Vers un remaniement de la secrétairerie d’État ?

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Je vous offre aujourd’hui la traduction d’un article d’intérêt du 8 avril de l’agence d’information catholique étatsunienne Catholic News Agency (CNA) qui est passée récemment dans le giron d’Eternal Word Television Network (EWTN). Il s’agit là, bien sûr, de rumeurs mais elles corroborent d’autres sources et mérites d’être connues.

Un haut responsable travaillant à la secrétairerie d’État a déclaré que le pape François envisage de rationaliser [la secrétairerie d’État] en la fusionnant avec une autre entité du gouvernement du Vatican.

Selon cette source – qui nous a accordé un entretien le 6 avril sous couvert d’anonymat –, le pape envisage de simplifier la Curie en combinant une partie de la première section de la secrétairerie d’État avec l’administration de la Cité et de l’État du Vatican. La première section s’occupe de la gestion de l’Église dans le monde entier.

Luigi Sandri, observateur de l’Église et historien des conciles du Vatican, a remarqué dans un entretien du 6 avril, « [qu’une] refonte [ou un réexamen] de la secrétairerie d’État, suivrait parfaitement la ligne du pape François qui se considère comme évêque de Rome ».

 

Le cardinal Giuseppe Bertello

Le cardinal Giuseppe Bertello

Une conséquence de changements de ce type serait de renforcer le pouvoir du cardinal Giuseppe Bertello.

Ancien observateur [du Saint-Siège] aux Nations Unies de Genève, ancien ambassadeur du Vatican en Italie, Bertello est aujourd’hui le président de l’administration de l’État et de la Cité du Vatican. Il est considéré comme le plus sérieux prétendant au poste de secrétaire d’État, particulièrement si sont vraies les informations selon lesquelles il aurait joué un rôle clé en faisant reporter des votes de la Curie sur [le pape] François lors du conclave.

Mais l’agenda pour la modification de la plus puissante congrégation au Vatican semble être fixé pour l’automne.

Un prêtre salésien qui travaille à la Curie romaine, a expliqué dans une conversation le 6 avril que « le cardinal Bertone [également salésien] ne quittera probablement par son poste avant septembre ».

On s’attend à ce que le cardinal Bertone, actuel secrétaire d’État, poursuive sa tâche au moins jusqu’à début mai dès lors qu’il est prévu qu’il ordonne à l’épiscopat le nouvel ambassadeur du pape [en Colombie], Monseigneur Ettore Balestero, le 27 avril en la basilique Saint-Pierre.

Comme Monseigneur Balestero nous l’a expliqué lors d’une conversation fin mars, le pape François a décidé que les nouveaux nonces seront désormais toujours ordonnés évêques par le secrétaire d’État. D’autre part, les chefs de ces départements ordonneront les secrétaires des congrégations, nous a-t-il déclaré.

Les spéculations sur qui prendra les rênes comme prochain secrétaire d’État, ont commencé très tôt après l’élection du pape François.

Le cardinal Bertello semble tout à fait être en pole position, mais une autre suggestion a vu le jour : le pape pourrait nommer un nonce actuellement en fonction, comme son nouveau secrétaire d’État.

Cela satisferait ce qu’on appelle le cercle des diplomates, les cardinaux et les monsignores de la Curie qui ont soutenu que Bertone n’était pas taillé pour la fonction parce qu’il n’avait aucune formation diplomatique. Cet arrangement satisferait également la nécessité d’un changement significatif le “salle des machines” du Vatican après le scandale du Vatileaks.

Il y a trois autres prétendants qu’on considère largement être dans la course au piste de secrétaire d’État : l’archevêque Lorenzo Baldisseri, ancien nonce du pape au Brésil et actuel secrétaire de la Congrégation pour les évêques, l’archevêque Luigi Ventura, nonce en France et ancien nonce au Canada, et l’archevêque Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical pour les communications sociales et qui a précédemment travaillé à la secrétairerie d’État.

5 comments

  1. Erick

    Pour Jean Ferrand (et toute autre personne intéressée): l’expression française correspondant au “wait and see” anglais est “laissez pisser le mérinos”. Ce fut feu qui me mon père qui me l’a enseigné, il y a maintenant environ 50 ans.

  2. Jean Ferrand

    On a bien fait d’attendre et voir : wait and see, car il s’agit en réalité d’une réforme de toute la curie romaine, et pas seulement de la secrétairerie d’Etat.

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