Avouons que notre société a un problème vis-à-vis du drame de l’avortement

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Vicaire épiscopal pour la pastorale familiale du diocèse de Paris et organisateur de la veillée pour la vie de mardi dernier à Notre-Dame, le Père Denis Metzinger explique à La Croix :

“La vie fait partie de l’ADN du chrétien. Nous savons que nous avons reçu la vie, c’est notre premier bien précieux. Jésus est victorieux de la mort. Si nous défendons la vie, c’est parce que le Christ est ressuscité. La vie est un don de Dieu : nous la respectons parce que nous honorons son auteur.

Nous sommes invités à porter cette préoccupation dans la prière, car la vie, dans tous ses instants, est fragile. Or, Jésus est venu pour que nous ayons « la vie et la vie en abondance ». Dans notre existence, nous savons qu’à bien des moments nous avons à faire à nouveau le choix de la vie : c’est un combat.

Pourquoi la défense de la vie est-elle parfois réduite à la lutte contre l’avortement ?

Cela fait partie de la réalité contemporaine et nous n’avons pas à nous la masquer. Avouons que notre société a un problème vis-à-vis du drame de l’avortement. Mais la défense de la vie ne concerne pas uniquement la vie naissante. Elle se déploie de façon globale, à différents niveaux : dans des choix de société, dans des choix d’organisation des rapports sociaux, de travail, dans le respect de l’environnement… C’est une recherche permanente, résolue et humble pour être recevable et non une volonté de « donneurs de leçons ».

Si la protection de l’enfant à naître fait partie des priorités ou si le soutien à la personne en fin de vie est un devoir d’humanité, c’est parce qu’il s’agit bien du plus faible d’entre les nôtres. La révélation biblique nous le dit : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deutéronome 30 ; 19).

Comment prier pour la vie et la défendre sans entrer en opposition avec ceux qui ne partagent pas la même vision sur les questions éthiques ?

Prier pour la vie, c’est avant tout prier pour sa propre conversion. Nous nous trouvons nous-mêmes dans un système qui n’aide pas forcément à choisir la vie. C’est l’union au Christ dans la recherche de sa volonté qui éclaire notre action.

Ce n’est pas une nouveauté que des personnes ne partagent pas notre regard, nous avons à nous opposer mais d’une manière évangélique. Dans la prière, nous demandons la force de devenir des témoins de la vie. Sur ce chemin, les embûches et les détours sont nombreux. Les chrétiens sont porteurs d’une espérance qu’ils doivent manifester.