Le déclin doré du cardinal Sodano (4) : Sandri, le plus influent des wojtyliens

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J’achèverai ma galerie de portraits des grands “sodaniens”, qui pourrait se poursuivre encore longtemps, en
évoquant une dernière fois le cardinal argentin, Leonardo Sandri, cet ami des financiers Caselli et Trusso, qui a été l’un des personnages les plus importants de l’entourage du pape Jean-Paul II
dans les dernières années du règne.

J’ai déjà dit un mot de sa carrière. Je rappelle seulement qu’il se retrouva en 1989 aux côtés de son ami Pio Laghi, aux Etats-Unis, comme conseiller de nonciature. Pio Laghi rentra à Rome
en 1990. Sandri le suivit peu après, pour devenir en 1991 Régent de la Préfecture de la Maison Pontificale, puis en 1992, Assesseur du Substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie
d’État.

En 1997, il quitta Rome une dernière fois, comme le fait Mgr Caccia aujourd’hui, pour devenir
nonce apostolique au Venezuela, puis en 2000, nonce apostolique au Mexique. Mais pour six mois seulement : on dit que c’était le très puissant Caselli qui voulait, plus encore que Sodano, en
faire un Substitut. Il le devint en 2000 chargé auprès de Sodano, Secrétaire d’État, de la section des Affaires générales. Autrement dit, il prenait en charge pour les cinq dernières années de la
vie de Jean-Paul II, l’équivalent de la Présidence du Conseil du Saint-Siège.

Mgr Stanislas Dziwisz, Secrétaire du Pape et véritable preneur des décisions au nom du Pape, arbitrait entre les personnages les plus influents: d’un côté, les cardinaux Sepe, Re,
Sodano, avec Mgr Sandri, de l’autre le cardinal Ratzinger. Le rôle considérable (et dont le physique, non moins considérable, était en quelque sorte symbolique) de Leonardo Sandri s’accrût au
point de faire de l’ombre au massif et imposant Secrétaire d’État lui-même.

C’est à Mgr Sandri qu’il revint, le soir du 2 avril 2005, d’annoncer la mort du pape Jean-Paul
II. Annonçait-il aussi la fin aussi des encombrants wojtyliens ? Ceux-ci ne croyaient certes pas. Lorsque s’ouvrit le Conclave, en face de Joseph Ratzinger, trois autres candidats espéraient
pouvoir rassembler assez de voix pour faire de l’un d’eux un pape : Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan ; Giovanni Battista Re, Préfet de la Congrégation des Évêques ; Angelo
Sodano, Secrétaire d’État

Mais le vent de l’histoire avait tourné. Définitivement?

Un Substitut ne peut que devenir cardinal, soit en poste soit plus généralement en quittant son poste : Leonardo Sandri fut donc « automatiquement » créé cardinal lors
du Consistoire de novembre 2007
et chargé « nécessairement » en juin de la même année de la
Congrégation pour les Eglise orientales,
sans doute pour l’écarter un petit peu, mais en lui
confiant cependant un poste d’une grande importance. Or, le cardinal Sandri n’a aujourd’hui que 66 ans, ce qui est jeunesse dans la Curie du pape Benoît XVI…

Car ce qui a désormais commencé, c’est une course contre le temps, une course lente, angoissante : plus il est donné d’années, de mois, au pape Benoît, et plus les nominations de
ratzinguériens, au sein d’autres nominations « automatiques » ou « nécessaires », ont des chances d’être à la fin plus nombreuses. Mais le dos au mur, les autres, tous les
autres, résistent pied à pied, mois à mois. Dont les amis d’Angelo Sodano…

(à suivre)