Mme Taubira doit avoir quelques lacunes en droit…

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Lisant ce matin le compte rendu des débats sur le prétendu “mariage pour tous” au Sénat, je suis tombé en arrêt devant ce morceau de bravoure de “notre” inénarrable Garde des Sceaux, Christiane Taubira (vous savez, l’antiesclavagiste qui veut obliger les femmes pauvres à louer leurs ventres !) :

En 1787 avait été reconnu le pluralisme religieux, et donc le mariage des Juifs et des protestants – ceux du moins qui n’avaient pas été contraints à l’exil – et que leurs enfants cessèrent d’être tenus pour des bâtards.

Passons sur le révisionnisme historique (qui, il est vrai, se “marie” bien, c’est le cas de le dire, avec la défense du mariage révisionniste, comme disent les Américains). Je ne sais pas si Mme Taubira a eu l’occasion de lire d’autres livres d’histoire que ceux de la propagande, mais imaginer que la France de Louis XVI contraignait les Juifs et les protestants à l’exil, c’est faire preuve d’un admirable esprit romanesque!

Passons aussi sur le fait que l’édit de tolérance de 1787 n’est aucunement la reconnaissance du pluralisme religieux, puisque la France est restée, à ce moment-là, un État catholique.

Ce qui m’a le plus sidéré, dans cette phrase ahurissante, c’est l’idée qu’avant 1787, les enfants de parents non catholiques étaient tenus pour des bâtards. Ah, il est loin le temps des docteurs in utroque jure (en l’un et l’autre droit, c’est-à-dire en droit romain et en droit canonique) ! On pensait tout de même pouvoir attendre du Garde des Sceaux de la France (car, qu’elle le sache ou non, Mme Taubira occupe un poste prestigieux, qui possède une histoire millénaire) qu’il évite de raconter n’importe quoi sur un sujet de droit qui ressortissait voici à peine un demi-siècle à la culture générale moyenne.

Non, Madame le Garde des Sceaux (dans le cas fort improbable où vous, qui représentez dans cette affaire une belle brochette de menteurs, souhaiteriez rétablir la vérité), l’Église catholique, et donc la France d’Ancien Régime dont le droit matrimonial devait à peu près tout au droit canonique, n’a jamais tenu les enfants de parents non-catholiques pour des bâtards. Figurez-vous que nous avons, dans notre religion “réactionnaire”, des livres saints, dont le premier s’intitule le livre de la Genèse (livre que nous partageons d’ailleurs, voyez-vous, avec les juifs, les orthodoxes et les protestants !) et que, dans ce livre, est exposé un dogme fondamental pour nous, celui de la Création (je sais bien que vous allez vous mettre à vous rouler par terre en bavant, puisque, précisément, votre projet de loi est un manifeste satanique pour “montrer” que l’homme est son propre créateur, mais enfin, figurez-vous que nous sommes quelques milliards sur cette planète à croire à la Création).

Et, des deux récits de la création, nous avons toujours, après le peuple juif, déduit que l’union entre un homme et une femme (là aussi, quelle abomination pour vous!) était à la fois sacrée et naturelle. Nous, catholiques, en avons en outre déduit qu’à la base du sacrement surnaturel du mariage, il y avait un mariage naturel que les non-catholiques pouvaient évidemment contracter. Ce qui signifie que nous avons toujours considéré que le mariage entre deux protestants, entre deux juifs, ou de façon général entre deux non-catholiques était un mariage valide. Et nous n’avons jamais considéré que les enfants nés de ces mariages soient des bâtards. Il suffit pour s’en convaincre de constater que beaucoup de convertis ont reçus les ordres – ce qui a longtemps été interdits aux bâtards.

Si vos connaissances en matière de droit civil approchent vos connaissances en droit canonique, on comprends mieux que votre texte dit de “mariage pour tous” soit un tissu de n’importe quoi !

Mais je note avec intérêt que, dans la France de 2013, il n’est pas nécessaire d’être juriste pour être Garde des Sceaux, pas plus qu’il n’est nécessaire d’être honnête pour être ministre du Budget, ou d’être compétent et dévoué au bien commun pour être chef de l’État. Voilà qui ouvre d’admirables horizons pour les millions de Français que votre impéritie a condamné au chômage: à défaut de pouvoir trouver un travail honnête, ils pourront toujours être politiciens!

7 comments

  1. zézé

    Et vlan ! rien à ajouter, si ce n’est que je suis en complet accord avec votre commentaire étant moi-même un ver de terre chrétienne et meurtrie de ces lois sataniques.

  2. c

    Sans être spécialiste, maintenant et même avec des ascendances “parpaillotes”, l’on trouve désormais en ligne les registres – archives départementales ( de la moité du XVI jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes) puis ensuite on reprend les réinscriptions avec l’édit de tolérance, et les filiations avec le nom du père se retrouvent sans aucune difficulté! Et c’est d’autant plus intéressant à constater de visu quand on a une famille qui globalement est restée dans la même zone depuis la réglementation des registres sous François 1er.
    Et en plus pendant les époques difficiles (Louis XIV surtout) les pasteurs géraient les baptêmes et les mariages, même dans la clandestinité.
    Si les enfants étaient baptisés catholiques, sur les registres de catholicité, il n’y a pas évidement de mention de bâtardise quand les parents étaient mariés même s’ils appartenait à la religion prétendue réformée comme l’on disait à l’époque.

  3. Dequoidequoi

    J’ai écouté et vu ‘la Gorgone’ hier et sa véhémence me faisait penser qu’elle n’est pas aussi sur d’elle qu’elle le prétend.
    Trop d’affirmation tue le message.
    Je suis tout à fait désolé que l’on nous inflige cela, c’est un cauchemar.
    Provincial, je suis venu avec mon épouse manifester à Paris le 13 et le 24 et à Orléans aussi.
    S’il le faut, comme bien d’autres, nous sommes prêts.

  4. JB

    Mme Taubira a davantage raison que vous-même.

    Oui, les protestants, que vous le vouliez ou non, étaient considérés comme des bâtards. Etant baptisés, ils relevaient de la juridiction de l’Eglise. Or l’Eglise considère que les chrétiens ne peuvent se marier que par le sacrement catholique du mariage, sans quoi leur union n’est pas reconnue.
    L’édit de tolérance de 1787 détache en effet le droit civil du droit canonique et rend civilement valides les mariages protestants.

    Pour les Juifs, qui sont en dehors de l’Eglise, Taubira délire en effet.

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