Le lectorat est-il un ministère laïc?

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Poursuivant ma lecture de l’exhortation apostolique “Verbum Domini”, je lis cette phrase au détour du paragraphe 58:

“Le ministère du lectorat […], comme tel dans le rite latin, est un ministère laïc.”

Je sais bien que le sacrement de l’ordre est aujourd’hui considéré comme étant à trois degrés (diaconat, sacerdoce, épiscopat), mais, jusqu’ à une date récente, on considérait le lectorat comme un “ordre mineur”. J’avais en tête que, dans le “dispositif” antérieur, on devenait clerc à la tonsure et que, en particulier, le lecteur était nécessairement un clerc. Mais cette idée est clairement opposée à l’idée qu’exprime sans ambiguïté le Pape ici. Un lecteur plus savant que moi pourrait-il nous éclairer sur le statut de ces “ordres mineurs”?

7 comments

  1. Kris Vancauwenberghe

    Dans l’Eglise latine, les ordres mineurs ont été “supprimés” par le pape Paul VI le 15 août 1972 (motu proprio “Ministeria quaedam”). C’est ce document qui établit, comme son nom l’indique les “ministères”, en remplacement des ordres mineurs.

    Un personnage qui a joué un rôle clé dans l'”abolition” des ordres mineurs est dom Botte (OSB, de l’abbaye du Mont César, à Louvain). Dans le Consilium de réforme liturgique, dom Botte était chargé de la 1e partie du pontifical, lequel comprend les ordinations. Comme il était d’avis que les ordres mineurs reposaient sur une invention et sur de fausses décrétales, il fit pression pour les faire abolir (il en parle dans “Le mouvement liturgique, témoignage et souvenirs”). En 1965, dom Botte obtint ainsi d’être membre d’un “groupe restreint” d’étude sur cette question (Mgr Bugnini raffolait de ces “piccoli gruppi”, informels, qui n’étaient soumis à aucune règle). En 1972, le processus aboutit au motu proprio susdit. Tout ceci est décrit dans les mémoires de Mgr Bugnini (“La rifrma liturgica”, édition 1997, p. 701-726).

    Toutefois, on peut difficilement considérer les ordres mineurs comme abolis dans l’Eglise d’Occident, puisque Benoit XVI a déclaré par Summorum Pontificum que l’usus antiquior (qui comprend ces ordres) n’avait “jamais été aboli”. Encore un morceau de l’oeuvre de Paul VI qui dégringole.

  2. Jean Ferrand

    Mais lisez donc Wikipédia, comme toujours. vous aurez la réponse. (Publicité sans frais.)

    Je vous recopie par copié-collé tout l’article qui vaut son pesant d’or.

    “Le ministère de lecteur.

    “Paul VI, par le motu proprio Ministeria quaedam du 15 août 1972, définit ainsi la fonction du lecteur : « Le lecteur est institué pour la fonction, qui lui est propre, de lire la parole de Dieu dans l’assemblée liturgique. C’est pourquoi il doit proclamer, au cours de la Messe et des autres offices, les lectures tirées de la Sainte Écriture (excepté toutefois l’Évangile) ; lire, en l’absence du psalmiste, le psaume entre les lectures ; donner, lorsqu’il n’y a ni chantre ni diacre de disponible, les intentions de la prière universelle ; diriger le chant et la participation du peuple fidèle ; prendre enfin les dispositions nécessaires pour que les fidèles reçoivent dignement les sacrements. Il pourra aussi, s’il en est besoin, veiller à la préparation des autres fidèles qui, occasionnellement, doivent lire la Sainte Écriture au cours des célébrations liturgiques. Afin de s’acquitter de ces fonctions d’une manière toujours plus convenable et plus parfaite, il doit méditer assidûment les Saintes Écritures »

    “Histoire du lectorat.

    “Office connu dès avant 251, sa charge est décrite par Roland Mousnier : « Le lecteur était chargé de garder les livres sacrés, de lire pour celui qui prêche; de chanter les leçons; de bénir le pain et les fruits nouveaux. Il servait de secrétaire aux prêtres et aux évêques. »

    “Le lecteur était donc un clerc.

    “Par le motu proprio Ministeria quaedam du 15 août 1972 de Paul VI, les ordres mineurs ont été supprimés mais le rang de lecteur a été maintenu comme ministère. Il est conféré aux séminaristes qui se préparent à l’ordination, mais des laïcs peuvent aussi être institués lecteurs. Le lecteur est le « ministre ordinaire » des lectures et des psaumes pendant la liturgie à l’exception de la lecture de l’Évangile (dont le diacre à la charge).”

    S’il y a une erreur ci-dessus, qu’un canoniste averti veuille bien rectifier l’article.

  3. Guy de la Croix

    Voilà bien le problème de notre Eglise catholique d’aujourd’hui: les attardés ringards du concile vaticanII ( Paul VI Bugnini etc ,les grands artisans de l’aggiornamento et de la rupture scandaleuse avec les 20 conciles précédents )avec toute la décrépitude qu’il a engendré et les résultats catastrophiques que l’on ne connait que trop( version Jean Ferrand ci dessus ) et le rétablissement opéré par les fidèles humbles et ancrés dans la vérité et la tradition millénaire de la Sainte Eglise Catholique… merci Mr Kris Vancauwenberghe …

  4. Rosalie

    Dans mon missel, le lectorat est bien un ordre mineur.
    Voici ce que j’y lis :” Les quatre ordres de l’Ostiariat, du Lectorat, de l’Exorcistat et de l’Acolytat sont appelés mineurs parce qu’ils sont moindres que les Ordres du Sous-Diaconat du Diaconat et du Presbytérat qu’on nommme Ordres Majeurs. Ce sont toutefois des Ordres, ce qui les différencie de la Tonsure. Chacun de ces Ordres inférieurs était un échelon par où il fallait, et par où il faut encore passer, pour arriver au Sacerdoce.
    En revanche, l’Eglise orientale n’a que trois Ordres Mineurs : le Sous-diaconat, le Chantre et le Lecteur.
    Il s’agit donc bien d’un ministère “clérical” et non laïc.

  5. Boris Maire

    Ministère laïc veut simplement dire qu’il est conféré à un laïc.

    C’est pourquoi les ordres mineures sont des ministère laïcs.

    D’ailleurs en absence de sous-diacre, c’est un laïc qui remplir ce rôle dans une grand’messe.

    Par opposition aux ordres majeurs qui relève du sacrement de l’Ordre comme l’expose très clairement le site Salve Regina par la citation de Pie XII.
    Ceux relève du sacrement de l’Ordre et sont donc cléricaux.

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