Légionnaires du Christ : au commencement était l’ambiguïté (2)

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Les commissaires qui vont « visiter » les Légionnaires, et qui sont bien ceux que nous avions annoncés
dans un précédent article, vont avoir fort à faire. On peut discuter du style des Légionnaires, de l’exercice volontiers manipulateur de l’autorité.

On pourrait aussi épingler leur « neutralité » dans les grandes questions doctrinales depuis 40 ans : jamais le RP Maciel n’a eu d’état d’âme sur la liberté religieuse,
l’œcuménisme et la réforme liturgique, à la différence de Mgr Escrivá de Balaguer, le
fondateur de l’Opus Dei. Les rapports ultra prudents des Légionnaires avec les traditionalistes, notamment français, sont une erreur tactique colossale du père Maciel, qui n’était pas un
Européen.

Mais on doit reconnaître qu’ils ont porté des fruits exceptionnels, missionnaires, sacerdotaux, caritatifs,
bioéthiques, catéchétiques, d’enseignement. Et aussi des fruits politiques : ils ont participé à la résistance efficace d’une partie de l’Église d’Amérique à l’emprise du marxisme et de la
théologie de la Libération.

En fait, tout se mélange chez eux : l’autorité exercée comme toile d’araignée très serrée, avec une culture
de la délation « pour le bien » comme chez les jésuites de jadis ; une piété édifiante des prêtres, mais un conformisme cultivé jusque dans le détail (costume, coiffure, style
chaleureux, guitare, etc.) ; une dévotion émouvante à la Vierge, mais une séparation scandaleuse des séminaristes d’avec leur familles ; un zèle apostolique actif, mais un contrôle
poussé des personnalités (jusque dans la curiosité intellectuelle) ; une grande chaleur humaine de type latino-américain…


Qui donc était l’étrange Marcial Maciel ?

(à suivre)