L'autorité de l'évêque mise à mal par le consensus mou

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Sur son blog, l’abbé Laguérie se réjouit de la fin du
consensus mou de la Conférence épiscopale :

“[L]a grandeur et la souveraineté des “Pontifes” telles que nous les décrit le concile, contrastent singulièrement avec ce que nous voyons en pratique et se trouve passablement mises à mal au
quotidien. Le consensus obligatoire, mais confortable, des conférences épiscopales, d’une part, et les contraintes des autorités locales mises en place au fil des ans (tant cléricales que
laïques) d’autre part, écornent cruellement cette autorité de principe
. Sous la poussée conjuguée de ces deux facteurs (dont le premier sert bien souvent à contenir le second),
l’autorité épiscopale s’est bien plutôt effritée qu’elle n’a grandi et je vous assure que son exercice aujourd’hui doit être on ne peut plus pénible, perrilleux, crucifiant
même !
[…]

[L]’omnipotence donnée aux conférences épiscopales […] se concrétisèrent par un affaiblissement considérable de ce pouvoir, ou, plus exactement, à une déresponsabilisation personnelle
de l’évêque
. La charge épiscopale est devenue ainsi de plus en plus inconfortable, à la limite de la “mission impossible” ! Entre les prérogatives sublimes, mais théoriques, de
l’évêque et son véritable pouvoir local, c’est le grand écart permanent. Les évêques consciencieux vous l’avoueront aisément et simplement. Ils sont un peu comme le roi Louis XIII qui confessait
parfois à Richelieu : “mon pouvoir réel s’arrête aux quatre pieds de mon bureau” ! D’où la tendance innée et compréhensible (non excusable pour autant) de se retrancher
toujours plus derrière le consensus général pour limiter sa responsabilité
. […]

Mais attention. Un consensus, même mou, a ses limites, celles très exactement d’être un jour rompu. […] Cette heure est-elle enfin arrivée ? Il semble que oui, à lire la presse de
ces derniers jours…”