Mgr Raffin face à la fronde

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Depuis qu’il a annoncé le départ des pères lazaristes de la paroisse Saint-Simon-Saint-Jude, des fidèles se rebellent : pétition de 600 signataires, panneaux dans l’église, lettres au pape… Fin août, certains ont déposé contre lui un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif ; en Moselle, les curés sont des fonctionnaires de l’État. Le procureur de la République a même été saisi d’une plainte pour un détournement de legs! Pour ceux-là, la cause est entendu : l’évêque veut faire main basse sur la manne du pèlerinage à Saint-Jude, patron des causes désespérées. Soit 24.000 euros par an, reversés aux missions de la congrégation. Monseigneur se voit accusé d’avoir détourné deux legs. Jean-Paul Baduel, l’avocat des paroissiens, a saisi le procureur le 5 août : “Ces legs étaient destinés à des missions en Afrique. L’argent n’a jamais été transmis.”

Face aux accusations, l’évêché réplique : “Nous avons tous les documents comptables pour prouver que nous sommes dans la légalité, que nous n’avons rien détourné“. La vente des incunables, des ouvrages rares du XVe siècle, refait surface. En 2001, le grand séminaire, présidé par l’évêque, envisageait d’en céder à la bibliothèque municipale (41 pour 200.000 euros). Mais en 2002, il vend directement à un libraire (33  pour 40.000 euros). L’évêché affirme avoir “respecté toutes les autorisations“, mais des rumeurs circulent. En 2010, les finances étaient dans le rouge (– 834.000 euros). En 2000, un ancien économe de l’évêché a été condamné pour avoir détourné près de 1 million d’euros. Aujourd’hui, une enquête est ouverte sur les legs.