Du rififi dans les milieux du dialogue oecuménique

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Le 26 janvier, l’agence de presse du saint-siège a publié cette dépêche laconique : « Dans un communiqué, le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens “regrette qu’un organe de
presse ait publié un document à l’examen de la Commission mixte théologique catholico-orthodoxe. Il s’agit d’une liste de sujets destinés à être approfondis, et qui ont à peine été abordés. Lors de
la dernière réunion, tenue en octobre 2009 à Paphos (Chypre), il avait été décidé de ne pas diffuser ce texte avant qu’il ait été examiné dans sa totalité. En l’absence d’un document concordé, le
texte rendu public est dénué d’autorité et de caractère officiel”. »
Manifestement, c’est le vaticaniste Sandro Magister qui est visé pour avoir publié le 25 janvier (la réaction du Conseil pontifical ne s’est pas faite attendre!) un document très intéressant de la commission mixte sur la primauté du pontife romain au premier millénaire. Personnellement, il me
semble que Sandro Magister a fait son travail. C’est à la commission d’éviter les fuites, pas aux journalistes (sauf si on lui a confié ce document sous embargo, mais rien n’indique que ce soit le
cas). J’allais évoquer cet important document sur le fond. Mais, en attendant, sur la forme, voici une première remarque. Ceux qui suivent ce blog depuis plusieurs mois savent que je crois qu’avec
Benoît XVI, l’œcuménisme a pour ainsi dire changé de nature : il ne s’agit plus de discuter à perte de vue pour signer des accords dont on annonce au moment de leur publication qu’ils ont été
volontairement équivoques pour que chaque partie puisse les interpréter selon sa propre foi ; il s’agit maintenant de repérer les véritables pierres d’achoppement et de voir comment les dépasser
pour s’unir au sein de l’Église romaine, en respectant les légitimes divergences culturelles, liturgiques, et même théologiques. Il est probable que le Conseil pontifical pour l’Unité des
chrétiens, dirigé par le cardinal Kasper, ancien adversaire théologique (et notamment ecclésiologique) du cardinal Ratzinger, ne soit pas enchanté de cette nouvelle orientation… et qu’il ait
“sur-réagi” à la diffusion de ce document par Sandro Magister.