Homélie du cardinal Sodano : « l’occasion manquée »

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Robert Monyhan, bien qu’américain, est un gentleman outre le fait qu’il a créé et dirige un mensuel très apprécié : Inside the Vatican. Dans sa lettre d’information diffusée par internet, The Moynihan Reports, il commente cet après-midi l’homélie que le cardinal doyen Angelo Sodano a donnée ce matin au cours de sa célébration de la Messe Pro Eligendo Romano Pontifice devant tous les cardinaux et avant l’entrée en conclave des électeurs. Étant un gentleman, Robert Moynihan souligne les beaux moments de l’homélie de l’ancien secrétaire d’État, mais conclut sur une note de franche déception.

sodano 12 mars 2013« La vision que Sodano esquisse c’est le rôle du Pape et de l’Église comme partenaires des autres gouvernements et institutions pour apporter la paix et la justice dans le monde. Cette vision n’est pas fausse mais elle est partielle. Aucune homélie de quelques minutes ne saurait tout contenir. Mais dans une homélie prononcée à quelques heures du premier vote du conclave, l’absence d’insistance sur le rôle mystique de l’Église dans un processus menant ultimement (comme la théologie orthodoxe orientale le souligne particulièrement) par l’union au Christ à la “divinisation” même de l’homme, la participation même de l’homme à la vie divine, est un manque et une déception.

Ce n’est pas que cette homélie contienne quoi que ce soit de faux, mais c’est plutôt que sa vision semble trop centrée sur la sphère temporelle, sur l’agir dans ce monde.

Dans ce sens, elle semble être une occasion manquée. »

 

7 comments

  1. Le problème de ce conclave (visiblement, vous ne le comprenez pas), n’est pas la mystique mais la politique. C’est – au-delà des difficultés dues à son âge – pour cette raison que Benoît XVI a démissionné.

    Apparemment, cela vous a échappé… Comme toujours.

  2. chartreux

    On ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec l’homélie du cardinal Ratzinger, il y a huit ans : illustration frappante du gouffre qui sépare la compétence du génie…

  3. Rémi

    Il y a déjà un bon moment que nos cardinaux ne pensent plus qu’à l'”Homme”, par mauvaise volonté ou lavage de cerveau, ou simplement perte de la foi. A croire qu’à la fin du monde, tous les hommes se retrouveront au ciel d’où le Bon Dieu sera parti, par respect pour nous…!

  4. hermeneias

    La devise des chartreux devrait être celle de l’Eglise appelant chaque être humain individuellement , personnellement , à la conversion et au Salut en Jésus-Christ….

    “Stat Crux dum volvitur orbis” ( Alors que le monde tourne la Croix demeure ).

    Le Salut n’EST PAS , d’abord et ultimement , le fruit et le résultat de nos discussions , organisations , oeuvres , diplomaties , systèmes politiques et sociaux aussi respectables et nécessaires soient-ils .
    Et c’est à l’Eglise de le dire sans quoi personne ne le dira et on retombera dans les idolatries mondialistes( Babel) ou nationalistes( la “Nation” sans Dieu vue comme l’Absolu ) ou les combinazione diplomatiques mettant sous le boisseau un christianisme devenu génant et “fauteur de troubles”

  5. Alain PROTTE

    Il va de soi que le Cardinal Solano, comme tout autre Pape possible ne néglige pas le rôle mystique de l’Église dans un processus menant ultimement par l’union au Christ à la “divinisation” même de l’homme, la participation même de l’homme à la vie divine, même s’il ne le cite pas. C’est une évidence.
    Mais il centre son homélie sur la question politique avec une très grande lucidité.
    En effet l’urgence est de protéger l’Eglise Catholique et sa Doctrine des menaces considérables dont elle est l’objet partout dans le monde.
    C’est bien là la question fondamentale de notre aujourd’hui.qui ne peut se résoudre autrement que dans le cadre de la politique, face à des religions qui ne sont que des bèliers utilisés par le mondialisme pour détruire la religion catholique qui leur fait obstacle.
    .

  6. noos

    C’est le role “mystique” et historique , temporel , de l’Eglise que d’annoncer et proposer explicitement “à temps et contre-temps” le Salut en Jésus-Christ car telle EST , en principe , la foi de l’Eglise .
    C’est le Christ qui sauve , Dieu , non pas “ultimement”, “au terme d’un processus” (quel processus ?) mais au début , au milieu et à la fin , en tant qu’Il est non seulement “la Vérité” et “la Vie” mais aussi le “Chemin”.

    Le problème est que certains considèrent ou semblent considérer que le salut serait le terme ultime d’un développement humain ou d’une “évolution” humaine , autrement dit du “progrès” de l’humanité…..

    Rien ne va “de soi” et surement pas la foi qui est un acte libre et non la conséquence de l’évolution et du développement

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