Mgr Jean-Louis Bruguès. Chronique sur un théologien « ordinaire » (4)

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Tout aussi approximatives sont ses réflexions, dans une deuxième « piste », sur le fait que les divorcés « remariés » qui ne communient pas puisqu’ils vivent dans une situation objectivement adultère, pourraient cependant pratiquer une communion de désir. Cela part d’un bon sentiment à leur endroit, mais J.-L. Bruguès a-t-il oublié que la communion de désir (de même que le baptême de désir) suppose, comme on l’apprenait dans les bons vieux catéchismes, la contrition parfaite. Laquelle serait suivie en l’espèce de la décision des « remariés » de se séparer, au moins de corps, et du coup, une fois tout scandale écarté, leur permettrait la communion sacramentelle.

Mais c’est surtout dans le fond du sujet sur lequel il planchait que notre homme est franchement libéral. En une troisième « piste », évoquée par lui, c’est vrai, au conditionnel, mais tout de même comme une « piste » empruntable, il se lâchait : « Il y aurait aussi une sorte de droit, celui du blessé, du malade, du pécheur, en un mot, de recevoir le viatique de vie qui refait les forces et permet de repartir d’un bon pied. Cette perspective rejoindrait la pratique de nos frères orthodoxes qui autorisent un remariage après adultère ». Et le futur Consulteur de la Foi concluait son article : « Comme le disait le cardinal Danneels dans sa déclaration au Synode, l’Église est toujours parvenue dans son histoire à trouver une solution aux problèmes intérieurs qui se posaient à elle. Elle l’a fait à son rythme, qui est fort lent. »

Jean-Louis Bruguès a été nommé évêque d’Angers. Puis Secrétaire de la Congrégation pour l’Éducation catholique. Puis Consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. On pourrait peut-être en rester là…

8 comments

  1. Michel Salamolard

    Mgr Bruguès, communion de désir et divorcés remariés. Vos reproches sur ce point, à Mgr Bruguès, ignorent ce que l’Eglise catholique dit elle-même aux divorcés remariés, à savoir qu’ils sont invités non seulement à participer à la messe, mais à y communier spirituellement. Voir la Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 14 septembre 1994, intitulée “La communion eucharistique des divorcés remariés”, n. 6. Mgr Bruguès, sur ce point, ne dit pas autre chose. Je ne vois de raison de durcir encore la position déjà exigeante de notre Eglise. La communion de désir, même pour les plus grands pécheurs (tous les divorcés remariés ne le sont pas forcément), est ce qu’il y a de mieux pour conduire à Dieu, à la réconciliation ecclésiale, au repentir. Que personne n’ait l’audace de priver quelqu’un de ce désir qui est un don de Dieu. Avant de se convertir, Zachée (et tant d’autres) éprouva le désir de rencontrer Jésus.

  2. Arnold

    Oui, vos articles sont très intéressants, mais vous devriez sans doute vous limiter au journalisme et ne pas vouloir faire de la théologie morale que vous semblez nettement moins maîtriser…

    Pour la contrition, le catéchisme ne demande pas la “décision” de ne plus pécher, mais l’intention… car s’il fallait juger la validité des confessions en fonction des réalités postérieures, peu seraient justifiés, vous ne croyez pas ?
    Il faut donc s’engager à ne plus pécher et c’est Dieu qui juge de la validité de cet engagement au moment où il est pris. S’il n’est pas suivi d’effets, les hommes ne peuvent pas en déduire a posteriori que cet engagement était sans valeur…
    Vous mélangez donc la très délicate question du for interne avec une autre problématique de scandale qui n’a rien à voir ni avec la contrition parfaite ni avec la validité de la confession auriculaire. Il est déjà assez difficile pour les prêtres de juger des cas particuliers et vous devriez éviter de vous prononcer sur une règle générale qui diverge assez substantiellement des principes de l’Eglise catholique sur ce dossier plus que complexe, même dans les “bons vieux catéchismes”… m’est avis…

  3. jejomau

    Pour pouvoir communier spirituellement, avec le désir ou réellement : celà nécessite AVANT, de se convertir . De convertir son coeur . J’étais dans le pêché, je veux communier, je regrette donc vraiment le mal que j’ai fait et DONC : je change de vie… Et ALORS seulement je peux aller communier .

    Il faut changer de vie pour montrer qu’on s’est converti .

  4. Michel Salamolard

    Non, le changement de vie suit la rencontre avec le Christ. Le meilleur exemple est saint Paul, mais tous les chrétiens sont finalement dans ce cas.
    Distinguons bien la communion sacramentelle réelle (recevoir l’hostie), qui relève notamment de règles canoniques, disciplinaires, d’une part; et la communion spirituelle, d’autre part, qui dépend uniquement du désir sincère de la personne, attirée par le Christ, mue par son Esprit, y compris (surtout) si elle est dans le péché, brebis “perdue” (comme saint Paul, comme saint Pierre après son reniement, et comme tout chrétien pécheur, même gravement, qui ne trouvera le chemin du confessionnal et de la conversion concrète que parce qu’il a d’abord le désir sincère de rencontrer le Christ, de communier à Sa vie, à Son amour). Affirmer le contraire n’est rien d’autre que du pélagianisme: je me convertis par mon propre effort, puis je rencontre le Christ. L’Eglise a toujours dit: viens au Christ, désire le Christ et tu recevras la grâce de te convertir. Toutes les rencontres du Christ dans l’évangile montrent cela à l’évidence.

  5. Rosalie de Merode

    Je pense qu’il ne faut pas confondre “communion de désir” et “désir de communier”. Il me semble, si je n’ai pas oublié mon catéchisme, que la communion de désir peut remplacer la communion réelle en cas d’impossibilité de la recevoir, mais le désir de communier n’est pas suffisant pour communier spirituellement si on n’est pas, malheureusement, en état de grâce.
    Les remarques, même théologiques, de M. Ganimara me semblent en général bien documentées et conformes à la bonne doctrine catholique. Il n’écrit pas à la légère et ses remarques sont pertinentes et très instructives.

  6. Pierre Granger

    Pour compléter votre excellent article sur Mgr Bruguès, notons que cet épiscope a autorisé la destruction d’églises dans le diocèse d’Angers quand il était à sa tête. Notamment l’église St Georges des Gardes détruite un 15 août… en 2006 de mémoire
    Amicalement,
    PG.

  7. LETTERI Gerard

    Vive Mgr Brugues !

    Vos honteux dénigrements à l’égard de Son Exc Mgr Brugues le rendent encore plus sympathique….. J’espere que l’honneur que Notre Saint Pere lui a fait en le faisant venir à Rome sera bientot suivi de la remise du Chapeau Rouge ! Ainsi les petits “tradis -fana” mangeront le leur( de petit chapeau )….!

    Gerard LETTERI – Catholique Romain

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