J’ai confiance dans la justice de mon pays!

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Je relisais hier le communiqué de presse de la conférence épiscopale belge aprèsla perquisition “musclée” à l’archevêché de Malines-Bruxelles. J’y lis notamment ces quelques lignes:

“Chacun, tant membres de la Conférence épiscopale que du personnel, fut auditionné. Ce ne fut pas une expérience agréable. Les évêques ont toujours dit avoir confiance dans la justice et son travail. La présente perquisition est accueillie avec la même confiance.”

Cette histoire de “J’ai confiance dans la justice de mon pays” m’a toujours paru une vaste fumisterie. Quand il faut préciser cette confiance, c’est qu’elle ne doit plus être si franche que ça! Dans le meilleur des cas, c’est une bonne blague; plus généralement, c’est que l’on répète machinalement un truc dont on ignore le sens (la “justice” serait alors, selon le mot fameux, une idole que l’on encense par habitude…).
La réalité, c’est que la justice dans nos vieux pays de chrétienté est devenu le règne de l’arbitraire le plus complet – tout simplement parce que le droit n’est plus enraciné dans une norme transcendante échappant à la tyrannie de la majorité.
Mais lire ce communiqué prétendant même accueillir une scandaleuse perquisition “avec confiance”, après avoir appris que cette perquisition avait été cassée par la justice elle-même, m’a, je l’avoue, bien fait rire!…

5 comments

  1. palgen

    A vous lire vous rêvez d’une dictature de la minorité ?? Pourtant vous combattez un certains totalitarisme auquel vous préféreriez le vôtre ….Etrange raisonnement.

  2. Boris Maire

    Bonjour,

    je pense plutôt que l’on nage en plein “novlangue”.

    Certains appellent “justice” ce qui est en réalité “législation”. Or, comme vous le soulignez, les législations des pays Européens ne sont plus Justes, au sens véritable du terme. Elles sont fausses dans bien des domaines.

    Nous observons alors le changement de sens profond du mot “justice” qui vient se confondre alors avec “législation” : comme-ci toute législation était juste.

    C’est le même mécanisme avec les notions d’Amour (acte de la volonté) et désir/plaisir (sentiment) : le premier est nié dans son essence profonde pour être rabaissé au seul plan des seconds.

    Par ces mécanismes de “novlangue”, très bien décrits dans le livre 1984, on rend impossible le dialogue puisque les mêmes mots n’ont plus le même sens, mais, pire, on interdit aux nouvelles générations de se construire puisqu’elles sont privées de mots pour exprimer certains principes et certaines idées.

    On parle toujours du ministère de la Justice : il est là, avec les magistrats, pour faire appliquer OU NON la loi afin que la Justice soit dans tous les cas rendue.
    La Justice n’est pas celle d’un pays : elle est. Rien ne peut être juste ici et pas ailleurs. On peut avoir confiance dans la Police, la magistrature, … la législation d’un pays. Mais pas dans SA justice.
    Ce serait comme identifier “morale” et “éthique personnelle” : or l’une est universelle, pas l’autre.

  3. Rosalie

    Cette fois-ci, je suis moins d’accord avec vous.
    Que la justice soit juste ou non, n’empêche pas d’avoir envers elle l’attitude proposée par Jésus-Christ : “Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d’un caractère difficile.” 1Pierre 2-18
    La justice faisant partie intégrante du pouvoir temporel (“rendez à César ce qui est à César”), Notre-Seigneur nous enseigne que nous devons y être soumis, même en cas d’injustice.
    Je pense que c’est dans ce sens qu’il faut comprendre le communiqué de “confiance en la justice” de la conférence épiscopale belge.
    Mais cela ne veut pas dire non plus qu’il n’est pas permis de se défendre légalement contre une injustice !

    • Vini Ganimara
      Author

      Il ne s’agit pas d’amalgame entre spirituel et temporel. Il ne s’agit pas non plus de ne pas obéir à la justice du pays. Il s’agit seulement de ne pas être dupe: cette perquisition n’était, pour le juge en question, qu’une occasion de “se faire les évêques”. A la place de la conférence épiscopale belge, mettez n’importe quel groupe de dignitaires religieux et imaginez la même perquisition. Difficile à imaginer, non? Eh bien, une justice qui traite deux cas semblables différemment me semble singulièrement injuste!

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