Les finances du Vatican après Marcinkus (2) : les banquiers d’Amérique

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Les juges cherchent, et ils trouvent. C’est pour une vilaine affaire de construction d’hôpital
d’Asti, hôpital resté dans les cartons des architectes, mais qui avait tout de même coûté la bagatelle de 200 milliards de lires, qu’Alessandro Sodano se retrouva en prison en 1994.

L’honneur de la religion, de la famille, de la Démocratie Chrétienne exigeait qu’on l’en sorte, quoi qu’il en coûte. Il en coûta quelque 9 milliards de lires.


Mais le député malchanceux était le frère chanceux d’un cardinal de l’Église romaine, Secrétaire d’État, force de la nature et de la diplomatie romaine, puissante incarnation du retournement
anti-progressiste accompli sous le pontificat de Jean-Paul II.


Ces flots de lires couleront, et bien au-delà. Selon la presse italienne de l’époque, qui verse vite dans l’anticléricalisme, ils sortiront de deux « sources miraculeuses ». La première
sera ouverte par les amis argentins du cardinal, les deux ambassadeurs et hommes d’affaire, Juan Esteban Caselli, banquier qui avait été ambassadeur de son pays auprès du Saint-Siège, et un autre
ex-ambassadeur de Menem auprès du Saint-Siège, Francisco Javier Trusso (qui finira en prison).

La seconde source sera du côté des neveux, Andrea et Guido. Ils sont devenus amis de Raffaello Follieri, lui aussi
homme d’affaire, dont le père Pasquale Follieri, a été mêlé aux procès des Tangenti dans les Pouilles, en Italie du Sud. Comment s’est faite la connexion entre les Sodano de Lombardie et
les Follieri des Pouilles ? Des intérêts immobiliers dans les Pouilles, sans doute.


Raffaelo Follieri, qui avait d’abord fondé une société pour vendre des parfums, puis avec son père Pasquale, une affaire bien plus importante, qui faisait rêver les journalistes, opérant,
prétendaient-ils, avec l’Afrique et le Moyen Orient, de fabuleux marchés de cavernes d’Ali Baba, parfums, or, diamants. Ils vont fournir aux Sodano une base financière américaine.


Avec Andrea Sodano, les Follieri fondent le Follieri Group à New York, dont Raffaelo était président et Andrea le vice-président. Et comme ils sont bons catholiques, ces hommes d’affaires vont
tout normalement venir au secours de l’Église des Etats-Unis dans la détresse.


(à suivre)