La nomination de Mgr De Kesel à Bruges (4)

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Revenons-en à Malines-Bruxelles. On peut comprendre que Mgr Léonard désire avoir les mains libres pour les
quelques années qu’il a devant lui mais, par ces récentes nominations à Namur et à Bruges, n’est-il pas en train d’organiser son propre isolement dans la conférence épiscopale qu’il
préside ? Conserver à Malines-Bruxelles NNSS De Kesel et Vancottem permettait de les tenir en laisse, puisqu’un auxiliaire n’a pas de pouvoirs propres. En attendant, le cardinal Danneels
doit être heureux de voir sa politique réalisée par un successeur qu’on présentait comme son pire adversaire et à qui il avait deux fois tenté de barrer la route à l’épiscopat. Godfried Danneels
pouvait-il rêver une meilleure transmission de son héritage que ce scénario, où ses deux premières « créatures » (1982 et 1984) accèdent en moins d’un mois à des sièges propres ?
La succession à Bruges est même un cadeau en or pour lui : à son fidèle compagnon de route Vangheluwe succède son dauphin De Kesel, le tout dans son diocèse d’origine.

Certains se consolent en pensant que Mgr Léonard va se faire donner de bons
évêques pour les trois postes d’auxiliaires maintenant libres. Tout est possible, mais il est de bonne méthode de juger sur ses accomplissements passés un homme qui a déjà un long
parcours.

Prenons un seul point : Mgr Léonard a souvent été acclamé pour son
séminaire. Cet enthousiasme me paraît excessif quand on en connaît le directeur : né en 1970, l’abbé Rochette ignore à peu près tout de la théologie d’avant 1962. En liturgie, c’est la même
chose : 1962 n’existe pas, 1970 règne en maître. Ni par mes sources belges, ni de connaissance directe, je n’ai constaté le moindre effet du
motu proprio de 2007
au séminaire de Namur. On n’y fait même pas le minimum pour amorcer une restauration digne de ce nom : enseigner activement liturgie moderne dans l’esprit de l’ancienne, dans l’optique de
Benoît XVI. Or, il est peu probable que la nomination de l’abbé Rochette à la tête du séminaire de Namur soit une erreur de calcul, quand on sait comment l’abbé Léonard dirigeait le séminaire de
Louvain-la-Neuve : il prit rapidement pour modèle Mgr Lustiger et sa fameuse “troisième voie”.

Plus près de nous, à son arrivée à Malines Mgr Léonard a confirmé tout le
conseil épiscopal du cardinal Danneels et n’y a effectué aucun changement depuis lors. Sur la base de ces deux exemples représentatifs, on peut avoir des craintes quant aux noms que Mgr Léonard
proposera à Benoît XVI pour les 3 postes d’auxiliaires vacants à Malines-Bruxelles… et pour les autres sièges belges dans les prochaines années.