Ce que pensent les catholiques du diocèse de Versailles

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Présent du 26 février revient sur le synode du diocèse de Versailles. Symptomatique d’une génération chrétienne sacrifiée, sans formation ni doctrine, pour ne pas dire sans foi. Extraits :

Il serait dommage d’ignorer le synode diocésain lancé dans les Yvelines par Mgr Aumônier et dont la phase de consultation vient de se terminer. Pendant plusieurs mois, il était offert à tout baptisé d’au moins quinze ans de se réunir par petites équipes pour « discerner avec l’aide de l’Esprit Saint les décisions à prendre pour l’avenir du diocèse ». […] Après plusieurs réunions d‘échange, les équipes ont chacune remis leur proposition écrite. […] Le diocèse en a reçu plus de trois mille cinq cents. Le monde entier peut les découvrir sur le site internet synode.catholique78.fr. En lire plusieurs centaines, c’est s’offrir une vue imprenable sur ce que pensent aujourd’hui les catholiques français et pratiquants.

Premier sentiment à cette lecture : la stupeur devant certaines propositions en nombre suffisant pour ne pas être ignorées : d’aucuns auront réformé la Messe, remplacé l’homélie par un temps de partage, mis des écrans avec cartes géographiques sur les lieux mentionnés lors des lectures, des informations sur les « auteurs des textes », une synthèse des messages clés… D’autres, jeunes pour la plupart, auront remédié à l’ennui, à la routine en introduisant plus de spontanéité, des musiques plus au goût du jour, des tapis pour s’asseoir, des « messes à thèmes », un peu de karaoké. Beaucoup proposent des rencontres interreligieuses pour leur propre enrichissement, certains ayant remarqué le « courage des musulmans » lors du Ramadan. Passons sur les propositions clairement provocantes ou hors sujet comme celle de ce groupe se demandant comment favoriser l‘écologie en luttant contre le groupe Monsanto, ou comme d’autres d’esprit protestant.

Parmi les sentiments les plus exprimés, domine peut-être celui d’une identité catholique très mal assumée à cause du fossé croissant entre la société et l’Eglise que les médias chargent, d’ailleurs, d’une image très négative. Deux bords opposés : le plus représenté veut adapter l’Eglise au monde pour en restaurer l’image ; il demande plus d’enrichissement interreligieux, d’accueil, de tolérance et d’ouverture aux autres, le mariage des prêtres, une plus grande implication des femmes dans la liturgie (servantes de messe, distribution de la communion…), l’accession des divorcés remariés aux sacrements de communion et de réconciliation… L’autre bord voudrait ne plus être désemparé face aux idées et aux modes de vie auxquels les catholiques donnent si facilement raison parce qu’ils sont aujourd’hui dominants. Tenant à son identité catholique mais se sachant fragile, ce bord-là demande à être mieux formé. Le mot de formation revient d’ailleurs souvent.

Nous n’avons pas manqué de remarquer ces équipes qui demandent notamment une plus grande application du motu proprio Summorum Pontificum ; ou que l’on rende plus catholiques les écoles catholiques.

Un autre souci très exprimé est celui de la désaffection pour la messe, surtout venant des jeunes. Ces derniers le reconnaissent aisément mais tendent à en faire porter la responsabilité à la messe elle-même. Ils la voient « triste », routinière, trop décalée, sans convivialité. Pour nombre d’entre eux, le scoutisme ou les JMJ qu’ils fréquentent avec plaisir, leur apportent ce qui manque tant dans cette messe où ils vont si peu. D’ailleurs, en élargissant notre perspective à l’ensemble des propositions, on perçoit que beaucoup ne situent pas le sommet de la vie religieuse exactement où il le faudrait. De la messe, iI paraît glisser vers les activités et rencontres comme les JMJ, le scoutisme, le Parcours Alpha… Quelle serait la pratique religieuse sans ces « produits d’appel » qui, abstraction faite de réels bienfaits, donnent des amis à cultiver ? On se le demande à la lecture de cet extrait qui n’a rien de marginal : « Aller à la messe ne consiste pas seulement à se retrouver entre amis mais à s’ouvrir à l’autre pour former une vraie communauté. » […] Qu’ils en soient conscients ou non, la plupart des fidèles étalent leur manque de formation. On connaissait le problème mais on n’en frémit pas moins en voyant ce mélange de bonnes intentions déboucher, par ignorance, sur des propositions si souvent inapplicables.