Démocratie rêvée et démocratisme réel

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Le cardinal Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras), a offert une conférence très
« ratzingérienne » d’esprit devant l’assemblée générale de la Fédération internationale des universités catholiques, au cours de laquelle il a notamment rappelé les limites de la
démocratie :

« Une véritable démocratie n’est pas seulement le résultat du respect formel des règles, mais le fruit de
l’acceptation confiante des valeurs qui inspirent les processus démocratiques. Parmi eux : la dignité de toute personne, le respect des droits de l’homme, l’élévation du bien commun comme
finalité et critère régulateur de la vie politique. »

Est-il besoin de faire remarquer qu’il n’existe actuellement aucune démocratie concrète sur la planète, qui
respecte pleinement ce cahier des charges ? En particulier, l’immense majorité (à ma connaissance, la totalité, mais je serais heureux de signaler une heureuse exception, si un lecteur plus
savant que moi me la montrait) des régimes contemporains nient concrètement la dignité de la personne humaine en refusant de la respecter « de la conception à la mort
naturelle »…

 

Dans le même discours, le cardinal ajoutait d’ailleurs, autre pierre dans le jardin des démocraties
concrètement existantes :

« L’amitié civile […] est l’expression la plus authentique du principe de fraternité inséparable des
principes de liberté et d’égalité. Il s’agit d’une théorie restée en grande partie sans pratique dans les sociétés politiques modernes et contemporaines, essentiellement à cause de l’influence
exercée par les idéologies tant de l’individualisme que du collectivisme. »