39 évêques en visite ad limina à Rome

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Voilà 39 évêques qui ne seront pas aux manifestations du week-end prochain, à Paris ou en Province, mais certains de leurs confrères ont prévu de manifester.

Après le premier groupe, venu à Rome du 20 au 29 septembre, 39 évêques français menés par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et Président de la Conférence épiscopale, entament lundi 12 novembre leur visite ad limina. Issus des provinces ecclésiastiques de Lille, Reims, Paris, Besançon, Dijon, Strasbourg et Metz, avec le diocèse aux armées et les ordinariats des catholiques des Églises orientales résidant en France, ils seront tous reçus par Benoît XVI et par l’ensemble des dicastères romains, du 12 au 22 novembre.

Pour cette visite ad limina, les évêques de France ont été répartis en trois grandes régions, regroupant chacune cinq provinces ecclésiastiques. Le premier groupe, celui des provinces de l’Ouest (Rouen, Rennes, Poitiers, Tours et Bordeaux) a effectué sa visite du 20 au 29 septembre. Le deuxième groupe est en cours de visite. Le troisième sera reçu du 23 novembre au 3 décembre.

Avec 95 diocèses en France métropolitaine et 9 diocèses dans les départements et territoires d’outre-mer, la Conférence des évêques de France rassemble 125 évêques et cardinaux en activité.

Par ailleurs, l’ambassadeur de France près le Saint-Siège recevra les évêques à l’occasion de cette venue à Rome.

En amont de la Visite Ad limina, chaque évêque répond à un questionnaire ultra détaillé envoyé par la Congrégation pour les Evêques, le « Formulae Relationis Quinquennalis ». Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, et vice-Président de la Conférence des évêques de France (à ce titre, il effectue, après chaque Assemblée plénière d’automne, une visite de 3 jours au Saint-Siège pour rendre compte de l’assemblée de la CEF – cette fois, il fait du “deux en un”). S’il n’y a pas de rapport écrit, c’est la même démarche qui permet de « maintenir un lien régulier avec le Saint-Père et les congrégations ».déclare à ce sujet :

“J’ai essayé de donner une situation globale, sociale, du diocèse dans ses trois composantes – la métropole lilloise, la Flandre plus rurale et la Flandre industrielle du bord de mer – avec les enjeux pour chacune. Il y a d’abord la métropole, active mais avec des fragilités économiques et sociales, et beaucoup de pauvretés. Puis vient la Flandre rurale, plutôt active elle aussi et relativement riche du point de vue agricole, mais qui devient de plus en plus un lieu d’habitation pour ceux qui travaillent dans la métropole lilloise – la rurbanisation. Enfin, on note une fragilisation de la côte en raison des difficultés de la sidérurgie, de la transformation pétrolière et de l’activité portuaire qui décline. C’est donc à la fois un diocèse qui a des richesses humaines et économiques, et, en même temps, des fragilités accentuées par la crise économique. A travers cela, j’ai rappelé qu’il existe une grande dynamique de l’engagement des chrétiens dans la vie sociale, économique, politique, culturelle, une forte présence des chrétiens dans beaucoup de réalités locales. C’était d’ailleurs le thème de la première année de préparation au centenaire du diocèse. Les chrétiens sont réellement engagés au service des autres dans la société. Ils le font avec beaucoup d’énergie. […]

La deuxième chose que j’ai mise en avant, c’est ce que nous avons fait autour de la catéchèse, à l’occasion d’une visite pastorale. Le thème de l’année dernière était « Entrer en dialogue avec les autres au nom de la foi ». Parce que nous sommes croyants, nous avons le désir d’être témoins de Jésus-Christ. La catéchèse concerne tous les âges de la vie et toutes les circonstances possibles, dans l’esprit des nouvelles orientations françaises. Une première annonce de la foi et une catéchèse sont toujours nécessaires et possibles. Cela me paraît être un effort à relancer. J’ai le sentiment, en visitant ce diocèse depuis quatre ans, qu’il y a de la générosité chrétienne. Pourtant, dans l’état d’esprit de la laïcité, d’une certaine neutralité pour ne pas amplifier les difficultés entre les différents groupes sociaux, on peine à comprendre que le témoignage de la foi peut être bénéfique à la vie de la société, qu’il est une parole que nous apportons pour le bien de l’humanité dans laquelle nous vivons. Et que nous y croyons. Je crois qu’il faut rassurer les catholiques sur ce point. C’est un service à rendre que d’être témoin de la foi. […]”