L’Eglise n’a pas “christianisé” les coutumes païennes; elle a trouvé les parcelles de vérité subsistant dans le paganisme

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Je lis sur le
blog du Mesnil-Marie
, ces quelques lignes titrées d’une chronique du chat Lully (félidé cher au Frère Maximilien-Marie qui animé le refuge du Mesnil-Marie et félidé aux remarquables
compétences litrgiques et théologiques), à propos de la saint Jean-Baptiste et de sa proximité avec le solstice d’été – tout comme Noël est proche de celui d’hiver – lignes pleines de bon sens et
si éloignées des thèses fantaisistes sur la “paganisation” de l’Eglise, qui aurait “piqué” la philosophie des païens grecs, les lieux sacrés des païens celtes, etc. Comment ne pas voir que
l’Eglise s’est “contentée”, si je puis dire, de reprendre les parcelles de vérité existant en dehors d’elle?

“Cette merveilleuse harmonie de la liturgie avec les cycles du soleil et de la lune est aussi – par voie de
conséquence – une correspondance aux cycles de la physiologie humaine et des rythmes de tous les êtres vivant sur la terre. Aussi loin d’être une “récupération intéressée d’éléments étrangers à
la Révélation chrétienne”, que l’Eglise aurait opérée pour mieux étendre son audience, il faut voir dans l’assimilation de certains des éléments jadis pratiqués par les anciens paganismes la
reconnaissance de l’admirable plan de Dieu qui avait, même au milieu des erreurs des rites païens, préservé des parcelles de la révélation primitive et entretenu des éléments de vérité par
lesquels il préparait de manière lointaine la réception du message évangélique.

L’explication selon laquelle l’Eglise, ne parvenant pas à extirper les coutumes païennes, les aurait
christianisées en les reprenant à son compte et en leur donnant un sens nouveau me paraît singulièrement simpliste. Quand, en outre, ce genre de commentaires sort de la bouche de personnes qui se
disent croyantes, on est pour le moins époustouflé puisqu’il ne s’agit là en réalité que d’une forme très réductrice de rationalisme. L’intelligence de la foi ne nous montre-t-elle pas au
contraire qu’il est beaucoup plus conforme à la Sagesse divine et aux admirables dispositions de la Providence de voir dans ces rites et même dans certaines pratiques symboliques de l’ancien
paganisme, une sorte de pierre d’attente sur laquelle les missionnaires de l’Evangile pourraient ensuite s’appuyer pour bâtir? Comme je suis un chat, et qu’en outre je suis un chat monastique, je
suis tout particulièrement sensible à cet accord entre les cycles de la nature et de la liturgie chrétienne.

Dans plusieurs de ses ouvrages consacrés à la liturgie, celui qui est devenu depuis le Pape Benoît XVI avait
insisté sur le caractère cosmologique des rites du christianisme : par exemple en rappelant le sens de l’orientation de l’autel et des églises, ou encore en faisant ressortir l’importance des
gestes rituels et des ornements traditionnels, qui sont dans une harmonieuse continuité avec les symboles et les rites de l’Ancien Testament et avec les espérances des Gentils.”