crise-intgriste-vingt-ans/ (Bayard, 2008), aura donc réussi, deux ans après, à se faire battre en nullité par un Philippe Levillain ! ».

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