P. Thomas Euteneuer : la « culture catholique » est morte ; la « guerre spirituelle » commence… (2)

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Comme promis hier, voici le deuxième volet du triptyque que le P. Thomas Euteneuer consacre aux causes
et aux conséquences de la victoire de Barack Obama. Cet article a paru dans la lettre internet n° 42 du président de Human
Life International
, du 21 novembre. La troisième et dernière partie devrait être diffusée ce vendredi.
Je n’entends pas ajouter de commentaires aux réflexions du P. Euteneuer qui se suffisent à elles-mêmes, mais je sollicite les vôtres…

2. La culture catholique et l’élection de Barack Obama


Il n’est désormais plus possible de parler d’une « culture catholique » en Amérique. Un pan entier de la population qui se prétend « catholique » ne s’estime liée par aucune norme de l’orthodoxie
catholique ou du bon sens. En vérité, il est même impossible de parler d’une culture catholique dans la plupart des paroisses. Lors d’une récente « foire aux apostolats » d’une grande paroisse
catholique du sud de la Floride, l’apostolat « Respect de la Vie » de la paroisse avait son matériel pro-vie jouxtant la table du comité pour la « justice sociale » de cette même paroisse. La
seule similitude entre ces deux apostolats n’était que dans l’espace commun qu’ils partageaient. Leurs visions du monde ne sauraient être plus opposées l’une à l’autre, mais pourtant l’une et
l’autre se disent catholiques. Les gens de la « justice sociale » étaient en fait tout enflammés de l’élection de leur nouveau messie, Barack Obama. Plusieurs d’entre eux discutaient de
leur projet d’assister à l’investiture [1], mais ils étaient absolument ignorants que 100 000 personnes marcheraient vers le Capitole [de Washington] deux jours plus tard pour le droit à la vie des Américains à naître, droit dont ils ont voté l’inapplicabilité en
élisant Obama à la fonction suprême du pays. L’un d’entre eux exprima même son scandale quant aux dispositions du futur Freedom of Choice Act jusqu’à ce qu’il soit confronté à un vilain petit détail : à
savoir que son messie fut l’un de ceux qui parrainèrent ce projet de loi pernicieux au cours de la précédente législature. Comme on pouvait s’y attendre, il se refusa fermement à permettre que
cette vérité puisse le moins du monde affecter son euphorie. Sa position était arrêtée et il n’entendait pas se laisser perturber par des faits. Il va sans dire que les catholiques pour la vie,
orthodoxes, pratiquants et croyants n’assisteront pas à l’investiture.
Comment ces deux groupes peuvent-ils être assis côte à côte sur les bancs d’une église et exposer leurs apostolats dans un même endroit d’une même paroisse catholique ? Tout simplement parce que
cette contradiction a été tolérée pendant des années par ceux qui ont la charge de notre Église. Lors de la campagne électorale aucun de ces deux groupes n’a reçu le moindre conseil pour savoir
comment voter en fonction des principes catholiques car, comme d’habitude, c’était le silence depuis la chaire sur ce problème. L’échec total des dirigeants de l’Église de définir à notre
intention ce que signifie être membre de l’Église – et de le faire mettre en application – a mené à la dégradation de la culture catholique et à la perte du sens de ce qui est sacré. Quand le
Christ et Bélial sont placé sur un pied d’égalité dans le sanctuaire, alors plus rien de ce qui se trouve dans le sanctuaire ne signifie quoi que soit, et aucune norme sérieuse
n’existe qui puisse distinguer un vrai catholique d’un faux catholique.
La dégradation de la culture catholique est une grande partie – mais non uniquement – la faute du clergé. Pendant des décennies nous avons constaté dans l’Église en Amérique :
1. le cours galopant des abus liturgiques, soutenus et incités par ceux qui en avaient la charge ;
2. deux ou trois générations de catholiques privées de catéchisme ou instruites de frivolités inconsistantes et protestantisées qu’on a voulu faire passer pour de l’éducation catholique ;
3. les abus sexuels du clergé excusés et non traités par la hiérarchie ;
4. une volonté d’ignorer des dissidents patents et des hérétiques de la classe politique ;
5. des attaques sur tous les fronts contre les enseignements sacrés, attaques qui n’ont fait l’objet d’à peu près aucune réaction de nos pasteurs (n’était l’existence de Catholic Answers, d’Eternal Word Television
Network
et de la Catholic League, nous n’aurions aucun moyen de nous défendre) ;
6. nos institutions catholiques d’éducation supérieure abandonnées aux ravages du politiquement correct… Et la liste n’est pas close.
En constatant tout cela, doit-on être surpris que 54 % de “catholiques” aient voté par Barack ? Pas vraiment.
La bataille pour la culture catholique commence avec nous, et une époque comme la nôtre exige qu’on revête l’armure de la guerre spirituelle. Ou bien nous croyons et nous pratiquons ce que
l’Église enseigne, ou bien nous faisons partie d’une église fantôme trafiquant du nom de catholique pour son profit sans vouloir en même temps porter les croix que cela nécessite.
Il y a, toutefois, un grand espoir pour demain, car la bataille a déjà été engagée : de nouvelles universités catholiques surgissent pour remplacer les vieilles demeures décrépites de l’hérésie,
de nouvelles congrégations religieuses débordantes de vocations et d’orthodoxie ont apparu, les familles pratiquant l’école à la maison et de puissants mouvements de laïcs sont désormais
nombreux. Ce n’est que quand nous aurons repris notre Église bien-aimée des mains des faux catholiques et des faux clercs que notre Église sera capable de se tenir debout et de réprimander les
vents tempétueux du paganisme qui se développent plus vite que nous n’acceptons de l’admettre. Ce projet n’est toutefois pas sans un certain coût. Le coût pour être un vrai croyant sera sans
doute plus élevé que jamais auparavant dans nos existences. Commençant maintenant et avec la génération qui vient, nous aurons, en tant que catholiques, à montrer au monde non seulement ce
que nous croyons, mais que nous sommes prêts à donner nos vies pour cela en témoignage de la vérité.

[1] L’investiture de Barack Obama qui n’est, pour l’heure, que le « Président élu », devrait se dérouler à Washington le dimanche 20 janvier
prochain.

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