A quoi sert l’Osservatore romano?

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Notre confrère Daniel Hamiche signale sur son excellent blog consacré au catholicisme américain la critique féroce d’un canoniste américain réputé, Ed Peters,  à l’encontre de
“L’Osservatore romano”.

Comme cette critique est malheureusement justifiée, il me semble utile d’en faire profiter également les lecteurs d’Osservatore Vaticano:

“Pendant presque toute ma vie, j’ai considéré L’Osservatore Romano comme une feuille de chou somnolente et romaine qui arrivait des semaines après sa date de parution, et imprimée avec une
encre de si mauvaise qualité qu’elle maculait les doigts de ceux qui éprouvaient le besoin de lire, page après page, des poncifs sur le dernier ambassadeur de je ne sais où, photographié en habit
et  présentant ses lettres de créances. Hormis, supposons-le, une critique de livre intéressante mais occasionnelle, L’OR n’a, pendant des décennies, rien publié de vraiment intéressant
qui ne se trouvât beaucoup plus rapidement dans une demi-douzaine d’autres publications lesquelles, de surcroît, n’obligeaient pas leurs lecteurs à aller se laver les mains avant de toucher quelque
chose de beige ou de blanc.
Mais, ultérieurement, L’OR a décidé qu’il lui fallait devenir compétent. Que Dieu nous aide.
À peine venait-il de refaire surface, maltraité mais, je le pensai, modérément réprimandé, après son éditorial à la louange du président Obama, naïf et nuisible à un point très embarrassant,
que L’OR offrait au monde un hommage scolaire, version terminale, au très talentueux mais absolument pathétique artiste de music-hall Michael Jackson.
Il se peut que Jackson n’ait pas été entièrement responsable du chaos tourbillonnant que furent sa vie et sa mort, mais que L’OR en soit venu à faire part de son décès – sans même, et
simultanément, inviter les catholiques à prier pour son âme et pour celles de tous les fidèles défunts – me stupéfie.
Pire, L’OR dans son article ne permet guère aux catholiques de savoir que beaucoup de l’œuvre de Jackson exploitait la sexualité, et parfois de manière quasi obscène. Il écarte comme
insignifiant l’affreux exemple d’un Jackson à la recherche maladive d’une “beauté” superficielle, donné à des millions de jeunes gens. Et, le pire de tout, il banalise les allégations
sérieuses – et, dans certains cas, non résolues – d’abus sexuels contre des enfants qu’on lui a imputées. L’OR n’avait pas besoin de reprendre à son compte ce qu’il y a de pire dans la
conduite de Jackson dans ces affaires, mais il n’aurait jamais dû sous-entendre que de telles allégations, même si elles sont vraies, ne pourront jamais ternir l’admiration mondiale dans
laquelle il fut tenu ! Ça alors ! L’OR a-t-il complètement perdu la raison ?
Si le Vatican souhaite avoir un journal pour offrir une perspective catholique sur le monde : parfait. Mais, article premier sur la liste “à faire” : trouver des catholiques capable d’écrire et de
publier un tel journal avec cohérence. De gaffe en gaffe, n’importe qui peut finir par vaciller. »

Bien sûr, parler de Michaël Jackson n’est pas contraire à la foi ou aux moeurs, mais est-ce bien la mission de l’Osservatore romano? Ed Peters a quelques raisons de se poser la question…