Destruction d’embryon et avortement

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Dans le même entretien avec Mgr Carrasco, je lis aussi ceci, qui me laisse perplexe:

Nos lecteurs nous ont demandé si les personnes qui votent des lois favorables à la recherche sur l’embryon sont excommuniées ou si un catholique pouvait voter pour ces personnes…
Ces personnes ne sont pas excommuniées mais elles font le mal et en porteront la responsabilité devant Dieu. L’excommunication est prévue pour qui provoque délibérément un avortement et pas pour qui détruit un embryon. Le droit est très précis. L’embryon est souvent créé en laboratoire et non transmis dans le sein de la mère, donc le droit pénal n’est pas, en l’espèce, une bonne indication de la gravité de l’acte.”

Je ne vois pas bien la différence entre provoquer délibérément un avortement et détruire, tout aussi délibérément, un embryon.
Le fait que l’embryon ait été conçu dans le ventre de sa mère ou en dehors ne change rien, me semble-t-il, au fait central: un embryon, et donc un être humain, vient d’être détruit.

8 comments

  1. ema

    C’est malheureux à dire mais ce n’est pas avec des réponses de ce genre d’un prélat a priori qualifié pour parler de cela, que les personnes qui sont déjà prêtes à toutes les compromissions pour aller dans le sens de la culture de mort sans en avoir l’air, font se sentir encourager à résister. A force de vouloir faire la part de toute chose dans un soucis d’absolu équité, l’on en arrive à ne plus avoir d’équité du tout ou alors c’est compris ainsi et donc a priori mal compris par rapport à la doctrine de l’Église.
    Et pourtant “ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément”.
    Pourquoi ne pas partir pour faire son raisonnement de l’origine :l’embryon, être humain. L’acte est condamnable, sans aucun doute.
    Après il y a le pécheur et les circonstances. L’on peut comprendre qu’un type qui frappe sa concubine pour la faire avorté n’est pas dans la même situation qu’un laborantin qui de peur de perdre son travail et de ne plus pouvoir nourrir sa famille fait des manipulations génétiques, cela n’empêche que dans un sens comme dans un autre, le résultat final reste le même, il y a un meurtre
    Calcule t-on la valeur d’un être humain à sa taille voire à son “importance” sur terre?

  2. jejomau

    Toute personne adhérant au nazisme (et au communisme d’ailleurs) est systématiquement excommunié.

    Pourquoi ?

    Parceque la seule étiquette en soi suffit à excommunier ?

    Non . Parceque ces régimes portaient des valeurs condamnables. Le fait de considérer l’homme comme un “matériau” qu’on “travaille”, et sur lequel on pourrait faires des recherches folles… participent de ces valeurs nihilistes.

    Personnellement je pense que c’est à ce titre qu’on est excommunié. Parcequ’on se réfère à ces valeurs matérialistes justement.

  3. Hofée

    Il n’y a pas un débat aux Etats-Unis sur la question ? Je crois que certains évêques refusent d’admettre les politiciens favorisant l’avortement à la sainte communion. Personnellement, je suis pour leur excommunication. Ils sont autant (voire plus) responsables que ceux qui sont en laboratoire puisqu’ils en donnent le droit et rendent ces pratiques légales. Pour ceux qui votent, ce ne doit être possible que s’ils le disent publiquement puisque le vote est en principe secret (en principe seulement). Je ne sais pas si un prélat français aura un jour ce courage de refuser la communion à un homme politique pour cette raison…

  4. Yves

    La difficulté aujourd’hui, c’est qu’on dispose de centaines de milliers d’embryons congelés. Que deviendront-ils? Pour l’immense majorité de ces embryons, il n’existe plus de “projet parental”, après le succès de l’implantation de l’un de leurs “frères”? Qu’en faire? Les proposer à “l’adoption” malgré l’opposition de leurs parents? C’est juridiquement et moralement impossible…

    La monstruosité première consiste à permettre la création de ces embryons surnuméraires. On est maintenant face à une impasse morale. Il n’y a pas de façon acceptable d’en sortir. Et pourtant, ces embryons ne pourront pas rester au congélateur jusqu’à la nuit des temps…

    La réponse proposée est moralement mauvaise. Certes. Y’en a t-il une autre qui soit acceptable? Je ne le crois pas.

    Alors? Alors, on peut dire tout ce qu’on veut de cette question, sauf qu’elle est simple.

  5. Benoît

    http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/bioethique/avortement/-avortement-extrait-du-catechisme-pour-adultes.html

    “L’avortement, même thérapeutique, n’entraîne pas moins la mort d’un innocent par le fait de ceux-là même, parents ou médecins, à qui il est confié. Et c’est pour attirer l’attention sur la gravité de cet acte que l’Eglise fait encourir une “excommunication (qui interdit la vie sacremmentelle) à celui qui, le sachant et le voulant, provoque un avortement.”

    C’est donc bien le fait de tuer intentionnellement et consciemment un innocent alors que l’on est en charge de sa vie qui justifie l’excommunication.
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    Je séparerai par contre le fait de laisser décongeler des embryons surnuméraires après le décès de l’un des époux par exemple. Il n’y a pas alors à proprement parler mise à mort. Mais “uniquement” laisser mourrir des embryons qui n’auraient jamais du être générés hors du processus naturel.

  6. Jean-Claude Chevalier

    prétendre utiliser (détruire) un embryon humain pour l’avancement de la science et guérir des maladies chez l’être humain me fait penser à l’utilisation de moulées animales utilisées pour nourrir d’autres animaux: ça finit par la vache folle….

  7. Jean-Paul

    Différence entre avortement et destruction d’embryon

    Dans le droit pénal ecclésiastique l’avortement relève du canon 1398. l’homicide du canon 1397. Les peines prescrites sont explicitement différentes.
    Le droit pénal ecclésiastique est d’interprétation stricte. Il y a bien une différence de traitement dans la peine même si au niveau de l’acte moral c’est tout aussi grave.
    La peine, qui a un caractère médicinal, est différente probablement car l’Église considère très important de lutter contre un fléau touchant beaucoup de personnes dans la société (avortement) et que des peines frappant moins l’opinion sont suffisantes quand elles s’appliquent seulement à quelque chercheurs dans leur labo.
    Mgr Carrasco connait très bien son droit.

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