La langue de buis, outil de communication

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Depuis plus de trois ans, le thème de « l’avenir des communautés chrétiennes » est au centre de la réflexion des évêques de France. En novembre 2010, un document a recensé une soixantaine d’initiatives montrant la vitalité des diocèses. Mgr Bernard Podvin, porte-parole de l’épiscopat, présente ce document dans un article de La Documentation catholique. En voici quelques extraits symptomatiques, qui montrent à quel point nous ne sommes pas sortis de l’auberge :

Facile, concernant l’Église catholique, de tenir un discours défaitiste ! […] N’en déplaise à ces auteurs mortifères, et sans éluder la gravité des questions vocationnelles, ce n’est pas ce climat funeste qui se vérifie aujourd’hui dans les diocèses de France. Ce ne sont pas les lugubres sonnettes de la Bérézina. Mais la confiance apostolique de Corinthe ou d’Antioche. Un peuple est à aimer. Fût-ce avec de petits moyens. Disons-le franchement, l’épiscopat français n’avait pas adopté, depuis plusieurs années, la voie retentissante, au sens médiatique, quant au devenir de la communauté chrétienne. Cette humilité l’honorait mais risquait de tenir sous le boisseau la qualité d’une recherche pourtant bien réelle. Il fallait (il faut toujours) communiquer.

Vous avez bien lu : d’un constat sur l’avenir des communautés chrétiennes, Mgr Podvin a glissé vers la communication, qu’il n’appelle par propagande, mais on a bien compris que c’était la même chose. Mais communiquer à partir de quoi ?

L’idée fut plutôt de relayer en provinces ecclésiastiques la recherche d’actions pastorales innovantes. Non point spectaculaires, mais reconnues comme marquant une indéniable progression dans l’évangélisation.

 Et alors je ne résiste pas au plaisir de citer cette collection de phrases, sorties des machines à fabriquer la langues de buis de l’épiscopat français. Mgr Podvin est champion :

La recherche innovante est constitutive d’une lucidité quant aux défis. Les questions majeures de l’Église sont inhérentes à cette découverte d’initiatives. On pourra y lire spirituellement une véritable dimension pascale : comment veiller à ce que le ressourcement dans la Parole de Dieu devienne une expérience personnelle et communautaire ? Comment aider chacun face aux redéploiements des tâches et des responsabilités à exercer l’autorité avec humilité ?

Mgr Podvin cite ensuite plusieurs initiatives :

La première (Agen) concerne l’évangélisation par les jeunes. La seconde (Toulon) explique le redéploiement des pôles missionnaires d’un diocèse. La troisième (Lille) décrit une nouvelle manière de concevoir le Conseil diocésain de pastorale.

Il y aura aussi les “EAP” du diocèse de Nevers (pas vraiment ‘innovantes’).

Ces initiatives sont inégales. Nous pourrions même dire qu’il en manque cruellement  (développement d’écoles vraiment catholiques – indispensables pour tout mission diocésaine durable -, accueil de communautés missionnaires et monastiques, création de paroisses personnelles dédiées à la forme extraordinaire du rite romain…). Aurons-nous un jour un bilan de l’application de ces actions pastorales ? (A suivre)