La “laïcité positive” contestée par certains évêques au synode

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Notre consoeur Isabelle de Gaulmyn, journaliste au quotidien “La Croix”, a récemment écrit à propos du synode sur le Moyen-Orient:

“De nombreux intervenants au synode ont réagi, sous l’œil attentif du pape et parfois avec « allergie », selon le constat du rapporteur, Mgr Antonios Naguib, au concept de « laïcité positive » proposé par l’ Instrumentum laboris : « Cette laïcité nous pose problème, à nous chrétiens orientaux, a dit l’un d’eux. Elle a un arrière-goût français, d’opposition à l’Église. Or nos pays sont religieux et nous voulons un espace pour l’Église sur la place publique. Il ne faut pas laisser penser que la foi est une menace pour la liberté.”

Malheureusement, on ne sait pas qui est cet intervenant. Mais l’indication n’en reste pas moins fort intéressante. D’abord, parce qu’en France, la “laïcité positive” est, au contraire, supposée renier la sacro-sainte “séparation des Eglises et de l’Etat” et qu’il n’est pas inutile d’écouter le reste du monde pour voir à quel point le système français est daté et situé. Et, ensuite, parce que ce concept de “laïcité positive” est effectivement problématique en soi. On ne sait pas bien ce qu’il recouvre, j’ai déjà eu l’occasion de le dire.
Dans cet article, j’avais cité le paragraphe 25 de l’Instrumentum laboris, qui doit être celui que visent les critiques:

“Les catholiques doivent, en principe, pouvoir apporter ce qu’ils ont de meilleur dans l’approfondissement – avec les autres citoyens chrétiens, mais aussi les musulmans penseurs et réformateurs – du concept de «laïcité positive» de l’État. De telle sorte, ils aideraient à alléger le caractère théocratique du gouvernement et permettraient une plus grande égalité entre les citoyens de religions différentes, en facilitant ainsi la promotion d’une démocratie saine, positivement laïque, qui reconnaisse pleinement le rôle de la religion, dans la vie publique également, dans le respect total de la distinction entre les ordres religieux et temporel.”

En tout cas, je me réjouis que des évêques, évidemment plus qualifiés que moi, et surtout ayant autorité pour le faire, critiquent ce concept de “laïcité positive”, qui me paraît sans doute utile dans le contexte français pour sortir de l’anticatholicisme primaire de l’Etat, mais qui, étendu à l’Eglise universelle, risque fort de semer plus de confusion que de clarté…

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