La morale: un défi pour la démocratie

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Pour m’éloigner un peu de la polémique caoutchouteuse du moment, je reprends le fil de mes considérations inactuelles. Je relisais récemment les propos du Pape devant le parlement britannique et j’y relis ces propos, si clairs et si nets, qui devraient servir de guide à tous les catholiques engagés en politique… et à tous les électeurs:

“Chaque génération, en cherchant à faire progresser le bien commun, doit à nouveau se poser la question : quelles sont les exigences que des gouvernements peuvent raisonnablement imposer aux citoyens, et jusqu’où cela peut-il aller ? En faisant appel à quelle autorité les dilemmes moraux peuvent-ils être résolus ? et le bien commun promu ? Ces questions nous mènent directement aux fondements éthiques du discours civil. Si les principes moraux sous-jacents au processus démocratique ne sont eux-mêmes déterminés par rien de plus solide qu’un consensus social, alors la fragilité du processus ne devient que trop évidente – là est le véritable défi pour la démocratie.”

4 comments

  1. Benoît Lobet

    C’est évidemment l’enjeu majeur des décennies à venir partout dans le monde et, en particulier, en Occident. Le bien n’est pas au bout d’une décision démocratiquement majoritaire, ou en tous les cas pas nécessairement. Il y a des valeurs qui ne sont pas soumises à l’arbritrage démocratique – la vie, par exemple, vaut toujours mieux que la mort, même si une majorité démocratique légifère en sens contraire. La démocratie, “le moins mauvais des régimes” (Churchill) doit s’en souvenir, car elle se protège elle-même en protégeant ces valeurs-là : elle en fait partie! Elle doit se souvenir, ainsi, que la loi civile n’est pas seulement l’accord d’une majorité, mais “la mise en oeuvre de la raison”, c’est-à-dire de la “loi naturelle”, pour reprendre l’expression de Saint Thomas d’Aquin (lex ordinatio rationis). Le pape est dans son rôle lorsqu’il rappelle cela aux catholiques et à tous les hommes de bonne volonté…

  2. Melmiesse gilberte

    on connait les principes moraux d’un candidat à une élection sinon il faut lui demander de s’exprimer clairement.C’est aux chrétiens de voter et de faire pression pour une politique moralement acceptable,
    sinon on peut avoir une dictature ou des droits de la “personne humaine” bafoués, surtout si on se soumet aux valeurs véhiculées par les médias

  3. de la Croix Guy

    Décidément la “DEMOCRATIE” est définitivement rentrée dans le vocabulaire de l’Eglise Catholique…j’aimerais bien que cette même Eglise définisse une bonne fois pour toute ce qu’est ce régime politique qui tel qu’il est promu depuis la révolution française…et je me réferre à ce que Vladimir Volkof en a dit dans son livre que les prélats du Vatican devraient tous lire” Je suis moyennement démocrate”.
    En fait ce régime que l’on mime depuis trop longtems n’a jamais existé et n’existera jamais car il est issu depuis la Révolution de la dégénéressence et la révolte de l’élite dirigante contre Dieu.
    Les Rois de France tenaient leur pouvoir de Dieu et non du “PEUPLE” et cela jusqu’à la fin du moyen âge période après laquelle ils ont commencé à exercé leur pouvoir en faisant usage de leur propre autorité plutôt que celle de Dieu.

  4. Benoît Lobet

    Je ne suis guère d’accord avec “de la Croix Guy” : la démocratie est née en Grèce, et précisément dans l’Athènes du Vème siècle avant J.-C., comme un régime de “gouvernement du peuple par lui-même”. Certes, à l’époque, c’était une démocratie directe, sans “représentants du peuple” (députés ou sénateurs), mais l’idée y était. Et la valeur de la démocratie a été présente chez les intellectuels et canonistes catholiques, y compris au Moyen-Âge, pendant la “chrétienté” médiévale : la souveraineté est autant au peuple qu’à Dieu, pour bien des théologiens et des canonistes du XIIème siècle, par exemple. La démocratie n’est donc pas une idée ou un régime inventés par la Révolution Française, qui enfanta du reste plutôt des régimes dictatoriaux : la Terreur, ou l’Empire…

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