La succession du cardinal Danneels. Le contexte, un catholicisme en voie d’extinction (2)

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Quelques coups de sonde serviront à décrire l’état du catholicisme belge. Ainsi, le
silence, ou pire, de l’épiscopat en matière d’homosexualité.


– En mai 1996, dans Pastoralia, revue officielle de l’Archevêché de Malines-Bruxelles, l’abbé Cosijns (adjoint de l’évêque auxiliaire pour Bruxelles, Mgr De Kesel), déclarait : « Dans la relation homosexuelle aussi, des personnes peuvent trouver le chemin de
Dieu.»


– En septembre 1999, ouverture à l’Université catholique de Louvain (de langue française) un chantier « Accueil Homosexualité »,
donnant des liens avec le Cercle Homosexuel de Louvain-la-Neuve et des sites gays, lesbiens et bisexuels, des informations sur la Gay Pride et les réunions de prêtres gays, avec photos, topos sur
les communautés, les rendez-vous, l’adoption.


– Le 5 avril 2000, dans l’hebdomadaire Tertio, le P. Roger Burggraeve, professeur de théologie morale à la Katholieke Universiteit Leuven, prenait
position en faveur de l’adoption par les couples homosexuels.

– Le 15 décembre 2001, Le Soir
publiait un article de professeurs, dont deux de l’Université catholique de Louvain, défendant le principe du mariage des homosexuels.


– Il est vrai qu’en 2001, dans Dialogue avec des ados sur la vie et la foi (éditions Fidélité), le cardinal Danneels avait osé dire : « Un
mariage hétérosexuel est plus riche, ne fût-ce que parce qu’il offre la possibilité d’avoir ses propres enfants ».


– Le 26 Juin 2002, était signée la « Déclaration Commune sur le Traitement égal de l’hétéro-sexualité et de la sexualité homosexuelle, lesbienne et bisexuelle dans l’enseignement »,
entre le ministère de l’éducation et des organismes d’enseignement, dont le Secrétariat général Flamand de l’Enseignement Catholique : « Chacun avec ses moyens appropriés, tendra vers
un climat d’enseignement, de vie et de travail, ouvert pour les homosexuels, les lesbiennes et les bisexuels » (vidéo, institution d’une « semaine de la
diversité »).


– En 2002, publication par ce même Secrétariat de l’Enseignement Catholique d’un livre avec vidéo : Sois sympa quand tu fais l’amour (Vrij
vriendelijk
: connotation d’attitude conviviale et responsable dans les rapports sexuels), avec collaboration des délégués des évêchés d’Hasselt, d’Anvers, de Bruges, de Malines-Bruxelles, de
Gand : « L’homosexualité et l’hétérosexualité ne peuvent pas être traitées à part ».


– Le 3 mai 2005, Cathobel (émettant sur le site officiel de l’Eglise de Belgique) annonçait que des paroisses de Bruxelles seront désormais parties
prenantes de l’eucharistie qui précèdera la Gay Pride, avec messe à ND du Bon-Secours (organisée par les associations chrétiennes homosexuelles, dont la Communauté du Christ Libérateur). L’année
suivante, l’autel étant recouvert d’un drapeau gay. Mgr De Kesel, poulain du cardinal Danneels, disait « soutenir de tout cœur cette initiative ». (Le 1er décembre 2008, Mgr
Jousten, évêque de Liège, participait à une soirée œcuménique de lutte contre le Sida coorganisée par la Communauté du Christ Libérateur).


– Il est vrai que, le 31 mai 2005, une déclaration des évêques à propos de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, avait osé : « Avoir permis d’appeler “mariage” l’union de
deux hommes ou de deux femmes est déjà un détournement du sens des mots et surtout de la réalité fondamentale qu’ils désignent. Légaliser de surcroît l’adoption dans un tel contexte augmenterait
encore la confusion ».


– Le 11 mars 2006, à l’Interdiocesaan Pastoraal Beraad, l’abbé Eric de Beukelaer, porte-parole des évêques de Belgique et recteur du séminaire de Louvain-la-Neuve déclarait : « Selon moi toute forme de célébration d’église d’une relation homosexuelle (avec bénédiction, etc.) doit être évitée, car elle est
source de confusion… Ce qui est possible, c’est que le ministre liturgique aille prier avec ces personnes et leurs proches (chez eux, à la maison, dans une
chapelle) ».


– Heureusement, le 4 avril 2007, Mgr Léonard, évêque de Namur, dans un entretien à Télémoustique, avait parlé « d’anormalité » au sujet de
l’homosexualité. Acte « anormal » : presque un péché… D’où la tempête dans tout le Royaume et le lynchage médiatique qu’on imagine, bientôt suivis des explications embarrassées de
Mgr Léonard. 
Un seul évêque!