Le respect de la dignité humaine est en jeu

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Le Cardinal Vingt-Trois a publié une longue tribune dans Le Figaro de ce jour, à propos de la révision des lois bioéthiques et des projets de loi sur l’euthanasie. J’y lis ceci :

 La recherche sur l’embryon n’est pas seulement une question scientifique. Le «diagnostic préimplantatoire» n’est pas la chasse gardée de quelques spécialistes. De même, l’accompagnement des grands malades concerne toute la société. Ce qui est en jeu, c’est le respect imprescriptible de la dignité humaine. Ne pas reconnaître cette dignité, par un manque de lucidité ou de sérieux, c’est immanquablement faire le jeu destructeur de la violence. Dire cela, ce n’est pas s’opposer à la démarche scientifique. C’est au contraire affirmer, par respect pour la science elle-même, qu’elle peut et qu’elle doit intégrer le principe d’humanité. C’est aussi demander que l’effort scientifique authentiquement humain soit plus vigoureux et mieux organisé.

Des résultats sérieux semblent montrer que la recherche sur les cellules souches adultes ou reprogrammées est la voie des véritables découvertes thérapeutiques : notre pays ne devrait-il pas concentrer ses énergies sur ces recherches et devenir davantage une terre d’excellence dans ce domaine ? De même, la prise en charge médicale de la douleur a beaucoup progressé depuis quelques années et les soins palliatifs ont inauguré une nouvelle forme de rapport aux malades et à leur environnement : quels sont les moyens à mettre en oeuvre aujourd’hui pour progresser aussi bien dans le traitement de la souffrance que dans l’accompagnement social des pathologies les plus lourdes et de la dépendance ?

Se laisser aller à la tentation de l’eugénisme, en stigmatisant qui plus est la population déjà fragile des personnes trisomiques et de leurs familles, considérer la recherche sur l’embryon, avec les destructions qui l’accompagnent, comme normale, voire nécessaire, céder aux pressions financières et commerciales qui se cachent parfois sous le masque d’un scientisme naïf, ne rien offrir d’autre que la mort aux malades qui attendent de l’aide, serait à proprement parler suicidaire pour notre société.

Pour nous catholiques […] ne pas dénoncer cette tentation suicidaire serait de la non-assistance à société en danger.