Cérémonie sacrilège dans le diocèse d’Évreux ?

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Sur le site de La Croix, on apprend qu’au terme d’un « long cheminement», « “Philippe et Annie” », divorcés et remariés, ont célébré leur « retour à l’Eucharistie » lors d’une messe présidée par le père Jean-François Berjonneau, l’un des trois missionnaires de la miséricorde du diocèse d’Évreux représentant l’évêque». La cérémonie a eu lieu le samedi 19 août à 10 h 30, dans l’église Saint Antonin d’Epaignes (Eure).

En effet,

« Après un long cheminement, un temps de discernement de leurs motivations, avec l’aide d’un accompagnateur spirituel et une journée de retraite dans une abbaye où ils ont reçu le sacrement du pardon », rapporte sur son blog le père Denis Chautard.

En revanche, “Philippe et Annie” ont-ils été admis à la communion après l’engagement de vivre comme frère et soeur ? La doctrine – la question n’est pas que disciplinaire – refuse tout accès à la communion eucharistique de la part de personnes qui continueraient à vivre more uxorio. Aussi controversée soit-elle, l’exhortation Amoris Laetitia n’a nullement révoqué les exigences de Familiaris Consortio, même en se livrant à des ambiguïtés qui apparaissent en filigrane. Aucun changement canonique ou même normatif n’a eu lieu, l’exhortation se gardant même de reconnaître une quelconque dérogation, même par voie d’exception, à la législation toujours en vigueur.

L’article de La Croix ne dit pas si les intéressés se sont engagés à la continence, mais il laisse quand même tendancieusement entendre que la condition substantielle de s’abstenir d’actes propres aux époux n’a pas été respectée, ne serait-ce qu’en raison du ton et de la référence à certaines évolutions qui apparaissent dans le même article. La question est clairement préoccupante, car ni plus, ni moins certaines cérémonies aboutissent à commettre des sacrilèges sous prétexte de miséricorde. À quand une réaction contre ces graves abus ? Le “retour à l’Eucharistie” ne doit pas avoir une note salée pour le respect du Seigneur… La profanation du corps du Christ ne doit pas être prise à la légère. C’est un sujet d’une immense gravité.

28 comments

  1. Pierre

    Il est malheureusement plus que probable que la condition de la continence n’est ici pas respectée, car si elle l’était, l’ouverture à la communion ne justifierait pas tout ce cérémonial. Ajoutons subsidiairement qu’à supposer, ce qui est hautement improbable pour la raison qu’on vient de voir, qu’annoncer la communion à grands sons de trompe sans prendre soin de préciser que la condition de la continence est ici respectée, c’est semer dans les esprits de manière scandaleuse au sens propre du terme, le doute sur le respect ici par l’Eglise de la discipline qui s’impose à elle comme fondée sur l’Ecriture, ainsi que Jean-Paul II l’a si clairement rappelé,

    Donc, sans risque aucun de se tromper, on peut, et on doit, crier haut et fort: “: honte, trois fois honte”.

  2. Théofrède

    êtes-vous surs d’avoir le dossier complet ?
    on peut aussi penser que le premier mariage de ces personnes était purement civil et dans ce cas le seul scandale serait de ne pas l’avoir précisé

    • Courivaud

      bonne remarque : car si l’on doit mettre ces faits à l’appui d’une accusation, autant en vérifier la teneur.

      Et respectons “les droits de la défense”.

  3. Faidherbe Josiane

    Si la préparation au mariage était bien explicite, des divorces et séparations ne donneraient pas lieu à autre union qui demeure adultère. De même les relations avant le mariage sont adultères. Par contre, nous les séparés et divorcés fidèles, nous voudrions être davantage accueillis dans l’Eglise comme des souffrants, des souffrants qui demeurent fidèles et prient pour leur conjoint.

    • Catho1728

      Votre remarque est très juste, la sainteté qui consiste à rester fidèle dans ce cas n’est pas assez magnifiée, ni même assez encouragée. Vous êtes pourtant les exemples à suivre, ceux qui choisissent la porte étroite.
      Dieu le voit à sa pleine valeur peut-on simplement ajouter, ainsi que votre souffrance.
      Vous avez tout mon respect et mes prières.

  4. Carolus Magnus

    Le père Jean-François Berjonneau, l’un des trois missionnaires de la miséricorde du diocèse d’Évreux représentant l’évêque et ce dernier, ensemble, n’échapperont pas au jugement très sévère de Notre Seigneur Jésus Christ pour avoir égaré les âmes de Philippe et Annie et de les avoir rudement trompés !
    En falsifiant la Parole du Christ.

    Évangile de Saint Matthieu 19,3-12. : En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de Lui pour le mettre à l’épreuve ; ils Lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
    Les pharisiens Lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? » Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
    Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. »
    Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. »
    Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
    Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »

  5. Carolus Magnus

    Communier en état de péché mortel, c’est manger et boire sa condamnation !
    Le père Jean-François Berjonneau a sans doute caché cette parole terrible de Saint Paul aux Corinthiens :
    1Co 11:27- “Ainsi donc, quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur.”

  6. rocheteaum

    malheureusement les 4 cardinaux impliqués dans la dubia avaient raison ! le trouble et le désordre, causés par une interprétation orientée vers la rupture avec la tradition, de l’encyclique du pape François sont bien visibles dans notre Eglise. il faut relire la dernière lettre que le défunt Cardinal Caffara a écrite avec tant d’humilité peu de temps avant sa mort au Saint Père.
    à vouloir tout réformer, à vouloir toujours du nouveau, on en vient à des absurdités, dont saint Paul nous mettaient déjà en garde (relire la 2ème épître à Timothée ch 4 v 3)

  7. rocheteaum

    Voici le texte intégral de la lettre en question, la dernière que le cardinal Caffarra ait adressée au Pape et qui avait déjà été publiée en exclusivité le 20 juin dernier par Settimo Cielo, avec l’autorisation de l’auteur.

    « NOTRE CONSCIENCE NOUS POUSSE… »
    Très Saint Père,
    C’est avec une certaine appréhension que je m’adresse à Votre Sainteté durant ces jours du temps pascal. Je le fais au nom de leurs éminences les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner ainsi qu’en mon nom personnel.
    Nous souhaitons avant tout réaffirmer notre dévouement et notre amour inconditionnel à la Chaire de Pierre et pour Votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le Successeur de Pierre et le Vicaire de Jésus : le « doux Christ de la terre » comme aimait à le dire Sainte Catherine de Sienne. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le Siège de Pierre est vacant ni celle de ceux qui voudraient également attribuer à d’autres l’indivisible responsabilité du « munus » pétrinien. Nous ne sommes animés que par la conscience de la grave responsabilité issue du « munus » cardinalice : être des conseillers du Successeur de Pierre dans son ministère souverain. Ainsi que par le Sacrement de l’Episcopat qui « nous a établis comme évêques pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. » (Actes 20, 28).
    Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la doctrine de la foi cinq « dubia » en Lui demandant de trancher des incertitudes et de faire la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale « Amoris laetitia ».
    N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de demander respectueusement et humblement audience à Votre Sainteté, ensemble, s’il plaît à Votre Sainteté. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous exposons les deux points desquels nous souhaiterions nous entretenir avec Votre Sainteté.
    Très Saint Père,
    Une année s’est déjà écoulée depuis la publication d’ « Amoris laetitia ». Pendant cette période, plusieurs interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation post-synodale ont été données publiquement, non pas divergentes mais contraires au Magistère de l’Eglise. Malgré que le Préfet de la Doctrine de la foi ait à plusieurs reprises déclaré que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, plusieurs déclarations d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales ont eu lieu et elles approuvent ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Non seulement l’accès à la Sainte Eucharistie de ceux qui vivent objectivement et publiquement dans une situation de péché grave et entendent y demeurer mais également une conception de la conscience morale contraire à la Tradition de l’Eglise. Et c’est ainsi – oh comme il est douloureux de le constater ! – que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, ce qui est interdit dans l’Archidiocèse de Philadelphie est licite à Malte. Et ainsi de suite. L’amère constat de Blaise Pascal nous vient à l’esprit : « Justice au-deçà des Pyrénées, injustice au-delà ; justice sur la rive gauche du fleuve, injustice sur la rive droite ».
    De nombreux laïcs compétents, aimant profondément l’Eglise et fermement loyaux envers le Siège Apostolique se sont adressés à leurs Pasteurs et à Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la Sainte Doctrine concernant les trois sacrements du Mariage, de la Réconciliation et de l’Eucharistie. Et justement ces derniers jours à Rome, six laïcs provenant de chaque continent ont organisé un Colloque d’études qui a été très fréquenté, intitulé significativement : « Faire la clarté ».
    Face à cette situation grave dans laquelle de nombreuses communautés chrétiennes sont en train de se diviser, nous sentons le poids de notre responsabilité et notre conscience nous pousse à demander humblement et respectueusement audience.
    Que Votre Sainteté daigne se souvenir de nous dans Ses prières, comme nous l’assurons que nous le ferons dans les nôtres. Et nous demandons à Votre Sainteté le don de sa bénédiction apostolique.
    Carlo Card. Caffarra
    Rome, le 25 avril 2017 Fête de Saint Marc évangéliste

     

  8. jacques

    Si l’on y réfléchit un peu, on voit qu’il y a quelque chose d’ignoble, de pervers, dans le fait d’assortir le sacrilège de la communion en état d’adultère, d’un temps de préparation, de maturation préalable, le temps de déformer progressivement sa conscience, avec l’aide de “coachs” mis à disposition par l’évêque à cette fin, jusqu’à atteindre l’état où l’on pourra assumer de commettre un acte intrinsèquement mauvais de manière faussement indolore pour sa conscience et pour celle du curé et du ministre des sacrements. C’est en fait l’institutionnalisation de la préméditation de la faute.

    Oui,vraiment, comme le dit justement Pierre: “honte, trois fois honte”.

    ô combien, par ailleurs, Josiane a raison lorsqu’elle relève et déplore l’insuffisance de l’accueil fait par l’Eglise à la souffrance des divorcés non remariés, ainsi fidèles à leur mariage en dépit de l’adversité.

    Voilà donc en l’occurrence une Eglise (mais à la vérité, ceux qui agissent ainsi, évêques, curés, ministres des sacrements en font-ils encore vraiment partie?) qui bichonne les personnes adultères pour leur épargner le tracas de la mauvaise conscience, et qui laisse tomber au contraire avec indifférence, si ce n’est pas avec méfiance, voire mépris, ceux qui demeurent fidèles à leur engagement et à la parole du Seigneur en dépit de l’adversité!

    On est en plein aveuglement. En pleine hérésie.

  9. edouard

    Correctif pour mon post ci-dessus:
    Mes excuses pour ma faute de frappe malencontreuse: non “glose” mais “gnose” , évidemment, il s’agit de l’hérésie qui a eu cours aux premiers temps de l’Eglise et qui a été combattue avec succès par saint Irénée de Lyon.

  10. DUROVRAY

    Ne juges pas afin de n’être point juger. Ceux qui jugent boivent leur propre jugement.
    Que connaissez vous de l’histoire en dehors de cet entrefilet?
    Comment pouvez vous juger sans avoir tous les éléments en main?
    Ensuite comment peut on refuser la communion à des divorcés remariés qui vivent souvent des situations très douloureuses: conjoints violents…. Vous êtes comme ces pharisiens qui chargent sur les épaules des autres des fardeaux que eux même ne peuvent porter. Où est la miséricorde divine sans vos discours. Pour moi un sacrement est un lieu de guérison. Les sacrements ont été faits pour l’homme et non l’inverse. Quelle hypocrisie! On accepte de donner la communion et le sacrement à des tueurs, des violeurs…. mais pas à des divorcés remariés. Quel est donc leur crime?

    • Jean-Marie Vaas
      Author

      1) On peut toujours accorder les sacrements à se qui se repentent et qui regrettent tel acte ou tel état de vie.
      2) Les sacrements sont faits pour l’homme, mais l’homme a aussi pour fin ultime Dieu. Et on ne voit pas comment, au nom de la miséricorde, Dieu contredirait Ses propres commandements. Les divorcés remariés auxquels vous faites référence ne cherchent nullement à renoncer à un état de vie qui les met en porte-à-faux avec les exigences divines.

    • rocheteaum

      il existe aussi des associations catholiques pour aider les divorcés à vivre dans la chasteté, le remariage n’est en aucun cas une solution obligatoire en cas de divorce…. et que vaut-il mieux ? être mal marié ou célibataire ?écoutons Saint Paul ! la séparation entre époux a toujours existé dans l’Eglise catholique, à cause comme le disait déjà Jésus de la dureté de nos cœurs…. et des personnes séparées peuvent atteindre la sainteté par une vie toute conforme à l’Evangile (par exemple dans la liste des martyrs d’Avrillé en Anjou, martyrs de la Révolution, il y a le nom d’une bienheureuse séparée de son époux)

    • em

      Il n’est pas question de juger les personnes mais les actes. Lorsqu’un acte mauvais posé par une personne, il est du devoir des catholiques de le lui faire savoir.
      C’est d’ailleurs permis puisque dans l’Evangile Jésus, lui même, recommande la correction fraternelle. Il ne demande pas d’aller juger les personnes mais de prévenir la personne qui agit mal ou se trompe de revenir à ses devoirs. Et comme il pense que celle ci peut ne pas vouloir comprendre (ou faire confiance à celui qui la reprend) Jésus conseille d’aller chercher un compagnon pour mettre la personne en garde et si cela ne suffit encore pas d’en référer à la communauté. Là si la personne ne veut toujours pas agir dans le bien je crois que la communauté est en droit de l’exclure pour ne pas contaminer les autres.
      Ne pas juger certes mais le Bon Dieu nous demande d’aider nos frères à grandir dans la Foi sachant qu’on ne se sauve pas seuls.

    • em

      J’ajouterai qu’il est regrettable que les futurs époux soient si mal préparés pour ce sacrement duquel va découler l’éducation des enfants à venir . Les clercs ou les religieuses n’ont ils pas un temps assez long de réflexion avant se s’engager dans leur don au Seigneur.
      Dans le Mariage nous sommes trois : l’homme, la femme et le Seigneur qui unit ce que personne ne doit désunir.
      Il pourrait y avoir aussi des conseillers religieux plus spécialement pour les couples en difficulté. Pourquoi nos hommes d’église n’y ont pas encore pensé ? Tout cela serait à créer non ?
      Nous savons tous que la désunion d’un couple chrétien n’est pas anodin dans les conséquences de formation des enfants. Nous avons tous des exemples autour de nous où les enfants en ont souffert !
      Nos évêques ne pourraient ils se pencher sur cette douloureuse question plutôt que de savoir s’il est utile de donner ou non la communion à ceux qui se sont mis en dehors de l’Eglise (par ignorance ou volontairement)?
      Nos évêques qui aiment tant s’impliquer dans le Social, voilà une belle occasion d’en faire – tout rappelant la doctrine de l’Evangile bien sûr – !

  11. Pierre

    Merci à Jean-Marie Vaas qui dit excellemment l’essentiel.

    On peut rendre hommage par ailleurs à la concision et à la quasi-exhaustivité de Durovray en ce qu’il rend compte en quelques lignes d’à peu près tous les arguments de ceux qui jugent possible de délivrer la communion aux divorcés remariés ne pratiquant pas la continence. C’est un tour de force. et permet de faire le tour de la question. Mais justement, il est intéressant de voir qu’on ne peut le suivre sur aucun des points qu’il avance.

    1) Sur le fait qu’on devrait toujours s’interdire de juger.
    On ne peut pas dire cela . Ici, il ne s’agit pas de juger pour juger, ni de juger une personne, mais de combattre une erreur gravissime, et pour cela de la dénoncer. Si on ne peut plus dénoncer les erreurs, c’est un sérieux problème. Non seulement on doit se sentir autorisé à le faire, mais on doit même en reconnaitre le devoir lorsqu’il y a lieu.

    2) Sur l’impossibilité de juger sans avoir tous les éléments en main.
    L’objection mérite en effet d’être considérée de manière générale, mais dans le cas précis concerné, j’ai justement dans mon post (cf ci-dessus Pierre, en deuxième post) expliqué les raisons pour lesquelles ici, même sans avoir en effet toutes les données, on peut être assuré que, d’une manière ou d’une autre, comme je l’indique, on peut être assuré qu’il y a un grave problème dans ce qui s’est passé à Evreux.

    3)Sur l’impossibilité de donner la communion à des divorcés remariés qui vivent des situations très douloureuses.
    C’est vrai que certaines situations peuvent être très douloureuses, il ne s’agit pas un seul instant de le nier. L’Evangile ignore-t-il d’ailleurs qu’il puisse y avoir dans la vie des situations douloureuses? Mais la réponse à ces situations douloureuses ne passe pas par l’infidélité à l’enseignement du Seigneur. C’est pourquoi tout cela appelle une immense sollicitude de la part de l’Eglise, et vis-à-vis des divorcés remariés pour les aider,mais par d’autres voies que la communion, sur le chemin du repentir d’où découlera pour eux la vraie joie (cf les béatitudes…) et vis-à-vis des divorcés non remariés, vis-à-vis desquels – Josiane a raison de le noter- l’ attention n’est pas toujours suffisamment portée car leur fidélité au Seigneur dans l’adversité mérite d’être encouragée.

    4) Sur le pharisaïsme, et l’hypocrisie de ceux qui chargent les épaules des autres de fardeaux qu’ eux-mêmes ne peuvent porter..
    Et pourquoi préjuger de cette incapacité, alors qu’il y a la grâce de Dieu, et toute la sollicitude que l’Eglise à a déployer à l’adresse de ceux qui ont à subir cette douloureuse épreuve.

    5) Sur le fait que le sacrement est un lieu de guérison.Oui si le sacrement est donné à bon escient. Non dans le cas contraire. Lorsque le péché demeure, le lieu de guérison, c’est avec l’aide de la grâce et la sollicitude du pasteur, la progression sur le chemin du repentir.

    6)les sacrements ont été faits pour l’homme et non pas l’homme pour les sacrements.
    Voir la réponse numéro 2 de Jean-Marie Vaas ci-dessus.

    7) Sur la contradiction qu’il y aurait à donner la communion à des tueurs et des violeurs et pas à des divorcés remariés.
    Mais il n’y a nulle contradiction. Voir la réponse numéro 1 de Jean-Marie juste au-dessus.

    8) Quel est donc le crime des divorcés remariés qui ne pratiquent pas la continence.
    Dans ce mot final, on voit apparaitre en réalité la conviction profonde de Durovay. En fait, au-delà de tous les arguments précédemment invoqués, c’est cela qui commande le rejet de la position jusqu’ici tenue par l’Eglise. C’est vrai que si l’adultère n’était pas quelque chose de grave, on ne pourrait comprendre la discipline de l’Eglise. Mais justement, c’est grave. Nier cette gravité, c’est ne pas avoir confiance en la parole du Seigneur qui fonde la position de toujours de l’Eglise.

  12. catherine

    Merci à Pierre pour son travail de clarification. Je suis d’accord avec lui sur les 8 points. J’ajoute en synthèse le point suivant: la position erronée en faveur de la communion pour les divorcés remariés ne pratiquant pas la continence traduit tout simplement que l’on ne fait pas confiance au Seigneur et que l’on se moque de ce qu’il dit, et que rappelle si bien ci-dessus Carolus Magnus. Et comme on veut cacher cela, aux autres et à soi-même, on multiplie les sophismes.

  13. Henri

    Oui, c’est bien le règne du sophisme. Un sophisme qui a trouvé son nom fétiche, le ” discernement”, lequel n’est autre, dans la réalité pratique, qu’une machine à dissoudre les commandements. La Bible n’a d’ailleurs pas tardé à nous alerter, dès la Genèse, sur ce processus mensonger: c’est celui dialogue entre le serpent et Eve. C’est ainsi le chemin emprunté par le péché originel.
    Nos pauvres nouveaux évêques de l’année, les voilà qui reviennent de Rome dûment briefés, avec ce mot là , avant tout autre, à la bouche…

  14. Malo

    A Josiane et à Catho 1728

    Oui, mille fois oui à ce que vous dites, et un grand merci.

    Comme si Amoris laetitia n’aurait pas pu préconiser une plus grande attention pastorale en faveur des personnes divorcées non remariées, par exemple sous la forme de monter dans chaque paroisse un groupe d’accueil et d’échange, animé par un prêtre au bénéfice de ces personnes dont la vertu mérite reconnaissance et encouragement,les aidant notamment à bien percevoir combien leur récompense sera grande dans le ciel!.

    Au lieu de cela, c’est souvent presque l’inverse qui se passe dans les paroisses. On préfère passer sous silence la réalité et la beauté de ces comportements vertueux, car on craint, en les mettant en valeur, de brouiller le message que l’on veut avant tout promouvoir, celui de la bienveillance envers ceux qui se remarient!

    De même, il est stupéfiant d’observer que, dans les paroisses, nombreux sont ceux qui croient que les personnes divorcées ne peuvent pas communier, tout comme les remariés, ce qui est évidemment faux. Ce manque étonnant d’information est le résultat de que nos pasteurs, trop souvent, se gardent de clarifier les choses, car ils ne veulent pas, en soulignant que la discipline ne vaut pas pour les divorcés non remariés, faire ressortir du même coup,a contrario, qu’elle vaut pleinement pour les divorcés remariés….

    Tout cela est profondément anormal, choquant et très grave.

  15. Maximus

    Les faits tels qu’ils sont présentés n’ont rien d’opposé à l’enseignement de l’Eglise. Si un couple vivant en concubinage effectue, au bout d’un certains temps, une démarche pour demander le pardon du Seigneur, et que cette démarche se termine par une confession et ensuite le retour à la table de communion, n’est-ce pas merveilleux ?
    La seule crainte que l’on peut avoir concerne les engagements du couple suite à leur confession pour vivre une relation chaste, mais jamais nous ne pourrons savoir ce qu’ils ont décidé de faire.
    Je trouve la démarche belle, et pas forcément viciée. De telles démarches pourraient avoir lieu dans les communautés traditionalistes également pour les couples qui “rentrent au bercail”…

  16. Pierre

    A Maximus

    Attention!

    Le débat n’est pas de savoir si le confesseur peut ou non avoir la certitude que l’engagement qui serait pris de vivre désormais une relation chaste (en cas de raison sérieuse de ne pas pouvoir se séparer) sera tenu ou pas. Cela, évidemment que cette certitude, le confesseur ne peut l’avoir, et il est donc normal de se contenter d’une présomption que l’engagement est pris de manière sincère, ce qui ne veut pas dire en effet qu’il sera réellement tenu, pour pouvoir donner l’absolution puis la communion.

    Le débat est de savoir s’il faut ou non que l’intention soit réelle,et traduite dans un engagement de pratiquer la continence, pour pouvoir délivrer l’absolution puis la communion. Et cela, oui, il le faut.

    Or, tout donne à penser que dans le cas d’Evreux, cette condition n’était pas exigée dans tous les cas. Et de toute façon, si elle l’était, il aurait fallu le faire savoir, pour ne pas créer le scandale et induire la communauté en erreur. C’est ce que j’ai déjà expliqué dans mon post ci-dessus (cf post de Pierre, le deuxième de la liste). Donc, on est sûr que ce qui a été fait à Evreux ne va pas et est très grave.

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