Bertone veut des saints évêques. Mais la Secrétairerie d’État ne vient-elle pas d’en sacrifier un ?

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Dans l’homélie qu’il a prononcée, mardi 15 septembre, lors de la Messe célébrée avec les évêques ordonnés au cours de l’année, le
cardinal Secrétaire d’État Bertone a fait écho aux fortes – et remarquées – paroles de Benoît XVI du samedi précédent à l’occasion de l’ordination à l’épiscopat de cinq nouveaux évêques italiens
– tous du sérail du Vatican.


« Le peuple chrétien a besoin de voir des témoins crédibles et d’être guidé par de saints pasteurs » a déclaré le cardinal en manière de « feuille de route » pour les nouveaux
évêques et… les anciens.

 

Un facétieux ami américain, et bon connaisseur de l’épiscopat des États-Unis, me faisait remarquer au téléphone que
l’excellence de ces paroles ne dispensait pas celui qui les a proférées de se les appliquer à lui-même. Lui faisant reproche de son impertinence, il se mit à rire : « Bertone a raison,
bien sûr ! L’évêque doit témoigner en parole et en action de la doctrine catholique s’il veut être pris au sérieux, et il doit être saint en tout s’il veut conduire le troupeau qui lui est
confié à la Bergerie céleste. Mais alors, pourquoi la Secrétairerie d’État a-t-elle “débarqué” l’évêque Joseph Martino de Scranton en Pennsylvanie ? À 63 ans c’est un peu tôt pour prendre sa
retraite… et ceux qui disent que c’est pour des raisons de santé sont, à mon avis, plus souffrants que lui ! Est-ce parce qu’il était précisément un témoin intraitable de ce que sont la
doctrine et la discipline catholiques, et donc un “gêneur” dans la Westernpolitik de la Secrétairerie d’État vis-à-vis de la nouvelle administration de la Maison Blanche ? Comment Bertone
peut-il dire des choses justes sur les évêques en général et laisser commettre une injustice contre un évêque particulier qui était un témoin crédible et un saint prêtre ? ». J’avoue que je
n’ai pas su quoi lui répondre.


D’autant que, en France, il ne semble pas que l’on ait beaucoup insisté pour maintenir à l’évêché aux Armées, Mgr Patrick Le Gal, 56 ans, qui cependant n’avait pas démérité, mais qui n’avait pas
l’heur de plaire à certains généraux cathos influents. Verba eminentissima volant