Le parti Kasper ouvre un second front : “Le divorce catholique”

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Il nous a paru intéressant de publier la traduction de cet article de Don Pio Pace paru sur le blogue américain Rorate Cæli, le 13 novembre dernier.

L’assemblée extraordinaire du Synode des Évêques était à peine terminée que les partisans de la libéralisation de la discipline de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage ouvraient un second front, celui de la « simplification » des procédures canoniques de la déclaration de nullité.

La rétrogradation du cardinal Burke de son poste de préfet de la Signature apostolique trouve dans cette affaire sa véritable signification. Son rôle dans la nomination des évêques pour les États-Unis sous Benoît XVI ne suffit à expliquer sa rétrogradation, parce que, pour neutraliser son influence, il suffisait (comme cela a été fait) de le retirer de la Congrégation pour les évêques, où il a été remplacé par le cardinal Wuerl. Mais à sa place de « Premier Juge » de l’Église romaine, il était un obstacle sérieux à la réalisation d’un projet actuellement à l’étude : faire des procédures de déclaration de nullité un « divorce catholique » dans le nom.

Les grandes lignes de ce projet, sans doute déjà relativement réglé en secret, peuvent se résumer en quatre points:

1. Une considérable accélération et simplification de la procédure. Actuellement, la procédure (constitution des dossiers, instruction, audition des époux, des témoins, des experts, plaidoirie, et puis ensuite deuxième instance) prend généralement un an et demi, ce qui n’est pas très long, étant donné qu’il s’agit de déclarer inexistante une promesse faite pour toute la vie. La procédure nouvelle serait réduite à quelques mois. Cela suppose un accroissement du personnel des tribunaux diocésains qui sont déjà engorgés, ce qui est pratiquement impossible dans de nombreux pays. Ce qui est donc envisagé, c’est un examen sommaire de chaque cause.

2. La suppression de la double confirmation. Dans la discipline actuelle, extrêmement sage et prudente compte tenu de ce qui est en jeu, afin d’atteindre avec certitude une décision qui soit aussi objective que possible, quand un jugement de nullité a été formulé par un collège de trois juges, l’ensemble du processus est alors obligatoirement soumis à un appel automatique pour une confirmation en deuxième instance, avec nouvel examen du dossier et prononcé d’une nouvelle décision. Si la deuxième décision est identique à la première, le premier jugement (de nullité ou non) est confirmé. Sinon, il est rejeté. La partie demandant une déclaration de nullité peut alors déposer un recours devant le Tribunal de la Rote romaine, qui sert de troisième instance de jugement. Dans le projet actuellement à l’étude, il n’y aurait plus besoin de confirmation par une seconde délibération.

3. La déclaration de nullité consiste à dire que, au moment du mariage, le consentement des époux n’a pas vraiment existé. Le Code de Droit Canonique prévoit un certain nombre de cas de nullité matrimoniale : incapacité de contracter un mariage en raison de l’absence d’un usage suffisant de la raison (Can 1095) ; exclusion du mariage lui-même en raison du rejet d’éléments essentiels, tels que la fidélité à un seul conjoint ou que l’indissolubilité (Can 1101) ; erreur sur la personne, tromperie, violence, et aussi l’incapacité pour des raisons psychiques à assumer les obligations du mariage (généralement, l’immaturité : canon 1095 § 3). De fait, les cause les plus importantes des nullités de mariage sont souvent que les contractants souffrent« d’un grave défaut de discernement concernant les droits et devoirs dans le mariage », ou que « pour des causes de nature psychique, [ils] ne peuvent assumer les obligations du mariage ». Les tribunaux laxistes (ceux des États-Unis sont souvent cités, mais il y en a beaucoup d’autres) se basent principalement sur cette dernière raison: le manque de maturité des époux, ou de l’un d’eux. Une manière très simple de transformer les déclarations de nullité dans un « divorce catholique » serait donc d’élargir la jurisprudence sur la question de la définition de l’immaturité qui rend le consentement inexistant, ce que les décisions des tribunaux romains peuvent facilement réaliser. A 20 ou 30 ans, ou même plus, on est toujours plus ou moins immature

4. La considération de l’absence de la foi de l’un des conjoints. Une idée qui gagne le monde ecclésiastique est que, dans un certain nombre de cas, les époux qui contractent un mariage sacramentel n’ayant pas la foi catholique, leur mariage serait invalide. Cette thèse va à l’encontre doctrine catholique sur les sacrements, qui distingue leur validité de leur fructuosité. Le réalisme sacramentel exige en effet que l’acte sacramentel soit un acte humainement perceptible, constitué par un rite établi par l’Église. Si le rite est utilisé d’une manière sérieuse, la validité de l’acte sacramentel est présumée, même si le ministre ou le sujet n’a pas la foi catholique (principede l’ex opere operato). Par exemple, les fidèles qui assistent à une messe n’ont aucune obligation de contrôler si le prêtre célébrant croit ou non en la présence réelle dans l’Eucharistie, tant qu’il accomplit avec sérieux le rite prescrit par l’Église. Les séminaristes ordonnés jadis dans les pays communistes n’avaient pas à se préoccuper de la possibilité que leur évêque aurait pu être un agent communiste caché. On peut (hélas!) recevoir le baptême ou la confirmation validement, pour de mauvaises fins, sans avoir la foi. Naturellement, l’acte sera sacrilège et la grâce sacramentelle sera empêchée par cet obstacle, mais il n’aura pas lieu de le réitérer ou de le contester. De la même manière, si l’un des conjoints n’a pas la foi catholique, ou les deux, mais s’ils sont tous deux baptisés dans l’Eglise et veulent se soumettre librement au rite catholique du mariage, ils s’unissent validement.

Il est vrai que dans ce cas, le manque de foi peut influencer l’acceptation des fins du mariage, qui sont de l’ordre naturel mais que l’Eglise catholique est l’une des rares institutions à reconnaître. En fait, la vraie raison de la nullité dans un tel cas ne sera pas l’absence de foi, mais ce à quoi peut conduire parfois cette absence, par exemple, le refus de l’indissolubilité du mariage. Mais la fabrication d’un empêchement « non-foi » conduirait à des absurdités : le sacrement devrait être refusé lorsque l’un des futurs époux (ou les deux) dit qu’il n’a pas la foi catholique (le plus souvent il se demande s’il a vraiment la foi). Faudrait-il imaginer une « dispense de foi » accordée par l’évêque pour procéder au mariage, comme il doit accorder une dispense lorsqu’un des époux n’est pas baptisé, ou est baptisé dans une autre confession chrétienne ?

Les hommes qui portent ce projet de réforme libérale des déclarations de nullité sont très divers: des « politiques », comme le cardinal hondurien Oscar Maradiaga, Président du Conseil des cardinaux nommés par le pape pour réfléchir sur la réforme de la Curie romaine, des « penseurs », comme Mgr. Vincenzo Paglia, président du Conseil pour la Famille, qui a ébloui Benoît XVI par son panache de « sociologue théologien » et sa connaissance des anthropologues contemporains, des membres Du haut appareil judiciaire comme Mgr Pinto, Doyen de la Rote romaine, enfin des « seconds couteaux », comme Mgr Maurice Monier, auditeur de la Rote romaine, qui aimerait établir les annulations fondée sur l’absence de foi.

Il est indéniable qu’un problème pastoral majeur existe aujourd’hui : la vérification de la véracité de l’accord des époux concernant l’indissolubilité du mariage et l’accueil des enfants lors des préparations au mariage. On entend souvent dire que la majorité des mariages sacramentels actuels ne seraient pas valides. De là la conclusion : il faut beaucoup élargir la possibilité de déclarer les nullités. C’est un argument spécieux. Si il est vrai, en effet, qu’un grand nombre de mariages contractés actuellement sont nuls et de nul effet, ce fait est dû à l’insuffisance des précautions prises lorsque les candidats au mariage sont reçus afin d’assurer leur consentement. En fait, l’affirmation que 80% des mariages actuellement célébrés sont nuls et non avenus – une affirmation qui est attribuée à François, en regard de laquelle on a souligné que de très nombreuses annulations étaient accordées par les tribunaux ecclésiastiques Buenos Aires – devrait logiquement conduire à un très grand « rigorisme » : il faudrait refuser la célébration du sacrement du mariage à 80% de ceux qui le demandent et n’admettre comme « dignes » que 20% des demandeurs ! Parce que continuer à célébrer des mariages qu’on affirme par ailleurs sans valeur, et ensuite les déclarer nuls avec une procédure sommaire dès que des difficultés surviennent entre les conjoints, serait se moquer du sacrement et scandaliser ceux qui le reçoivent. Il est vrai que ce nouveau mariage sacramentel si facile à défaire serait beaucoup plus attrayant pour les couples modernes : le nombre des mariages, devenus des mariages au rabais, recommencerait d’augmenter …

Et afin de faire avancer ce projet dans l’opinion ecclésiastique, en particulier parmi les évêques, il est présenté comme une solution « centriste » « raisonnable », qui tient compte des réalités « pastorales », projet à égale distance du « extrêmes » qui se sont manifestés au Synode : au nom d’une pastorale de « bon sens », l’indissolubilité du mariage serait ainsi contournée.

Le fait est que la situation du mariage catholique aujourd’hui est extrêmement alarmante. Il est indéniable que de grands efforts doivent être faits en ce qui concerne la préparation des fiancés afin de les sensibiliser sur la beauté et les exigences de ce qu’ils envisagent. Là, comme dans tant d’autres domaines, le défi pour l’Eglise de demain est celui de la bonne transmission du catéchisme.

33 comments

  1. professeur Tournesol

    Ayant été baptisé tout jeune enfant, je n’avais évidemment pas la foi à cet âge, pourtant le baptême est bien valide.
    Par ailleurs, autant les autres sacrements sont purement d’ordre spirituel, autant le mariage à une signification sociale (le mariage existe sous différentes formes à toutes les époques, dans toutes les religions, et il existe un mariage civil), un fiancé non croyant sait donc ce qu’il fait en se mariant.
    Quelqu’un peut-il nous éclairer sur le choix de mgr Mamberti pour succéder au cardinal Burke ?

  2. Shimon

    Pour moi, un mariage qui comprend une clause d’annulation n’est pas un vrai mariage, tout au plus un mariage à l’essai ou un essai de mariage, c’est à dire un non mariage un concubinage public.

  3. jejomau

    LE Christ l’ordonne à tous et en particulier à son Vicaire et à ses cardinaux : IL s’oppose Lui-même au divorce ET au “re-mariage” :

    “Celui qui répudie sa femme et qui en EPOUSE UNE AUTRE, commet un adultère à son égard; 12et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle COMMET UN ADULTERE”.

    • Shimon

      Entièrement d’accord, jejomau,
      mais si c’était votre fils qui se remariait, ou votre fille abandonnée, les mettriez-vous à la porte, refuseriez-vous d’adresser la parole au compagnon complice et cause d’adultère?
      Il faut bien reconnaître que ni à la samaritaine au bord du puits, ni à la femme adultère, le Christ n’a fait le moindre reproche, qu’Il ne les a pas fui comme la peste, mais leur a parlé avec respect et tendresse.
      Certes Il ne les a pas non plus encouragé à persévérer dans une voie sans issue. Par Son attitude sans hargne, pleine de compréhension, Il leur a permis un nouveau départ.

      • sygiranus

        Ne mélangez pas S.V.P. rejet de la faute et accueil de la personne !
        Mais si mon fils ou ma fille (ce qu’à Dieu ne plaise, mais pour mes neveux, hélas…) se remariait après un divorce civil, il ou elle sait fort bien que lui ou elle seul(e) et ses enfants du premier lit verrait s’ouvrir la porte de ma maison. Et des cas familiaux proches auront pu les convaincre de la fermeté de leurs parents en la matière, avec toute la peine et les soucis familiaux que de telles décisions peuvent amener.
        N’oublions pas que c’est leur vie éternelle qui est en jeu et que le laxisme en la matière est la manœuvre diabolique par excellence !

        • Anne Lys

          Si mon fils ou ma fille se remarie après divorce, si mon fils ou ma fille vit en pacs ou en concubinage, que vais-je faire ? Je pourrais, évidemment, estimer que tout « laxisme » est dangereux et recevoir de recevoir le concubin ou la concubine, légal(e) ou non. Mais non : je ne sais malheureusement que trop que cette façon de vivre est la conséquence, et non la cause de la perte, sinon de la foi, du moins de toute pratique religieuse.

          Car malheureusement, même si mon mari et moi avons tenté de donner à nos enfants une solide éducation religieuse, nous n’avons trouvé aucune aide dans notre paroisse ni dans les aumôneries, ni dans les écoles catholiques, car, vous le savez bien, l’Église de France, depuis Vatican II, a négligé de donner aux enfants une vraie formation religieuse, se contentant de « parcours » bien insuffisants, quand ils n’étaient pas en contradiction avec l’Écriture et la Tradition. Or, les adolescents ont tendance à ne pas se contenter de ce que leur donnent leurs parents, et s’ils ne trouvent rien à l’extérieur… ou, pire, si ce qu’ils trouvent à l’extérieur leur paraît insuffisant, voire ridicule, la paresse naturelle s’ajoutant à l’absence de bases solides, ils abandonnent toute vie religieuse.

          C’est notre faute, évidemment, et nous aurions dû nous montrer plus vigilants : peut-être aurions-nous évité cela.

          Donc, une attitude rigide par crainte de nous montrer « laxistes » n’aurait pour effet que d’éloigner l’enfant dont la vie n’est pas conforme à notre foi chrétienne, mais non de l’y ramener.

          Notre attitude est donc de ne pas dissimuler que notre affection, qui nous conduit à accueillir celui ou celle qu’ils aiment, ne vaut pas approbation.

          Et que ceux qui ont la chance d’avoir des enfants fidèles à leur baptême nous jettent la pierre…

      • remy

        D’accord avec vous, mais à priori, Jejomau ne laisse pas entendre qu’il mettrait ce fils ou cette fille à la porte …?
        Juste qu’il rappellerait comment s’appelle cette situation, d’après le Christ lui même : un adultère.

        En tout cas c’est ce que moi, et beaucoup de gens, feraient.
        Ce n’est pas parce qu’on rappelle la vérité, qu’on est forcément sectaire ou non charitable.

    • Y.Castel

      Ca n’est pas beau de mentir, même par omission: ” Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier? Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère… (Matthieu 19, 7-9).Le divorce a donc été de tout temps prévu et avalisé, sous conditions, par les Saintes Ecritures.

      • Levi

        @Y.Castel
        Les saintes écritures de l’ancien testament, oui, sans aucun doute.
        Quant à la loi nouvelle, je vous laisse le soin de faire les recherches dans le nouveau testament.

  4. JACQUES-FRANCOIS dit LOCARD

    Bonsoir,
    Quand on a ouvert la boîte de pandore, on ne peut plus la refermer.
    Il malheureusement possible que l’église catholique court vers un schisme. C’est très grave!
    Prions mes amis!
    Que DIEU vous bénisse!
    Merci!
    JFL

  5. Bernadette

    Comme d’habitude il y a un grand oublié: l’enfant. Annuler un mariage revient à dire qu’il n’a pas eu lieu. Comment l’enfant peut-il se situer, si ses parent ne se sont pas unis?

    • Anne Lys

      Comme la déclaration de nullité d’un mariage n’est pas une nouveauté, il y en a toujours eu, l’Église a, bien entendu, prévu ce problème : les enfants d’un mariage déclaré nul sont néanmoins légitimes aux yeux de l’Église, comme si le mariage n’était pas nul.

  6. Michel en Lys

    Il y a une tendance à faciliter la nullité du mariage alors qu’il ne faut jamais effacer que Jean le baptiste est mort pour avoir osé dénoncer Hérode de son concubinage. C’est que l’on valse dans la formulation de l’accueil du pécheur comme le Christ et la tendance vers la nullité du mariage par nos contemporains. On ne sait plus sur quel pied danser! Esprit Saint vient éclairer ton Église…

  7. Sami

    Les premiers chrétiens avaient déjà toutes sortes de disputes concernant les traditions car on a toujours des traditions . Saint Paul disait que seule la croix du Christ suffisait, et la croix du Christ qui est charité jusqu’au bout se moque de la tradition. Toutefois, il ajoutait : ” Ne soyez pour personne une occasion de chute” .
    La question est : pour qui la participation des divorcés remariés au corps et au sang du Christ est elle une occasion de chute ? Autrement dit : qui perd la foi si les divorcés remariés entrent pleinement dans le giron de l’Eglise? Ou encore : qui voit dans les divorcés remariés des êtres impurs ?
    Si une main se lève qu’elle regarde si elle n’a pas péché´ avant de leur jeter la pierre .

    • Anne Lys

      1. Saint-Paul n’a jamais dit que la Croix du Christ se moquait de la tradition… Cela reviendrait à dire qu’un Chrétien, pourvu qu’il croie au Christ, peut se permettre tous les crimes possibles et imaginables…
      2. Il ne s’agit pas de traditions au pluriel, mais de la Tradition, au singulier, la transmission par l’Église, épouse du Christ, de la partie de l’enseignement du Sauveur qui ne figure pas textuellement dans le Nouveau Testament.
      3. Pour qui l’admission des divorcés remariés serait-elle une occasion de chute ? pour tous les futurs époux chrétiens, qui penseraient, à juste titre, que l’Église a déclaré nulles et non avenues les paroles du Christ, qui ne relèvent pas d’ailleurs de la Tradition puisqu’elles figurent textuellement dans les trois évangiles synoptiques, et qui en conséquence se marieraient, comme le font ceux qui contractent seulement un mariage civil, à titre provisoire, puisque « le divorce n’est pas fait pour les chiens » et que si cela ne va pas, eh bien on divorce et on se remarie avec un(e) autre. C’est précisément le genre de choses dont le Christ parlait à propos de ceux qui scandalisent leur prochain et en particulier les plus jeunes.
      4. Ce qui ne fait pas des divorcés-remariés des « êtres impurs », mais des pécheurs, comme nous pouvons tous l’être, avec cette circonstance qu’ils sont des pécheurs « publics », qui peuvent scandaliser leur prochain, alors que la plupart de nos péchés restent privés… Sachant quel peut être le malheur de l’époux répudié (car maintenant les lois permettent de répudier purement et simplement un conjoint qui a, lui, entièrement respecté ses obligations envers son conjoint, je viens encore de le voir tout près de moi), et la difficulté que peut avoir un homme jeune, une femme jeune, à vivre seul tout le reste de sa vie sans faute de sa part, il ne me viendrait pas à l’idée de leur jeter la pierre et je ne crois pas qu’il y ait, parmi les Chrétiens qui souhaitent que l’Église reste fidèle à l’enseignement du Christ, beaucoup de personnes qui leur jettent la pierre. Mais le scandale que provoquerait l’admission à l’Eucharistie de ceux qui n’ont pas pu résister et qui ont contracté un second mariage civil aurait pour effet de multiplier les mariages conclus sans intention d’indissolubilité, donc les cas de répudiation chez les Chrétiens, qui pour l’instant résistent encore à cette tentation. Et donc de multiplier les cas d’époux répudiés et malheureux.

  8. Michelet

    Très bon article, très clair et très juste dans l’exposé de la doctrine catholique des sacrements. Reste à vérifier que c’est bien cela que le pape François a en tête, et c’est lui prêter des intentions qui ne sont pas forcément les siennes. Jusqu’à preuve du contraire, il faut avoir une “interprétation charitable” et supposer que le pape est défenseur de la foi catholique, ce qu’il a d’ailleurs rappelé à la fin du synode. Plus largement, il faut avoir la ferme confiance que la barque de Pierre est dirigée par le Christ, et que les forces contraires ne prévaudront pas.

    Juste un détail à la fin du deuxième paragraphe : [ faire des procédures de déclaration de nullité un « divorce catholique » dans le nom.] Je suppose que vous vouliez écrire : [sans le nom].

  9. ça suffit

    @ Shimon, il ne s’agit pas d’une clause d’annulation, mais d’une clause de nullité, on peut le déclarer nul mais on ne peut pas l’annuler, car ce serait ouvrir la voie du divorce catholique. Quant aux kaspériens, combien de nouveaux couples se soucient d’être dans le droit chemin depuis 1970 où notre pseudo église a jeté aux orties toute idée de tradition, de morale et de catéchisme et d’enseignement de la Vraie Foi. Ayant eu moi-même ainsi que mon épouse la nullité du mariage, elle au bout d’un an moi après bcp plus de temps dès que nous rencontrons un couple divorcé, non remarié ou remarié nous essayons avec amour de leur expliquer ce qu’il serai bon de faire à savoir introduire une demande de nullité, pour vivre en union avec le Christ!

  10. Anne Lys

    Il faut se souvenir que, parfois (souvent ?) les autorités ecclésiastiques ont été sans doute excessivement rigoristes dans la reconnaissance de la nullité d’un mariage.

    C’est arrivé dans ma famille : un de mes oncles désirait épouser une jeune femme amie de la famille, mais n’a pu le faire que devenu octogénaire, à la mort du premier mari de sa femme. Or, le mariage de celle-ci aurait sans doute pu (et même dû) être déclaré nul : des témoins ont attesté que le garçon avait parié de mettre la jeune fille dans son lit, pour une seule nuit, même s’il devait accepter pour cela de simuler un mariage à l’église. Ce qu’il fit, et comme il l’avait annoncé, il la quitta le lendemain de la nuit de noces… la laissant enceinte (d’un enfant gravement handicapé qui n’a pas vécu), ce qui évidemment attestait que le mariage avait été consommé. C’est sans doute la raison qui a conduit les autorités ecclésiastiques à refuser de déclarer ce mariage nul… Cela s’est passé à peu près à l’époque de ma naissance, c’est-à-dire il y a plus de quatre-vingts ans.

    Je crois que la simple charité veut que, quand un membre de la famille se trouve être divorcé et remarié, ses parents, frères et sœurs et autres proches catholiques ne le rejettent pas et continuent à le recevoir, avec son épouse, mais non sans lui avoir fait savoir que l’affection ne vaut pas approbation… Même attitude, sans doute, pour l’enfant homosexuel, mais je crois que je serais personnellement incapable de recevoir comme son « conjoint » la personne de même sexe qu’il présenterait comme telle.

    Aujourd’hui, d’ailleurs, il y a tant de divorces et de remariages qu’il n’y aurait plus d’unité familiale possible si les familles catholiques rejetaient leurs membres divorcés-remariés…

    • sygiranus

      Après cette très belle étude du scandale des divorcés remariés, comment pouvez-vous soutenir que la charité chrétienne consiste à tolérer leur faute sous prétexte que ce sont (ou pourraient être) vos enfants ? Si vous apaisez leur crainte de rejet, celle-ci disparaîtra de leur esprit et jamais ils ne penseront à s’en repentir. Que savez-vous de l’instant de la grâce qui peut les toucher ? Si vous faites disparaître ces instants où la vérité s’affiche dans un esprit, craignez la responsabilité qui s’ensuivra !

      • Anne Lys

        Faire connaître sa désapprobation (« mais non sans lui avoir fait savoir que l’affection ne vaut pas approbation… » avais-je écrit), n’est pas tolérer. Mais aimer ses enfants, quelles que soient leurs fautes, et ne pas les rejeter (car en les rejetant, on risque de de les éloigner définitivement de toute possibilité de revenir à une vie meilleure), je crois que cela fait partie du devoir des parents. Un enfant qui est sorti de son devoir, mais qui en souffre, qui continue à pratiquer ce qui lui est permis (prier, respecter l’obligation de la messe dominicale même s’il ne peut recevoir les sacrements), n’est pas un enfant définitivement perdu. Mais un enfant rejeté par les siens sera sans doute si amer que non seulement il est peu probable que cela le conduise à changer de vie, mais qu’il est au contraire probable qu’il s’éloigne définitivement de la grâce de Dieu et qu’il soit disposé à la rejeter si elle venait à lui.

        Quant à un enfant qui avait déjà « perdu la foi » (ou cru la perdre) parce qu’il n’a pas trouvé le soutien dont il avait besoin quand il en avait besoin, qui s’était marié à l’Église essentiellement pour faire plaisir à ses parents, comme cela arrive souvent, puis qui a divorcé et s’est remarié, croyez-vous que le fait d’être rejeté par ses parents peut le ramener ? Il ne se sent pas coupable, il croit agir normalement et des parents qui le traiteraient en paria pour cette raison lui sembleraient plus inhumains que bons Chrétiens.
        Sans doute, si vous êtes prêt à rejeter les vôtres s’ils n’obéissent pas à la loi divine, êtes-vous héroïque et admirable. Mais pour ma part, je me passe fort bien d’être admirable de cette façon.

        • sygiranus

          Qui vous parle de rejet pour le rejet ? Un enfant qui s’écarte, le fait de son plein gré mais il sait que je n’admettrai sous mon toit que lui et son conjoint légitime, au pire lui tout seul et ses enfants. Un concubin n’a pas sa place au sein d’un foyer catholique. C’est parfois dur mais le spectacle d’un neveu enterré, accompagné de sa femme du moment… et des trois précédentes, a choqué le reste de sa famille. Charmant garçon, trop doué, fils unique de sa mère, il n’a jamais appris à maîtriser son comportement et a séduit toutes les femmes qu’il a rencontré, à commencer par elle !
          La sévérité n’est que le rappel de la Loi du Seigneur, la miséricorde vient après, lorsque celle-ci est comprise et reconnue. Inutile de vous dire que ce n’est pas toujours marrant et, autant que possible, qu’il vaut prévenir que guérir !

    • toto

      @ Anne Lys
      L’histoire que vous rapportez est invraisemblable, pour les raisons suivantes:
      1) la consommation du mariage n’empêche pas l’invalidité du mariage
      2) Les officialités des diocèses examinent et enquêtent pour éviter les affabulations, les faux témoignages et les manipulations. D’où des délais parfois longs.
      3) Si le pari du mari avait été prouvé par des témoins la reconnaissance de nullité aurait été déclarée.
      4) Toute partie dans la procédure a droit de faire appel à la signature Apostolique à Rome (tribunal de la Rote)
      S’il n’a pas été fait appel ou si l’appel a été négatif c’est que le dossier était inconsistant.
      C’est avec des témoignages “pathétiques” de la sorte que l’on nous a imposé l’avortement (procès de Bobigny, faux viol, le petit ami voulant garder le bébé), l’euthanasie (différentes affaires médiatisées), le mariage pour tous, que l’on va nous imposer la GPA, la PMA. Et que Kasper et sa bande jouent aussi sur “les sentiments”

      • sygiranus

        Attention : pas d’anachronisme ! Les tribunaux ecclésiastiques ont pu être (apparemment) déraisonnablement sévères, à une époque où le divorce commençait à se répandre en France notamment. Ce n’est pas la nôtre !
        Mais les mérites obtenus auprès du Ciel par ce couple “persécuté” n’ont pu qu’avoir des répercussions insoupçonnables… et peut-être retardé, si peu que ce soit, la crise actuelle !

      • Anne Lys

        Invraisemblable peut-être, mais pourtant absolument vraie. Petite fille, j’en ai été témoin et on en a souvent parlé devant moi. Il y a une vingtaine d’années,quand ils ont pu enfin se marier, on en a reparlé; donc je suis sûre de mes souvenirs. En particulier en ce qui concerne les témoignages des camarades avec qui le mari de Thérèse avait parié. On s’étonnait qu’il n’en ait pas été tenu compte. Peut-être (je dis bien peut-être, je n’affirme rien) a-t-il été difficile, à cette époque (occupation, séparation en deux zones, occupées et nono) de retrouver ces jeunes gens et de leur faire officialiser leur témoignage ?

        Je n’ai pas dit que c’était la consommation certaine du mariage qui avait empêché d’en reconnaître la nullité, je l’ai seulement supposé et me suis probablement trompée. Encore que l’aspect “consommation du mariage” joue un rôle important dans les procédures de constatation de nullité.

        Et je n’ai pas dit – et je ne dis pas – que, en raison de quelques rares cas de ce type, il faudrait renoncer à l’indissolubilité du mariage chrétien et admettre aux sacrements les divorcés remariés.

        J’ai seulement constaté qu’il y a des circonstances où un époux innocent souffre beaucoup (alors que l’époux coupable, qui a provoqué le divorce, semble parfaitement satisfait…). Et je sais que les desseins du Père ne sont pas les nôtres, que ses pensées ne sont pas les nôtres et que s’il permet ce genre de souffrances, c’est en vue d’un plus grand bien…

        Je ne dis pas qu’ils n’ont pas commis d’erreurs, qu’ils n’ont pas été mal conseillés par leur curé ou un prêtre consulté. Le fait est que Thérèse n’a pas fait appel du refus de reconnaître la nullité de son mariage. Il faut dire que le refus de reconnaître la nullité – et le moment où il aurait fallu appeler de cette décision, datent des premières années 40, pendant l’occupation avec les difficultés de communication que l’on sait. Mais je ne sais pas pour quelle raison elle n’a pas fait appel…

        Mon oncle et sa femme ont eu quelques années heureuses avant que la mort les sépare. Mais je crois que le premier mariage de Thérèse aurait dû être déclaré nul

        Il y a beaucoup de cas où l’égoïsme d’un époux ou d’une épouse, lassé de son mariage, qui demande le divorce sans avoir rien à reprocher à son conjoint, pour la seule satisfaction de ses propres désirs, laisse un conjoint encore jeune faire face aux difficultés d’un célibat prolongé ou définitif, à la solitude, à la difficulté souvent d’élever seul(e) les enfants du couple, Là aussi, il y a souffrance imméritée, dont l’abandonné ne peut trouver soulagement que dans l’abandon à la volonté divine. Si le conjoint divorcé contre son gré, rencontrant une personne avec laquelle il pourrait, comme on dit, “refaire sa vie”, succombe à la tentation, il est impossible, c’est vrai, de l’admettre aux sacrements et je ne m’insurge pas contre cela, mais le péché retombe, certainement, au moins en partie, sur l’ex-conjoint égoïste.

        En rappelant cette histoire, parfaitement véridique quoi que vous en pensiez, je n’avais nullement l’intention de diffuser un “témoignage pathétique” en vue de faire changer la loi de l’Eglise, qui est celle du Christ. Je voulais seulement appeler l’attention sur la souffrance de certains divorcés, qu’ils restent fidèles à leur mariage ou qu’ils aient succombé à la tentation….

        Une longue vie m’a permis de connaître d’autres cas exceptionnels, comme celui d’une de mes amies, née et baptisée luthérienne, mariée dans son église à un homme qui avait précédemment contracté un mariage catholique et avait divorcé. Quand ses enfants, baptisés dans l’Eglise catholique à la demande du père, ont souhaité la voir devenir Catholique comme eux, elle a voulu le faire, mais s’est heurtée à un obstacle : son époux (son unique époux), auquel elle était mariée selon les rites de sa religion d’origine, était divorcé remarié: il aurait fallu qu’ils se séparent pour qu’elle puisse être admise à la pleine communion catholique : elle n’en a pas eu le courage. Elle n’avait pas commis la moindre faute, mais payait pour celle de son mari, lequel faisait partie de ces “croyants non pratiquants” comme il y en a tant : assez Catholique pour vouloir que ses enfants le soient, pas assez pour ne pas se remarier après avoir divorcé (d’autant que sa conscience avait été certainement soulagée par le fait que son second mariage avait été “religieux” selon l’Eglise luthérienne à laquelle sa nouvelle épouse appartenait).

  11. toto

    La communion des divorcés remariés n’était que le leurre pour faire passer une plus grosse couleuvre, le “divorce catholique”. Mais Kasper et Marx l’avaient proposé dès le début, comme cela, sans avoir l’air d’y toucher. Pensez donc, accélérer la lourdeur des tribunaux ecclésiastiques qui serait contre? C’est du machiavélisme
    Ils pourraient tout de suite proposer le système islamique de répudiation, c’est tellement mieux. S’accorder au monde, puisque le le monde est de plus en plus musulman!

  12. Gabrielle

    Les mariages catholiques interviennent trop tôt dans une vie pour être toujours en pleine conscience… Compter sur la grâce est un peu facile, voire magique. Parfois, il faudrait savoir se contenter d’un mariage civil avant d’aller si vite en besogne.
    La grâce sacramentelle n’est pas automatique. Notre Dieu n’est pas un automate qui dispense sa grâce dès qu’un certain nombre de certaines conditions juridiques sont remplies. Il dispense sa grâce de façon souveraine et non point automatique…

    • sygiranus

      Faux : la Christ a assuré que sa grâce ne ferait jamais défaut et que nul ne serait tenté au delà de ses forces. Quand nous lisons le récit des luttes que les saints ont eu à livrer, nous voyons que nous sommes loin d’avoir épuisé les ressources que le Ciel met à notre disposition. Faut-il encore Lui faire confiance et les Lui demander !

  13. Yves

    En la matière, la position de Benoit XVI n’était pas si éloignée que cela de celle du cardinal Kasper.

    (cf. http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1350098?fr=y sur le Blog de Sandro Magister dont je ne cite ci-dessous qu’un extrait)

    “Dans la quatrième partie de l’essai, Benoît XVI indique précisément un nouveau domaine à explorer, en ce qui concerne les motifs qui font qu’un mariage est nul :

    Le pape exclut catégoriquement qu’un mariage puisse cesser d’être valide simplement ‘quand le lien personnel de l’amour entre deux époux n’existe plus’.

    Mais il poursuit :

    ‘En revanche, de nouvelles études approfondies sont nécessaires pour éclaircir la question de savoir si des chrétiens non croyants – des baptisés qui n’ont jamais cru ou ne croient plus en Dieu – peuvent vraiment contracter un mariage sacramentel. En d’autres termes, on devrait éclaircir la question de savoir si vraiment tout mariage entre deux baptisés est ‘ipso facto’ un mariage sacramentel. De fait, le Code lui-même indique que seul le contrat matrimonial valide entre baptisés est en même temps sacrement (cf. CIC, can. 1055, § 2). La foi appartient à l’essence du sacrement ; il reste à éclaircir la question juridique de savoir quelle évidence de ‘non-foi’ aurait pour conséquence qu’un sacrement ne se réalise pas’.

    Dans une note qui a été ajoutée à la fin de l’essai, on trouve les phrases adressées aux prêtres d’Aoste dans lesquelles le pape a repris et développé ce raisonnement :

    ‘La situation est particulièrement douloureuse pour les personnes qui se sont mariées à l’Église, mais qui ne sont pas vraiment croyantes et qui l’ont fait par tradition, puis ayant contracté un nouveau mariage non valide, se convertissent, trouvent la foi et se sentent exclues du Sacrement. C’est réellement une grande souffrance et, lorsque j’étais préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, j’ai invité plusieurs conférences épiscopales et spécialistes à étudier ce problème : un sacrement célébré sans foi. Je n’ose pas m’avancer en affirmant que l’on puisse trouver ici réellement un motif d’invalidité parce qu’il manquait une dimension fondamentale au mariage. Je le pensais personnellement, mais à la suite des discussions que nous avons eues, j’ai compris que le problème est très difficile et doit être encore approfondi’. ”

    Ne caricaturons donc pas un débat extrêmement complexe.

    • sygiranus

      Il faudrait savoir si le mariage est un contrat ou un sacrement. Pour un catholique, donc baptisé, il est les deux en même temps. Le contrat est celui conclu par deux volontés, le sacrement offre les grâces d’état à ceux qui veulent bien les recevoir. La nullité du contrat ou sa validité ne peuvent dépendre de l’état moral postérieur des âmes en cause. La souffrance due à la prise de conscience de l’importance d’une faute antérieure peut être acceptée et subie comme une pénitence. Les exemples en existent autour de nous ; ils ne sont pas mis en exergue comme ces cas si spectaculaires de divorcés en tous genres qui prétendent se remarier à l’Église alors que celle-ci leur a toujours démontré que c’était impossible.
      Conclusion 1 : une pastorale de préparation au mariage sérieuse est de plus en plus nécessaire.
      Conclusion 2 : le cardinal Ratzinger n’a jamais été thomiste.

  14. Martial

    Cette position de Kasper est à nouveau parfaitement scandaleuse et odieuse. Comment le pape François peut-il tolérer de voir un de ses proches adopter de telles attitudes sans lui dire d’arrêter immédiatement et s’il continue le désavouer clairement et s’il continue encore le destituer de son poste.

    Cette position est franchement odieuse. Imaginons le cas d’un enfant qui aime son père et sa mère, qui a confiance en leur amour pour lui, qui sait qu’il procède de leur union, et qui observe le spectacle indigne et affligeant d’une Eglise qui en un tour de main, en quelques mois selon la procédure accélérée préconisée par le sieur Kasper, en l’absence de toute sécurisation apportée par la double instruction jusqu’ici assurée, voit le mariage de ses parents annulé pour cause d’immaturité de son père, ou de sa mère. Celui qui a obtenu la décl

  15. Martial

    (suite) la déclaration d’immaturité de son ex-conjoint étant manifestement le plus dynamique des deux pour promouvoir l’éviction et l’humiliation de l’autre, trouvera aisément, une fois autorisée à le faire par notre bonne Eglise, à se remarier et dans le cadre de la recomposition ainsi opérée obtiendra sans doute des tribunaux civils la garde très majoritaire de l’enfant (à la limite, il pourra produire à l’appui de sa requête au tribunal civil la déclaration d’immaturité, par l’Eglise !!!!!, ,de son ex-conjoint, ce qui ne manquera pas d’instruire le tribunal civil et lui donner à penser qu’il vaut mieux, dans l’intérêt de l’enfant, ben voyons!!!!, le tenir plutôt éloigné de son père immature et de le donner plutôt en garde à l’autre parent.

    Voilà donc notre enfant, sous les bons et éclairés auspices de sa bonne mère l’Eglise, séparé de son père, et amené à penser, ben oui puisque son Eglise le lui dit, que son papa dont il est né est un immature et que c’est sa maman qui a demandé à l’Eglise de bien vouloir, en sa sagesse et en sa bienveillance d’humilier son père, et de l’humilier pour toujours car le pauvre enfant dépité, abattu, et incité par sa mère à donner toute sa confiance à l’Eglise, n’aura guère le ressort de faire appel, d’autant qu’il y a fort à parier que notre bonne Eglise, fort occupée à prononcer de nouveaux divorces et de nouvelles déclarations d’immaturité, n’aura guère le loisir ni la volonté de rouvrir se triste dossier. .

    C’est à hurler.

    Mais que faisons-nous tous, les fidèles, tous ceux qui ont un esprit droit et honnête? Pourquoi ne nous retrouvons-nous pas à trois millions, dix millions, cent millions sur la place saint-Pierre et dans toute la ville et dans toute la campagne à l’entour pour dire à ce pape notre indignation et lui intimer notre attente que ses folies cessent sans attendre. L’Eglise est à la dérive, et qui plus est en montrant de ses plus hautes autorités une image odieuse, indigne et déraisonnable.. Nous avons un devoir de résistance dans l’Eglise et de promotion d’un renouveau.

    • sygiranus

      N’inventons pas des situations qui abonderaient nos raisonnements… si elles existaient autre parts que dans notre imagination.
      Une proche amie a vu son mariage reconnu nul après cinq enfants et neuf ans de vie commune. Les problèmes psychologiques du mari et probablement une certaine immaturité réciproque ont dû peser lourd ! L’évêque avait imposé la séparation de corps pour le bien des enfants. Pour les enfants, “l’immaturité” de leur mère n’a pas été un problème puisque après la séparation, elle les a élevés totalement seule jusqu’à leurs mariages successifs. Par contre, la perception de leur situation, enfants d’un couple qui n’existe pas, a été un choc pour certains et il a fallu un temps de réflexion aidée pour rétablir un équilibre de vie. Mais l’épreuve renforce et la confiance dans la Providence fait le reste.

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